Le Redoutable, le cruel biopic d’Hazanavicius a bien sûr indigné les gardiens du temple godardien. Qu’importent leurs rappels au règlement, le mythe est plus que fissuré et l’oeuvre du maître passablement oubliée.


À la fin des années 1980, je croisai sur les bancs de la Sorbonne de curieux jeunes gens. Ils hantaient les salles d’art et d’essai, la Cinémathèque. Ils se coiffaient, s’habillaient, se disputaient comme on le faisait dans les films de ceux qu’ils rêvaient d’être et qui auraient pu être leurs parents (parents un peu âgés tout de même) : les réalisateurs de la Nouvelle Vague. Certains versaient dans la critique. D’autres scénarisaient. Ils voulaient faire des films. Leur panthéon cinématographique et personnel avait son Zeus (je n’ose écrire son Jupiter) : Jean-Luc Godard.

Le « génie » obligé

Ah, Godard, quel génie, affirmaient-ils comme une évidence. Leur assurance me mettait mal à l’aise : avais-je donc loupé quelqu

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Octobre 2017 - #50

Article extrait du Magazine Causeur

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