Ma guerre en short. La chronique de Cyril Bennasar.


Je découvre dans les commentaires qui accompagnent un de mes articles que j’ai blessé des gens par l’utilisation des termes « marginaux déviants » pour désigner des homosexuels. On me menace d’un procès pour injure homophobe. Pour la justice, ce n’est pas l’auteur qui est responsable mais le directeur de la publication. Ce n’est donc pas moi qui serai mis en difficulté en cas de condamnation mais le journal. L’écriture n’est pour moi qu’un violon d’Ingres et c’est autrement que je gagne ma vie. Même si la justice me déclare coupable, j’aurai encore des clients et du travail.

Ce ne sont donc pas mes intérêts que je défends ici, mais mon honneur en faisant mon mea culpa. 

Laissez-moi l’islamophobie

C’est un malentendu. Devant cette accusation, je suis plutôt démuni. Je m’attendais à être un jour accusé d’islamophobie pour d’autres écrits, ce qui ne m’aurait pas chagriné car je tiens l’islamophobie pour un humanisme. Mais je me sens si loin de l’homophobie que je reste un peu sans défense. Toujours est-il que l’injure n’était pas mon intention mais j’ai été blessant, alors je plaide coupable. 

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Dans cette partie de l’article, je ne me moquais pas de tous les homosexuels mais des militants qui s’activent pour que changent les normes, et qui y parviennent dans un lieu particulièrement sensible : l’école. Je ne me moquais même pas de l’homoparentalité mais des homos parents qui veulent nous faire dire que leurs enfants ont deux papas ou deux mamans. C’est sans doute mon agacement de voir partout des minorités bruyantes qui gonflent des majorités silencieuses avec des mensonges politiquement corrects qui a fait que je n’ai peut-être pas bien pesé mes mots. Même si objectivement, les termes peuvent convenir puisqu’il y a une marge et une norme et que la déviation est la voie de ceux qui ne prennent pas les sentiers battus ; manifestement ils ont heurté des lecteurs de bonne volonté qui m’ont adressé des remarques justes et sincères, j’ai été touché et j’en suis embarrassé. Je ne m’attendais pas à cet embarras, je serai plus attentif dans le choix de mes expressions à présent. 

Provoquer est toujours tentant

La tentation est constante, lorsqu’on écrit aujourd’hui, d’afficher par le langage une forme d’insoumission au politiquement correct. Plutôt bravache que soumis, c’est ce réflexe qui nous pousse parfois à aller un peu trop loin. Ce que les mots doivent atteindre et peuvent bousculer, ce sont des idées, des postures, des interdits, des mensonges, des emprises, des intimidations, des dominations, ou des personnes qui en usent, pas des personnes pour ce qu’elles sont. Moi qui caressais l’espoir qu’une tribune au tribunal pour une juste cause sonnerait mon quart d’heure de gloire, je me retrouverais un peu con si je dois y aller pour y répondre d’homophobie entre un rappeur récidiviste et un catho intégriste. Alors je demande pardon.

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