Aux élections, la petite recette communautariste de Jean-Luc Mélenchon s’avère payante
Diffusé en 1981 sur TF1, un téléfilm d’Edouard Molinaro avait marqué les esprits: Au bon beurre, tiré d’un livre de Jean Dutourd, avec Roger Hanin et Andréa Ferréol.
Voici le résumé qu’en donne Wikipedia : « À Paris pendant l’occupation allemande, les Poissonnard, un couple de commerçants propriétaires de la crèmerie « Au Bon Beurre » dans le 20e arrondissement, sont des profiteurs de guerre opportunistes. Ils tirent en effet avantage — et sans scrupule — des pénuries alimentaires et du marché noir ayant cours à cette période pour s’enrichir indûment. Par ailleurs, le couple est aussi capable de compromissions avec l’occupant […] Les Poissonnard collaborent habilement avec les autorités allemandes quand cela sert leurs intérêts ».
Y a-t-il aujourd’hui en France une boutique dont les tenanciers sont des profiteurs de guerre opportunistes, qui tirent avantage de la crise, se compromettent, collaborent avec des autorités étrangères ou religieuses, quand cela sert leurs intérêts ?
A lire aussi, Dominique Labarrière: Saint-Denis, nécropole électorale d’une certaine France?
Cette boutique est une officine politique, qui spécule sur le vote musulman. Selon une étude Ifop, aux élections européennes de juin 2024, les musulmans ont voté à 62 % pour la liste de La France insoumise, dans la continuité de l’élection présidentielle de 2022, au cours de laquelle 69 % des musulmans avaient choisi Jean-Luc Mélenchon.
Dans son dernier livre Vote religieux. Un tabou français (éditions de l’Observatoire), Lucas Jakubowicz analyse : « En 2017, il a manqué 600 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour de l’élection présidentielle. Le chef de La France insoumise a constaté que la colère des Gilets jaunes profitait à Marine Le Pen. Il a donc misé sur une carte du communautarisme et l’investissement a été payant : entre la présidentielle de 2017 et celle de 2022, il est passé de 37 % à 69 % chez les électeurs de confession musulmane ».
Aux municipales, Roubaix et Saint-Denis ont validé ce bond croissant. Ne reste plus à LFI qu’à dévoiler sa véritable enseigne : « Au bon Beur ».




