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Nanterre: une routine fatale

Séparatisme. L’enquête de l’Inspection générale de la police permettra de connaître les circonstances de la mort de Naël, hier matin, à Nanterre, ce jeune homme de 17 ans abattu par la police alors qu’on le voit refuser d’obtempérer dans une vidéo choquante. Des émeutes et des dégradations ont été observées hier soir, « concentrées dans les Hauts-de-Seine, un peu en Île-de-France et un peu en province », selon le ministre de l’Intérieur. La vidéo ne permet pas d’une part de voir ce qui s’est passé avant que le policier ne sorte son arme. Et on peut d’autre part légitimement se demander, si le drame générerait autant de violences urbaines et de propos outrés à l’extrême gauche contre l’État s’il ne s’était pas produit dans la banlieue parisienne à forte population immigrée mal intégrée, ou si la victime s’était appelée Jean-Baptiste ou Didier… Commentaire.


La  mort d’un jeune homme de 17 ans suscite toujours la compassion et on doit s’incliner face  au deuil de familles  désolées, personne n’en disconvient,  mais ce qui s’est passé hier à Nanterre n’est pas seulement un drame. C’est aussi une routine, car chacun connaît désormais le nombre des refus d’obtempérer – un refus d’obtempérer toutes les 20 minutes – parfois aussi suivis par des blessés ou des morts de policiers, de gendarmes ou de personnes qui ont le malheur de croiser sur leur route les individus mineurs ou majeurs, délinquants souvent, qui conduisent sans permis des voitures souvent volées.

Une vieille histoire

Ce fait divers est récupéré politiquement comme d’autres mis en avant par l’extrême-gauche parce qu’il est politique justement : il illustre cette confrontation entre jeunes de quartiers et policiers qui dure depuis  40 ans. 

Moi-même j’ai eu l’honneur de participer à la création de la police de proximité voulue par Jean-Pierre Chevènement et arrêtée brutalement par Nicolas Sarkozy.  Un film documentaire, réalisé par Bernard Mangiante « A l’écoute de la police » avait filmé tout au long une formation que j’animais et  qui avait pour fil conducteur la rencontre de policiers, eux-mêmes formateurs dans les écoles de police, avec quelques-uns de ces jeunes. Tout était dit alors : les misères de l’institution policière où règnent trop souvent l’absurdité et les contradictions des recommandations faites aux policiers de terrain par une hiérarchie, qu’ils disent avec amertume surtout préoccupée par sa carrière,  l’abandon et le mépris qui est le lot de cette police de terrain au front quotidiennement et qui finit parfois par faire le sac de sable, expression qui désigne  la démotivation et la démission devant les provocations d’une jeunesse désœuvrée et haineuse qui se voit trop souvent, comme elle ose parfois le proclamer, victime d’une armée d’occupation qui occuperait « son » territoire. 

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La police de proximité était une belle idée qui consistait à rapprocher la police d’une population en  manque de sécurité et  qui permettait aux policiers de connaître le terrain en y ayant  des indicateurs et  donc des renseignements utiles à l’interpellation de trafiquants ou de criminels. Il ne s’agissait pas comme l’avait prétendu Nicolas Sarkozy devant un commissaire de police de Toulouse de jouer au foot avec les délinquants. 

Une jeunesse victimisée

La  confrontation entre des jeunes plus ou moins délinquants et leurs complices par appartenance quasi tribale et les policiers qui, je le rappelle, est une constante depuis le début des années 80, ressemble en réalité à ces confrontations de l’intifada qui voyaient des jeunes et des majeurs et des hommes de tous âges s’en prendre à l’armée israélienne dite d’occupation. En réalité,  ce sont les mêmes passions qui animent cette partie de la population d’origine immigrée et maghrébine ou subsaharienne qui voit dans les employés de l’État français,  policiers, pompiers,  préposés et guichetiers des postes même, les représentants d’un État honni, prétendument raciste. C’est la haine qui est le ressort de ses affrontements dont les policiers sont trop souvent victimes et qui conduit certains à réagir parfois par des comportements inexcusables  et pourtant explicables : « Nous sommes des boxeurs avec les bras liés dans le dos » m’affirmaient-ils dans les sessions que je conduisais. Les refus d’obtempérer, les caillassages de commissariats de police, les rodéos ostentatoires sont les manifestations, entre autres, de cette haine prétendue de l’autorité qui est en fait une haine de cette France qu’on leur a appris à détester.  

La victimisation de cette jeunesse renforcée par les discours de gauche et les propagandes islamistes est la clé qui permet de comprendre ce qui se passe pour ces jeunes qui se déclarent abandonnés, parqués comme ils disent, sans pouvoir connaître reconnaître la complexité d’une situation de ghettoïsation qui n’a pas été voulue mais qui est la conséquence de comportements collectifs qu’il faudrait décortiquer longuement. Il faudrait dénoncer toutes les responsabilités qui ont conduit à cette situation de séparatisme. Certains hommes politiques et élus locaux déplorent les conséquences dont ils furent en partie les causes. Dans ce temps où l’on s’indigne de toutes parts, il serait pourtant urgent d’agir en connaissance de ces causes, car  prenons désormais garde que ces événements si banals aujourd’hui ne soient  les prémices de la levée d’une armée d’enfants-soldats au service d’ambitions totalitaires. 

Royaume-Uni: honni soit qui mal y migre

Les propositions des députés LR pour réguler l’immigration ressemblent au projet de loi sur l’immigration illégale débattu actuellement au Parlement de Westminster. Mais la fermeté prônée par le gouvernement britannique est d’ores et déjà condamnée par les instances internationales, les ONG et le patronat.


Modifier la Constitution pour permettre à une éventuelle loi organique portant sur l’immigration d’échapper à la primauté du droit international ; limiter la capacité des juges nationaux et internationaux à entraver les décisions concernant des immigrés prises par le gouvernement ; mettre fin à toute demande d’asile se faisant sur le territoire français… Ces propositions de LR rappellent furieusement le projet de loi sur l’immigration illégale dont délibère actuellement le Parlement de Westminster. Si une telle loi est promulguée outre-Manche, elle obligera le ministre de l’Intérieur à arrêter et à expulser toute personne entrée illégalement sur le territoire britannique après être passée par un pays tiers considéré comme sûr. Sauf exception, aucune demande d’asile ne sera recevable si elle ne se fait pas en dehors du territoire national. Les expulsions se feront vers le pays d’origine du migrant ou vers un pays considéré comme sûr : le gouvernement de Rishi Sunak en a repéré 57 dans le monde, dont le Rwanda. Les tribunaux britanniques ne pourront pas invoquer les traités internationaux pour obliger un ministre à modifier ses décisions, et les migrants clandestins n’auront plus le droit de faire appel de ces décisions auprès des tribunaux nationaux. À travers leurs porte-parole, l’ONU, la CEDH et l’UE ont déjà condamné ce projet de loi qui, selon elles, contreviendrait à la Convention de Genève, à la Convention européenne des droits de l’homme et à l’Accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE.

La saison des soldes

Pourtant, le gouvernement britannique persiste et signe. Étant donné l’explosion de l’immigration outre-Manche, il y a intérêt. Concernant l’immigration irrégulière, les vrais chiffres sont difficiles à estimer, mais selon l’Office for National Statistics (ONS), l’équivalent de l’Insee, pas moins de 45 755 migrants ont traversé la Manche en 2022, une augmentation de 60 % par rapport à 2021. Quant à la migration légale, l’ONS vient d’annoncer un chiffre record de XXX 000 pour le solde migratoire net. En 2016, avant le Brexit, le solde n’était que de 336 000. Cette augmentation dramatique s’explique en partie par la réouverture des digues après le Covid, ainsi que par l’afflux des réfugiés d’Ukraine et de Hong Kong, mais la tendance est nettement à la hausse. Comme le projet de loi actuel ne porte que sur l’immigration illégale, une victoire dans ce domaine serait essentielle pour maintenir la crédibilité du gouvernement de Sunak. Et ce, d’autant plus que l’inflation et le financement du système de santé se révèlent des casse-tête quasi insolubles. C’est ainsi que, dans la même semaine de mars où la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, a présenté le projet de loi à la Chambre des Communes, au sommet franco-britannique à l’Élysée, Richi Sunak a annoncé un grand plan de lutte contre l’immigration illégale, avec la construction d’un nouveau centre de rétention sur le sol français et l’investissement de 541 millions d’euros sur trois ans pour financer une surveillance accrue des côtes françaises. Cela fait beaucoup de bruit – pour rien ?

Chose promise, chose due

Après treize ans au pouvoir, l’immigration est devenue un sujet de désespoir pour les Tories. Depuis 2010, les gouvernements successifs promettent de réduire le solde migratoire annuel à moins de 100 000 et y échouent lamentablement. En 2019, Boris Johnson a abandonné tout objectif chiffré, mais a quand même osé deux promesses : d’abord, réduire l’immigration en général ; ensuite, ne laisser entrer que des travailleurs qualifiés ne constituant pas une source de concurrence déloyale pour les ouvriers britanniques non qualifiés. Sunak et Braverman ont ainsi hérité d’un double défi et doivent faire face à une double fronde. D’un côté, en voulant réduire l’immigration illégale, ils suscitent l’opposition acharnée des instances juridiques internationales, des ONG et de toute la clique immigrationniste.

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De l’autre, en voulant réduire l’immigration légale, ils subissent une forte pression des employeurs qui réclament plus d’immigrés. Ces derniers sont nécessaires pour occuper les postes à haute valeur ajoutée pour lesquels il n’y a pas assez de Britanniques qualifiés, mais aussi pour faire les métiers subalternes dont les Britanniques ne veulent toujours pas. Les visas pour les travailleurs qualifiés ont explosé : 166 000 ont été délivrés en 2022, contre 63 700 en 2019, avant la pandémie. Quant aux petits emplois laissés vacants après le départ post-Brexit de beaucoup de travailleurs venus de l’UE, les entreprises demandent au gouvernement d’assouplir les règles. Un autre facteur qui gonfle le solde migratoire est le nombre de visas accordés aux étudiants étrangers : plus de 490 000 en 2022, une augmentation de 81 % par rapport à l’époque pré-Covid. Ces étudiants, qui ne sont pas loin d’être majoritaires dans certaines des meilleures universités à Londres et qui sont souvent prêts à payer une inscription annuelle entre 20 000 et 50 000 livres, sont indispensables au financement du système d’enseignement supérieur. Très souvent, ils restent travailler après leurs études.

Certes, plus le nombre d’immigrés augmente, plus la main-d’œuvre augmente, et plus l’économie grandit, ce qui est essentiel pour faire face à l’inflation. Mais jusqu’à présent l’immigration n’a jamais permis d’augmenter la productivité de la main-d’œuvre. C’est cela le vrai Graal qui permettrait au pays de sortir du pétrin et au gouvernement conservateur de se faire réélire en 2024. En France, les propositions des Républicains risquent de rencontrer les mêmes dilemmes et les mêmes résistances que celles des conservateurs outre-Manche. La droite française, tout comme la droite britannique, compte sur leur fermeté en matière d’immigration pour garantir leur survie. C’est une planche de salut très glissante.

Le Conseil d’État, l’atout juridique des islamistes

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Le Conseil d’État pourrait se prononcer en faveur de l’autorisation du voile dans les compétitions de football. Le collectif militant des « hidjabeuses » demande un changement des règles et à pouvoir revêtir le voile islamique durant les matchs organisés par la FFF, qui s’y oppose. Céline Pina dénonce un accommodement absolument déraisonnable et une grave menace sur notre contrat social et la laïcité.


Constant et fidèle, le Conseil d’État est un allié sur lesquels les islamistes peuvent compter depuis 1989 et l’affaire du foulard de Creil. Quand il faut faire triompher le dogme sur la loi, à condition qu’il s’agisse de l’islam bien sûr, le Conseil d’État est le vecteur idéal pour dynamiter de l’intérieur notre ordre juridique. Il le fait au nom d’une idéologie de la tolérance qui au final renforce et conforte ceux qui utilisent le droit contre la justice et la norme contre l’esprit de notre contrat social. Il fait ainsi primer la loi de Dieu sur celle des hommes, ce qui est le rêve de l’islam politique. Il l’avait déjà fait en 1989 en autorisant le voile islamique à l’école alors que ce voile est un signe à la symbolique claire : il est la marque de l’infériorité en droit de la femme et de son impureté consubstantielle. Il vient de le réaffirmer par la voix de son rapporteur général qui valide l’emploi d’un symbole sexiste sur les terrains de sport, donc le port du voile dans les compétitions sportives. Le Conseil d’État s’apprête encore une fois à donner le pas à un signe sexiste sur une des valeurs fondamentales constitutive de notre société politique : l’égalité entre les hommes à raison de leur dignité commune et bien sûr, celles qui voient leur égalité invalidée symboliquement sont les femmes.


Macron pas au clair sur la question

Ce sacrifice de l’intérêt général à l’idéologie porte un nom, Julien Benda l’avait appelé en son temps « la trahison des clercs » ; aujourd’hui ce type d’attitude nourrit un rejet des élites dont celles-ci sont en grande partie responsables. Le Conseil d’État en est une des illustrations. Il montre aussi les ambiguïtés du pouvoir macroniste : incapable de tenir une ligne ferme, il tente de donner des gages tous azimuts, rendant illisible son positionnement politique et impossible toute vision de l’avenir. En effet, la nomination de Thierry Tuot à la tête de la section de l’Intérieur du Conseil d’État a été vue comme la consécration d’une orientation multiculturaliste au sein de la vieille institution. Une manière de déconsidérer le républicanisme et son lien avec la nation, pour consacrer l’idée d’un territoire sans identité propre, au sein duquel chaque communauté (fondée sur l’ethnie, la couleur de peau ou la religion) exercerait sa tutelle sur ses membres. Un seul territoire, plusieurs lois et aucune culture commune, juste la mise en concurrence de groupes antagonistes, voilà ce que porte l’idéal multiculturaliste. Cette régression féodale où l’allégeance au groupe remplace l’exigence citoyenne de dépassement de ses particularismes pour aller vers le commun, a été défendue par Thierry Tuot dans son rapport sur la société inclusive.

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Pour lui la France n’a aucune consistance, pas de culture, ni d’héritage, encore moins d’identité : « notre culture est celle que nous élaborons, pas un stock fini de cathédrales et de musées où périclite une identité nationale passée sans présent ni avenir ». Pire, même nos principes et idéaux ne sont passibles que de moqueries : « Encore plus périphérique et stratosphérique même, l’invocation rituelle, chamanique, des grands concepts et valeurs suprêmes. Empilons sans crainte, ni du ridicule, ni de l’anachronisme – les majuscules les plus sonores, clinquantes et rutilantes : Droits et devoirs ! Citoyenneté ! Histoire ! Œuvre ! Civilisation française ! Patrie ! Identité ! France – On se retient pour ne point paraitre nihiliste : dans quel monde faut-il vivre, pour croire un instant opérante, la frénétique invocation du drapeau ? Depuis quand Déroulède a-t-il résolu un seul problème social ? ».

Pour le président de section du Conseil d’État, les principes républicains relèvent de l’escroquerie

Les principes républicains sont assimilés à une vaste escroquerie et à une dérive fascisante puisque la référence à Déroulède vise à les assimiler à la pensée d’un homme considéré comme un précurseur du fascisme.

D.R.

Dans ce même rapport, l’homme nie les dangers de l’islamisme et fait un parallèle entre islamisme et « laïcisme » ; il nie la dimension sexiste du voile et se fait l’un des chantres de l’idée d’une persécution des musulmans sur notre sol. Bref l’homme coche toutes les cases de l’allié objectif de l’islam politique et a un discours conforme en tout point à la propagande des Frères musulmans à destination des élites européennes. Qu’il soit sous influence en pleine conscience ou à son insu importe peu, à la place qu’il occupe son pouvoir de nuisance est maximal pour la République et très utile pour les acteurs de l’islam politique. Que l’instance qui conseille le gouvernement et juge en appel les recours contentieux soit sous l’influence marquée d’une idéologie violente, totalitaire et obscurantiste contraire à nos principes et idéaux universalistes n’est pas sans conséquence. Cela a déjà abouti à ce que l’on mette en avant la liberté religieuse au détriment de l’égalité homme / femme lorsqu’il a fallu réagir face à l’offensive islamiste visant à imposer le voile à l’école. Cela recommence face à l’offensive islamiste visant à imposer le voile sur les terrains de sport. Toujours fidèle au poste pour tenir la porte des accommodements déraisonnables : le Conseil d’État.

