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Sappho, c’est fou !

L’épuisement, la fatigue, l’inconscience : je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour-là, mais je me suis retrouvé à regarder, sans y être contraint, « Fan de » sur M6. Et je n’ai pas été déçu du voyage. Au programme de cette émission : « tout ce que les stars auraient préféré vous cacher ». Manquerait plus que ça, qu’elles nous cachent quelque chose. Heureusement que « Fan de » veille pour que le commun des mortels puisse se reposer de l’admiration excessive qu’il porte aux stars en allant renifler leurs petites culottes et fouiller leurs poubelles.

Au sommaire de cette émission : les petits secrets de Daniel Craig, le cancer du sein d’Anastacia, le GPS des stars, un truc sur Julien Doré que je n’ai pas eu le courage de regarder de peur qu’il ne se mette à chanter, les liftings de Nicole Kidman et le sujet qui arrache : « Lesbiennes à Hollywood ».

Une chose est claire : Nicole Kidman n’est pas lesbienne. Mais elle a recours à la chirurgie esthétique, comme en témoignent les nombreux changements de coiffure qu’elle opère et que M6 a ressortis de ses archives : ça ne trompe pas. Un jour, elle porte un chignon. Le jour d’après, elle a un chapeau. La salope, elle va chez le coiffeur et, parfois, ça lui arrive de passer au maquillage avant de jouer une scène. Incredible ! Avant d’avoir vu ça, j’adorais Nicole Kidman et ses allures de blonde hitchcockienne, mais trop c’est trop.

L’essentiel n’est pourtant pas là, mais dans le sujet « Lesbiennes à Hollywood ». Lindsay Loan, que je ne connaissais pas avant de savoir qu’elle s’adonnait gaiement aux amours saphiques, s’est casée avec une autre nana, Samantha Ronson, une DJ ouvertement homo. L’an dernier, Portia di Rossi, l’une des comédiennes de la série Ally McBeal, épousait en Californie l’actrice Ellen DeGeneres. Le couple avait même fait la « une » des magazines people américains. Il suffit à M6 d’évoquer, en sus, Judy Foster et Cynthia Nixon pour en conclure : tout le monde il est lesbienne à Hollywood.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Les partisans néo-réactionnaires du principe suivant lequel chacun fait ce qu’il veut de son cul s’en tamponneront franchement le coquillard de savoir si Machinette Lambda est lesbienne ou hétérote. Ce qu’on demande à une actrice ou à une comédienne, c’est de bien jouer ou de bien chanter.

Seulement, ça ne marche pas comme ça quand on est « Fan de », donc modärn : ces actrices qui annoncent qu’elles aiment d’autres actrices, ça offre à la « communauté homosexuelle une visibilité énorme ». Et, à M6, on trouve ça plutôt chouette, la visibilité.

Encore qu’à M6 on n’est pas des tanches et qu’on ne se laisse pas avoir aussi facilement. Que des stars se disent ouvertement homosexuelles, ça permet peut-être de lutter contre les « préjugés lesbianophobes » (à défaut d’avoir une ouverture, les Académiciens qui ont regardé la même émission que moi auront gagné une nouvelle entrée dans leur dictionnaire), mais il reste un sacré bout de gazon maudit à parcourir, pardon, de chemin à faire pour que le petit oiseau de Lesbie prenne son envol[1. Catulle, Le Petit oiseau de Lesbie : « Passer mortuus est meae puellae, passer deliciae meae puellae, quem plus illa oculis suis amabat ; nam mellitus erat suamque norat, ipsam tam bene quam puella matrem. » (Le petit oiseau de mon amie est mort, le petit oiseau qui faisait tous ses délices, celui qu’elle aimait plus que ses yeux ; il était doux comme le miel, et la connaissait aussi bien qu’une fille connaît sa mère.)].

Sociologue interviewée par « Fan de », Marie-Hélène Bourcier le dit sans détours : « Il y a une visibilité lesbienne à Hollywood, mais la condition c’est d’être féminine, belle, jolie et sexy. » Et Ursula del Aguila, cheftaine de rubrique au magazine Têtu, abonde dans le même sens : « Des lesbiennes à Hollywood, d’accord. Mais des lesbiennes qui doivent être bankable, sexy et qui doivent exciter les garçons hétéros. Donc, effectivement, la lesbienne masculine, qui est grosse, qui n’a pas d’argent et qui est exclue de ce monde de paillettes, elle ne sera pas dans les magazines people. »

Cette valeur néo-machiste qu’est la galanterie en souffrira peut-être, mais est-il permis de rappeler à ces dames que les boudins ne font jamais la couverture des magazines people, que le propre de Hollywood est de nous présenter de l’actrice et de l’acteur bankable, du rêve et du glamour ? Qu’elles couchent avec des filles, qu’elles couchent avec des hommes ou, le plus souvent, qu’elles ne couchent pas du tout, personne ne regarde les thons, pardon les thonnes. Et Sappho, que la légende pourtant dote d’un physique disgracieux, n’y pourra rien changer.

