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Victoire de l’Espagne et probable piqûre de rappel pour les Bleus

Le Portugal cède dans les derniers instants de ce quart de finale


Victoire de l’Espagne et probable piqûre de rappel pour les Bleus
Cristiano Ronaldo, lors du match entre le Portugal et l'Espagne pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, disputé lundi 6 juillet au stade AT&T d'Arlington, au Texas (États-Unis). © Fotoarena/Sipa USA/SIPA

Après un début de tournoi hésitant, la Roja a retrouvé toute sa maîtrise. Sa victoire face au Portugal renforce la perspective d’une demi-finale explosive contre la France.


En remportant lundi, à Arlington, banlieue de Dallas (Texas), son derby fratricide contre le Portugal en marquant l’unique but de la rencontre à l’entame du temps additionnel et, par-dessus tout, en préservant la virginité de sa cage à maintes reprises en péril, l’Espagne a rappelé qu’il fallait compter sur elle. Qu’elle était bel et bien une des grandes favorites malgré son nul (0-0) face à un déconcertant Cap-Vert, lors de son premier match de cette Coupe du monde, qui avait jeté quelques suspicions sur ses capacités à aller loin.

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Très rapidement, la Roja (la Rouge ainsi qu’elle est surnommée) les avait dissipées. En poule, l’Espagne s’imposait avec maestria contre ses deux autres adversaires, l’Arabie saoudite (4-0) et l’Uruguay (1-0). Mais surtout, en 16ème de finale, elle a sorti la robuste Autriche (3-0) après avoir offert une démonstration de son jeu de courtes passes qui n’est pas sans similitudes avec l’art tauromachique. Face au Portugal, elle a apporté la preuve qu’elle pouvait être un implacable matador. Patiente, elle a su attendre le moment pour trouver la faille dans la défense opposée et porter son estocade. 

Son but contre l’équipe de Cristiano Ronaldo (41 ans), qui a fondu en larmes au coup de sifflet final, sachant que celui-ci sonnait le glas de sa prestigieuse carrière internationale, a été la parfaite illustration de cette tactique qui vise à anesthésier la partie adversaire en l’étourdissant.

Servi par une passe en profondeur de Ferran Torres, Mikel Merino, entré en 2ème mi-temps, milieu de terrain de l’équipe anglaise d’Arsenal, s’est infiltré dans un trou de souris entre deux défenseurs, et a envoyé imparablement la balle dans le fond des filets. Le doute ne subsiste plus: l’Espagne est dotée d’une attaque efficace et opportuniste, d’une défense intraitable et d’un gardien, Unai Simon, d’une sérénité à toute épreuve. Comme il en a donné la preuve en 2ème mi-temps un échantillon en bondissant comme un diable, dans un moment de gros cafouillage devant la cage, pour parer un pervers tir de Ronaldo que bien d’autres auraient laissé passer.

Le choc qui se profile 

Mais surtout, cette victoire sur le Portugal a des allures de piqûre de rappel visant la France. S’ils passent le quart, ce qui n’est acquis ni pour l’une ni pour l’autre équipe, les Bleus et la Roja s’affronteront le 14 juillet, à Dallas, en demie. Pour cela, le onze tricolore devra se défaire du Maroc (match de tous les périls pas seulement sur la pelouse mais aussi dans les rues de l’hexagone), et l’Espagne aura à vaincre les « Diables rouges », la Belgique, qui ont laminé par un 4 à 1, ce même lundi, les Etats-Unis, match précédé de l’affaire dite Folarin Balogun. Suite à une prétendue intervention de Trump auprès de la FIFA, ce dernier, buteur de la sélection américaine, a été blanchi du carton rouge qu’il avait écopé lors du match précédent contre la Bosnie-Herzégovine, pour qu’il puisse disputer cette rencontre cruciale contre la Belgique.

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Le beau geste de Messi

À l’issue de la victoire étriquée et déconcertante (3-2) de l’Argentine face au Cap-Vert, samedi dernier, le recordman des buts en Coupe du monde avec 19 réalisations, également co-meilleur buteur de cette édition avec Kylian Mbappé (sept buts chacun), Lionel Messi, s’est empressé de se diriger vers le gardien capverdien, Vozinha, afin de le féliciter chaleureusement.

« Messi s’est approché de moi, a raconté ce dernier à la presse latino-américaine, et m’a dit que j’avais été formidable, que je devais être fier de moi. Je lui ai alors demandé si nous pouvions échanger nos maillots. Il s’est exécuté. Je n’oublierai jamais ce moment. »
Les deux joueurs se sont ensuite offert un fuerte abrazo (une chaleureuse accolade), une marque de félicitations très répandue en Amérique latine.

De son côté, Messi a confié : « Quand on m’a dit qu’il avait 40 ans, j’en ai été surpris », omettant que lui-même en a 39, ce qui ne constitue manifestement pas un handicap lorsqu’il se retrouve face au but adverse.

Ce match restera dans les annales du football comme l’exploit d’un « petit » face à un « géant », en grande partie grâce aux prouesses répétées de Vozinha. Le gardien a réalisé huit arrêts exceptionnels, dont six sur des tentatives de Messi lui-même.

Et si, finalement, cette Coupe du monde se révélait être celle des gardiens ? On se focalise beaucoup sur la rivalité entre les buteurs, oubliant souvent que les victoires se construisent aussi grâce aux gardiens. Après tout, la finalité du football est d’encaisser moins de buts que l’on n’en marque. À titre d’exemple, l’Espagne doit sans doute davantage sa victoire aux parades de son gardien, Unai Simón, qu’au but inscrit à l’entame du temps additionnel • RU

La France et l’Espagne se sont affrontées à trois reprises depuis 2021. La Roja a sorti, en juin dernier, les Bleus en demi-finale de la Ligue des nations de l’UEFA, à l’issue d’un match fou, qui s’était terminé par 5 à 4. Même chose, en coupe d’Europe, l’Espagne avait éliminé la France en demie sur un 2 à 1. En revanche, en octobre 2021, les Bleus s’étaient imposés en finale de l’UEFA contre l’Espagne sur un 2 à 1. En tout, les deux pays ont disputé 40 matchs : l’Espagne en a gagné 19, la France 13 et ont terminé huit fois à parité.

Si Espagne et France se retrouvent en demies, celles-ci auront l’amer goût de finale avant l’heure pour la perdante… Comme pour le Portugal, ce 8ème de finale.



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écrivain et journaliste français.

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