Décision attendue en juillet

Certes la décision finale n’est pas rendue, mais la tradition (il est très rare que le rapporteur soit désavoué), l’histoire (la décision de 1989 autorisant le port du voile et justifiant ainsi le refus de combattre l’imposition d’un signe religieux et sexiste au sein de l’école laïque) et l’orientation que donne la nomination de quelqu’un comme Thierry Tuot, tout permet de craindre le pire. Pas la peine d’admirer les femmes iraniennes et d’en faire des tonnes sur #MeToo quand dans la réalité on renonce à combattre la base du sexisme et des violences faites aux femmes, le refus de leur accorder l’égalité, un refus que le voile symbolise et dont il fait une des bases sociales de certains systèmes politiques.

Silence coupable

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Avis de beau temps sur Téhéran et Kaboul


Les Talibans, les ayatollahs, les maîtres de ces paradis du féminisme des cavernes que sont l’Afghanistan et l’Iran d’aujourd’hui peuvent pavoiser. Et avec eux tous ceux pour qui la place d’honneur et de droit de la femme est de demeurer enfermée entre ses murs ou sous ses voiles. Comment ne se réjouiraient-ils pas alors qu’ils sont en passe de se voir confortés dans leur obscurantisme par l’une des plus hautes autorités juridiques – et morales – de France ? La France, le pays des Droits de l’Homme où, en l’occurrence, on semble avoir oublié que la femme est un homme comme les autres. Et donc que ses droits y sont tout autant sacrés.

La légion d’honneur pour Clément Malverti…

Personnellement, si j’étais un dignitaire de cet obscurantisme – Taliban de premier rang, ayatollah en majesté – ce qu’à Dieu ne plaise- je me frotterais les mains et j’enverrais des tonnes de roses – d’Ispahan, par exemple – à Monsieur le Rapporteur public près le Conseil d’Etat. De surcroît, j’assortirais ce tsunami floral d’une proposition d’embauche au poste de chef suprême de la propagande politique et religieuse de toutes mes provinces. Car, en effet, je ne pouvais rêver meilleur allié que celui-ci dans ma croisade répressive contre ces bougresses de bonnes femmes qui, chez moi, prétendent s’affranchir des carapaces vestimentaires et de la soumission au patriarcat qui va avec. Partout, sur les écrans, sur des affiches et des panneaux 4×3, dans les gares, les écoles, les bazars, les prisons aussi – chez moi, il y en a beaucoup, on ne lésine pas là-dessus – j’exhiberais ces citoyennes de France, ces privilégiées de la laïcité, clamant leur joie devant ce qu’elles qualifient de victoire historique. Historique est le mot qui a été employé, répété à l’envi. Il faut dire qu’elles sont sur le point d’obtenir, en toute légalité bien sûr, l’autorisation de jouer au football sans avoir à se séparer du hijab.

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Je dois dire que Monsieur le rapporteur public du Conseil d’Etat m’aura positivement enchanté avec ses subtilités de soufi, distinguant les lieux et stades régis par la loi laïque et ceux relevant de la sphère privée et, conséquemment, de la liberté individuelle. Hijab interdit en équipe nationale, mais autorisé partout ailleurs… Jusqu’à ce que, bien sûr, cédant toujours davantage devant le flux montant, on en vienne à considérer qu’assujettir la liberté individuelle à la laïcité serait fort douteux sur le plan constitutionnel au motif que la Liberté est elle-même inscrite noir sur blanc dans la Constitution. Donc, moi, gourou comblé, sous mon turban et derrière ma longue barbe, je rigole. Les juges de mes tribunaux où se rend une justice des plus bienveillantes et d’une humanité exemplaire, se délectent tout autant. Pensez ! Envoyer les impudentes, les impudiques à la flagellation forts de la caution de la France, la République française, la perle du monde occidental, la Mecque de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le phare humaniste du monde entier, ce Sinaï où furent conçues les lois sacrées de l’universalisme éclairé ! Quel triomphe !

… ou une présidence d’honneur !

Historique est bien le mot, en effet. J’y souscris pleinement ! Que depuis ce grand pays-là on en arrive, par l’exposition de ce merveilleux exemple, par cette prodigieuse avancée, à me donner quitus de ma politique répressive ne peut m’apparaître que comme un don du Ciel. Et que dire du silence des cohortes néo-féministes ! Pour un peu, je les enrôlerais toutes, toutes sans exception, dans la grande entreprise planétaire que, encouragé comme je le suis, je me propose de mettre en œuvre au plus tôt. Car il me semble être de mon devoir le plus élémentaire de prendre le relais de cet universalisme dont l’Occident et singulièrement la France s’arrogeaient jusqu’alors le monopole et qui, aujourd’hui me paraît bien mal en point. Cette entreprise planétaire, je pense l’appeler tout simplement : Hijab sans frontières. Et je compte bien que Monsieur le rapporteur public du Conseil d’État en acceptera la présidence d’honneur. Je ne peux faire moins, on en conviendra.

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Délais de décence à géométrie variable

Comparaison n’est pas raison ; c’est ce qu’illustre la polémique autour du Titan des riches et du bateau des pauvres. Les responsabilités dans les deux cas ne sont en rien les mêmes, et ceux qui accusent sans fin les affreux capitalistes devraient alors refuser leurs services pour leurs œuvres humanitaires…


La photo qui scinde

Quoi de plus efficace qu’une photo pour susciter l’émotion ? Comme avec la photo du petit Aylan retrouvé mort noyé sur une plage turque, le photo montage comparant la photo du bateau de pêche surchargé de migrants et celle du mini sous-marin le Titan devenu le cercueil de ses occupants, a fait le buzz sur Twitter, déclenchant une salve d’indignation chez les pères la morale de l’extrême gauche immigrationniste et les people en mal de coups de projecteurs.

L’indignation qui monte

De notre spéciste médiatique Aymeric Caron à l’ex-président Barack Obama, en passant par l’intellectuel de plateau anar de gauche pro-migrant tout en étant héritier (fils de) Mathieu Slama, sans parler d’Hélène Sy, la compagne d’Omar voulant elle aussi son moment #BLM, toutes ces figures médiatiques sont montées au créneau pour dénoncer le « deux poids deux mesures » dans le traitement médiatique et l’aide dont ont bénéficié les explorateurs du Titan comparés aux 700 migrants qui ont fait naufrage quelques jours avant la disparition du mini sous-marin.

Et, certes, pour tenter de retrouver le sous-marin sombré à 4000 mille lieux sous l’Atlantique, des millions d’euros ont été déboursés, des moyens techniques ont été déployés et un compte à rebours médiatique a été lancé jusqu’à… l’épuisement.

Ceux qui ont droit

Le naufrage des migrants, explique-t-on, n’a pas bénéficié d’autant de moyens et d’attention médiatique. « Certaines vies valent moins que d’autres » ; tel est le réquisitoire des indignés professionnels qui utilisent le prisme de la lutte des classes pour dénoncer le « racisme social » et souligner la fracture entre des riches qui auraient droit eux, au déploiement de moyens techniques et financiers et à une médiatisation intense, et des damnés de la mer qui seraient invisibilisés dans l’indifférence générale.

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Une récupération immédiate !

Si nous devons jouer à fond la comparaison, on peut alors s’étonner de l’absence du délai de décence pour la mort des cinq passagers du Titan. Ils étaient sûrement trop riches pour qu’on respecte le moment d’émotion. Quant à la récupération politique concernant le nauffrage des immigrés clandestins au large de la Grèce, elle a fonctionné à plein régime sans être pointée du doigt.

Lorsqu’il s’agit de donner des leçons en humanisme et de servir un discours sur l’accueil inconditionnel de tous les migrants de la terre, on ne saurait voir de la récupération.

Les limites de la comparaison

Or, force est de constater que comparaison ne vaut pas raison. Car dans le cas du Titan, la mort des explorateurs était, hélas, inéluctable. Rétrospectivement, on sait qu’une fois le sous-marin immergé dans les profondeurs océaniques, c’était alea jacta est… l’explosion survenue étant éventuellement due à un défaut technique. Les plus superstitieux diront que la malédiction du Titanic s’est abattue sur les explorateurs malheureux.

Mais, dans le cas du naufrage du bateau de pêche Andrianna, la mort des 82 migrants n’était pas inscrite d’avance, elle aurait pu être évitée. L’issue fatale de cette tragédie grecque aurait pu être déjouée si les passeurs n’avaient pas fait embarquer plus de 700 personnes sur un bateau de fortune, s’ils avaient donné des gilets de sauvetage aux migrants et si les autorités grecques avaient accepté le secours de Frontex qui avait repéré l’embarcation en survolant la zone. Dans un cas, la technique serait à l’origine de la mort, dans l’autre cas, la responsabilité est humaine et elle est d’abord à chercher du côté des passeurs, ces négriers des temps modernes qui facturent la traversée périlleuse 2 000 et 3 500 euros par migrant.

A lire ensuite: Notre faute, notre très grande faute?

« Après le trafic d’armes et de drogues, le trafic d’êtres humains arrive en 3ème position des secteurs lucratifs pour le crime organisé » avec un coût estimé à 35 milliards par an selon l’organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle Philippe Fontana dans son dernier essai sur La vérité du droit d’asile.

Le capitalisme aurait du bon ?…

La polémique suscitée par cette comparaison alimente d’une certaine façon la haine antiriches. Pourtant, les acteurs de l’immigrationnisme militant, ONG et associations, trouvent dans le capitalisme honni de généreux donateurs qui viennent financer leurs actions.

C’est ce que révèle aussi Philippe Fontana, qui jette la lumière sur la face cachée de cet humanisme de façade financé de façon pas très anticapitaliste. Ainsi, on apprend par exemple que l’association Refuge Solidaire, basée à Briançon, qui œuvre pour loger des demandeurs d’asile, est financée par le fond de dotation créé par Olivier Legrain ; un ex-patron de la branche peinture de Lafarge et d’une filière chimie de Rhône-Poulenc et qui a fait fortune grâce à des montages financiers. Comme quoi, le capitalisme a parfois du bon…

Justice: parole à la défense

Mal défendue par ceux qui la font, mal critiquée par ceux qui la commentent, mal vécue par ceux qui la sollicitent, la justice française mérite pourtant notre fierté collective. Comme toute discipline humaine, elle ne sera améliorée qu’à condition de lui faire davantage confiance.


La Justice fait partie de ces sujets sur lesquels chacun a son mot à dire sans que l’ignorance ou la superficialité soient un frein à l’envie citoyenne d’une expression en général d’autant plus péremptoire qu’elle ne se fonde, au mieux, que sur des expériences singulières et fragmentaires, au pire, que sur des poncifs récoltés partout.

Ce ne serait que la rançon de la démocratie si les politiques de droite comme de gauche n’étaient pas eux-mêmes sujets à des approximations et à des méconnaissances qui font douter trop souvent de la lucidité parlementaire. Avec cette particularité que, si l’idéologie compassionnelle gangrène certains députés et sénateurs, il y a des banalités prétendues progressistes qui malheureusement les touchent quasiment tous.

Ces approximations dont la tonalité est systématiquement pessimiste, loin d’être corrigées par la plupart des médias, sont au contraire renforcées par une vision qui conduit les journalistes, par une vision sélective ou, pire, partisane, à ne retenir de la réalité judiciaire que les erreurs ou les dysfonctionnements, de sorte que le citoyen de bonne foi, désirant s’informer, est implacablement plongé dans un bain critique, partiel, partial et pourtant péremptoire. Et je n’évoque pas seulement ce quotidien irremplaçable et contestable qu’est Le Monde, dont l’idéologie jésuitique cache mal les préjugés malgré l’apparente objectivité du ton. En effet, on retrouve partout cette propension à dresser un tableau noir à partir duquel évidemment on décrète l’institution judiciaire en crise, régulièrement moribonde.

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Il serait malhonnête de ne pas faire état, pour expliquer le catastrophisme ambiant sur la Justice et une forme de dérision ou de mépris à l’encontre des magistrats, de la responsabilité de ces derniers. En effet, il est clair que ceux-ci ne sont pas capables, en même temps qu’ils dénoncent légitimement certaines carences du service public dont ils ont la charge, de manifester la fierté qu’ils devraient éprouver à exercer ce magnifique métier, peu ou prou régulateur des rapports humains et de la vie sociale. Ce qui engendre le paradoxe d’une profession trop peu assurée d’elle-même, tendant trop volontiers l’autre joue, et en même temps indifférente la plupart du temps, au-delà de l’application et de l’interprétation de la loi, à la légitimité de ses comportements et de son action, telle qu’octroyée par le citoyen, par l’opinion publique. Elle ne porte pas haut son pavillon, mais relègue ceux qui, par le choix ou la contrainte, justiciables, victimes, prévenus, accusés, ont affaire avec elle. Pourtant le citoyen, posant son regard critique sur l’institution, s’occupe de ce qui le regarde, il n’est pas un intrus dans un monde dont il devrait être le centre.

L’ensemble de ces données met en lumière les raisons pour lesquelles, au sujet de la Justice, deux populismes se cumulent dont la définition pourrait être la détestation par l’humeur ou l’hostilité par condescendance. La première est celle du peuple et j’éprouve de l’indulgence à son égard, car comment pourrait-elle s’exprimer autrement, nourrie qu’elle est exclusivement par ragots, rumeurs, éructations et simplismes ? La seconde est celle des élites, une sorte de populisme chic qui est d’autant plus navrant qu’au lieu d’une dénonciation constante, on aurait pu attendre des intellectuels et essayistes qui s’y adonnent lucidité, mesure, exigence de vérité et prudence républicaine. Ce n’est pas parce que les caricatures émanent d’Alain Finkielkraut ou d’Éric Zemmour qu’elles sont respectables. C’est un double poison : le premier instinctif, le second distingué !

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J’ai si souvent ressenti ma faiblesse à argumenter sur le fond, parce que le socle auquel je cherchais à m’opposer était trop sommaire, vague, superficiel et pourtant péremptoire qu’il m’est apparu nécessaire de tenter de démontrer, avant, pourquoi il était redoutable, précisément parce qu’il était sans structure ni cohérence.

Ce n’est pas fuir le débat sur le laxisme réel ou prétendu de la Justice ou les mille controverses tenant aux prisons, à la récidive, à la rapidité et à l’efficacité de ce service public. J’insiste sur cette expression parce que je n’en connais pas de plus noble : être au service du public, les discussions d’école sur le pouvoir ou l’autorité n’ayant en définitive que peu d’intérêt, les pratiques de chacun faisant la différence.

Il y a quelques évidences qu’il est bon de rappeler, en les sauvant du double discours contradictoire d’un progressisme niais et sulpicien ou de pulsions répressives mal maîtrisées.

Contre ceux qui réclament une fermeté extrême pour toutes les infractions qui apparaissent, chaque jour, au premier plan de l’actualité, il faut rappeler qu’une hiérarchie des gravités est à considérer et qu’on ne saurait traiter, sur le plan pénal, le moins ou le plus transgressif, les délits ou les crimes sur le même mode.

Il convient aussi de souligner que l’acte de juger impose d’intégrer, au regard d’une qualification pénale, entre un minimum et un maximum de la sanction prévue, les multiples comportements à évaluer différemment selon la gravité des faits et la personnalité de leurs auteurs.

Par ailleurs, au risque de tomber dans la pire des justices – la justice pour l’exemple où l’idéologie et sa réponse toute faite étouffent le singulier et la nuance –, il est fondamental, à chaque fois, de donner la part exclusive à ces derniers. Le judiciaire, c’est d’abord une histoire personnelle, un destin unique qui a fauté. On ne peut pas se contenter d’une justice « en gros » quand elle exige une sophistication au détail.

A lire aussi : Henri est bien plus qu’Henri

Que de poncifs traînent dans les programmes avec parfois l’influence délétère de la gauche – qui parvient à se faire passer pour la dépositaire de valeurs pourtant universelles – sur la droite gangrenée par contagion ! Quelle absurdité de soutenir que la prison est l’école du crime quand beaucoup, avant d’y entrer, ont fait des brouillons avant, quelle délicieuse mais fausse bonne conscience de prétendre que l’enfermement est créateur de la récidive quand c’est le récidiviste, sa liberté, sa responsabilité qui l’engendrent ! On constate ainsi qu’il peut y avoir plus d’humanisme honorable dans cette reconnaissance de l’individu que dans l’obsession des culpabilités périphériques !

