Image: Soleil.

« Quand je serai grand, je serai commissaire européen. Dites-le à vos enfants, il n’y a rien de mieux. On vit confortablement ; on est très grassement payé. On n’est pas élu mais choisi. Et après, on peut dire ou faire n’importe quoi, aucun compte à rendre. » L’insupportable Éric Zemmour continue son travail de démolition des autorités qui nous gouvernent avec une gourmandise qui ne peut qu’aggraver son cas pendable[1. Un quinquennat pour rien, Albin Michel, 2016].

Pour une fois, cependant, il reste en deçà de la vérité. Son propos n’incrimine que l’irresponsabilité ordinaire de commissaires idéologues ou incompétents. Or l’affaire Neelie Kroos, qui s’est étalée à la une des médias le 22 septembre dernier, met au jour un tout autre scandale. Il apparaît que la dame Kroos, qui a exercé deux mandats successifs entre 2004 et 2014, d’abord au titre de commissaire à la concurrence, ensuite à celui de commissaire au numérique, était aussi, entre 2000 et 2009, à la tête d’une société située dans un paradis fiscal des Bahamas. Il s’agit, en termes moraux et juridiques, d’un conflit d’intérêts, d’autant plus sérieux qu’il touche une personnalité dotée d’un immense pouvoir de décision. Dès lors, il est impératif d’examiner les activités de Dame Kroos durant ses fonctions bruxelloises.

Lire la suite