Rappelle toi des escudos

20

Dans le nord du Portugal, région aimable et pluvieuse qui ressemble un peu à l’Irlande, un homme de 54 ans a été interpellé par la police. Il s’était évadé de prison en 1993; alors qu’il purgeait une peine de dix ans pour meurtre. Depuis qu’il avait joué la fille de l’air, il vivait dans des grottes près de Porto, avec vue sur l’Atlantique. Pendant seize ans, son troglodytisme érémitique rigoureux l’avait préservé de tout contact avec les hommes et leurs passions, souvent malheureuses. Ayant découvert que son pays n’avait plus ses jolis billets de cent escudos représentant Fernando Pessoa, mais les avait remplacés par des euros aux dessins assistés par ordinateur, l’homme aurait demandé aux forces de l’ordre soit de retourner en prison, soit de retrouver sa grotte.

Surveillance maritale sévère

5

La cour de Cassation vient d’accorder aux SMS, par un arrêt rendu le 19 juin, la même valeur qu’aux lettres manuscrites dans les affaires d’adultère. Victime d’une infortune conjugale, une femme bafouée avait produit le texto reçu par son mari de la part d’une fieffée gourgandine pour justifier sa demande de divorce et avait été déboutée en première instance, puis par la cour d’Appel. Alors m’1tenan kan tékri je t’M a ta kops, si cé pa ta fam, fofer gaffe. Bone bz kan m.

Parlons France, parlons franc !

Chers amis causeurs, à la relecture des commentaires de mon article sur les pratiques de la police, je suis impressionné par la vigueur du débat et par la force avec laquelle certains se sont exprimés.

Au risque de pratiquer une discrimination dont je ne suis pas coutumier, je veux exprimer mon admiration aux internautes enfants d’immigrés, à ceux que l’histoire familiale a un jadis déposé sur nos rivages, à ceux dont les parents ou les grands-parents, un jour vu, ont vu chez nous de la lumière et sont entrés.

À travers vos réactions, s’exprime une grande sensibilité à l’injustice, une volonté farouche de ne pas transiger sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent notre République et une grande détermination à dénoncer les entorses faites aux droits de l’homme et du citoyen. Nous savons maintenant que si les libertés individuelles sont foulées au pied, balayées de la main ou même repoussées d’une pichenette, nous pouvons compter sur vos protestations et cela vous honore.

Les lois et les pratiques dans notre pays sont loin d’être parfaites et nous aurons toujours besoin d’avis éclairés sur ces questions mais je me demande si les injustices commises par les autorités en France, et je sais qu’il y en a, sont à la hauteur de votre grande capacité d’indignation. Quand par temps clair nous parvenons à distinguer les coutumes policières en usage de l’autre coté de la Méditerranée, je ne peux m’empêcher de penser aux grands défenseurs des opprimés que vous auriez fait là-bas.

Ces pays au nord et au sud du Sahara où si, lors d’un contrôle routier, vous ne glissez pas un billet en tendant votre permis de conduire, vous pouvez passer trois heures sur le bord de la route avant que l’agent ne parvienne à lire votre nom. Ces postes-frontières où, si vous négligez la coutume des frais de douane de la main à la main, les formalités peuvent durer trois jours quand vous êtes blanc dans une voiture, rarement si vous êtes d’une autre couleur sur un bourricot. Dans ces contrées qui vous font chaud au cœur, quels serviteurs de la justice et quels pourfendeurs des discriminations vous auriez pu faire !

Vous n’auriez sans doute pas eu à y dénoncer le délit d’outrage car je ne pense pas que les lois en vigueur aient prévu d’alourdir le dispositif judiciaire de procédures aussi compliquées là où le coup de bâton est si efficace pour réprimer l’insulte adressée à un policier, mais vous auriez été héroïque dans les manifestations offrant vos poitrines aux tirs à balles réelles.

Sensibles aux dérives d’un Etat policier, quels combattants du droit vous feriez aujourd’hui en Iran ! Dénonçant sans relâche un régime où les citoyennes sont des citoyens de seconde zone, vous pourriez y exercer vos talents contestataires. Quand la répression actuelle assassine ou emprisonne sans que les rues de nos villes soient envahies par des musulmans en colère, vos voix manquent là-bas pour défendre les libertés en danger. Vous auriez été les premiers à dénoncer les bourreaux de ces jeunes filles, condamnées à mort et exécutées, non sans avoir été violées par leurs geôliers après un simulacre de mariage parce que l’islam interdit la peine de mort pour les femmes sans époux.

Partout dans le monde où vos cultures d’origine sont à l’honneur, les exemples ne manquent pas d’exactions, corruptions, extorsions, séquestrations, stigmatisations, discriminations, humiliations, aliénations et spoliations. Et le destin a voulu que votre détermination à dénoncer les atteintes aux droits et aux libertés s’exerçât dans notre pays. Vous nous en voyez honorés et, à n’en pas douter, c’est une chance pour la France de compter parmi les Français des citoyens si attachés à son histoire humaniste et à ses valeurs.