Le système de l’exécution des peines, sans l’efficacité et la rigueur duquel le pénal devient si peu effectif, quasiment lettre morte, est laissé à l’abandon parce que bizarrement on a besoin de l’alliance entre une volonté répressive de principe et un adoucissement constant dans les modalités carcérales ou non.

De la même manière on continue, peu ou prou, et parfois même chez certains magistrats, à ressasser que la société est coupable quand le délinquant ou le criminel ne le serait pas. Cette ineptie à la vie dure et rassure ceux qui ont absolument besoin de croire que la nature humaine est bonne ou dévoyée par d’autres qu’elle.

Christophe Soulard, nouveau premier président de la Cour de cassation, Paris, 18 juillet 2022. © D.R

Je pourrais continuer à égrener quelques observations qui auraient la même finalité : faire comprendre que la Justice n’est pas un service public comme les autres (on fait appel à lui en dernier recours), qu’elle a le devoir de se plier, pour le citoyen, à des règles de simplicité, d’efficacité, de compréhension et d’écoute, qu’elle n’est pas constituée d’Outreau au quotidien mais que, si elle manque de moyens humains et matériels, elle est cependant méritante, dévouée, fondamentale dans une démocratie qui se plaît à la critiquer tout en amplifiant paradoxalement la judiciarisation.

Qu’on m’entende bien : une authentique politique judiciaire a pour mission de veiller au bon fonctionnement de toutes les sortes de justice pénale, civile, commerciale, sociale, mais demain on ne pourra pas faire l’économie de la restauration de peines plancher autrement conçues et d’une réflexion très élaborée et menée à terme sur la responsabilité des magistrats.

Ceux-ci ne doivent jamais oublier que, s’ils ont l’honneur et le droit de juger, la société, elle aussi, a le privilège de les observer, de les critiquer ou de les respecter.

Cela oblige les uns comme l’autre.

Macron, roi de France et maire de Marseille

Installé aux premières loges pour assister au déferlement du barnum présidentiel sur la cité phocéenne où il habite, notre chroniqueur rend compte, avec l’objectivité qu’on lui connaît, des bonnes intentions d’Emmanuel Macron dans cette ville dont aucune subvention n’étanchera la faillite.


Je sirotais mon premier café du matin au Bar de la Marine, ce lundi, quand une demi-douzaine de voitures maquillées de noir, vitres opaques et sirènes hurlantes, ont remonté le quai de Rive-Neuve à toute allure. Direction sans doute la Villa Valmer, au-dessus de la Corniche, qui sert de résidence ordinaire au président de la République lorsqu’il installe ses pénates à Marseille. « Tiens, a dit le tôlier, Sa Majesté est de passage. »

Protocole marseillais

Les rois de passage à Marseille, depuis le rattachement de la Provence au royaume (1481), promettaient de respecter les « chapitres de paix » qui constituaient le droit public de la ville. Comme l’a raconté jadis La Marseillaise, « le souverain s’arrêtait à la porte Réale et jurait de respecter les « privilèges, franchises et libertés de la ville de Marseille ». Les clefs de la ville lui étaient alors remises. » Quand il vint, après Marignan, admirer le rhinocéros provisoirement exilé sur l’île d’If, François Ier respecta ce protocole.

En 1660, se souvenant que la ville n’avait pas pris son parti pendant la Fronde, Louis XIV, qui avait un caractère vif et rancunier, refusa de passer par la porte : il fit détruire un pan des murailles, afin que son cheval, en entrant, foule aux pieds les libertés de la ville. Il avait auparavant dispersé dans la ville près de 7000 hommes (1 pour moins de 3 habitants), et frappé les Marseillais d’une taxe exceptionnelle de 150 000 livres. Et Sa Majesté Très Chrétienne refusa les clefs que symboliquement lui tendait le viguier de la ville, Monsieur de Pilles.

A lire aussi, Philippe Murer : L’énorme mensonge de Macron sur «les emplois vacants»

C’est peu après qu’il fit construire les deux forts, Saint-Jean et Saint-Nicolas, qui bouclent le Vieux-Port, et dont les canons sont tournés vers la ville. C’est depuis cette époque que les fans de l’OM détestent ceux du PSG.

Macron n’en est pas là, même si les forces de l’ordre ont été déployées largement.

Échanges

Le programme du président est essentiellement consacré à des rencontres avec les habitants des cités perdues des quartiers Nord, les Campanules dans le 11ème, la Busserine dans le 14ème, une école du 16ème, puis Benza, dans le 10ème. Visites entrecoupées de déplacements aux Baumettes (la prison locale) pour y rencontrer les gardiens, à l’Evêché (la grande maison poulaga de la cité phocéenne) pour y discuter avec les policiers, et à l’hôpital militaire Lavéran, dans le 13ème, pour parler santé. Le président « échangera avec des associations et des mères de famille », écrit La Provence. Curieux usage contemporain de ce verbe, utilisé de façon absolue. En français, on échange quelque chose avec quelqu’un. « Président de la République échangerait logement spacieux, 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, contre trois-pièces exigu dans immeuble délabré à La Castellane. » Ça aurait de la gueule.

Mais il rentrera tranquillement à Valmer, avec vue imprenable sur la rade et les îles du Frioul. À deux pas de chez Peron, l’un des meilleurs restaurants de la ville, où il a ses habitudes.

A relire, du même auteur: Marseille: où peut-on encore manger la vraie bouillabaisse?

Pour se remettre d’un emploi du temps si chargé, Macron prononcera ce mardi un discours sur la Méditerranée au fort Saint-Jean (celui dont les canons — voir plus haut), visitera la reconstitution de la Grotte Cosquer (après sa visite au Mont Saint-Michel, il renoue le fil avec la plus haute histoire de France, hier lui et l’Archange, aujourd’hui lui et le rhinocéros laineux), et finira la journée dans une garden-party organisée au MUCEM. Si c’est l’équipe du Môle-Passedat (le restaurant du musée) qui l’organise, ça ne devrait pas être sale…

Benoît Payan, otage de Macron et de l’extrême gauche !

Macron vient à Marseille, « laboratoire » de sa nouvelle France, avec des cadeaux et des subventions plein les mains. Il vient y jouer au maire, avec un panel de ministres à sa suite : Garde des Sceaux, Éducation nationale (pour combien de temps ?), Culture, Santé, Transports, Ville et logement. Il tiendra d’ailleurs à Marseille le traditionnel Conseil des ministres, mercredi. De quoi éclipser Benoît Payan, édile de hasard, furieux de cette tornade macronienne qui va passer plusieurs fois sous ses fenêtres. Un maire arrivé là par désistement — sans doute préparé d’avance — de la tête de liste EELV, Michèle Rubirola. Un maire socialiste qui est pratiquement l’otage complaisant de sa majorité crypto-gauchiste, celle qui vient d’évincer l’héritier Pagnol du château de la Buzine, consacré à la célébration de l’écrivain, pour y installer un éventail d’« associations » amies, pompes à subventions. Macron tranchera-t-il, se demande le Huffington Post… Ce serait une bonne idée.

Julien Bayou, Michele Rubirola et Olivier Faure, à Marseille le 22 juin 2020 © ALAIN ROBERT/SIPA Numéro de reportage: 00968753_000001

On peut s’interroger sur ce terme de « laboratoire ». Parce qu’enfin, dans sa voiture blindée aux vitres teintées, le président passera à côté de l’islamisation rampante, des 100 000 clandestins arrivés d’Afrique noire, des voiles portés par une musulmane sur deux, des abayas qui s’infiltrent à l’école, et de la pauvreté sidérante de la deuxième ville de France. Les Marseillais ne lui savent aucun gré de sa sollicitude, ils ont massivement voté contre lui aux présidentielles, et renvoyé certains de ses députés élus en 2017 à leurs chères études. Mais peu lui chaut : après lui le déluge — et après Louis XIV, Louis XV.

Ou Louis XVI ?

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L’énorme mensonge de Macron sur «les emplois vacants»

En visite à Marseille, face à une citoyenne expliquant au président de la République que son fils ne trouvait pas d’emplois, M. Macron a refait le coup de « Il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi ». Il a ensuite expliqué qu’il y a des centaines de milliers d’emplois vacants en France. L’affirmation est grave puisqu’elle signifie que les Français sans emploi sont des fainéants.


En économie de marché, quand quelque chose est en pénurie, le prix monte et beaucoup ! Or, les salaires baissent compte tenu de l’inflation. Des centaines de milliers d’offres d’emplois non pourvus alors que les salaires baissent est donc un énoncé complètement illogique. Nous allons voir qu’il y a effectivement beaucoup de manipulations et de mensonges dans cette affaire.


Selon Pole Emploi, il y a 375 000 offres d’emplois non pourvus, en baisse de 5% sur le trimestre. Ce ne sont pas forcément des CDI, ce sont parfois des CDD et même des emplois à temps très partiel : un CDD de 2 heures de ménages par semaine est une offre d’emplois non pourvue !

Il y a 6,1 millions de personnes inscrites à Pole Emploi en France. Ces 375 000 prétendus emplois vacants sont une goutte d’eau au regard des 6 millions de personnes inscrites à Pole Emploi dont la moitié a tout intérêt à chercher du travail pour cause de non indemnisation !

Précarité à durée indéterminée

99% des propositions d’embauches trouvent preneurs. Les employeurs ont déposé auprès des Urssaf près de 30  millions de déclarations préalables à l’embauche en 2022 (environ 5 millions de CDI et 25 millions de CDD dont un grand nombre de moins d’un mois). Les 375 000 de ces offres qui sont non pourvues ne représentent que 1% des déclarations d’embauches ! Elles sont résiduelles. Enfin, les « offres non pourvues » reçoivent presque toujours (90%) des candidatures mais les employeurs jugent les personnes pas assez compétentes pour le poste. D’ailleurs, la France a un nombre d’emplois vacants inférieur à la moyenne européenne : 2,4% d’offres non pourvues contre 2,8% en moyenne dans l’Union Européenne. Si les Français sont des fainéants, cela signifie que les 500 millions d’Européens sont des fainéants.

De nombreuses annonces échouent car elles ne proposent qu’une ou deux heures de travail par semaine. Voici ce que dit Hadrien Clouet, docteur en sociologie, dans un article du Monde diplomatique.

« Salaire ridicule par rapport aux compétences exigées, recruteur inexpérimenté, inexistence du poste annoncé, l’offre servant parfois à la constitution par l’employeur d’une base illégale de CV ». « La problématique des emplois non pourvus gomme l’enjeu de la qualité du travail, en postulant la commensurabilité de toute offre ».

A lire aussi, du même auteur: Le mystère de la baisse du chômage

Regardons plus précisément les offres qui circulent à Pôle emploi. Nombreuses sont les propositions du type « nettoyage industriel, 1 heure par semaine, 9,75 euros l’heure » ou « aide ménager(e), 2 heures par semaine, 11 euros l’heure ».

Les chômeurs à la recherche d’un emploi à plein temps ne s’intéressent logiquement pas aux contrats courts… mais ils font monter le nombre d’emplois non pourvus. On leur reproche de ne pas vouloir travailler, alors qu’ils veulent au contraire travailler davantage ! Beaucoup sont aussi piégés par des trappes à pauvreté. Entre 2007 et 2011, environ cinq cent mille personnes ont dû renoncer à un poste en raison de problèmes de logement et du surcoût de la mobilité exigée.

On ne manque pas de joueurs de flûte au sommet de l’Etat

Certains veulent nous faire croire que la France aurait beaucoup d’emplois non pourvus. En réalité, cette fable était ânonnée pour cacher l’échec sur le chômage des gouvernements en faisant croire que les chômeurs sont des fainéants. Macron a augmenté le niveau de manipulation et l’utilise pour faire croire que « nous sommes presqu’au plein emploi » alors que nous en sommes très loin !

Mais allons un peu plus loin que les statistiques, regardons ce qui se cache derrière les vrais « emplois non pourvus ».

Une amie DRH travaille dans une entreprise de fabrication de produits pour le BTP. Effectivement, elle me dit qu’elle n’arrive pas à recruter assez de personnel. Les salaires des employés de cette entreprise ne suivent pas l’inflation depuis des années et se sont beaucoup rapprochés du SMIC. Les emplois sont aujourd’hui quasiment au SMIC et l’entreprise a de plus en plus de mal à recruter. Les conditions sont très difficiles : il faut porter des tonnes de sacs de ciments par jour, le travail se fait dans des conditions très mauvaises (matières dangereuses pour la santé, poussières en quantité importante en suspension, machines en mauvais état…). L’usine se situe à 50 kilomètres de Paris, dans une zone de logistique très embouteillée. De nombreux salariés ont deux à trois heures de temps de transport par jour. Les emplois sont non pourvus mais la direction de l’entreprise refuse de laisser la DRH recruter avec un salaire 5 à 10% plus haut, donc de rattraper les baisses de salaire précédentes, compte tenu de l’inflation. Emplois non pourvus réellement ?

Un ami qui possède et dirige une entreprise de 20 salariés et fait 400 000 euros de profit chaque année m’assure qu’il y a en France des emplois vacants et même beaucoup. Dans la conversation, il donne son entreprise en exemple : il n’arrive pas à recruter un ouvrier très spécialisé au salaire qu’il a fixé. Le salaire est effectivement correct. Très étonnamment, vu que son entreprise est hyper profitable, il ne se pose pas la question d’augmenter le salaire pour embaucher cet ouvrier très qualifié dans une spécialité très recherchée aujourd’hui. Vu son taux de profit, il y gagnerait beaucoup de chiffre d’affaire et ferait nettement plus de résultat net mais il refuse. A l’écouter, cela donne l’impression que le patron d’une entreprise a, lui, le droit de faire toujours plus de profits et d’avoir un salaire toujours plus élevé mais qu’un bon salaire est inadmissible pour un poste très recherché. Je précise que son entreprise fait des profits récurrents et élevés depuis 10 ans. Que certains chefs d’entreprise fassent un peu d’introspection serait une excellente chose car tout cela commence à ressembler à une façon de penser féodale : il existe des seigneurs qui méritent de gagner toujours plus d’un côté et des gueux qui doivent tout accepter de l’autre côté.

La France se tiers-mondise

Une autre problématique est la déformation de l’économie française que j’appelle tiers-mondisation de la France. En 2017, quand Macron arrive au pouvoir, chaque emploi génère 101 000 euros par an de PIB. Aujourd’hui, chaque emploi génère 98 000 euros de PIB (Pour ceux que cela étonne, le PIB de la France est d’environ 2600 milliards d’euros pour environ 26 millions de salariés). Depuis 6 ans, les emplois créés sont en moyenne des emplois mal payés, souvent précaires. Ainsi, le nombre d’auto-entrepreneurs a explosé : il y avait 1,2 millions d’auto-entrepreneurs en 2017 et 2,4 millions d’auto-entrepreneurs en 2022. Les auto-entrepreneurs actifs gagnent 600 euros par mois soit la moitié du SMIC selon l’Insee. Un auto-entrepreneur typique est un livreur à vélo dans Paris ou un chauffeur de VTC sous-payé de Bolt… Ces chauffeurs sont tellement sous-payés qu’il s’agit dans la grande majorité des cas de migrants fraîchement débarqués qui parlent à peine le français, les seuls prêts à accepter un travail précaire et sous-payé. Je précise que je ne prends pas cette chaîne de VTC sauf lorsque des chaînes de télévision les louent pour moi afin de faire venir leurs invités sur leur plateau en banlieue…

A lire aussi, Stéphane Germain : Retraites, argent magique: l’impossible sevrage

Il manque aussi des employés dans le secteur de la restauration dans les grandes villes. Ce phénomène n’est pas nouveau, il dure depuis 20 ans. Un salarié dans la restauration dans une grande ville touche un salaire généralement un peu au-dessus du SMIC. Les horaires sont 11 heures -16 heures, une pause de 3 heures puis 19 heures – 23 heures. Les jours les plus actifs sont… le week-end quand les autres se reposent ou s’amusent. Un salarié de la restauration peut-il habiter à Paris avec un salaire de 1400 euros ? Une simple chambre de bonne de 10 mètres carré coûte 650 euros par mois. Ces salariés habitent donc le plus souvent à 30 kilomètres de Paris car le loyer et le coût de la vie de la capitale et de la proche banlieue sont trop élevés. Ils ont des pauses de 3 heures qu’ils doivent faire seuls dans Paris et rentrent très tard dans des RER, aujourd’hui dangereux, voire impraticables pour des femmes aux alentours de minuit. Il n’y a rien d’anormal à ce que la restauration ait des difficultés de recrutement.

