Les Chinois triment, les Anglais se serrent la ceinture, les Américains sauvent la démocratie (encore qu’on nous explique maintenant qu’ils sont redevenus d’affreux réacs) et les Français battent le pavé : il paraît que ça fait rigoler la planète entière. « Regardez vos petits camarades, ils ne font pas tant d’histoires. » Cet argument de maîtresse d’école, les princes qui nous gouvernent l’ont ressassé sur tous les tons, comme à chaque fois que ce peuple dont ils ne parlent plus la langue s’énerve d’une façon qu’ils jugent irrationnelle – et qui l’est au demeurant. Sauf qu’il n’y a pas de quoi rigoler. Après tout, cette injonction à entrer dans un monde dans lequel tout le monde fera comme tout le monde n’a rien d’exaltant pour un pays qui se souvient du temps où l’Histoire s’écrivait dans sa langue parce qu’il avait quelque chose à lui dire, au monde. Comme avenir radieux, on a connu mieux que l’adaptation au réel. Certes, ça n’a pas toujours donné des résultats heureux, mais pas non plus toujours aussi désastreux qu’on le dit.

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