Lors d’une interview, un journaliste a “osé” demander au candidat à la mairie de Paris Cédric Villani s’il souffrait d’autisme. Toute la bonne presse s’en indigne. En ces temps inclusifs, l’autisme serait même un atout, à entendre certains commentateurs!


Nous parlions récemment des projets éducatifs de Benjamin Griveaux, candidat LREM à la mairie de Paris en difficulté. Sur son chemin, on le sait, Cédric Villani maintient une candidature dissidente. Il a apparemment un sacré ego. Et selon Le Point, il inquiète même ses proches. La semaine passée, le mathématicien surdoué était interrogé sur son autisme supposé par l’émission de télévision Quotidien. En effet, nombreux sont les observateurs à murmurer que Villani pourrait être atteint du syndrome d’Asperger. 

Apprenez à identifier les signes d’Asperger

Les signes qui plaident pour cette hypothèse sont notamment l’habillement saugrenu, le phrasé étrange ou farfelu et les échanges déconcertants avec autrui (certains diront difficiles). Autant de traits communs à de nombreuses personnes atteintes du syndrome… Enfin, ce qui est plus connu depuis Rain man, de nombreux Asperger développent des facultés impressionnantes sur un domaine spécifique – par exemple dans les sciences – en compensation de leur inaptitude sociale…

« Vous me demandez si je suis autiste ? Je ne sais pas. Je ne me suis jamais fait diagnostiquer. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de me faire diagnostiquer. Et qu’est ce que ça changerait ? »

Peu importe! Villani affirme ne pas avoir demandé un diagnostic au corps médical.  Cela va très bien ainsi, merci.

Je vous sens troublé

En ces temps inclusifs, poser la question de l’autisme est perçu comme un affront, voire un début de discrimination. Il y a quelques décennies, un tel syndrome aurait probablement écarté tout candidat à d’importantes fonctions électives. En 2019, au contraire, le troupeau habituel des vigilants s’empresse de nous rappeler – dans les médias ou sur les réseaux sociaux –  la bonne conduite que l’électeur doit adopter. En aucun cas, le citoyen ne peut se demander dans l’isoloir s’il est opportun d’élire un maire Asperger. Rappelons qu’Anne Hidalgo n’a tout de même pas les codes nucléaires…

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Entendons-nous bien, Villani a bien fait la preuve de ses compétences politiques. Mais c’est cet empressement à vouloir circonvenir toute parole qui s’écarterait de l’acceptation à bras ouverts d’une telle pathologie qui interroge. Après un intense lobbying, ce qui était considéré comme un handicap mental est depuis 2013 classé dans une catégorie moins infamante par l’Association américaine de psychiatrie: “les troubles du spectre de l’autisme”. Un éventuel maire de Paris Asperger ne doit donc plus nous troubler.

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