Les « emplois vacants » et autres « offres d’emploi non pourvus » existent mais restent résiduels et ont souvent de bonnes raisons d’exister. Prétendre ainsi que les Français sont des fainéants et mettre la pression sur les chômeurs pour qu’ils acceptent n’importe quel travail, à n’importe quel salaire, dans n’importe quelle condition de travail et à n’importe quelle distance de leur logement est donc une nouvelle déclaration indécente de Macron. Nous sommes en droit d’attendre du président de la France qu’il s’occupe des grandes affaires de l’Etat comme faire baisser les prix élevés de l’énergie pour que l’économie française tourne bien plutôt que de jeter de l’huile sur le feu. Il suffit pour cela de ne pas agir en idéologue, de copier l’Espagne et de sortir du marché européen de l’électricité. Il suffit aussi d’être capable de faire entretenir correctement nos réacteurs nucléaires et d’éviter de fermer Fessenheim, 3% de notre capacité de production d’électricité, quand la France est au bord de manquer d’électricité. Il suffit aussi d’arrêter les auto-sanctions sur l’énergie qui détruisent l’économie française sans gêner la Russie. Il semble que ce président préfère stigmatiser les Français les plus faibles que de jouer son rôle de président : par exemple, s’opposer à la présidente de la Commission Européenne et utiliser la puissance de la France pour dire Non, No, Nein.

Sortir du capitalisme du désastre

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Un autre son de cloche. À Marseille, Macron assure trouver « dix offres d’emploi » – l’édito d’Élisabeth Lévy

Retrouvez notre directrice du lundi au jeudi dans la matinale de Sud Radio.

À quand un ministère de la Vérité en France?

Médias. Les lecteurs du Monde ou de Libé, ainsi que les auditeurs de France inter, savent tout de la nomination « scandaleuse » d’un nouveau directeur à la tête du Journal du Dimanche. En revanche, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas beaucoup entendu parler des agressions subies par Éric Zemmour ou ses militants ces derniers jours. Récit.


« Parsons était un collègue de Winston au ministère de la Vérité. C’était un homme grassouillet mais actif, d’une stupidité paralysante, un monceau d’enthousiasmes imbéciles, un de ces esclaves dévots qui ne mettent rien en question et sur qui, plus que sur la Police de la Pensée, reposait la stabilité du Parti. »

Orwell, 1984.

Sur la radio publique comme dans la presse de gauche, très peu de choses ont été dites ou écrites sur les violentes agressions subies par les personnes venues faire dédicacer leur livre d’Éric Zemmour à Brest ou sur les insinuations antisémites de Frédéric Tronche, représentant CGT-cheminots, à l’encontre du même Éric Zemmour lors de son déplacement à Limoges.

Antisémitisme : gauchistes, c’est à vous !

Sophie Binet, la patronne de la CGT, s’est contorsionnée sur le plateau de “C à vous” pour tenter de justifier les propos de M. Tronche : si ce dernier a évoqué la Pologne en parlant de la destination du train dans lequel il a rencontré Zemmour, c’est, a prétendu Mme Binet, pour rappeler les « propos négationnistes » du président de « Reconquête ! ». Aussi incroyable que cela puisse paraître, alors que la syndicaliste aura utilisé à au moins quatre reprises les mots  « négationniste » ou « négationnisme » pour qualifier Éric Zemmour ou sa théorie sur le rôle du régime de Vichy dans la déportation des juifs, aucun journaliste sur le plateau ne la corrigera : jamais Éric Zemmour n’a remis en cause l’existence des camps d’extermination nazis, ce qu’est le négationnisme. Ignorance crasse ou conviction idéologique que tout ce qui peut nuire à Zemmour est bon à prendre, cette absence de réaction méritait d’être soulignée car elle symbolise l’état du journalisme français dans les médias publics. Mme Binet a ensuite pu dérouler un discours archi-rodé destiné à faire oublier les propos antisémites du camarade Tronche : la CGT a toujours fait partie de la « digue républicaine » empêchant l’accession de « l’extrême droite » au pouvoir, a toujours refusé de « considérer l’extrême droite comme une opinion comme les autres », de « débattre avec l’extrême droite », et blablabla. En moins d’une minute, la syndicaliste sera parvenue à nommer six fois « l’extrême droite », petit exploit qui lui aura permis de passer à la trappe les syntagmes « antisémite » ou « antisémitisme de gauche ou d’extrême gauche » qui auraient dû être au cœur de la discussion. Mais il sera difficile d’enterrer cette affaire : en sa qualité de président d’Avocats Sans Frontières, association habilitée à agir en justice contre le racisme et l’antisémitisme, Maître Goldnadel a accepté de représenter Éric Zemmour et, en son nom, de porter plainte contre M. Tronche. La gauche extrême n’a pas fini d’avoir à supporter le rappel de son pitoyable pataugeage dans l’anti-sionisme antisémite issu de ses rangs.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Le journal, la calomnie et les pleurnicheries

Si la bonne presse ne parle pas des agressions de l’extrême gauche à Brest ou des propos antisémites d’un syndicaliste de la CGT, de quoi s’offusque-t-elle alors en ce moment ? Elle s’offusque, comme Mme Binet, de… l’arrivée du « journaliste d’extrême droite », Geoffroy Lejeune, à la tête du JDD. Le Monde y décèle une « croisade réactionnaire » et le journal d’extrême gauche Libération « une preuve du mouvement de pure extrême droitisation des médias ». Chaque flash d’info de la radio publique frissonne en évoquant l’amitié du journaliste avec Marion Maréchal et Éric Zemmour. Pascale Clark, la Belphegor au rabais des catacombes radiophoniques, affiche à nouveau son abyssale bêtise en tweetant : « Pas seulement proche de Marion Maréchal Le Pen et de Zemmour, aussi très ami avec Gaspard Proust et Vianney. » Brr ! « De nombreuses personnalités de gauche se sont inquiétées d’un possible virage à droite toute du journal », peut-on lire sur le site de 20 minutes. Bref, toute la garde-chiourme politico-médiatique de gauche s’élève contre la nomination de Geoffroy Lejeune en feignant d’oublier que le JDD, comme Libération ou Le Monde, est un média privé appartenant à un groupe composé d’actionnaires qui, comme pour Libération ou Le Monde, peuvent avoir envie de donner une certaine coloration politique à leur journal. L’offre publique d’achat de Lagardère par Vivendi ayant été confirmée début juin par la Commission européenne, les journalistes du JDD le désirant pourront, grâce à une clause de cession propre à la presse, quitter ce journal avec de belles indemnités et proposer leurs services à des journaux plus proches de leur sensibilité – cela ne manque pas.

Notre argent, leur radio

France Inter, elle, n’est pas une radio privée. Les journalistes de cette radio sont rémunérés avec de l’argent public. Par conséquent, les opinions de tous les Français devraient y être représentées. On est très loin du compte. France Inter est une station de radio de gauche, wokiste, immigrationniste, écologiste et européiste. Rien d’étonnant à cela quand on prend la peine de compulser le CV des journalistes de la seule matinale de la radio « la plus écoutée de France ». Tour de table :

Nicolas Demorand, pigiste aux Inrockuptibles puis, en 1997, stagiaire à France Culture. Présente en 2002 “Les Matins de France Culture”, succède à Stéphane Paoli sur France Inter en 2006 et anime la tranche matinale jusqu’en 2010. Prend la direction de Libération en mars 2011 puis quitte le journal en 2014 pour revenir sur France Inter. Co-présente, depuis 2017, le 7/9 avec Léa Salamé qui aimerait paraître politiquement neutre. La tâche est ardue, le naturel revient souvent au galop. Les entretiens menés de concert avec Nicolas Demorand sont des petits bijoux de partis pris subtilement dissimulés lorsque sont reçues des personnalités de gauche, moins subtilement lorsqu’il s’agit de « converser » avec des personnalités de droite ou, pire, considérées « d’extrême droite ».

Claude Askolovitch, ancien du Nouvel Observateur. Après avoir écrit Nos mal-aimés : Ces musulmans dont la France ne veut pas, déclare le 16 novembre 2014 au Bondy Blog : « Ça serait chouette qu’une jeune femme voilée présente le 20 h. » Homme-sandwich de Libération. Également chroniqueur dans l’émission woke-européiste d’Arte, “28 minutes”, Askolovitch affiche un mépris condescendant pour les Français qui ne sont pas progressistes et ne rate jamais une occasion de se pâmer devant un « homme enceint » ou une « athlète transgenre ». La voix est mielleuse, le ton douceâtre et la posture faussement bienveillante : il s’agit surtout de prendre la France constamment en défaut et de la présenter le plus souvent possible sous son plus mauvais jour.

A lire aussi, du même auteur: France Inter, derniers jours de “C’est encore nous”: c’est encore pire!

Pierre Haski, recruté par Serge July en 1981, quitte Libération en 2007 pour fonder le site d’information Rue89. En août 2018, prend la suite de Bernard Guetta, lui-même récompensé pour sa propagande européiste par les macronistes qui l’adoubent en lui offrant sur un plateau un siège au Parlement européen. En septembre 2019, Le Monde diplomatique se gausse de Pierre Haski, ce « passionné par la question des “infox” » qui n’a pas daigné revenir sur la publication des conclusions du rapport Mueller réfutant avec moult preuves l’idée d’une collusion entre M. Trump et le Kremlin pour fausser l’élection présidentielle américaine.Pourtant, ironise Le Monde diplomatique, « de très nombreux journalistes avaient repris cette théorie du complot avec la foi du charbonnier — dont un certain Pierre Haski, sur France Inter ». À la revue IEA & Esprit, Pierre Haski a avoué avoir participé à une opération de surveillance du web français financée par la fondation de George Soros. Pas de fausse note : ses éditos de politique internationale sont foncièrement européistes, mondialistes, immigrationnistes, pro-palestiniens et pro-américains (surtout quand les Démocrates sont à la manœuvre, of course).

Yaël Goosz a succédé à Thomas Legrand, ce dernier partageant maintenant son temps entre France Inter et… Libération. Pas un mot, bien entendu, sur les violences à Brest ou sur les propos antisémites de M. Tronche – mais, lundi 26 juin, un édito bien crapuleux, bien malhonnête, sur Geoffroy Lejeune. Pour salir ce dernier, le commissaire politico-médiatique Goosz accumule approximations et mensonges et dénonce, à propos de la nomination de l’ex-journaliste de Valeurs actuelles à la tête du JDD, un « projet politique », ce qui, dit-il, est « le dévoiement complet de l’éthique journalistique. On fait ce métier pour dire des faits, pas pour les tordre ». Que ne s’applique-t-il ce magnifique précepte à lui-même ? Écumant de rage, Goosz balance le montant annuel des subventions versées au JDD, 2 millions d’euros qui vont tomber dans l’escarcelle de Vincent Bolloré, mais passe sous silence le montant de celles versées à Libération, propriété de Patrick Drahi, 5 millions d’euros en moyenne chaque année. L’apparatchik de la radio publique en appelle à la surveillance de la presse par l’État, cite notre ministre de la Culture et de l’Information à contrôler, Rima Abdul Malak, qui dit craindre pour « nos valeurs républicaines », et réclame des « états généraux de l’information ». Plus pravdaïen que jamais, Yaël Goosz a toutes les aptitudes requises pour devenir un futur collègue de Winston au ministère de la Vérité qu’il appelle de ses vœux ! « Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l’idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel », rappelle Michel Onfray (1) après avoir relu les œuvres d’Orwell. Nous sommes en plein dedans !

(1) Michel Onfray, Théorie de la dictature, Éditions Robert Laffont

Théorie de la dictature

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Les Gobeurs ne se reposent jamais

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Le journal, la calomnie et les pleurnicheries

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La nomination de Geoffroy Lejeune au Journal du Dimanche suscite chez de nombreux journalistes une haine décomplexée pour le pluralisme. Et une réaction très malvenue d’une ministre.


C’est le branle-bas de combat, la mobilisation générale. La nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du JDD a provoqué une amusante levée de boucliers antifascistes. Comme me le fait remarquer Martin Pimentel, le bruit suscité par ce transfert est inversement proportionnel à celui qu’a fait la saillie antisémite d’un cadre de la CGT couvert par Sophie Binet

Sous la plume de Daniel Schneidermann, Libé annonce des matins bruns, Le Monde une croisade réactionnaire. Sur France Inter le nouveau patron du JDD s’appelle Geoffroy-Lejeune-le-journaliste-d’extrêmedroite. Il parait qu’une tribune d’intellectuels et de politiques se prépare. Et qu’une trentaine de SDJ s’apprêtent à manifester leur solidarité avec la valeureuse rédaction du JDD qui a voté à une écrasante majorité la poursuite de la grève jusqu’à mercredi. 

Une récidiviste

Plus inquiétant: la nouvelle sortie de la ministre de la Culture qui se désole par voie de tweet d’être privée de son rituel du dimanche. «En droit, le JDD peut devenir ce qu’il veut, tant qu’il respecte la loi. Mais pour nos valeurs républicaines comment ne pas s’alarmer?» Il faudrait lui expliquer que le droit est la traduction positive de ces valeurs. Et surtout, qu’au firmament de celles-ci il y a la liberté d’opinion. Passons. De plus, Rima Abdul Malak est une récidiviste: elle avait menacé CNews, à mots à peine voilés, de perdre sa fréquence. On ne l’imagine pas s’inquiéter de la complaisance pour l’extrême gauche de Libé, du wokisme du Monde ou du sectarisme de France Inter.

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Certes, les journalistes du JDD ont parfaitement le droit d’être hostiles à ce changement. Aujourd’hui, le quotidien du septième jour est certes très macroniste mais assez consensuel. Il se garde d’épater le bourgeois à quelque camp qu’appartienne celui-ci. C’est le journal qu’on déguste avec le poulet rôti du dimanche, il doit être digérable par tous les estomacs. Même si on ne connaît pas le projet de Lejeune (il ne va sans doute pas refaire Valeurs Aactuelles), un changement de ligne est probable. Les journalistes pourront faire valoir leur clause de conscience et partir avec un chèque, auréolés de gloire résistante. C’est le droit de l’actionnaire. Ce système est peut-être critiquable mais on n’a pas trouvé mieux (le modèle Pravda d’une presse d’État, qui semble faire rêver tant de nos confrères, est finalement peu enviable). 

Quant à la ministre, elle a surtout le droit de garder ses opinions pour elle. En effet, elle est la ministre de tutelle des médias. Ce qu’elle ne parait pas avoir compris, c’est qu’il s’agit de tutelle administrative, pas politique. On n’est pas chez Poutine. Et bien sûr, son tweet a été plébiscité par de grandes âmes de gauche qui se sont lancées dans un concours d’idées pour faire taire Geoffroy Lejeune (et Bolloré). Ainsi, Julia Cagé propose de priver de subventions tout média dont la direction n’est pas approuvée par la rédaction, ce qui revient à instaurer des Soviets (cela indique aussi que, pour ces gens-là, les subventions achètent le conformisme idéologique). 

L’économiste engagée Julia Cagé dans le film « Media Cash : Qui a tué le débat public ? » de Valentine Oberti et Luc Hermann

Une haine décomplexée vouée au pluralisme

Rien de très nouveau. La norme c’est d’être de gauche, toute autre position est une déviation. L’existence même de médias de droite (en dehors du vénérable Figaro devenu plus ou moins acceptable) est suspecte. Longtemps habitués à dominer le champ médiatico-intellectuel sans rencontrer de résistances, les prétendus progressistes vouent une haine décomplexée à la liberté et au pluralisme. Ils aiment la diversité, sauf pour les idées. 

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Face à leurs contradicteurs, ils n’argument pas, ils calomnient et rivalisent dans l’incantation avant de pleurnicher dans les jupes de Maman-État pour qu’elle fasse taire les méchants. En réalité, leur réaction enragée est un aveu de faiblesse idéologique et intellectuelle. On les comprend : ils savent qu’ils ont définitivement perdu leur monopole. Ce n’est pas du fascisme qu’ils ont peur c’est de la concurrence. 


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez notre directrice dans la matinale chaque matin, après le journal de 8h.

