Lettre à un acteur total, écrite en sortant, bouleversé, du théâtre de l’Athénée.


Cher Philippe Caubère,

J’étais il y a quelques jours au théâtre de l’Athénée pour votre spectacle Adieu Ferdinand. À votre sortie de scène, je n’ai su que vous dire, je vous ai simplement salué. Je ne sais en vérité jamais vraiment que vous dire. L’habituel « bravo ! » ou le tristement banal « c’était génial ! » auraient été dérisoires face à la montagne. Face à ce monstre du théâtre que vous êtes.

Car vous n’êtes pas un simple acteur, vous êtes l’acteur, vous êtes une incarnation du théâtre et de sa liberté. Une incarnation du théâtre tel qu’il devrait être et tel qu’il n’est plus vraiment. Une incarnation du théâtre des acteurs.

Le plateau est nu, la chaise est au centre de la scène, le rituel peut commencer. Ce rituel sacré de votre théâtre. Vous voilà seul face à la foule. Seul à les dompter, à les séduire, à les fasciner et finalement… à les faire jouir ! Une belle passe pour quelques dizaines d’euros où chacun trouve son compte. Vous nous faites jouir de peur et de rire. Le rire… car vous êtes un acteur comique. Et quelle importance de faire rire les gens ! Ce rire si souvent méprisé par une certaine intelligentsia théâtreuse. Comme le disait Guitry dans Deburau : « À ceux qui font sourire on ne dit pas merci. / Je sais, oui, ça ne fait rien. Sois ignoré. / Va donc, laisse la gloire à ceux qui font pleurer. / Je sais bien qu’on dit d’eux qu’ils sont “les grands artistes”. / Tant pis, ne sois pas honoré. / On n’honore jamais que les gens qui sont tristes. » Enfin… vous êtes heureuseme

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Janvier 2018 - #53

Article extrait du Magazine Causeur

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