Un sondage IFOP montre que la pratique du topless diminue en France, alors que les burkinis ont fait leur apparition… 73% des Français souhaitent l’interdiction du burkini dans une piscine publique. Un rejet massif.


Tiens donc, les Français deviendraient-ils de plus en plus pudiques ? À la lecture des chiffres de l’enquête publiée par l’Ifop ce jour pour le site Vie Healthy, oui!

Voici enfin le sondage sur le burkini que nous attendions ! Il tombe à point nommé, après les incidents de Grenoble et alors que nous préparons maillots de bain et lotions solaires pour rejoindre les plages.

La première fois que l’on mesure le rejet du burkini

Force est de constater que la bêtise puritaine n’attend pas le nombre des années. Le rejet du “topless” sur les plages augmente et l’acceptation des tenues de bain “islamiques” semble acquise dans notre jeunesse – qui ne perçoit pas bien en quoi le burkini est un problème politique – et prône au contraire le « respect ». Leurs ainés habitués au topless des années 70, sont plus circonspects.

75% des Français sont dérangés par la vue d’une femme en burkini dans une piscine publique. 73% des Français souhaitent son interdiction dans une piscine publique et 66% veulent qu’il soit interdit sur les plages

Sans grande surprise, 75% des Français sont gênés par la vue d’une personne en burkini à la piscine municipale. Un rejet massif, beaucoup plus faible chez les jeunes donc, et qui ne saurait s’expliquer par la prétendue “islamophobie” des citoyens, assimilée à un racisme, dont des associatifs et des militants de gauche ne cessent de nous parler, dans une logique de communautarisation qui leur est profitable.

Sur les plages, ce sont 68% des Français qui se déclarent également gênés par le maillot en vogue chez les islamistes. Selon François Kraus de l’IFOP, il est frappant de constater “la plus forte intolérance des Français à l’égard des formes de voilement des corps féminins sur la plage qu’à l’égard des formes de dénuement”… Mais on va le voir, les temps changent…

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Le sondeur précise son analyse : “Concrètement les gens sont bien plus choqués par une femme qui porte un burkini, que par une femme qui pratiquerait le naturisme”. Si les polémiques déclenchées par des groupes provocateurs sont nouvelles, ce rejet massif lui ne l’est pas tellement. “Même si les formulations étaient différentes, nous avions déjà mesuré à l’IFOP en 2016 que 64 % des Français soutenaient les interdictions du burkini sur la cote, des arrêtés municipaux ayant suivi l’affaire de la plage de Sisco en Corse. On voit qu’on est passé de 64% à 66 %, ce qui est grosso modo le même chiffre, même si les questions n’étaient pas parfaitement identiques”.

Evolution des normes de pudeur

Pour les Français, cette forme de voilement des corps sur les plages – dédiées à la base aux bains de mer et de soleil ! – apparaît comme contradictoire avec l’espace même : “une forme de nudité apparaît comme légitime pour la majorité à la plage!” explique François Kraus.

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Oui, mais parallèlement à ce très large consensus des Français autour de la volonté de bannir des accoutrements à connotation religieuse sur les plages (et encore plus dans les piscines municipales), on observe que les normes de pudeur évoluent. Par exemple, une diminution de la pratique du topless est constante ces dernières années.

“Il y a certes l’impact des mises en garde médicales liées à l’exposition au soleil, mais cela n’explique pas tout. Une gêne croissante à la vue d’une femme ayant les seins nus sur la plage est mesurée” explique François Kraus. “Concernant le naturisme, sa pratique gène désormais 7 femmes sur 10 à la plage, alors qu’elles n’étaient que 48% il y a 10 ans… Concernant le topless, 29% des femmes sont gênées par la vue d’une femme seins nus sur la plage. Elles n’étaient que 22 % il y a 10 ans. On observe clairement un recul de la liberté des femmes à se dénuder – partiellement ou intégralement – sur les plages, et ceci alors même qu’il s’agit d’un espace dédié aux bains de soleil!”