Nanterre: une routine fatale

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Séparatisme. L’enquête de l’Inspection générale de la police permettra de connaître les circonstances de la mort de Naël, hier matin, à Nanterre, ce jeune homme de 17 ans abattu par la police alors qu’on le voit refuser d’obtempérer dans une vidéo choquante. Des émeutes et des dégradations ont été observées hier soir, « concentrées dans les Hauts-de-Seine, un peu en Île-de-France et un peu en province », selon le ministre de l’Intérieur. La vidéo ne permet pas d’une part de voir ce qui s’est passé avant que le policier ne sorte son arme. Et on peut d’autre part légitimement se demander, si le drame générerait autant de violences urbaines et de propos outrés à l’extrême gauche contre l’État s’il ne s’était pas produit dans la banlieue parisienne à forte population immigrée mal intégrée, ou si la victime s’était appelée Jean-Baptiste ou Didier… Commentaire.


La  mort d’un jeune homme de 17 ans suscite toujours la compassion et on doit s’incliner face  au deuil de familles  désolées, personne n’en disconvient,  mais ce qui s’est passé hier à Nanterre n’est pas seulement un drame. C’est aussi une routine, car chacun connaît désormais le nombre des refus d’obtempérer – un refus d’obtempérer toutes les 20 minutes – parfois aussi suivis par des blessés ou des morts de policiers, de gendarmes ou de personnes qui ont le malheur de croiser sur leur route les individus mineurs ou majeurs, délinquants souvent, qui conduisent sans permis des voitures souvent volées.

Une vieille histoire

Ce fait divers est récupéré politiquement comme d’autres mis en avant par l’extrême-gauche parce qu’il est politique justement : il illustre cette confrontation entre jeunes de quartiers et policiers qui dure depuis  40 ans. 

Moi-même j’ai eu l’honneur de participer à la création de la police de proximité voulue par Jean-Pierre Chevènement et arrêtée brutalement par Nicolas Sarkozy.  Un film documentaire, réalisé par Bernard Mangiante « A l’écoute de la police » avait filmé tout au long une formation que j’animais et  qui avait pour fil conducteur la rencontre de policiers, eux-mêmes formateurs dans les écoles de police, avec quelques-uns de ces jeunes. Tout était dit alors : les misères de l’institution policière où règnent trop souvent l’absurdité et les contradictions des recommandations faites aux policiers de terrain par une hiérarchie, qu’ils disent avec amertume surtout préoccupée par sa carrière,  l’abandon et le mépris qui est le lot de cette police de terrain au front quotidiennement et qui finit parfois par faire le sac de sable, expression qui désigne  la démotivation et la démission devant les provocations d’une jeunesse désœuvrée et haineuse qui se voit trop souvent, comme elle ose parfois le proclamer, victime d’une armée d’occupation qui occuperait « son » territoire. 

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La police de proximité était une belle idée qui consistait à rapprocher la police d’une population en  manque de sécurité et  qui permettait aux policiers de connaître le terrain en y ayant  des indicateurs et  donc des renseignements utiles à l’interpellation de trafiquants ou de criminels. Il ne s’agissait pas comme l’avait prétendu Nicolas Sarkozy devant un commissaire de police de Toulouse de jouer au foot avec les délinquants. 

Une jeunesse victimisée

La  confrontation entre des jeunes plus ou moins délinquants et leurs complices par appartenance quasi tribale et les policiers qui, je le rappelle, est une constante depuis le début des années 80, ressemble en réalité à ces confrontations de l’intifada qui voyaient des jeunes et des majeurs et des hommes de tous âges s’en prendre à l’armée israélienne dite d’occupation. En réalité,  ce sont les mêmes passions qui animent cette partie de la population d’origine immigrée et maghrébine ou subsaharienne qui voit dans les employés de l’État français,  policiers, pompiers,  préposés et guichetiers des postes même, les représentants d’un État honni, prétendument raciste. C’est la haine qui est le ressort de ses affrontements dont les policiers sont trop souvent victimes et qui conduit certains à réagir parfois par des comportements inexcusables  et pourtant explicables : « Nous sommes des boxeurs avec les bras liés dans le dos » m’affirmaient-ils dans les sessions que je conduisais. Les refus d’obtempérer, les caillassages de commissariats de police, les rodéos ostentatoires sont les manifestations, entre autres, de cette haine prétendue de l’autorité qui est en fait une haine de cette France qu’on leur a appris à détester.  

La victimisation de cette jeunesse renforcée par les discours de gauche et les propagandes islamistes est la clé qui permet de comprendre ce qui se passe pour ces jeunes qui se déclarent abandonnés, parqués comme ils disent, sans pouvoir connaître reconnaître la complexité d’une situation de ghettoïsation qui n’a pas été voulue mais qui est la conséquence de comportements collectifs qu’il faudrait décortiquer longuement. Il faudrait dénoncer toutes les responsabilités qui ont conduit à cette situation de séparatisme. Certains hommes politiques et élus locaux déplorent les conséquences dont ils furent en partie les causes. Dans ce temps où l’on s’indigne de toutes parts, il serait pourtant urgent d’agir en connaissance de ces causes, car  prenons désormais garde que ces événements si banals aujourd’hui ne soient  les prémices de la levée d’une armée d’enfants-soldats au service d’ambitions totalitaires. 

Royaume-Uni: honni soit qui mal y migre

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Un groupe de migrants débarquent sur la côte du Kent au Royaume-Uni, 22 octobre 2022. © Jon Santa Cruz/Shutterstock/SIPA

Les propositions des députés LR pour réguler l’immigration ressemblent au projet de loi sur l’immigration illégale débattu actuellement au Parlement de Westminster. Mais la fermeté prônée par le gouvernement britannique est d’ores et déjà condamnée par les instances internationales, les ONG et le patronat.


Modifier la Constitution pour permettre à une éventuelle loi organique portant sur l’immigration d’échapper à la primauté du droit international ; limiter la capacité des juges nationaux et internationaux à entraver les décisions concernant des immigrés prises par le gouvernement ; mettre fin à toute demande d’asile se faisant sur le territoire français… Ces propositions de LR rappellent furieusement le projet de loi sur l’immigration illégale dont délibère actuellement le Parlement de Westminster. Si une telle loi est promulguée outre-Manche, elle obligera le ministre de l’Intérieur à arrêter et à expulser toute personne entrée illégalement sur le territoire britannique après être passée par un pays tiers considéré comme sûr. Sauf exception, aucune demande d’asile ne sera recevable si elle ne se fait pas en dehors du territoire national. Les expulsions se feront vers le pays d’origine du migrant ou vers un pays considéré comme sûr : le gouvernement de Rishi Sunak en a repéré 57 dans le monde, dont le Rwanda. Les tribunaux britanniques ne pourront pas invoquer les traités internationaux pour obliger un ministre à modifier ses décisions, et les migrants clandestins n’auront plus le droit de faire appel de ces décisions auprès des tribunaux nationaux. À travers leurs porte-parole, l’ONU, la CEDH et l’UE ont déjà condamné ce projet de loi qui, selon elles, contreviendrait à la Convention de Genève, à la Convention européenne des droits de l’homme et à l’Accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE.

La saison des soldes

Pourtant, le gouvernement britannique persiste et signe. Étant donné l’explosion de l’immigration outre-Manche, il y a intérêt. Concernant l’immigration irrégulière, les vrais chiffres sont difficiles à estimer, mais selon l’Office for National Statistics (ONS), l’équivalent de l’Insee, pas moins de 45 755 migrants ont traversé la Manche en 2022, une augmentation de 60 % par rapport à 2021. Quant à la migration légale, l’ONS vient d’annoncer un chiffre record de XXX 000 pour le solde migratoire net. En 2016, avant le Brexit, le solde n’était que de 336 000. Cette augmentation dramatique s’explique en partie par la réouverture des digues après le Covid, ainsi que par l’afflux des réfugiés d’Ukraine et de Hong Kong, mais la tendance est nettement à la hausse. Comme le projet de loi actuel ne porte que sur l’immigration illégale, une victoire dans ce domaine serait essentielle pour maintenir la crédibilité du gouvernement de Sunak. Et ce, d’autant plus que l’inflation et le financement du système de santé se révèlent des casse-tête quasi insolubles. C’est ainsi que, dans la même semaine de mars où la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, a présenté le projet de loi à la Chambre des Communes, au sommet franco-britannique à l’Élysée, Richi Sunak a annoncé un grand plan de lutte contre l’immigration illégale, avec la construction d’un nouveau centre de rétention sur le sol français et l’investissement de 541 millions d’euros sur trois ans pour financer une surveillance accrue des côtes françaises. Cela fait beaucoup de bruit – pour rien ?

Chose promise, chose due

Après treize ans au pouvoir, l’immigration est devenue un sujet de désespoir pour les Tories. Depuis 2010, les gouvernements successifs promettent de réduire le solde migratoire annuel à moins de 100 000 et y échouent lamentablement. En 2019, Boris Johnson a abandonné tout objectif chiffré, mais a quand même osé deux promesses : d’abord, réduire l’immigration en général ; ensuite, ne laisser entrer que des travailleurs qualifiés ne constituant pas une source de concurrence déloyale pour les ouvriers britanniques non qualifiés. Sunak et Braverman ont ainsi hérité d’un double défi et doivent faire face à une double fronde. D’un côté, en voulant réduire l’immigration illégale, ils suscitent l’opposition acharnée des instances juridiques internationales, des ONG et de toute la clique immigrationniste.

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De l’autre, en voulant réduire l’immigration légale, ils subissent une forte pression des employeurs qui réclament plus d’immigrés. Ces derniers sont nécessaires pour occuper les postes à haute valeur ajoutée pour lesquels il n’y a pas assez de Britanniques qualifiés, mais aussi pour faire les métiers subalternes dont les Britanniques ne veulent toujours pas. Les visas pour les travailleurs qualifiés ont explosé : 166 000 ont été délivrés en 2022, contre 63 700 en 2019, avant la pandémie. Quant aux petits emplois laissés vacants après le départ post-Brexit de beaucoup de travailleurs venus de l’UE, les entreprises demandent au gouvernement d’assouplir les règles. Un autre facteur qui gonfle le solde migratoire est le nombre de visas accordés aux étudiants étrangers : plus de 490 000 en 2022, une augmentation de 81 % par rapport à l’époque pré-Covid. Ces étudiants, qui ne sont pas loin d’être majoritaires dans certaines des meilleures universités à Londres et qui sont souvent prêts à payer une inscription annuelle entre 20 000 et 50 000 livres, sont indispensables au financement du système d’enseignement supérieur. Très souvent, ils restent travailler après leurs études.

Certes, plus le nombre d’immigrés augmente, plus la main-d’œuvre augmente, et plus l’économie grandit, ce qui est essentiel pour faire face à l’inflation. Mais jusqu’à présent l’immigration n’a jamais permis d’augmenter la productivité de la main-d’œuvre. C’est cela le vrai Graal qui permettrait au pays de sortir du pétrin et au gouvernement conservateur de se faire réélire en 2024. En France, les propositions des Républicains risquent de rencontrer les mêmes dilemmes et les mêmes résistances que celles des conservateurs outre-Manche. La droite française, tout comme la droite britannique, compte sur leur fermeté en matière d’immigration pour garantir leur survie. C’est une planche de salut très glissante.

Le Conseil d’État, l’atout juridique des islamistes

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Les militantes islamistes en faveur du voile dans le foot, devant le Sénat, janvier 2022. Image: capture d'écran YOUTUBE / Le Parisien.

Le Conseil d’État pourrait se prononcer en faveur de l’autorisation du voile dans les compétitions de football. Le collectif militant des « hidjabeuses » demande un changement des règles et à pouvoir revêtir le voile islamique durant les matchs organisés par la FFF, qui s’y oppose. Céline Pina dénonce un accommodement absolument déraisonnable et une grave menace sur notre contrat social et la laïcité.


Constant et fidèle, le Conseil d’État est un allié sur lesquels les islamistes peuvent compter depuis 1989 et l’affaire du foulard de Creil. Quand il faut faire triompher le dogme sur la loi, à condition qu’il s’agisse de l’islam bien sûr, le Conseil d’État est le vecteur idéal pour dynamiter de l’intérieur notre ordre juridique. Il le fait au nom d’une idéologie de la tolérance qui au final renforce et conforte ceux qui utilisent le droit contre la justice et la norme contre l’esprit de notre contrat social. Il fait ainsi primer la loi de Dieu sur celle des hommes, ce qui est le rêve de l’islam politique. Il l’avait déjà fait en 1989 en autorisant le voile islamique à l’école alors que ce voile est un signe à la symbolique claire : il est la marque de l’infériorité en droit de la femme et de son impureté consubstantielle. Il vient de le réaffirmer par la voix de son rapporteur général qui valide l’emploi d’un symbole sexiste sur les terrains de sport, donc le port du voile dans les compétitions sportives. Le Conseil d’État s’apprête encore une fois à donner le pas à un signe sexiste sur une des valeurs fondamentales constitutive de notre société politique : l’égalité entre les hommes à raison de leur dignité commune et bien sûr, celles qui voient leur égalité invalidée symboliquement sont les femmes.


Macron pas au clair sur la question

Ce sacrifice de l’intérêt général à l’idéologie porte un nom, Julien Benda l’avait appelé en son temps « la trahison des clercs » ; aujourd’hui ce type d’attitude nourrit un rejet des élites dont celles-ci sont en grande partie responsables. Le Conseil d’État en est une des illustrations. Il montre aussi les ambiguïtés du pouvoir macroniste : incapable de tenir une ligne ferme, il tente de donner des gages tous azimuts, rendant illisible son positionnement politique et impossible toute vision de l’avenir. En effet, la nomination de Thierry Tuot à la tête de la section de l’Intérieur du Conseil d’État a été vue comme la consécration d’une orientation multiculturaliste au sein de la vieille institution. Une manière de déconsidérer le républicanisme et son lien avec la nation, pour consacrer l’idée d’un territoire sans identité propre, au sein duquel chaque communauté (fondée sur l’ethnie, la couleur de peau ou la religion) exercerait sa tutelle sur ses membres. Un seul territoire, plusieurs lois et aucune culture commune, juste la mise en concurrence de groupes antagonistes, voilà ce que porte l’idéal multiculturaliste. Cette régression féodale où l’allégeance au groupe remplace l’exigence citoyenne de dépassement de ses particularismes pour aller vers le commun, a été défendue par Thierry Tuot dans son rapport sur la société inclusive.

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Pour lui la France n’a aucune consistance, pas de culture, ni d’héritage, encore moins d’identité : « notre culture est celle que nous élaborons, pas un stock fini de cathédrales et de musées où périclite une identité nationale passée sans présent ni avenir ». Pire, même nos principes et idéaux ne sont passibles que de moqueries : « Encore plus périphérique et stratosphérique même, l’invocation rituelle, chamanique, des grands concepts et valeurs suprêmes. Empilons sans crainte, ni du ridicule, ni de l’anachronisme – les majuscules les plus sonores, clinquantes et rutilantes : Droits et devoirs ! Citoyenneté ! Histoire ! Œuvre ! Civilisation française ! Patrie ! Identité ! France – On se retient pour ne point paraitre nihiliste : dans quel monde faut-il vivre, pour croire un instant opérante, la frénétique invocation du drapeau ? Depuis quand Déroulède a-t-il résolu un seul problème social ? ».

Pour le président de section du Conseil d’État, les principes républicains relèvent de l’escroquerie

Les principes républicains sont assimilés à une vaste escroquerie et à une dérive fascisante puisque la référence à Déroulède vise à les assimiler à la pensée d’un homme considéré comme un précurseur du fascisme.

D.R.

Dans ce même rapport, l’homme nie les dangers de l’islamisme et fait un parallèle entre islamisme et « laïcisme » ; il nie la dimension sexiste du voile et se fait l’un des chantres de l’idée d’une persécution des musulmans sur notre sol. Bref l’homme coche toutes les cases de l’allié objectif de l’islam politique et a un discours conforme en tout point à la propagande des Frères musulmans à destination des élites européennes. Qu’il soit sous influence en pleine conscience ou à son insu importe peu, à la place qu’il occupe son pouvoir de nuisance est maximal pour la République et très utile pour les acteurs de l’islam politique. Que l’instance qui conseille le gouvernement et juge en appel les recours contentieux soit sous l’influence marquée d’une idéologie violente, totalitaire et obscurantiste contraire à nos principes et idéaux universalistes n’est pas sans conséquence. Cela a déjà abouti à ce que l’on mette en avant la liberté religieuse au détriment de l’égalité homme / femme lorsqu’il a fallu réagir face à l’offensive islamiste visant à imposer le voile à l’école. Cela recommence face à l’offensive islamiste visant à imposer le voile sur les terrains de sport. Toujours fidèle au poste pour tenir la porte des accommodements déraisonnables : le Conseil d’État.

