Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au Parc des Princes à Paris, mars 2014. SIPA. 00677712_000056

Le « Sarkozy des socialistes » ! C’est l’image dont « jouit » en Espagne, Manuel Valls, le plus Catalan des politiques français. Largement reprise par les médias nationaux, l’annonce de sa candidature – « en des termes grandiloquents qui fleuraient bon à chaque phrase le messianisme d’un supposé « héros charismatique » » (ABC) – a permis de rappeler qui il était. Au moins au-delà des Pyrénées.

Et, surprise ( ?), les compliments (empoisonnés ?) ne viennent pas forcément d’où on les attend : c’est le journal conservateur La Razón qui ose, d’emblée, la comparaison : « ce qui est certain, c’est que les biographies de Manuel Valls et Nicolas Sarkozy se ressemblent comme deux gouttes d’eau », assure le site du quotidien qui rappelle une forme de destinée commune entre les deux bruns : « les deux ont été ministres de l’Intérieur et ont fini par se rebeller contre leur mentor pour mettre à bien leurs ambitions personnelles. »

« Un grand talent pour irriter les siens »

Et quand l’accent est mis sur sa singularité, c’est pour mieux rappeler celle de l’ancien président français. « Valls est un spécimen bien étrange au sein de son parti », embraye La Razón qui le qualifie donc de « Sarkozy des socialistes ». C’est un « socialiste de droite » insiste l’autre quotidien conservateur ABC, l’adepte d’un « libéralisme autoritaire » pour La Vanguardia (centre-droit). Alors que le journal de centre-droit, El Mundo, file un autre type de ressemblances : « comme Nicolas Sarkozy, il a une énergie inépuisable […] et un grand talent pour irriter les siens ». On rappelle sa « main de fer » (La Razón) contre les Roms, l’épisode du « burkini » (El Mundo) et on cite Jean-Luch (sic) Mélenchon : « les socialistes appliquent les mêmes recettes que la droite » (El Pais, centre-gauche), c’est « le plus grand diviseur commun de la gauche » (La Razón).

Une gauche qu’il va devoir réunir sous son ambitieux slogan « faire gagner tout ce qui nous rassemble ». Ce dont doutent les médias espagnols qui rappellent « la mauvaise passe du Parti socialiste, usé par les années de gouvernement » (El Nacional) et la «coresponsabilité» de Valls dans « l’échec » du quinquennat du président « submergé » François Hollande (ABC). Si les choses en restent là, « le couple Fillon-Le Pen empêchera tout candidat socialiste d’accéder au second tour » (ABC). Il n’est de toute façon « pas sûr du tout » (El Mundo) que Manuel Valls puisse s’imposer face à Arnaud Montebourg, « un socialiste nationaliste […] au verbe assassin de grand tribun bonapartiste » (ABC). Sans compter la rivalité des deux candidats de gauche hors-primaire : Emmanuel Macron, « son ennemi le plus intime » et Jean-Luc Mélenchon, « le tribun le plus brillant et truculent des gauches françaises » (ABC).

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