Premier épisode ce matin sur RTL : interrogée à moult reprises par Jean-Michel Aphathie sur les conséquences de son « coup de colère » contre le PS et de sa bouderie d’une semaine vis-à-vis de ses mandants d’EELV, Eva Joly, en fin d’interview se refuse à dire explicitement si elle appellera ou non à voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle.

Deuxième épisode sur Twitter vers 9h30, l’eurodéputé Yannick Jadot, jusque là porte-parole de la candidate rend son tablier en 118 signes TTC : « En désaccord avec la nouvelle ligne politique d’Eva Joly, j’ai décidé de démissionner de ma fonction de porte-parole ».

Troisième épisode : interrogé une heure plus tard par France Info sur ce flou stratégique, Dany Cohn-Bendit répond avec une franchise que devrait lui envier toute la classe politique : « Pour l’instant, Eva Joly fait les mauvais choix politiques. Qu’elle veuille marquer la différence entre les écologistes et le PS, c’est normal, mais il faut faire la différence entre concurrents et adversaires, qui sont les candidats de droite et d’extrême droite ».

Quatrième épisode, quelques instants plus tard chez nos confrères du Monde.fr, c’est au tour de Noël Mamère de rhabiller pour l’hiver sa camarade pourtant issue de Scandinavie : « si Eva Joly ne dit pas maintenant qu’elle soutiendra François Hollande au second tour, elle fera campagne sans moi ». Noël qui, comme il y a dix ans avec Lipietz, a flairé la bonne affaire conclut sèchement : « Elle ne peut rester dans le flou sur la question de savoir ce qu’elle va faire au soir du 22 avril ».

Cinquième épisode, à cet instant-là du récit, on est limite Tchernobyl chez EELV : si Eva maintient son ni-ni, il est bien évident que l’accord avec le PS peut être immédiatement déclaré en état de mort clinique : adieu veaux, vaches, circonscriptions ! On imagine bien que la quasi-future députée de Paris Cécile Duflot a du décrocher son iPhone pour faire une explication de gravure à « sa » candidate.

Sixième épisode : je ne sais pas comment on dit Canossa en norvégien, mais Eva, elle, doit sûrement le savoir, puisqu’elle y est allée. Vers 11 h elle contacte l’AFP pour déclarer « Dans mon esprit il n’y a jamais eu de doute sur le fait que j’appellerai à voter pour François Hollande s’il est en tête de la gauche au premier tour », c’est-à-dire très exactement ce qu’elle avait refusé de dire 4 heures plus tôt à Jean-Michel Aphathie.

Septième et dernier épisode, à nouveau sur Twitter où vers midi Dominique Voynet met son légendaire sens de l’humour au service d’Eva Joly, avec un trait d’esprit comme on n’en avait jamais vu : « Avec des amis comme Jadot et Cohn-Bendit, Eva Joly n’a pas besoin d’ennemis ». Ça, c’est envoyé ! Et avec des supporters et conseillers comme Dominique Voynet (1,57% à la dernière présidentielle, tout de même), Eva n’a même plus besoin du soutien des militants Verts !

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