Insécurité culturelle

“Notre enquête montre que les femmes n’enlèvent plus le haut sur les plages en été, pas uniquement à cause du facteur sanitaire pour la peau, mais aussi pour le risque d’agression. Il y a clairement la crainte de susciter un désir qui pourrait ensuite déboucher sur une agression verbale, physique ou sexuelle” explique le sondeur. “J’appelle cela Me too and the beach! Les pressions qui s’exercent dans la rue où les transports en commun en priorité sur les femmes de moins de 25 ans se retrouvent à la plage. Les femmes ressentent le regard concupiscent des hommes, mais aussi le jugement moral des autres femmes, qui sont souvent celles qui rappellent à l’ordre de manière subtile ou inconsciente les femmes qui oseraient se dévoiler… »

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Une femme de moins de 25 ans sur 2 révèle en outre que c’est par crainte d’une agression qu’elle n’a pas fait de topless ces 3 dernières années. Assiste-t-on à la fin de la parenthèse enchantée, à un raidissement général des mœurs ou à l’ensauvagement des plages françaises ?

“Au sens strict, la parenthèse enchantée est terminée depuis longtemps avec l’apparition du sida” corrige François Kraus. “En revanche, oui, les jeunes femmes ont intériorisé le risque de rappel à l’ordre dans le cas où elles dénuderaient leurs poitrines comme pouvaient le faire leurs mères dans les années 70-80… Je pense aussi qu’il y a un effet communautaire qui joue sur les résultats de cette étude.” En effet, l’enquête montre très clairement que les minorités ethniques maghrébine, subsaharienne et musulmane au sens large sont nettement plus réticentes et conservatrices dans leur acceptation du nu dans notre espace public. François Kraus précise enfin que la crainte des critiques négatives sur le physique est également plus présente qu’autrefois. Réseaux sociaux, presse féminine et pornographie où règnent des corps parfaits ont fait leur œuvre. Pour se montrer dénudé, la jeune génération pense qu’il faut avoir le corps parfait. “Ne pas correspondre aux standards de beauté constitue une crainte, alors que le culte de l’apparence et du corps parfait règne” précise François Kraus.

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Demain, quelles interdictions?

Concernant le burkini, il y a une volonté claire de l’opinion de légiférer pour son interdiction. 73% des Français veulent qu’il soit interdit à la piscine publique, et ils sont 66% à vouloir une interdiction aussi à la plage.

Cette volonté est d’autant plus forte que le citoyen sondé se situe à droite de l’échiquier politique, évidemment! 9 électeurs sur 10 de Le Pen ou de Fillon souhaitent l’interdiction. “Tous les votes sont pour l’interdiction, même chez Hamon (62%) ou Mélenchon (59%) !  Ce sont pourtant les candidats qui attirent le plus le vote des minorités en question” signale l’IFOP. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, pourrait y penser avant de renvoyer la question de l’interdiction du burkini au gouvernement et de baisser les bras devant les perturbations qu’il rencontre…

“Entre voilement et dévoilement, nous sommes sur une problématique non seulement sociétale mais également politique : la liberté des femmes à ne pas cacher leur corps dans l’espace public en s’affranchissant notamment des normes de pudeur imposées par la morale religieuse est un symbole de l’émancipation féminine en France et en Occident” conclue pertinemment François Kraus.

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Rappelons en effet que le topless est interdit dans une majorité de pays dans le monde, dans les pays arabes bien sûr, mais aussi aux États-Unis, par exemple. Si l’interdiction de la burqa chez nous repose dans la loi sur la notion d’ordre public, pour le burkini, l’interdiction dans des piscines relève uniquement d’un argument d’hygiène pour l’instant (comme le caleçon des hommes NDLR), ce qui reste discutable et peut être combattu par les associations communautaristes. Autant dire que la question du burkini risque de se poser de plus en plus régulièrement…

Des batailles de chiffonniers en perspective, d’autant que l’étude nous apprend que 75 % des musulmans pensent qu’il ne faut pas interdire le burkini. Et si vous en doutiez, les mêmes souhaitent aussi majoritairement une loi interdisant le topless en France (54%).

Étude Ifop pour VieHealthy.com réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 15 avril 2019 auprès d’un échantillon de 5 026 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni

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