Alors que Le Monde prenait soin de nuancer pendant le weekend les piètres résultats des écoliers français au classement PISA, l’aspirant à la mairie de Paris Benjamin Griveaux entend faire des enfants de la capitale de parfaits bilingues pour les intégrer dans la mondialisation. Dans quel pays les macronistes vivent-ils ?


“Le niveau des élèves français est-il si mauvais?” Poser la question, c’est déjà y répondre. 

En page 6 de son édition du week-end, le Monde s’attelle à démontrer que nos résultats assez catastrophiques seraient les projections délirantes de déclinistes patentés Leur chef, Alain Finkielkraut, n’affirme-t-il pas d’ailleurs que “le niveau monte” est la plus grosse fake news de ces trente dernières années ? 

Pisa tout seul insuffisant pour la France?

Evidemment, les syndicalistes interrogés par le quotidien vespéral l’affirment de concert: ne manquent que quelques zéros supplémentaires dans les lignes de crédits budgétaires du ministère pour que la matière grise cachée sous nos têtes blondes puisse se mettre à travailler à plein régime. Les résultats du nouveau classement PISA seront dévoilés ce mardi 3 décembre. Espérons que cette nouvelle livraison sera encourageante pour la France, même si ces statistiques ne veulent donc pas dire grand chose, à en croire le Monde. Surtout si vous ne prenez pas le temps de “croiser les résultats” avec d’autres études, nous apprend un spécialiste interrogé dans l’article. 

Si vous interprétez ces courbes et diagrammes négativement, c’est parce que vous cédez à cette “forme de déclinisme qui affecte notre regard sur l’école comme sur toutes les institutions”, dixit Mattea Bataglia, qui signe le papier et semble préférer la méthode Coué! 

Le sinistre classement PISA serait devenu “une sorte de norme mondiale de l’évaluation scolaire” ajoute-t-elle. Incapable d’évaluer proprement notre système éducatif tricolore si particulier, évidemment. 

Tant que les Parisiens maîtrisent l’anglais…

Enfin, la journaliste nous invite à éviter d’entretenir cette “nostalgie de l’école d’antan, celle des années 60 ou même de Jules Ferry”. De sales périodes, assurément. A la tête du Conseil scientifique de l’éducation nationale, Stanislas Dehaene, prof interrogé par le quotidien, reconnaît tout de même qu’en CM2, “les meilleurs élèves d’aujourd’hui sont au niveau des pires d’hier.”

Pendant ce temps, à Paris, en pleine campagne pour se faire élire maire, on apprend que Benjamin Griveaux a formulé une proposition épatante : “J’ai un projet qui me tient particulièrement à cœur: permettre aux enfants de devenir parfaitement bilingues en anglais à la fin du collège.” Résumons: pendant qu’un enfant français de 17 ans sur 10 ne sait pas lire, Griveaux souhaite donc que les petits Parisiens ne puissent plus du tout être confondus avec les enfants de fumeurs de clopes qui roulent en diesel dans “les territoires”! Avec le champion que la Macronie s’est choisi pour la capitale et une telle politique, on nous construit assurément une drôle de France.

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