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Normale Sup: l’école (aussi) occupée par l’écriture inclusive

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Normale Sup: l’école (aussi) occupée par l’écriture inclusive
Manifestation d'étudiants de l'Ecole normale supérieure, le 3 mai 2018 à Paris. ©CHRISTOPHE SIMON / AFP

Dans La Mecque des lettres françaises, l’écriture inclusive fait sa loi ! 


L’écriture inclusive est très fréquente chez les étudiants qui portent la contestation contre la loi ORE. Elle fait également fureur à l’École normale supérieure, au grand désarroi d’un de ses élèves, qui s’exprime ici sous le pseudonyme de Louis Varlot :

« Tout le monde se soumet, même ceux qui n’en auraient jamais eu l’idée sans cela, même ceux que cela agace prodigieusement. Et ceux qui se refusent à l’employer doivent s’ingénier à trouver des tournures et des synonymes qui neutralisent les problèmes. Cette douce contrainte touche également les messages collectifs sur Facebook, pour lesquels les malheureux qui ne seraient pas encore des Mozart du point médian et qui se tromperaient un peu dans son usage se font sermonner vertement par d’implacables vigies, tandis que les enseignants les plus rétifs finissent par avouer timidement et presque honteusement qu’ “[ils] n’y arrive[nt] pas”. Et gare à celui qui se risquerait à faire un peu d’humour sur le sujet. L’équipe dirigeante, quant à elle, a basculé depuis bien longtemps. Refusant de hacher menu la fin des mots, le directeur préfère la drolatique formulation “chers et chères collègues”, qui a pour elle de faire irrésistiblement penser au fameux “Françaises, Français, Belges, Belges” de Pierre Desproges. […] L’école a aussi ses pauvres : elle subventionne grassement et en pure perte, à travers le pôle PESU (Programmes pour l’égalité scolaire et universitaire), des “lycées de la politique de la ville” dont les élèves oscillent entre bonnes volontés mâtinées d’illettrisme et démotivation absentéiste. Ce pôle, qui sert surtout à exorciser la mauvaise conscience d’une des écoles les plus sélectives de France, est tout acquis à la doxa pédagogiste et on y organise même des conférences dans lesquelles ce sont les élèves de quatrième qui expliquent aux enseignants ou futurs enseignants ce qu’il faut faire : “Comment les collégien.ne.s envisagent-iels leur propre scolarité ? Que pouvons-nous changer pour apprendre mieux et à tou.te.s ?” s’interrogent les affiches…”

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur


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Journaliste

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