Dans les cités de Marseille, le déploiement des Compagnies républicaines de sécurité n’entrave que provisoirement et superficiellement  la bonne marche des affaires, et les stratégies commerciales d’élimination de la concurrence par coups de feu se poursuivent.
Chaque semaine, de jeunes dealers sensibles et défavorisés perdent la vie quand d’autres du même type, mais mieux armés, gagnent des marchés et, si les accidents de travail sont souvent mortels pour ceux qui commercent à la kalachnikov (car il existe ailleurs des gens qui achètent et vendent de la drogue pacifiquement et même amicalement), après tout, c’est le métier qui rentre, aussi vite qu’une balle dans la tête ou de l’argent facile.
On peut regretter que ces territoires soient perdus pour la République mais, perdus pour perdus, je m’habitue assez bien à l’idée que les nuisibles dangereux qui y règnent sans partage s’éliminent les uns les autres et pratiquent une sélection naturelle qui rappelle la guerre du feu, pratiquement en famille, quasiment entre cousins.

*Photo : paral_lax <°)><.

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Cyril Bennasar
est menuisier.