Pour lutter contre l’obésité, le maire de New York, Michael Bloomberg, avait décidé d’interdire dans sa ville la vente de gobelets de sodas « supersized », de plus d’un demi-litre. Cette interdiction faisait suite à d’autres mesures hygiénistes comme l’interdiction de fumer, d’abord dans les bars et restaurants, puis dans les parcs et plages, qui avaient été moins critiquées du fait de l’argument du tort causé à autrui… qui ne peut guère s’appliquer dans le cas des sodas. Le 11 mars, à la veille de son entrée en vigueur, cette interdiction a été rejetée par le juge Milton Tingling, de la Cour suprême de l’État de New York.  Bloomberg a annoncé qu’il ferait appel et en est revenu à ses chères cigarettes, dont il a décidé le 18 mars qu’elles ne seraient désormais plus visibles dans les boutiques.
La décision du juge Tingling était pourtant cinglante, interdisant « de façon permanente à la ville de créer et d’imposer de nouvelles réglementations ». Pointant les différences de traitement entre les établissements vendant des boissons et entre les boissons sucrées elles-mêmes, le juge qualifie l’interdiction d’« arbitraire et capricieuse ». Il ajoute que le Bureau de santé de la ville de New York, en s’arrogeant des capacités législatives qu’il n’a pas, ne « fait pas que violer la séparation des pouvoirs, mais l’éviscère » et crée ainsi un véritable « Léviathan administratif ». C’est là un trouble bien plus grave que celui occasionné par quelques boissons sucrées.

*Photo : Supersize me.

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