« Vous qui entrez ici, laissez toute espérance » : c’est, écrivait Dante, l’inscription que l’on trouvait aux portes de l’enfer. Celui qui aborde la question du logement en France et, plus particulièrement, celle du logement social doit faire sienne la phrase de Dante : « Vous qui abordez en économiste la question du logement social, vous qui vous souciez du logement des plus démunis : laissez toute espérance. » Ou presque.

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Une des caractéristiques de l’enfer, d’après les théologiens, est le règne du mensonge, la falsification radicale de la réalité. Or la singularité du logement social en France, c’est qu’il est presque un mensonge ontologique. La réalité est intégralement détournée, travestie, au profit d’une fiction. Voyons, en économiste, pourquoi.

Parler de droit au logement, c’est très mignon, mais ça ne résout rien et ça ne fait qu’ajouter au mensonge

L’enfer, c’est connu, est pavé de bonnes intentions. Les économistes – ou du moins la plupart d’entre eux – invoquent une multitude de « bonnes intentions » pour justifier la politique de logement social telle qu’elle existe en France. Généralement, ils parlent d’externalités positives, sur l’emploi, l’éducation, la criminalité, etc. Ils veulent dire que le fait de bénéficier d’un logement social a des effets positifs sur l’emploi, l’éducation, le respect de la loi. Et ces effets, selon eux, ont un rendement social tel qu’il justifie la fourniture de logements sociaux à des prix inférieurs à ceux du marché. Que le non-économiste qui entend parler d’externalités pour la première fois dresse l’oreille : lorsqu’un économiste parle d’externalités, c’est généralement qu’il n’a aucune bonne raison pour justifier une politique quelconque. Les externalités, la plupart du temps, ne sont qu’une cheville de langage ou, plus crûment, « des pièges à cons ». Du même ordre, et presqu’aussi souvent invoqué, le concept de

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est directeur d'études d'économie à Sciences Po Paris.est directeur d'études d'économie à Sciences Po Paris.