Faut-il avancer l'âge du départ au cimetière ou celui de la retraite ?

Le débat sur le financement des retraites qui s’éternise dans les médias n’est pas à la hauteur de mes attentes. On avait commencé par évoquer trois leviers pour résoudre le problème du déficit : je n’en vois plus que deux à l’horizon. Seuls l’allongement de la durée du travail et l’augmentation des cotisations restent envisagés  ; l’hypothèse d’une diminution du montant des pensions a disparu des discours dans un soulagement qui semble général. Or, c’est cette solution qui me tentait. Depuis qu’elle est passée aux oubliettes, la question qui ne me passionnait pas m’intéresse encore moins.

Le quatrième âge, très peu pour moi !

Je ne veux pas de retraite, je n’en aurai pas, j’ai pris mes dispositions. Il y a quelques années, j’ai réalisé des travaux de menuiserie dans une maison d’accueil pour personnes du quatrième âge. À l’heure où sonne l’appel du goûter, une armée de morts-vivants se déverse dans les couloirs. En roulant ou en claudiquant, la procession branlante des béquilles et des fauteuils s’avance lentement mais sûrement vers le sucre promis. Aux ordres des infirmières, prononcés sur le ton niais qu’on leur réserve et que je n’employais pas avec mes enfants de deux ans de peur qu’ils ne deviennent des débiles profonds, les vieillards aux silhouettes déformées par les douleurs et les couches s’engouffrent dans les ascenseurs et coupent à tous ceux qui les aperçoivent toute envie de vieillir. En rentrant chez moi, j’ai brûlé fiches de paye et relevés de points pour que l’entrée de toute sorte de mouroirs me soit, faute de moyens, définitivement interdite.

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