Décision attendue en juillet

Certes la décision finale n’est pas rendue, mais la tradition (il est très rare que le rapporteur soit désavoué), l’histoire (la décision de 1989 autorisant le port du voile et justifiant ainsi le refus de combattre l’imposition d’un signe religieux et sexiste au sein de l’école laïque) et l’orientation que donne la nomination de quelqu’un comme Thierry Tuot, tout permet de craindre le pire. Pas la peine d’admirer les femmes iraniennes et d’en faire des tonnes sur #MeToo quand dans la réalité on renonce à combattre la base du sexisme et des violences faites aux femmes, le refus de leur accorder l’égalité, un refus que le voile symbolise et dont il fait une des bases sociales de certains systèmes politiques.

Silence coupable

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Avis de beau temps sur Téhéran et Kaboul

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Image d'illustration Unsplash

Les Talibans, les ayatollahs, les maîtres de ces paradis du féminisme des cavernes que sont l’Afghanistan et l’Iran d’aujourd’hui peuvent pavoiser. Et avec eux tous ceux pour qui la place d’honneur et de droit de la femme est de demeurer enfermée entre ses murs ou sous ses voiles. Comment ne se réjouiraient-ils pas alors qu’ils sont en passe de se voir confortés dans leur obscurantisme par l’une des plus hautes autorités juridiques – et morales – de France ? La France, le pays des Droits de l’Homme où, en l’occurrence, on semble avoir oublié que la femme est un homme comme les autres. Et donc que ses droits y sont tout autant sacrés.

La légion d’honneur pour Clément Malverti…

Personnellement, si j’étais un dignitaire de cet obscurantisme – Taliban de premier rang, ayatollah en majesté – ce qu’à Dieu ne plaise- je me frotterais les mains et j’enverrais des tonnes de roses – d’Ispahan, par exemple – à Monsieur le Rapporteur public près le Conseil d’Etat. De surcroît, j’assortirais ce tsunami floral d’une proposition d’embauche au poste de chef suprême de la propagande politique et religieuse de toutes mes provinces. Car, en effet, je ne pouvais rêver meilleur allié que celui-ci dans ma croisade répressive contre ces bougresses de bonnes femmes qui, chez moi, prétendent s’affranchir des carapaces vestimentaires et de la soumission au patriarcat qui va avec. Partout, sur les écrans, sur des affiches et des panneaux 4×3, dans les gares, les écoles, les bazars, les prisons aussi – chez moi, il y en a beaucoup, on ne lésine pas là-dessus – j’exhiberais ces citoyennes de France, ces privilégiées de la laïcité, clamant leur joie devant ce qu’elles qualifient de victoire historique. Historique est le mot qui a été employé, répété à l’envi. Il faut dire qu’elles sont sur le point d’obtenir, en toute légalité bien sûr, l’autorisation de jouer au football sans avoir à se séparer du hijab.

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Je dois dire que Monsieur le rapporteur public du Conseil d’Etat m’aura positivement enchanté avec ses subtilités de soufi, distinguant les lieux et stades régis par la loi laïque et ceux relevant de la sphère privée et, conséquemment, de la liberté individuelle. Hijab interdit en équipe nationale, mais autorisé partout ailleurs… Jusqu’à ce que, bien sûr, cédant toujours davantage devant le flux montant, on en vienne à considérer qu’assujettir la liberté individuelle à la laïcité serait fort douteux sur le plan constitutionnel au motif que la Liberté est elle-même inscrite noir sur blanc dans la Constitution. Donc, moi, gourou comblé, sous mon turban et derrière ma longue barbe, je rigole. Les juges de mes tribunaux où se rend une justice des plus bienveillantes et d’une humanité exemplaire, se délectent tout autant. Pensez ! Envoyer les impudentes, les impudiques à la flagellation forts de la caution de la France, la République française, la perle du monde occidental, la Mecque de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le phare humaniste du monde entier, ce Sinaï où furent conçues les lois sacrées de l’universalisme éclairé ! Quel triomphe !

… ou une présidence d’honneur !

Historique est bien le mot, en effet. J’y souscris pleinement ! Que depuis ce grand pays-là on en arrive, par l’exposition de ce merveilleux exemple, par cette prodigieuse avancée, à me donner quitus de ma politique répressive ne peut m’apparaître que comme un don du Ciel. Et que dire du silence des cohortes néo-féministes ! Pour un peu, je les enrôlerais toutes, toutes sans exception, dans la grande entreprise planétaire que, encouragé comme je le suis, je me propose de mettre en œuvre au plus tôt. Car il me semble être de mon devoir le plus élémentaire de prendre le relais de cet universalisme dont l’Occident et singulièrement la France s’arrogeaient jusqu’alors le monopole et qui, aujourd’hui me paraît bien mal en point. Cette entreprise planétaire, je pense l’appeler tout simplement : Hijab sans frontières. Et je compte bien que Monsieur le rapporteur public du Conseil d’État en acceptera la présidence d’honneur. Je ne peux faire moins, on en conviendra.

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Délais de décence à géométrie variable

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Le député LFI Aymeric Caron demande une minute de silence pour les migrants morts au largee de la Grèce. D.R.

Comparaison n’est pas raison ; c’est ce qu’illustre la polémique autour du Titan des riches et du bateau des pauvres. Les responsabilités dans les deux cas ne sont en rien les mêmes, et ceux qui accusent sans fin les affreux capitalistes devraient alors refuser leurs services pour leurs œuvres humanitaires…


La photo qui scinde

Quoi de plus efficace qu’une photo pour susciter l’émotion ? Comme avec la photo du petit Aylan retrouvé mort noyé sur une plage turque, le photo montage comparant la photo du bateau de pêche surchargé de migrants et celle du mini sous-marin le Titan devenu le cercueil de ses occupants, a fait le buzz sur Twitter, déclenchant une salve d’indignation chez les pères la morale de l’extrême gauche immigrationniste et les people en mal de coups de projecteurs.

L’indignation qui monte

De notre spéciste médiatique Aymeric Caron à l’ex-président Barack Obama, en passant par l’intellectuel de plateau anar de gauche pro-migrant tout en étant héritier (fils de) Mathieu Slama, sans parler d’Hélène Sy, la compagne d’Omar voulant elle aussi son moment #BLM, toutes ces figures médiatiques sont montées au créneau pour dénoncer le « deux poids deux mesures » dans le traitement médiatique et l’aide dont ont bénéficié les explorateurs du Titan comparés aux 700 migrants qui ont fait naufrage quelques jours avant la disparition du mini sous-marin.

Et, certes, pour tenter de retrouver le sous-marin sombré à 4000 mille lieux sous l’Atlantique, des millions d’euros ont été déboursés, des moyens techniques ont été déployés et un compte à rebours médiatique a été lancé jusqu’à… l’épuisement.

Ceux qui ont droit

Le naufrage des migrants, explique-t-on, n’a pas bénéficié d’autant de moyens et d’attention médiatique. « Certaines vies valent moins que d’autres » ; tel est le réquisitoire des indignés professionnels qui utilisent le prisme de la lutte des classes pour dénoncer le « racisme social » et souligner la fracture entre des riches qui auraient droit eux, au déploiement de moyens techniques et financiers et à une médiatisation intense, et des damnés de la mer qui seraient invisibilisés dans l’indifférence générale.

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Une récupération immédiate !

Si nous devons jouer à fond la comparaison, on peut alors s’étonner de l’absence du délai de décence pour la mort des cinq passagers du Titan. Ils étaient sûrement trop riches pour qu’on respecte le moment d’émotion. Quant à la récupération politique concernant le nauffrage des immigrés clandestins au large de la Grèce, elle a fonctionné à plein régime sans être pointée du doigt.

Lorsqu’il s’agit de donner des leçons en humanisme et de servir un discours sur l’accueil inconditionnel de tous les migrants de la terre, on ne saurait voir de la récupération.

Les limites de la comparaison

Or, force est de constater que comparaison ne vaut pas raison. Car dans le cas du Titan, la mort des explorateurs était, hélas, inéluctable. Rétrospectivement, on sait qu’une fois le sous-marin immergé dans les profondeurs océaniques, c’était alea jacta est… l’explosion survenue étant éventuellement due à un défaut technique. Les plus superstitieux diront que la malédiction du Titanic s’est abattue sur les explorateurs malheureux.

Mais, dans le cas du naufrage du bateau de pêche Andrianna, la mort des 82 migrants n’était pas inscrite d’avance, elle aurait pu être évitée. L’issue fatale de cette tragédie grecque aurait pu être déjouée si les passeurs n’avaient pas fait embarquer plus de 700 personnes sur un bateau de fortune, s’ils avaient donné des gilets de sauvetage aux migrants et si les autorités grecques avaient accepté le secours de Frontex qui avait repéré l’embarcation en survolant la zone. Dans un cas, la technique serait à l’origine de la mort, dans l’autre cas, la responsabilité est humaine et elle est d’abord à chercher du côté des passeurs, ces négriers des temps modernes qui facturent la traversée périlleuse 2 000 et 3 500 euros par migrant.

A lire ensuite: Notre faute, notre très grande faute?

« Après le trafic d’armes et de drogues, le trafic d’êtres humains arrive en 3ème position des secteurs lucratifs pour le crime organisé » avec un coût estimé à 35 milliards par an selon l’organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle Philippe Fontana dans son dernier essai sur La vérité du droit d’asile.

Le capitalisme aurait du bon ?…

La polémique suscitée par cette comparaison alimente d’une certaine façon la haine antiriches. Pourtant, les acteurs de l’immigrationnisme militant, ONG et associations, trouvent dans le capitalisme honni de généreux donateurs qui viennent financer leurs actions.

C’est ce que révèle aussi Philippe Fontana, qui jette la lumière sur la face cachée de cet humanisme de façade financé de façon pas très anticapitaliste. Ainsi, on apprend par exemple que l’association Refuge Solidaire, basée à Briançon, qui œuvre pour loger des demandeurs d’asile, est financée par le fond de dotation créé par Olivier Legrain ; un ex-patron de la branche peinture de Lafarge et d’une filière chimie de Rhône-Poulenc et qui a fait fortune grâce à des montages financiers. Comme quoi, le capitalisme a parfois du bon…

Justice: parole à la défense

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Philippe Bilger. © JEANNE ACCORSINI/SIPA.

Mal défendue par ceux qui la font, mal critiquée par ceux qui la commentent, mal vécue par ceux qui la sollicitent, la justice française mérite pourtant notre fierté collective. Comme toute discipline humaine, elle ne sera améliorée qu’à condition de lui faire davantage confiance.


La Justice fait partie de ces sujets sur lesquels chacun a son mot à dire sans que l’ignorance ou la superficialité soient un frein à l’envie citoyenne d’une expression en général d’autant plus péremptoire qu’elle ne se fonde, au mieux, que sur des expériences singulières et fragmentaires, au pire, que sur des poncifs récoltés partout.

Ce ne serait que la rançon de la démocratie si les politiques de droite comme de gauche n’étaient pas eux-mêmes sujets à des approximations et à des méconnaissances qui font douter trop souvent de la lucidité parlementaire. Avec cette particularité que, si l’idéologie compassionnelle gangrène certains députés et sénateurs, il y a des banalités prétendues progressistes qui malheureusement les touchent quasiment tous.

Ces approximations dont la tonalité est systématiquement pessimiste, loin d’être corrigées par la plupart des médias, sont au contraire renforcées par une vision qui conduit les journalistes, par une vision sélective ou, pire, partisane, à ne retenir de la réalité judiciaire que les erreurs ou les dysfonctionnements, de sorte que le citoyen de bonne foi, désirant s’informer, est implacablement plongé dans un bain critique, partiel, partial et pourtant péremptoire. Et je n’évoque pas seulement ce quotidien irremplaçable et contestable qu’est Le Monde, dont l’idéologie jésuitique cache mal les préjugés malgré l’apparente objectivité du ton. En effet, on retrouve partout cette propension à dresser un tableau noir à partir duquel évidemment on décrète l’institution judiciaire en crise, régulièrement moribonde.

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Il serait malhonnête de ne pas faire état, pour expliquer le catastrophisme ambiant sur la Justice et une forme de dérision ou de mépris à l’encontre des magistrats, de la responsabilité de ces derniers. En effet, il est clair que ceux-ci ne sont pas capables, en même temps qu’ils dénoncent légitimement certaines carences du service public dont ils ont la charge, de manifester la fierté qu’ils devraient éprouver à exercer ce magnifique métier, peu ou prou régulateur des rapports humains et de la vie sociale. Ce qui engendre le paradoxe d’une profession trop peu assurée d’elle-même, tendant trop volontiers l’autre joue, et en même temps indifférente la plupart du temps, au-delà de l’application et de l’interprétation de la loi, à la légitimité de ses comportements et de son action, telle qu’octroyée par le citoyen, par l’opinion publique. Elle ne porte pas haut son pavillon, mais relègue ceux qui, par le choix ou la contrainte, justiciables, victimes, prévenus, accusés, ont affaire avec elle. Pourtant le citoyen, posant son regard critique sur l’institution, s’occupe de ce qui le regarde, il n’est pas un intrus dans un monde dont il devrait être le centre.

L’ensemble de ces données met en lumière les raisons pour lesquelles, au sujet de la Justice, deux populismes se cumulent dont la définition pourrait être la détestation par l’humeur ou l’hostilité par condescendance. La première est celle du peuple et j’éprouve de l’indulgence à son égard, car comment pourrait-elle s’exprimer autrement, nourrie qu’elle est exclusivement par ragots, rumeurs, éructations et simplismes ? La seconde est celle des élites, une sorte de populisme chic qui est d’autant plus navrant qu’au lieu d’une dénonciation constante, on aurait pu attendre des intellectuels et essayistes qui s’y adonnent lucidité, mesure, exigence de vérité et prudence républicaine. Ce n’est pas parce que les caricatures émanent d’Alain Finkielkraut ou d’Éric Zemmour qu’elles sont respectables. C’est un double poison : le premier instinctif, le second distingué !

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J’ai si souvent ressenti ma faiblesse à argumenter sur le fond, parce que le socle auquel je cherchais à m’opposer était trop sommaire, vague, superficiel et pourtant péremptoire qu’il m’est apparu nécessaire de tenter de démontrer, avant, pourquoi il était redoutable, précisément parce qu’il était sans structure ni cohérence.

Ce n’est pas fuir le débat sur le laxisme réel ou prétendu de la Justice ou les mille controverses tenant aux prisons, à la récidive, à la rapidité et à l’efficacité de ce service public. J’insiste sur cette expression parce que je n’en connais pas de plus noble : être au service du public, les discussions d’école sur le pouvoir ou l’autorité n’ayant en définitive que peu d’intérêt, les pratiques de chacun faisant la différence.

Il y a quelques évidences qu’il est bon de rappeler, en les sauvant du double discours contradictoire d’un progressisme niais et sulpicien ou de pulsions répressives mal maîtrisées.

Contre ceux qui réclament une fermeté extrême pour toutes les infractions qui apparaissent, chaque jour, au premier plan de l’actualité, il faut rappeler qu’une hiérarchie des gravités est à considérer et qu’on ne saurait traiter, sur le plan pénal, le moins ou le plus transgressif, les délits ou les crimes sur le même mode.

Il convient aussi de souligner que l’acte de juger impose d’intégrer, au regard d’une qualification pénale, entre un minimum et un maximum de la sanction prévue, les multiples comportements à évaluer différemment selon la gravité des faits et la personnalité de leurs auteurs.

Par ailleurs, au risque de tomber dans la pire des justices – la justice pour l’exemple où l’idéologie et sa réponse toute faite étouffent le singulier et la nuance –, il est fondamental, à chaque fois, de donner la part exclusive à ces derniers. Le judiciaire, c’est d’abord une histoire personnelle, un destin unique qui a fauté. On ne peut pas se contenter d’une justice « en gros » quand elle exige une sophistication au détail.

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Que de poncifs traînent dans les programmes avec parfois l’influence délétère de la gauche – qui parvient à se faire passer pour la dépositaire de valeurs pourtant universelles – sur la droite gangrenée par contagion ! Quelle absurdité de soutenir que la prison est l’école du crime quand beaucoup, avant d’y entrer, ont fait des brouillons avant, quelle délicieuse mais fausse bonne conscience de prétendre que l’enfermement est créateur de la récidive quand c’est le récidiviste, sa liberté, sa responsabilité qui l’engendrent ! On constate ainsi qu’il peut y avoir plus d’humanisme honorable dans cette reconnaissance de l’individu que dans l’obsession des culpabilités périphériques !

