Genre. La Hongrie est ciblée par la Cour de justice de l’UE qui entend imposer son idéologie « woke » en dépassant une fois encore ses compétences et en remettant en cause la souveraineté nationale. Enfin, attendons quand même que passent les élections…
La Cour Européenne est-elle en train de transformer l’UE en un club woke au sein duquel l’idéologie LGBT, et l’identité de genre en particulier, sont légalement contraignantes, au mépris des constitutions nationales, et ce, même si l’UE n’a aucune compétence en la matière ?
Question réthorique, votre honneur, car la jurisprudence de la Cour du Luxembourg ne fait plus aucun doute. En vertu du droit européen, la Bulgarie est obligée de reconnaitre la filiation de l’enfant de deux femmes né en Espagne et la Roumanie celle d’un de ses citoyens qui a effectué une transition de genre au Royaume-Uni même après le Brexit. La Hongrie est censée inscrire un réfugié iranien sous le sexe qu’il prétend avoir et la SNCF française est priée de ne plus utiliser « Monsieur, madame » dans ses formulaires d’achat de billets de train. La Pologne est désormais sommée de se plier au mariage homosexuel et, depuis le 12 mars, la Bulgarie doit admettre le nouveau genre d’un de ces ressortissants qui a entamé une transition en Italie et ce, même si la Cour Constitutionnelle bulgare ne reconnaît que le sexe biologique.
La Hongrie mauvais élève
Que la Cour de l’UE outrepasse ses compétences et qu’elle se comporte en législateur, rien de nouveau, c’est sa marque de fabrique depuis sa création. La technique est bien rodée : point de rattachement douteux au droit européen afin de faire basculer des pans entiers de compétences nationales dans son escarcelle, raisonnements juridiques « créatifs », primauté exorbitante du droit européen et une interprétation biaisée en faveur d’une EU « sans cesse plus étroite ». Ce qui est plus récent, en revanche, c’est un activisme idéologique dévoyé qui cherche à imposer les aspects les plus extrémistes du délire woke. Notamment, l’identité de genre, cette grotesque stupidité qui nie la biologie la plus évidente et désarme les élites globalistes avec la question la plus simple qui soit : qu’est-ce qu’une femme ? La Cour, elle, ne semble guère gênée d’affirmer que tout dépend du ressenti personnel et que les Etats membres ont l’obligation de le reconnaître au nom des valeurs européennes.
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La Cour a choisi son camp, mais ne s’apprête nullement à stopper sa longue marche vers une Union légalement woke. Au contraire, elle est sur le point de porter l’assaut final dans la mère de toutes les batailles pour la défense des « droits de l’Homme », dixit ILGA, organisation grassement subventionnée par la Commission européenne, fer de lance du culte de genre en Europe. A savoir : l’infraction lancée par Bruxelles contre la Hongrie au sujet de sa loi sur la protection de l’enfance qui empêche la sexualisation des mineurs, en proscrivant (entre autres) la pornographie et l’idéologie de genre. Que l’on approuve ou pas pareil projet législatif, l’Union n’a pas un millimètre de compétence dans ce domaine et pourtant, cette loi nationale a suscité une levée de boucliers sans précédent.
Dès sa promulgation, en juin 2021, Mme Von der Leyen la qualifia de « honte », lança une infraction vitesse grand V et confisqua des centaines de millions d’euros à la Hongrie sans même attendre l’arrêt de la Cour. En outre, seize Etats membres (toute l’Europe occidentale plus la Slovénie), du jamais vu, ont soutenu la Commission contre la Hongrie. Un véritable schisme woke Ouest/Est au sein de l’Union !
Un cas qui fera date, en effet, car derrière sa charge idéologique, il cache un développement juridique crucial contocté par la Commission et la Cour en deux temps: tout d’abord, octroyer des effets juridiques à l’article 2 du Traité européen qui reprend les valeurs de l’Union ; deuxièmement, faire de la Cour du Luxembourg le garant de ces valeurs et la transformer en une deuxième Cour Européenne des Droits de l’Homme. Les juges vont s’autoproclamer arbitres des élégances idéologiques européennes, même si personne ne le leur a rien demandé. Et, en passant, ils augmentent exponentiellement leurs pouvoirs. Un coup d’état de droit déjà annoncé dans les conclusions de l’Avocat Général de juin 2025 et que Bruxelles et compagnie attendent avec… patience.
Pas pressés
Oui, avec patience car l’arrêt aurait déjà dû être publié il y a belle lurette mais il est soigneusement reporté après les élections hongroises d’avril. En moyenne, le délai entre l’audience et l’arrêt est de 200 jours, et dans ce cas, celle-ci eut lieu le 19 novembre 2024, il y a donc plus de… 450 jours.
Activisme judiciaire, quand tu nous tiens, car cet arrêt aurait bien évidemment un impact électoral dans un pays qui, dans son immense majorité, peut parfaitement définir une femme et a des idées très claires sur la protection des enfants face à des idéologies qui mènent dans de nombreux cas à des mutilations irreversibles. Un arrêt qui aurait embarrassé le candidat soutenu corps et âme par l’UE s’il avait dû prendre position… Un écueil que la noble, sage et objective Cour de Luxembourg va lui épargner au nom d’une Union « sans cesse plus étroite ». Et woke, bien entendu, impérativement woke.
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