Edouard Manet, Portrait d'Émile Zola, 1868.

Comme chaque année, le Salon du livre aura accouché collatéralement d’un numéro spécial de Libé, rédigé exclusivement par des écrivains. Un exercice a priori rafraîchissant pour le lecteur, un pas de côté bien agréable, un peu comme, quand on était petit, Michel Delpech ou Claude Sautet se retrouvaient bombardés, le samedi midi, red’chef du « Journal inattendu » de RTL − mais en plus classieux, bien sûr.

Seulement, on n’en a pas eu ce jeudi 25 mars, pour son euro et trente centimes, avec lesquels on aurait mieux fait de s’offrir un deuxième café, sans doute à cause de la crise mondiale et de Sarko qu’a même pas été fichu de l’interdire. Car hormis quelques valeurs sûres (Patrick Modiano, Pierre Pelot et Marc Weitzmann, dont l’excellent « Ma mère et Jean Ferrat » n’aurait pas déparé dans votre site préféré), c’est du très grand n’importe quoi, on s’emmerde à cent sous de l’heure, on se pince en se demandant si Libé n’est pas, pour une fois, en avance sur son temps en publiant dès le 25 mars son numéro du 1er avril, entièrement rédigé par des stagiaires de troisième ou par des élèves de l’EFAP. On exagère ? Même pas ! On a les noms, les textes et, la colère aidant, on va pas se gêner pour cafter.

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Aimée Joubert est journaliste. Marc Cohen est membre de la rédaction de Causeur.
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