La France n’en a pas fini avec le voile de la discorde. La polémique Julien Odoul et le discours victimaire des médias inverseraient-ils la tendance en faveur du port du voile islamique? Un sondage IFOP pour Cnews et Sud Radio le suggère.


Vendredi 11 octobre, Julien Odoul ne s’attendait probablement pas à créer une polémique d’une telle ampleur à l’occasion du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, lorsqu’il demanda à une accompagnatrice scolaire de « bien vouloir retirer son voile islamiste » dans la mesure où celui-ci serait contraire à la laïcité. Des propos fermes mais corrects. Qu’importe, le mal était fait et tous les éléments réunis afin qu’un drame national se mette en place : les hurlements du public, la mère prenant l’enfant eploré dans ses bras et l’étiquette RN faisant du député un bourreau sur-mesure.

La polémique profiterait… aux islamistes

Mais le lynchage allait s’avérer compliqué pour les médias, dans la mesure où une écrasante majorité de Français partage l’avis de Julien Odoul. En effet, selon un sondage de l’IFOP en date du 25-26 septembre, 66% des Français se sont dits favorables – dont 37% très favorables – à une interdiction du port de signes religieux ostensibles par les accompagnateurs scolaires.

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Mais ça, c’était avant !

L’IFOP a renouvelé la question mi-octobre au lendemain des déclarations d’Edouard Philippe, et il semblerait que le matraquage médiatique porte ses fruits car le résultat chute et il n’y a désormais plus que 62% de Français favorables à l’interdiction (- 4 points), dont 32% très favorables.

La majorité tarde à prendre une position claire

Toutefois, il n’y a pas qu’au sein de la population que les avis évoluent, comme en témoigne le récent débat interne chez LREM.

Michel Blanquer affirme que “le port d’un voile dans l’espace public n’est pas souhaitable” au grand dam du député Aurélien Taché. Selon lui, le ministre de l’éducation ne ferait que “renforcer ce qu’il prétend combattre” et soutenir Julien Odoul en proférant de tels propos.

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Dernier épisode en date: le délégué général de LREM Stanislas Guerini se voit obligé d’arbitrer lui-même le conflit avec une inédite « cellule de médiation » dans la mesure où Emmanuel Macron, (une fois n’est pas coutume?), ne semble pas disposé à se prononcer sur une question qui divise.

Désormais, il ne reste plus qu’à attendre le 29 octobre afin que le Sénat se décide sur le sujet.

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