Le système de l’exécution des peines, sans l’efficacité et la rigueur duquel le pénal devient si peu effectif, quasiment lettre morte, est laissé à l’abandon parce que bizarrement on a besoin de l’alliance entre une volonté répressive de principe et un adoucissement constant dans les modalités carcérales ou non.

De la même manière on continue, peu ou prou, et parfois même chez certains magistrats, à ressasser que la société est coupable quand le délinquant ou le criminel ne le serait pas. Cette ineptie à la vie dure et rassure ceux qui ont absolument besoin de croire que la nature humaine est bonne ou dévoyée par d’autres qu’elle.

Christophe Soulard, nouveau premier président de la Cour de cassation, Paris, 18 juillet 2022. © D.R

Je pourrais continuer à égrener quelques observations qui auraient la même finalité : faire comprendre que la Justice n’est pas un service public comme les autres (on fait appel à lui en dernier recours), qu’elle a le devoir de se plier, pour le citoyen, à des règles de simplicité, d’efficacité, de compréhension et d’écoute, qu’elle n’est pas constituée d’Outreau au quotidien mais que, si elle manque de moyens humains et matériels, elle est cependant méritante, dévouée, fondamentale dans une démocratie qui se plaît à la critiquer tout en amplifiant paradoxalement la judiciarisation.

Qu’on m’entende bien : une authentique politique judiciaire a pour mission de veiller au bon fonctionnement de toutes les sortes de justice pénale, civile, commerciale, sociale, mais demain on ne pourra pas faire l’économie de la restauration de peines plancher autrement conçues et d’une réflexion très élaborée et menée à terme sur la responsabilité des magistrats.

Ceux-ci ne doivent jamais oublier que, s’ils ont l’honneur et le droit de juger, la société, elle aussi, a le privilège de les observer, de les critiquer ou de les respecter.

Cela oblige les uns comme l’autre.

Macron, roi de France et maire de Marseille

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Le président Macron et le maire de Marseille Benoît Payan, Marseille, 26 juin 2023 © Guillaume Horcajuelo/AP/SIPA

Installé aux premières loges pour assister au déferlement du barnum présidentiel sur la cité phocéenne où il habite, notre chroniqueur rend compte, avec l’objectivité qu’on lui connaît, des bonnes intentions d’Emmanuel Macron dans cette ville dont aucune subvention n’étanchera la faillite.


Je sirotais mon premier café du matin au Bar de la Marine, ce lundi, quand une demi-douzaine de voitures maquillées de noir, vitres opaques et sirènes hurlantes, ont remonté le quai de Rive-Neuve à toute allure. Direction sans doute la Villa Valmer, au-dessus de la Corniche, qui sert de résidence ordinaire au président de la République lorsqu’il installe ses pénates à Marseille. « Tiens, a dit le tôlier, Sa Majesté est de passage. »

Protocole marseillais

Les rois de passage à Marseille, depuis le rattachement de la Provence au royaume (1481), promettaient de respecter les « chapitres de paix » qui constituaient le droit public de la ville. Comme l’a raconté jadis La Marseillaise, « le souverain s’arrêtait à la porte Réale et jurait de respecter les « privilèges, franchises et libertés de la ville de Marseille ». Les clefs de la ville lui étaient alors remises. » Quand il vint, après Marignan, admirer le rhinocéros provisoirement exilé sur l’île d’If, François Ier respecta ce protocole.

En 1660, se souvenant que la ville n’avait pas pris son parti pendant la Fronde, Louis XIV, qui avait un caractère vif et rancunier, refusa de passer par la porte : il fit détruire un pan des murailles, afin que son cheval, en entrant, foule aux pieds les libertés de la ville. Il avait auparavant dispersé dans la ville près de 7000 hommes (1 pour moins de 3 habitants), et frappé les Marseillais d’une taxe exceptionnelle de 150 000 livres. Et Sa Majesté Très Chrétienne refusa les clefs que symboliquement lui tendait le viguier de la ville, Monsieur de Pilles.

A lire aussi, Philippe Murer : L’énorme mensonge de Macron sur «les emplois vacants»

C’est peu après qu’il fit construire les deux forts, Saint-Jean et Saint-Nicolas, qui bouclent le Vieux-Port, et dont les canons sont tournés vers la ville. C’est depuis cette époque que les fans de l’OM détestent ceux du PSG.

Macron n’en est pas là, même si les forces de l’ordre ont été déployées largement.

Échanges

Le programme du président est essentiellement consacré à des rencontres avec les habitants des cités perdues des quartiers Nord, les Campanules dans le 11ème, la Busserine dans le 14ème, une école du 16ème, puis Benza, dans le 10ème. Visites entrecoupées de déplacements aux Baumettes (la prison locale) pour y rencontrer les gardiens, à l’Evêché (la grande maison poulaga de la cité phocéenne) pour y discuter avec les policiers, et à l’hôpital militaire Lavéran, dans le 13ème, pour parler santé. Le président « échangera avec des associations et des mères de famille », écrit La Provence. Curieux usage contemporain de ce verbe, utilisé de façon absolue. En français, on échange quelque chose avec quelqu’un. « Président de la République échangerait logement spacieux, 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, contre trois-pièces exigu dans immeuble délabré à La Castellane. » Ça aurait de la gueule.

Mais il rentrera tranquillement à Valmer, avec vue imprenable sur la rade et les îles du Frioul. À deux pas de chez Peron, l’un des meilleurs restaurants de la ville, où il a ses habitudes.

A relire, du même auteur: Marseille: où peut-on encore manger la vraie bouillabaisse?

Pour se remettre d’un emploi du temps si chargé, Macron prononcera ce mardi un discours sur la Méditerranée au fort Saint-Jean (celui dont les canons — voir plus haut), visitera la reconstitution de la Grotte Cosquer (après sa visite au Mont Saint-Michel, il renoue le fil avec la plus haute histoire de France, hier lui et l’Archange, aujourd’hui lui et le rhinocéros laineux), et finira la journée dans une garden-party organisée au MUCEM. Si c’est l’équipe du Môle-Passedat (le restaurant du musée) qui l’organise, ça ne devrait pas être sale…

Benoît Payan, otage de Macron et de l’extrême gauche !

Macron vient à Marseille, « laboratoire » de sa nouvelle France, avec des cadeaux et des subventions plein les mains. Il vient y jouer au maire, avec un panel de ministres à sa suite : Garde des Sceaux, Éducation nationale (pour combien de temps ?), Culture, Santé, Transports, Ville et logement. Il tiendra d’ailleurs à Marseille le traditionnel Conseil des ministres, mercredi. De quoi éclipser Benoît Payan, édile de hasard, furieux de cette tornade macronienne qui va passer plusieurs fois sous ses fenêtres. Un maire arrivé là par désistement — sans doute préparé d’avance — de la tête de liste EELV, Michèle Rubirola. Un maire socialiste qui est pratiquement l’otage complaisant de sa majorité crypto-gauchiste, celle qui vient d’évincer l’héritier Pagnol du château de la Buzine, consacré à la célébration de l’écrivain, pour y installer un éventail d’« associations » amies, pompes à subventions. Macron tranchera-t-il, se demande le Huffington Post… Ce serait une bonne idée.

Julien Bayou, Michele Rubirola et Olivier Faure, à Marseille le 22 juin 2020 © ALAIN ROBERT/SIPA Numéro de reportage: 00968753_000001

On peut s’interroger sur ce terme de « laboratoire ». Parce qu’enfin, dans sa voiture blindée aux vitres teintées, le président passera à côté de l’islamisation rampante, des 100 000 clandestins arrivés d’Afrique noire, des voiles portés par une musulmane sur deux, des abayas qui s’infiltrent à l’école, et de la pauvreté sidérante de la deuxième ville de France. Les Marseillais ne lui savent aucun gré de sa sollicitude, ils ont massivement voté contre lui aux présidentielles, et renvoyé certains de ses députés élus en 2017 à leurs chères études. Mais peu lui chaut : après lui le déluge — et après Louis XIV, Louis XV.

Ou Louis XVI ?

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L’énorme mensonge de Macron sur «les emplois vacants»

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Image d'illustration Unsplash

En visite à Marseille, face à une citoyenne expliquant au président de la République que son fils ne trouvait pas d’emplois, M. Macron a refait le coup de « Il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi ». Il a ensuite expliqué qu’il y a des centaines de milliers d’emplois vacants en France. L’affirmation est grave puisqu’elle signifie que les Français sans emploi sont des fainéants.


En économie de marché, quand quelque chose est en pénurie, le prix monte et beaucoup ! Or, les salaires baissent compte tenu de l’inflation. Des centaines de milliers d’offres d’emplois non pourvus alors que les salaires baissent est donc un énoncé complètement illogique. Nous allons voir qu’il y a effectivement beaucoup de manipulations et de mensonges dans cette affaire.


Selon Pole Emploi, il y a 375 000 offres d’emplois non pourvus, en baisse de 5% sur le trimestre. Ce ne sont pas forcément des CDI, ce sont parfois des CDD et même des emplois à temps très partiel : un CDD de 2 heures de ménages par semaine est une offre d’emplois non pourvue !

Il y a 6,1 millions de personnes inscrites à Pole Emploi en France. Ces 375 000 prétendus emplois vacants sont une goutte d’eau au regard des 6 millions de personnes inscrites à Pole Emploi dont la moitié a tout intérêt à chercher du travail pour cause de non indemnisation !

Précarité à durée indéterminée

99% des propositions d’embauches trouvent preneurs. Les employeurs ont déposé auprès des Urssaf près de 30  millions de déclarations préalables à l’embauche en 2022 (environ 5 millions de CDI et 25 millions de CDD dont un grand nombre de moins d’un mois). Les 375 000 de ces offres qui sont non pourvues ne représentent que 1% des déclarations d’embauches ! Elles sont résiduelles. Enfin, les « offres non pourvues » reçoivent presque toujours (90%) des candidatures mais les employeurs jugent les personnes pas assez compétentes pour le poste. D’ailleurs, la France a un nombre d’emplois vacants inférieur à la moyenne européenne : 2,4% d’offres non pourvues contre 2,8% en moyenne dans l’Union Européenne. Si les Français sont des fainéants, cela signifie que les 500 millions d’Européens sont des fainéants.

De nombreuses annonces échouent car elles ne proposent qu’une ou deux heures de travail par semaine. Voici ce que dit Hadrien Clouet, docteur en sociologie, dans un article du Monde diplomatique.

« Salaire ridicule par rapport aux compétences exigées, recruteur inexpérimenté, inexistence du poste annoncé, l’offre servant parfois à la constitution par l’employeur d’une base illégale de CV ». « La problématique des emplois non pourvus gomme l’enjeu de la qualité du travail, en postulant la commensurabilité de toute offre ».

A lire aussi, du même auteur: Le mystère de la baisse du chômage

Regardons plus précisément les offres qui circulent à Pôle emploi. Nombreuses sont les propositions du type « nettoyage industriel, 1 heure par semaine, 9,75 euros l’heure » ou « aide ménager(e), 2 heures par semaine, 11 euros l’heure ».

Les chômeurs à la recherche d’un emploi à plein temps ne s’intéressent logiquement pas aux contrats courts… mais ils font monter le nombre d’emplois non pourvus. On leur reproche de ne pas vouloir travailler, alors qu’ils veulent au contraire travailler davantage ! Beaucoup sont aussi piégés par des trappes à pauvreté. Entre 2007 et 2011, environ cinq cent mille personnes ont dû renoncer à un poste en raison de problèmes de logement et du surcoût de la mobilité exigée.

On ne manque pas de joueurs de flûte au sommet de l’Etat

Certains veulent nous faire croire que la France aurait beaucoup d’emplois non pourvus. En réalité, cette fable était ânonnée pour cacher l’échec sur le chômage des gouvernements en faisant croire que les chômeurs sont des fainéants. Macron a augmenté le niveau de manipulation et l’utilise pour faire croire que « nous sommes presqu’au plein emploi » alors que nous en sommes très loin !

Mais allons un peu plus loin que les statistiques, regardons ce qui se cache derrière les vrais « emplois non pourvus ».

Une amie DRH travaille dans une entreprise de fabrication de produits pour le BTP. Effectivement, elle me dit qu’elle n’arrive pas à recruter assez de personnel. Les salaires des employés de cette entreprise ne suivent pas l’inflation depuis des années et se sont beaucoup rapprochés du SMIC. Les emplois sont aujourd’hui quasiment au SMIC et l’entreprise a de plus en plus de mal à recruter. Les conditions sont très difficiles : il faut porter des tonnes de sacs de ciments par jour, le travail se fait dans des conditions très mauvaises (matières dangereuses pour la santé, poussières en quantité importante en suspension, machines en mauvais état…). L’usine se situe à 50 kilomètres de Paris, dans une zone de logistique très embouteillée. De nombreux salariés ont deux à trois heures de temps de transport par jour. Les emplois sont non pourvus mais la direction de l’entreprise refuse de laisser la DRH recruter avec un salaire 5 à 10% plus haut, donc de rattraper les baisses de salaire précédentes, compte tenu de l’inflation. Emplois non pourvus réellement ?

Un ami qui possède et dirige une entreprise de 20 salariés et fait 400 000 euros de profit chaque année m’assure qu’il y a en France des emplois vacants et même beaucoup. Dans la conversation, il donne son entreprise en exemple : il n’arrive pas à recruter un ouvrier très spécialisé au salaire qu’il a fixé. Le salaire est effectivement correct. Très étonnamment, vu que son entreprise est hyper profitable, il ne se pose pas la question d’augmenter le salaire pour embaucher cet ouvrier très qualifié dans une spécialité très recherchée aujourd’hui. Vu son taux de profit, il y gagnerait beaucoup de chiffre d’affaire et ferait nettement plus de résultat net mais il refuse. A l’écouter, cela donne l’impression que le patron d’une entreprise a, lui, le droit de faire toujours plus de profits et d’avoir un salaire toujours plus élevé mais qu’un bon salaire est inadmissible pour un poste très recherché. Je précise que son entreprise fait des profits récurrents et élevés depuis 10 ans. Que certains chefs d’entreprise fassent un peu d’introspection serait une excellente chose car tout cela commence à ressembler à une façon de penser féodale : il existe des seigneurs qui méritent de gagner toujours plus d’un côté et des gueux qui doivent tout accepter de l’autre côté.

La France se tiers-mondise

Une autre problématique est la déformation de l’économie française que j’appelle tiers-mondisation de la France. En 2017, quand Macron arrive au pouvoir, chaque emploi génère 101 000 euros par an de PIB. Aujourd’hui, chaque emploi génère 98 000 euros de PIB (Pour ceux que cela étonne, le PIB de la France est d’environ 2600 milliards d’euros pour environ 26 millions de salariés). Depuis 6 ans, les emplois créés sont en moyenne des emplois mal payés, souvent précaires. Ainsi, le nombre d’auto-entrepreneurs a explosé : il y avait 1,2 millions d’auto-entrepreneurs en 2017 et 2,4 millions d’auto-entrepreneurs en 2022. Les auto-entrepreneurs actifs gagnent 600 euros par mois soit la moitié du SMIC selon l’Insee. Un auto-entrepreneur typique est un livreur à vélo dans Paris ou un chauffeur de VTC sous-payé de Bolt… Ces chauffeurs sont tellement sous-payés qu’il s’agit dans la grande majorité des cas de migrants fraîchement débarqués qui parlent à peine le français, les seuls prêts à accepter un travail précaire et sous-payé. Je précise que je ne prends pas cette chaîne de VTC sauf lorsque des chaînes de télévision les louent pour moi afin de faire venir leurs invités sur leur plateau en banlieue…

A lire aussi, Stéphane Germain : Retraites, argent magique: l’impossible sevrage

Il manque aussi des employés dans le secteur de la restauration dans les grandes villes. Ce phénomène n’est pas nouveau, il dure depuis 20 ans. Un salarié dans la restauration dans une grande ville touche un salaire généralement un peu au-dessus du SMIC. Les horaires sont 11 heures -16 heures, une pause de 3 heures puis 19 heures – 23 heures. Les jours les plus actifs sont… le week-end quand les autres se reposent ou s’amusent. Un salarié de la restauration peut-il habiter à Paris avec un salaire de 1400 euros ? Une simple chambre de bonne de 10 mètres carré coûte 650 euros par mois. Ces salariés habitent donc le plus souvent à 30 kilomètres de Paris car le loyer et le coût de la vie de la capitale et de la proche banlieue sont trop élevés. Ils ont des pauses de 3 heures qu’ils doivent faire seuls dans Paris et rentrent très tard dans des RER, aujourd’hui dangereux, voire impraticables pour des femmes aux alentours de minuit. Il n’y a rien d’anormal à ce que la restauration ait des difficultés de recrutement.

