Depuis le 16 décembre dernier, on peut lire sur le site Mediapart.fr un article du blogueur Jean-Christophe Petit intitulé : « Qui est Frigide Barjot ? »

En fait d’ « enquête », il s’agit pour l’essentiel d’un copié-collé d’allégations diffamatoires diffusées par un blog anonyme – qui fait d’ailleurs l’objet d’une plainte séparée. Il suffit pour s’en rendre compte de comparer les deux documents :

– http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-christophe-petit/161212/qui-est-frigide-barjot

– http://adieufrigidebarjot.blogspot.fr

Comme son modèle, l’article de Mediapart, malgré son titre, ne vise pas seulement Frigide Barjot ; nombre de « révélations » concernent aussi ou exclusivement Basile de Koch. C’est donc solidairement que le couple a décidé de se constituer partie civile. 

Basile de Koch n’a jamais été « militant du GUD » : la justice en a tranché voici quinze ans déjà – et il n’y a toujours pas adhéré depuis ! Dans un arrêt du 3 juin 1997, la Cour d’Appel de Paris statue que « l’information inexacte »selon laquelle Bruno Tellenne (Basile de Koch) a été « membre du GUD » lui porte un « préjudice » en réparation duquel L’Evénement du Jeudi est condamné à publier un communiqué judiciaire ainsi qu’à tous les dépens.

Mais le blog de Mediapart va plus loin ! À l’en croire, Basile de Koch «suivra Bruno Mégret dans la scission du FN et deviendra un des fondateurs du MNR ». Cette invention-là n’a pas encore été sanctionnée par la justice, et pour cause : elle vient d’une simple erreur de recopiage ! Dans sa précipitation, l’ « auteur » a sauté  deux lignes du blog anonyme – attribuant du coup à B. de Koch le cursus d’un ancien secrétaire général du Club de l’Horloge…

D’ailleurs, pour faire « scission » du Front National, encore faut-il en avoir fait partie, ce qui n’est pas non plus le cas de Basile ; sur ce point aussi, la justice a tranché.

Dans le cadre de l’émission de Christophe Dechavanne Télé Qua Non, un reportage avait présenté B. de Koch comme le « concepteur » d’un journal du FN à destination de la jeunesse. Six jours plus tard, par ordonnance de référé en date du 24 janvier 1997, le Tribunal de Grande Instance de Paris condamnait l’animateur à insérer dans son émission du lendemain un déroulé rectificatif, lu en même temps par une voix off.

Ce démenti précisait utilement que l’intéressé n’exerce « aucune fonction dans le journal cité ni au Front national » et que « l’objet du reportage n’était aucunement de [le] mettre en cause. » Ça va mieux en le disant.

Quant à Frigide Barjot, l’article de Mediapart la qualifie aimablement de « vieille militante de l’extrême droite la plus nauséabonde »et  d’ « égérie des homophobes de tous bords ».

Au même moment, l’organisation intégriste Civitas la traite de « vieille gauchiste gay friendly » et Laurent Ruquier, dans On n’est pas couché, montre des photos d’elle dansant sur les tables avec des gogos au Banana Café. Si avec ça elle est « homophobe », c’est Mata-Hari !

Pour démontrer la proximité supposée de Mme Barjot avec les « shismatiques » (sic) qui la vouent aux gémonies, l’auteur n’a qu’un seul argument, carrément loufoque : sa défense inconditionnelle des deux derniers papes !

Il y ajoute une « preuve », empruntée encore au même blog anonyme :« Le couple Barjot-de Koch a été marié par l’abbé Georges de Nantes », intégriste de choc en rupture avec l’Eglise. En réalité, c’est un modeste curé à la retraite qui a célébré ce mariage, non pas à l’ombre d’une chapelle sectaire mais en l’église de Rillieux-la-Pape.

Devant cette avalanche de contre-vérités malveillantes, nous, le « couple Barjot-de Koch », n’avons d’autre choix que de saisir la justice. Faute de quoi les recopiages de M. Petit feront eux-mêmes des petits -chaque moine copiste ajoutant au passage sa « touche » personnelle. C’est déjà le cas un peu partout sur internet, en attendant la presse écrite et audiovisuelle…

Qui ne dit mot consent. Or nous refusons de porter tous les chapeaux grotesques confectionnés pour nous ici ou là, et que M. Petit étale complaisamment dans sa vitrine. Accessoirement, nous sommes curieux de savoir comment le déontologue-en-chef Edwy Plenel apportera ici la preuve de sa bonne foi -à moins de plaider qu’il ne lit pas ce qu’il cautionne.