Diabolisation des agents « fascistoïdes » de l’étranger à la télévision russe, sacralisation des héros spontanés de la liberté sur les chaînes européennes : le manichéisme est sans surprise, de même que l’émotion devant les morts, toujours utile aux idéologies. Mythifiées par l’instantanéité de l’information en continu, les images du Maïdan raniment la commotion de 1989 pour les uns, l’exaltation de 1789 pour les autres. Vu de Moscou, deux décennies et demie après la chute du Mur, les diplomaties de l’Ouest continue- raient leur guerre souterraine en vue de la dissolution définitive de l’Union soviétique. Vu de Paris, deux siècles et un quart après la prise de la Bastille, les peuples de l’Est manifesteraient non moins définitivement leur aspiration démocratique à intégrer l’Union européenne. Cet affrontement obligerait ainsi chacun à trancher, le temps d’un reportage, l’éternel dilemme entre l’éthique de responsabilité et de conviction. Cependant, l’Histoire ne se répète pas, elle se poursuit.

*Photo: Soleil

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