Pierre-Henri Tavoillot est de retour sur REACnROLL dans l’Esprit de l’Escalier!


Dans cet épisode de l’Esprit de l’escalier, Elisabeth Lévy et son invité, le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, évoquent notamment l’affaire Taha Bouhafs, les violences émaillant les manifestations contre la réforme des retraites et les solutions envisageables pour enrayer la montée du communautarisme islamique. 

Lors de leur échange, alors que les deux intellectuels reviennent sur la colère populaire qui est dirigée vers la figure du président depuis de nombreux mois, ils se demandent si Emmanuel Macron n’a pas commis quelques erreurs politiques. Causeur vous propose de lire un petit extrait. L’émission complète est disponible sur abonnement sur RNR.tv (5€ par mois).

Verbatim

Élisabeth Lévy. Qu’est-ce qui s’est passé pour que ce jeune président, acclamé à son arrivée, destiné à sacraliser de nouveau la fonction présidentielle après Hollande, se retrouve maintenant haï à ce point ? Est-ce que tout est de la faute de la rue et du peuple ?

Pierre-Henri Tavoillot. Non, il y a eu une erreur initiale du côté de l’exécutif. Lorsqu’il a été élu, on a conseillé à Macron de ne pas oublier qu’il avait été mal élu, on lui a rappelé également qu’il était coupé des territoires, de la France périphérique. Et au lieu d’aller travailler très fortement sur cette logique du territoire, comme beaucoup de gens l’incitaient à le faire, il ne l’a pas fait. La révolte des gilets jaunes est l’expression parfaite de cet oubli de la France profonde. Longtemps, le débat social s’était fait entre centre-ville et banlieues, en oubliant la France périphérique. Il y a donc eu là une erreur majeure, de plus pas totalement réglée.

Élisabeth Lévy. Pourtant, lors de l’épisode du Grand débat, Macron a quand même mouillé sa chemise dans la France périphérique ! 

Pierre-Henri Tavoillot. Il a été plutôt bon. Il discute bien, la mise en scène était réussie. Cela dit, entre ce dialogue qu’il y a eu avec les Français lors de cette épisode et la politique “jupitérienne”, y a-t-il quelque chose d’autre ?

Elisabeth Lévy. En menant cette politique d’adaptation de la France à la mondialisation – et il essaie effectivement de faire des choses – il y a peu de chances qu’Emmanuel Macron réponde réellement aux attentes des gilets jaunes et de la France périphérique…

Pierre-Henri Tavoillot. Par exemple sur la question des retraites, il me semble que voyant que la négociation n’allait pas fonctionner, l’hypothèse d’un référendum aurait été intéressante… Pas un référendum qui consiste à dire « Voilà ma réforme, c’est oui ou c’est non » mais plutôt « il y a trois options : on ne change rien mais les cotisations vont augmenter / On instaure la retraite à points / On augmente progressivement l’âge de départ » (…) Vous allez décider. Chaque solution a des avantages ou ses inconvénients, et on sort de cette logique qui consiste à penser que le résultat d’un référendum n’est pas la réponse à la question, mais celle à celui qui l’a posée. En faisant comme ça, on aurait une vraie innovation démocratique !

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