La cheffe des députés RN à l’Assemblée se pourvoit en cassation dans l’affaire du Parlement européen. Et repart à la conquête de l’Elysée. Une bonne nouvelle pour la démocratie, selon Ivan Rioufol.
Bonne nouvelle : le peuple oublié est de retour. « Les Français auront le dernier mot », a déclaré Marine Le Pen, mardi soir sur TF1, en confirmant sa candidature pour 2027 après l’arrêt de la Cour d’appel lui permettant d’être éligible. Les juges eux-mêmes ont acté leur désaveu par l’opinion. Dans son arrêt, la Cour d’appel prend soin de rappeler en effet « la liberté de choix de l’électeur » et « la liberté des candidatures », en s’empêchant d’entraver cette fois un processus démocratique. François Fillon, favori de la présidentielle de 2017, n’avait pas connu cette mansuétude. Cette apparente sagesse d’une corporation décriée marque-t-elle sa volonté d’en finir avec un « pouvoir des juges » contesté très majoritairement par les Français ?
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Bras de fer avec la machinerie judiciaire
C’est cette ambiguïté que la nouvelle favorite à la présidentielle entend exploiter par son pourvoi en cassation qui lui permettra, par l’effet suspensif de la procédure, de ne pas porter de bracelet électronique pour l’année de prison à laquelle elle a été condamnée pour détournement de fonds publics du parlement européen. La Cour de cassation, voire le Conseil constitutionnel, oseront-ils faire obstacle à leur tour à la candidate du RN ? « Nous verrons. Les Français seront juges », a répété celle qui s’estime « innocente » dans cette affaire de financement d’assistants parlementaires, où aucun enrichissement personnel n’a été relevé, comme la cour l’a rappelé. Dans ce bras de fer avec la machinerie judiciaire, présumée rendre ses jugements « au nom du peuple français », les citoyens sont appelés à redevenir les juges suprêmes des méthodes de la Justice et des pratiques du RN dans le financement des collaborateurs.
Marine Le Pen face à son destin
L’audace de Marine Le Pen, dans ce qui s’apparente à un coup de force démocratique face au coup d’Etat permanent des juges, s’annonce payant. Certes, la gauche et le centre ont dès hier sorti l’artillerie lourde en voyant chez elle une « délinquante », une « voleuse », un « repris de justice », etc. Mais, outre le fait que d’autres partis ont aussi navigué dans le flou des règles administratives concernant les assistants, ces accusation faciles ne peuvent que conforter le RN dans son rôle de mouvement antisystème, bataillant contre les castes déconnectées de la vie des gens ordinaires.



Rien n’est moins infamant aujourd’hui, pour des électeurs révoltés contre un régime en faillite, qu’une condamnation sans éléments de corruption. Dans Le Parisien de ce mercredi, Jérôme Fourquet (Ifop) rappelle que Louis Aliot (RN) a été élu maire de Perpignan au premier tour des municipales l’année dernière alors qu’il avait été condamné en première instance, à l’instar de Marine Le Pen.
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Un sondage local avait montré que cette sanction n’avait aucune incidence pour 78% des électeurs et qu’elle était même un motif supplémentaire d’appui à Alliot pour 12%. Depuis hier, Marine Le Pen, secondée par Jordan Bardella, a pris une sérieuse option pour gagner l’Elysée en mai 2027. Et pour une fois, le peuple oublié, constitutif de la souveraineté nationale, devient plus important que la valse des ego des prétendants.
La démocratie a tout à gagner au retour des Français dans la politique.
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