Les « emplois vacants » et autres « offres d’emploi non pourvus » existent mais restent résiduels et ont souvent de bonnes raisons d’exister. Prétendre ainsi que les Français sont des fainéants et mettre la pression sur les chômeurs pour qu’ils acceptent n’importe quel travail, à n’importe quel salaire, dans n’importe quelle condition de travail et à n’importe quelle distance de leur logement est donc une nouvelle déclaration indécente de Macron. Nous sommes en droit d’attendre du président de la France qu’il s’occupe des grandes affaires de l’Etat comme faire baisser les prix élevés de l’énergie pour que l’économie française tourne bien plutôt que de jeter de l’huile sur le feu. Il suffit pour cela de ne pas agir en idéologue, de copier l’Espagne et de sortir du marché européen de l’électricité. Il suffit aussi d’être capable de faire entretenir correctement nos réacteurs nucléaires et d’éviter de fermer Fessenheim, 3% de notre capacité de production d’électricité, quand la France est au bord de manquer d’électricité. Il suffit aussi d’arrêter les auto-sanctions sur l’énergie qui détruisent l’économie française sans gêner la Russie. Il semble que ce président préfère stigmatiser les Français les plus faibles que de jouer son rôle de président : par exemple, s’opposer à la présidente de la Commission Européenne et utiliser la puissance de la France pour dire Non, No, Nein.

Sortir du capitalisme du désastre

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Un autre son de cloche. À Marseille, Macron assure trouver « dix offres d’emploi » – l’édito d’Élisabeth Lévy

Retrouvez notre directrice du lundi au jeudi dans la matinale de Sud Radio.

À quand un ministère de la Vérité en France?

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La ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak (ici photographiée à l'Opéra Bastille le 1 juin 2023), a pris position contre la nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du Journal du dimanche © Chang Martin/SIPA

Médias. Les lecteurs du Monde ou de Libé, ainsi que les auditeurs de France inter, savent tout de la nomination « scandaleuse » d’un nouveau directeur à la tête du Journal du Dimanche. En revanche, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas beaucoup entendu parler des agressions subies par Éric Zemmour ou ses militants ces derniers jours. Récit.


« Parsons était un collègue de Winston au ministère de la Vérité. C’était un homme grassouillet mais actif, d’une stupidité paralysante, un monceau d’enthousiasmes imbéciles, un de ces esclaves dévots qui ne mettent rien en question et sur qui, plus que sur la Police de la Pensée, reposait la stabilité du Parti. »

Orwell, 1984.

Sur la radio publique comme dans la presse de gauche, très peu de choses ont été dites ou écrites sur les violentes agressions subies par les personnes venues faire dédicacer leur livre d’Éric Zemmour à Brest ou sur les insinuations antisémites de Frédéric Tronche, représentant CGT-cheminots, à l’encontre du même Éric Zemmour lors de son déplacement à Limoges.

Antisémitisme : gauchistes, c’est à vous !

Sophie Binet, la patronne de la CGT, s’est contorsionnée sur le plateau de “C à vous” pour tenter de justifier les propos de M. Tronche : si ce dernier a évoqué la Pologne en parlant de la destination du train dans lequel il a rencontré Zemmour, c’est, a prétendu Mme Binet, pour rappeler les « propos négationnistes » du président de « Reconquête ! ». Aussi incroyable que cela puisse paraître, alors que la syndicaliste aura utilisé à au moins quatre reprises les mots  « négationniste » ou « négationnisme » pour qualifier Éric Zemmour ou sa théorie sur le rôle du régime de Vichy dans la déportation des juifs, aucun journaliste sur le plateau ne la corrigera : jamais Éric Zemmour n’a remis en cause l’existence des camps d’extermination nazis, ce qu’est le négationnisme. Ignorance crasse ou conviction idéologique que tout ce qui peut nuire à Zemmour est bon à prendre, cette absence de réaction méritait d’être soulignée car elle symbolise l’état du journalisme français dans les médias publics. Mme Binet a ensuite pu dérouler un discours archi-rodé destiné à faire oublier les propos antisémites du camarade Tronche : la CGT a toujours fait partie de la « digue républicaine » empêchant l’accession de « l’extrême droite » au pouvoir, a toujours refusé de « considérer l’extrême droite comme une opinion comme les autres », de « débattre avec l’extrême droite », et blablabla. En moins d’une minute, la syndicaliste sera parvenue à nommer six fois « l’extrême droite », petit exploit qui lui aura permis de passer à la trappe les syntagmes « antisémite » ou « antisémitisme de gauche ou d’extrême gauche » qui auraient dû être au cœur de la discussion. Mais il sera difficile d’enterrer cette affaire : en sa qualité de président d’Avocats Sans Frontières, association habilitée à agir en justice contre le racisme et l’antisémitisme, Maître Goldnadel a accepté de représenter Éric Zemmour et, en son nom, de porter plainte contre M. Tronche. La gauche extrême n’a pas fini d’avoir à supporter le rappel de son pitoyable pataugeage dans l’anti-sionisme antisémite issu de ses rangs.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Le journal, la calomnie et les pleurnicheries

Si la bonne presse ne parle pas des agressions de l’extrême gauche à Brest ou des propos antisémites d’un syndicaliste de la CGT, de quoi s’offusque-t-elle alors en ce moment ? Elle s’offusque, comme Mme Binet, de… l’arrivée du « journaliste d’extrême droite », Geoffroy Lejeune, à la tête du JDD. Le Monde y décèle une « croisade réactionnaire » et le journal d’extrême gauche Libération « une preuve du mouvement de pure extrême droitisation des médias ». Chaque flash d’info de la radio publique frissonne en évoquant l’amitié du journaliste avec Marion Maréchal et Éric Zemmour. Pascale Clark, la Belphegor au rabais des catacombes radiophoniques, affiche à nouveau son abyssale bêtise en tweetant : « Pas seulement proche de Marion Maréchal Le Pen et de Zemmour, aussi très ami avec Gaspard Proust et Vianney. » Brr ! « De nombreuses personnalités de gauche se sont inquiétées d’un possible virage à droite toute du journal », peut-on lire sur le site de 20 minutes. Bref, toute la garde-chiourme politico-médiatique de gauche s’élève contre la nomination de Geoffroy Lejeune en feignant d’oublier que le JDD, comme Libération ou Le Monde, est un média privé appartenant à un groupe composé d’actionnaires qui, comme pour Libération ou Le Monde, peuvent avoir envie de donner une certaine coloration politique à leur journal. L’offre publique d’achat de Lagardère par Vivendi ayant été confirmée début juin par la Commission européenne, les journalistes du JDD le désirant pourront, grâce à une clause de cession propre à la presse, quitter ce journal avec de belles indemnités et proposer leurs services à des journaux plus proches de leur sensibilité – cela ne manque pas.

Notre argent, leur radio

France Inter, elle, n’est pas une radio privée. Les journalistes de cette radio sont rémunérés avec de l’argent public. Par conséquent, les opinions de tous les Français devraient y être représentées. On est très loin du compte. France Inter est une station de radio de gauche, wokiste, immigrationniste, écologiste et européiste. Rien d’étonnant à cela quand on prend la peine de compulser le CV des journalistes de la seule matinale de la radio « la plus écoutée de France ». Tour de table :

Nicolas Demorand, pigiste aux Inrockuptibles puis, en 1997, stagiaire à France Culture. Présente en 2002 “Les Matins de France Culture”, succède à Stéphane Paoli sur France Inter en 2006 et anime la tranche matinale jusqu’en 2010. Prend la direction de Libération en mars 2011 puis quitte le journal en 2014 pour revenir sur France Inter. Co-présente, depuis 2017, le 7/9 avec Léa Salamé qui aimerait paraître politiquement neutre. La tâche est ardue, le naturel revient souvent au galop. Les entretiens menés de concert avec Nicolas Demorand sont des petits bijoux de partis pris subtilement dissimulés lorsque sont reçues des personnalités de gauche, moins subtilement lorsqu’il s’agit de « converser » avec des personnalités de droite ou, pire, considérées « d’extrême droite ».

Claude Askolovitch, ancien du Nouvel Observateur. Après avoir écrit Nos mal-aimés : Ces musulmans dont la France ne veut pas, déclare le 16 novembre 2014 au Bondy Blog : « Ça serait chouette qu’une jeune femme voilée présente le 20 h. » Homme-sandwich de Libération. Également chroniqueur dans l’émission woke-européiste d’Arte, “28 minutes”, Askolovitch affiche un mépris condescendant pour les Français qui ne sont pas progressistes et ne rate jamais une occasion de se pâmer devant un « homme enceint » ou une « athlète transgenre ». La voix est mielleuse, le ton douceâtre et la posture faussement bienveillante : il s’agit surtout de prendre la France constamment en défaut et de la présenter le plus souvent possible sous son plus mauvais jour.

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Pierre Haski, recruté par Serge July en 1981, quitte Libération en 2007 pour fonder le site d’information Rue89. En août 2018, prend la suite de Bernard Guetta, lui-même récompensé pour sa propagande européiste par les macronistes qui l’adoubent en lui offrant sur un plateau un siège au Parlement européen. En septembre 2019, Le Monde diplomatique se gausse de Pierre Haski, ce « passionné par la question des “infox” » qui n’a pas daigné revenir sur la publication des conclusions du rapport Mueller réfutant avec moult preuves l’idée d’une collusion entre M. Trump et le Kremlin pour fausser l’élection présidentielle américaine.Pourtant, ironise Le Monde diplomatique, « de très nombreux journalistes avaient repris cette théorie du complot avec la foi du charbonnier — dont un certain Pierre Haski, sur France Inter ». À la revue IEA & Esprit, Pierre Haski a avoué avoir participé à une opération de surveillance du web français financée par la fondation de George Soros. Pas de fausse note : ses éditos de politique internationale sont foncièrement européistes, mondialistes, immigrationnistes, pro-palestiniens et pro-américains (surtout quand les Démocrates sont à la manœuvre, of course).

Yaël Goosz a succédé à Thomas Legrand, ce dernier partageant maintenant son temps entre France Inter et… Libération. Pas un mot, bien entendu, sur les violences à Brest ou sur les propos antisémites de M. Tronche – mais, lundi 26 juin, un édito bien crapuleux, bien malhonnête, sur Geoffroy Lejeune. Pour salir ce dernier, le commissaire politico-médiatique Goosz accumule approximations et mensonges et dénonce, à propos de la nomination de l’ex-journaliste de Valeurs actuelles à la tête du JDD, un « projet politique », ce qui, dit-il, est « le dévoiement complet de l’éthique journalistique. On fait ce métier pour dire des faits, pas pour les tordre ». Que ne s’applique-t-il ce magnifique précepte à lui-même ? Écumant de rage, Goosz balance le montant annuel des subventions versées au JDD, 2 millions d’euros qui vont tomber dans l’escarcelle de Vincent Bolloré, mais passe sous silence le montant de celles versées à Libération, propriété de Patrick Drahi, 5 millions d’euros en moyenne chaque année. L’apparatchik de la radio publique en appelle à la surveillance de la presse par l’État, cite notre ministre de la Culture et de l’Information à contrôler, Rima Abdul Malak, qui dit craindre pour « nos valeurs républicaines », et réclame des « états généraux de l’information ». Plus pravdaïen que jamais, Yaël Goosz a toutes les aptitudes requises pour devenir un futur collègue de Winston au ministère de la Vérité qu’il appelle de ses vœux ! « Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l’idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel », rappelle Michel Onfray (1) après avoir relu les œuvres d’Orwell. Nous sommes en plein dedans !

(1) Michel Onfray, Théorie de la dictature, Éditions Robert Laffont

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Les Gobeurs ne se reposent jamais

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Le journal, la calomnie et les pleurnicheries

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Le journaliste Geoffroy Lejeune © JOEL SAGET / AFP

La nomination de Geoffroy Lejeune au Journal du Dimanche suscite chez de nombreux journalistes une haine décomplexée pour le pluralisme. Et une réaction très malvenue d’une ministre.


C’est le branle-bas de combat, la mobilisation générale. La nomination de Geoffroy Lejeune à la tête du JDD a provoqué une amusante levée de boucliers antifascistes. Comme me le fait remarquer Martin Pimentel, le bruit suscité par ce transfert est inversement proportionnel à celui qu’a fait la saillie antisémite d’un cadre de la CGT couvert par Sophie Binet

Sous la plume de Daniel Schneidermann, Libé annonce des matins bruns, Le Monde une croisade réactionnaire. Sur France Inter le nouveau patron du JDD s’appelle Geoffroy-Lejeune-le-journaliste-d’extrêmedroite. Il parait qu’une tribune d’intellectuels et de politiques se prépare. Et qu’une trentaine de SDJ s’apprêtent à manifester leur solidarité avec la valeureuse rédaction du JDD qui a voté à une écrasante majorité la poursuite de la grève jusqu’à mercredi. 

Une récidiviste

Plus inquiétant: la nouvelle sortie de la ministre de la Culture qui se désole par voie de tweet d’être privée de son rituel du dimanche. «En droit, le JDD peut devenir ce qu’il veut, tant qu’il respecte la loi. Mais pour nos valeurs républicaines comment ne pas s’alarmer?» Il faudrait lui expliquer que le droit est la traduction positive de ces valeurs. Et surtout, qu’au firmament de celles-ci il y a la liberté d’opinion. Passons. De plus, Rima Abdul Malak est une récidiviste: elle avait menacé CNews, à mots à peine voilés, de perdre sa fréquence. On ne l’imagine pas s’inquiéter de la complaisance pour l’extrême gauche de Libé, du wokisme du Monde ou du sectarisme de France Inter.

A relire: Causeur est victime de la censure woke!

Certes, les journalistes du JDD ont parfaitement le droit d’être hostiles à ce changement. Aujourd’hui, le quotidien du septième jour est certes très macroniste mais assez consensuel. Il se garde d’épater le bourgeois à quelque camp qu’appartienne celui-ci. C’est le journal qu’on déguste avec le poulet rôti du dimanche, il doit être digérable par tous les estomacs. Même si on ne connaît pas le projet de Lejeune (il ne va sans doute pas refaire Valeurs Aactuelles), un changement de ligne est probable. Les journalistes pourront faire valoir leur clause de conscience et partir avec un chèque, auréolés de gloire résistante. C’est le droit de l’actionnaire. Ce système est peut-être critiquable mais on n’a pas trouvé mieux (le modèle Pravda d’une presse d’État, qui semble faire rêver tant de nos confrères, est finalement peu enviable). 

Quant à la ministre, elle a surtout le droit de garder ses opinions pour elle. En effet, elle est la ministre de tutelle des médias. Ce qu’elle ne parait pas avoir compris, c’est qu’il s’agit de tutelle administrative, pas politique. On n’est pas chez Poutine. Et bien sûr, son tweet a été plébiscité par de grandes âmes de gauche qui se sont lancées dans un concours d’idées pour faire taire Geoffroy Lejeune (et Bolloré). Ainsi, Julia Cagé propose de priver de subventions tout média dont la direction n’est pas approuvée par la rédaction, ce qui revient à instaurer des Soviets (cela indique aussi que, pour ces gens-là, les subventions achètent le conformisme idéologique). 

L’économiste engagée Julia Cagé dans le film « Media Cash : Qui a tué le débat public ? » de Valentine Oberti et Luc Hermann

Une haine décomplexée vouée au pluralisme

Rien de très nouveau. La norme c’est d’être de gauche, toute autre position est une déviation. L’existence même de médias de droite (en dehors du vénérable Figaro devenu plus ou moins acceptable) est suspecte. Longtemps habitués à dominer le champ médiatico-intellectuel sans rencontrer de résistances, les prétendus progressistes vouent une haine décomplexée à la liberté et au pluralisme. Ils aiment la diversité, sauf pour les idées. 

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Face à leurs contradicteurs, ils n’argument pas, ils calomnient et rivalisent dans l’incantation avant de pleurnicher dans les jupes de Maman-État pour qu’elle fasse taire les méchants. En réalité, leur réaction enragée est un aveu de faiblesse idéologique et intellectuelle. On les comprend : ils savent qu’ils ont définitivement perdu leur monopole. Ce n’est pas du fascisme qu’ils ont peur c’est de la concurrence. 


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

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