Dans un article publié lundi, le journal Le Monde a affirmé que des tracts du Rassemblement national avaient été retrouvés dans la voiture de Kévin T., le suspect de l’attaque terroriste de Trappes. Une fake news.
Il faut une singulière assurance pour s’ériger quotidiennement en arbitre de la vérité et des élégances et se montrer si peu regardant lorsqu’une information mensongère permet de jeter l’opprobre sur ses adversaires politiques. C’est pourtant le triste spectacle auquel vient de se livrer Le Monde, ce quotidien qui prétend faire la leçon à la terre entière en matière de désinformation.
Le 26 octobre, le journal annonçait, dans une notification « push » adressée à ses lecteurs, la découverte de tracts du Rassemblement national dans le véhicule du suspect de l’attaque de Trappes. Une révélation aussi grave que fausse, puisque rapidement démentie par le procureur national antiterroriste.
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Il n’en fallait pourtant pas davantage pour que la gauche et l’extrême gauche, telles des vautours se précipitant sur le corps encore chaud du défunt, se livrent à leur exercice favori : la récupération politique. Olivier Faure, Thomas Portes et leurs semblables n’ont pas attendu que les faits soient établis pour désigner leurs coupables idéaux. Quand l’occasion se présente de salir le camp national, la prudence devient superflue et la décence facultative.
Cette affaire révèle surtout une mécanique préoccupante : une fake news, revêtue du prestige d’un grand journal, est une arme de destruction massive. Le démenti arrive quand le poison circule déjà.
À quelques mois d’une échéance présidentielle décisive, cette légèreté interroge d’autant plus que Le Monde bénéficie, comme d’autres titres, d’aides publiques financées par les Français. Ces subventions ne sauraient acheter l’indulgence à l’égard de manquements aussi graves aux exigences élémentaires du métier de journaliste.
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Que Le Monde se trompe est une chose ; qu’il contribue, par son imprudence, à nourrir une campagne de mise en accusation politique en est une autre. Quant à cette gauche si prompte à invoquer la morale républicaine, elle gagnerait à se souvenir que le respect des morts devrait prévaloir sur ses petites manœuvres partisanes.
Rappelons-le, la désinformation n’est pas moins dangereuse lorsqu’elle émane de ceux qui prétendent la combattre. Elle est plus insidieuse, parce qu’elle avance sous le masque de la vertu.
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