Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac soutiennent NKM pour la primaire des municipales à Paris et le vibrionnesque et surestimé Guillaume Peltier a été désavoué par l’UMP. Rien que de très normal même si Jacques Chirac, paraît-il, n’appréciait pas du tout celle qui deviendra maire de Paris, je l’espère, pour répondre à l’attente de beaucoup de Parisiens.
Mais entre Bernadette Chirac et Nicolas Sarkozy, se déroule, depuis des années, un jeu plus subtil, plus étrange. Alors que le second a fait subir des avanies sentimentales et politiques à la famille Chirac et à certains de ses membres, la première, qui n’a jamais péché par naïveté ni par excès d’enthousiasme, à chacune de ses déclarations manie l’hyperbole et encense Nicolas Sarkozy. Lors de sa campagne calamiteuse contre François Hollande où il a fait perdre la droite et depuis qu’il nous joue l’effacement alors que tout son comportement montre qu’il piaffe, a oublié sa défaite et se croit désiré.
Il faut reconnaître que Bernadette Chirac est étonnante dans la démesure et on est bien obligé de se demander pourquoi. Elle, si pincée et sèche, avec une chaleur humaine parfois remarquablement fabriquée – à l’égard des citoyens encore presque perçus comme des manants – se laisse aller tout à coup à des élans pour ce perdant qu’elle veut voir revenir. Elle le qualifie « d’exceptionnel » (20 minutes). Que n’aurait-elle pas dit s’il avait vaincu !
Il y a forcément de la politique ou du mystère sous roche.
Pas seulement, à l’évidence, le désir naturel pour elle de voir la droite reprendre le pouvoir à la gauche.
Cette obsession constante et à la longue ridicule de se faire passer pour une groupie de Sarkozy a des touches délirantes. Ainsi, elle nous demande de « le laisser tranquille » alors que c’est lui qui ne nous laisse pas tranquilles en n’attendant pas sagement et dans la discrétion la primaire UMP de 2016 mais, à rebours, en s’agitant entre des conférences somptueusement payées et des entretiens avec des chefs d’Etat et des Premiers ministres étrangers sans qu’il puisse invoquer, à cet effet, mandat et légitimité (Le Monde). Que je sache, être ou avoir été au pouvoir représente plus qu’une nuance !
Je suis sans doute vieux jeu mais je continue à être surpris par l’entêtement qu’elle met à porter aux nues un homme qui n’a cessé subtilement ou ostensiblement de s’en prendre à son époux, de l’humilier ou de le contester. Dans sa démarche renouvelée de soutien à Sarkozy, il est clair qu’il y a autant de vengeance à l’égard de Jacques Chirac que de bienveillance pour son successeur en 2007. J’analyse les dithyrambes de Bernadette Chirac comme autant de provocations gratuites destinées à rendre, à un homme âgé qui ne peut plus les relever, la monnaie de sa pièce.
Au fond, de la part de Bernadette Chirac qui, il est vrai, n’a jamais paru indignée par le somptuaire, les accommodements financiers et les privilèges, nous aurions tout de même attendu réserve et retenue. Épouse d’un ancien chef de l’Etat élu puis réélu, elle aurait dû au moins intégrer le fait que cet homme, dont elle réclamait le retour, était au centre de quelques procédures qui permettaient de douter de sa parfaite éthique. J’avoue que Bernadette Chirac m’a choqué en faisant l’impasse sur la part d’ombre de cet être « exceptionnel ».
Quel est donc le secret qui lie Bernadette Chirac et Nicolas Sarkozy ? Quelles tractations et quels silences troubles, quels engagements et quelle récompense ?
Les pièces jaunes, du spectacle, des jeux, du bruit et du vent pour le menu peuple.

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