Nos prévisionnistes météo nous annoncent quotidiennement les départements placés en vigilance canicule. Dans ce flot d’alertes sur le réchauffement climatique, un constat pourtant étayé par les études internationales est largement passé sous silence: des hivers plus doux sauvent aussi des vies.
Depuis quelques années, les médias ressortent chaque été le même compteur : tant de milliers de morts attribués aux canicules. Le chiffre impressionne, nourrit les appels à l’urgence et alimente l’idée que le réchauffement climatique constitue déjà une catastrophe sanitaire majeure.
Pourtant, un détail important disparaît souvent des analyses : les populations européennes vieillissent. Or les personnes âgées sont beaucoup plus vulnérables aux fortes chaleurs. Dès lors, dans une population où les plus de 70 ans sont toujours plus nombreux, la hausse des décès liés à la chaleur tient en partie au vieillissement démographique. Un autre oubli important concerne le froid. Lorsqu’on examine la mortalité liée aux températures dans son ensemble, on constate qu’aujourd’hui encore, le froid tue plus que la chaleur. Ce constat n’a rien de nouveau. Déjà, en juillet 2024, dans une synthèse publiée sur le site Our World in Data, la chercheuse Hannah Ritchie rappelait que les grandes études internationales montrent que le froid provoque davantage de décès que la chaleur.
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Le plus étonnant est que ces décès ne surviennent pas principalement lors des vagues de froid exceptionnelles. Ils sont surtout provoqués par les successions de journées fraîches, beaucoup plus fréquentes. Le réchauffement climatique n’est évidemment pas sans effet délétère. Mais en réduisant le nombre de journées froides, il épargne aussi des vies. Autrement dit, le réchauffement produit simultanément deux effets contraires : davantage de décès liés aux fortes chaleurs et moins de décès liés au froid persistant. Or le second phénomène est presque toujours absent du débat public.
On peut comprendre qu’une canicule spectaculaire fasse la une des journaux. Il est plus difficile d’attirer l’attention avec des milliers de vies discrètement épargnées par des hivers moins rigoureux. Pourtant, si l’objectif est d’évaluer honnêtement l’impact sanitaire du réchauffement climatique, il faudrait compter les morts des deux côtés de la balance.
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