Nos excellents confrères d’Atlantico qui, tout sympathiques qu’ils sont, m’ont l’air un rien obsédés par l’éradication planétaire de la cigarette, se sont penchés sur « la première condamnation d’un employeur pour tabagisme passif ».

À la lecture du site, on apprend en effet qu’«une enseignante atteinte d’un cancer du poumon a obtenu gain de cause devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Cette dernière a admis un lien entre son cancer et l’inhalation de fumée de cigarette au travail. L’École nationale d’architecture de Toulouse où elle travaillait a donc été condamnée le 18 décembre dernier et doit verser à la requérante 22 320 euros au titre du préjudice subi ».

Je ne me hasarderai bien sûr pas à commenter une décision de justice, si ce n’est pour faire remarquer aux magistrats bordelais que si les causes qu’on dit ont réellement entrainé les effets qu’on voit, 22 000 euros, c’est pas très cher payé. On n’ose imaginer que le ridicule de la somme allouée soit lié à un quelconque doute sur le rôle effectif du supposé tabagisme passif dans ce drame humain bien réel.

En revanche, je reste assez interloqué par les enseignements que tire de cette affaire le professeur Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français du tabagisme. Interrogé par notre consœur Mathilde Cambour, il n’hésite pas à conclure son interview ainsi : « Si le tabagisme passif de masse n’existe plus, des personnes sont toujours exposées. Inhaler de la fumée dans la voiture d’un ami, ou dans le salon de ses parents, sont des scènes du quotidien pour bon nombre de non-fumeurs. Malheureusement nous n’avons aucun contrôle sur ces actes qui relèvent du privé. »

Brrr. Le jour ou le professeur Bertrand Dautzenberg, ou un quelconque ponte du lobby anti-fumeurs pourra déclarer « Heureusement nous avons un contrôle total sur ces actes qui relèvent du privé » , tout ira beaucoup mieux dans le meilleur des mondes.

 

 

Lire la suite