Bains de foule, entêtement à contredire le discours majoritaire médiatique et gouvernemental… Jair Bolsonaro voit sa stratégie anti-système perdre de la vitesse. Le gouvernement est déchiré.


Lorsque la pandémie a touché son pays à la fin février dernier, le président brésilien a fait un pari. Convaincu que la circulation du virus et ses dégâts seraient limités, il a parlé d’une petite grippe et accusé d’hystérie les élus, la presse, les médecins qui prenaient la chose au sérieux. Les gouverneurs des Etats ont pris rapidement des mesures de confinement généralisé, fermé les commerces et les écoles, limité le transport. Le chef de l’Etat a dénoncé des initiatives insensées conduisant à un désastre économique et social. Pendant des semaines, il s’est acharné à contredire son ministre de la Santé, un médecin entré en politique, qui a très tôt préconisé une stricte quarantaine pour toute la population. Selon Bolsonaro, cette quarantaine devait être réservée aux vieux, seules personnes menacées par ce virus trop médiatisé. Méprisant les médecins, la science, l’OMS, le président a prétendu être le défenseur des pauvres, des millions d’habitants des favelas qui vivent de petits boulots, d’emplois

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