La France de Zola, celle qui accuse et se dresse contre l’injustice, peut être fière de ses enfants adoptifs et reconnaissante envers tous ceux qui la rappellent sans relâche à son devoir d’exemplarité, ces belles âmes que l’intransigeance caractérise, ces hommes et ces femmes venus d’ailleurs qui lui permettent, par leurs critiques sévères mais justes, de rester elle-même, terre de liberté, d’égalité et de fraternité, terre d’asile pour tous les opprimés – bref la France éternelle que nous aimons.

Meurtres à France Télécom

C’est le polar de l’été. Michel D., 51 ans, a été retrouvé assassiné à son domicile. Il était salarié de France Télécom à Marseille et son corps sans vie a été découvert le 14 juillet. L’inquiétude grandit à la direction, car le mystère reste entier. Il semblerait en effet qu’un redoutable serial quileur ait décidé de semer la panique dans la prestigieuse entreprise. C’est la dix-huitième fois qu’il frappe depuis février 2008, faisant en moyenne une victime par mois, sans compter une dizaine d’autres tentatives, heureusement déjouées in extremis.

Qui peut en vouloir à ce point à notre fleuron national de l’industrie des télécommunications, modèle d’une privatisation réussie dans le bonheur, l’harmonie et d’une exemplaire concertation entre partenaires sociaux travaillant de concert sous les bienveillantes directives bruxelloises ? Un concurrent étranger ? Une secte adoratrice de l’orange et qui ne supporte pas l’utilisation publicitaire d’une couleur sacrée ? Des anarcho-autonomes luddites ? Oui, qui veut faire échouer ce bel exemple de modernisation et de restructuration réussies ?

On le voit, les pistes sont multiples, mais le pire réside dans l’incroyable perversité du sérial quileur, qui n’hésite pas à maquiller ces assassinats en suicides pour discréditer l’image de France Télécom comme modèle social. Jack l’éventreur, Ted Bundy, Guy Georges sont ici largement battus et font figure d’amateurs sans imagination. Ainsi a-t-on retrouvé près du corps de Michel D., comme chez les autres victimes, une lettre manifestement fausse qui met en cause « l’urgence permanente », « la désorganisation totale de l’entreprise », voire « le management par la terreur».

Heureusement, les autorités ne se sont pas laissé duper. Il faut dire que le sérial quileur en a quand même fait un peu trop.

À qui fera-t-on croire de telles énormités ? Surtout quand on lit à propos de cette tragique affaire l’entretien donné par le directeur des relations sociales de France Télécom dans l’édition du 28 juillet du Parisien-Aujourd’hui en France : « Quand on fait bouger une entreprise comme France Télécom, qui compte plus de 100 000 salariés, en si peu de temps, on remue tout le corps social. Mais cette mue s’est mise en place avec des mesures d’accompagnement comme la mise en place d’espaces d’écoute et la formation de manageurs pour repérer ce qu’on appelle des “signaux faibles” pour les salariés. »

Un tel humanisme dans la démarche discrédite évidemment la thèse aberrante des suicides à répétition.

Et pourtant… Certains n’hésitent pas, en toute irresponsabilité, à l’exploiter cyniquement. Ainsi quelques cadres surmutualisés de la CGC et des gauchistes de SUD-PTT n’ont ils pas hésité à mettre en place un « Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom » et dénoncé « le silence assourdissant de la direction ».

Les salauds. Il n’y a pas d’autre terme pour désigner ces archéo-syndicalistes qui n’ont pas conscience que leurs gesticulations indignes font le jeu d’un tueur en série tapi dans l’ombre et qui, n’en doutons pas, s’apprête encore à frapper.

Plutôt que de faire front avec leur direction, ils instrumentalisent un atroce fait divers pour ranimer la lutte des classes, ou pire encore, allez savoir, pour nous faire revenir à l’inefficacité du vieux service public et des incroyables prébendes que s’accordaient alors des fonctionnaires privilégiés et fainéants.

Faudra-t-il attendre que le chiffre de vingt sui…, euh pardon, de vingt assassinats soit dépassé pour qu’ils aient enfin la décence, ces syndicalistes, d’œuvrer efficacement à la recherche du tueur, ou alors de se taire, une fois pour toutes ?

On peut toujours rêver.

En vert et contre tous

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Dans l’interminable partie d’échecs engagée par l’Iran, la diplomatie européenne doit relever un nouveau défi : comment réagir face à la cérémonie d’intronisation de l’ancien/nouveau président de la république islamique ? L’une des démarches envisagées par les ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne était une décision collective des 27 d’envoyer à la cérémonie de lundi prochain un diplomate subalterne. Sauf que les Iraniens ne sont pas nés d’hier. Ces fins joueurs ont sans doute anticipé la manœuvre européenne et, pour la contrer, ont envoyé des invitations nominatives à tous les ambassadeurs. Dans ces circonstances, déléguer un troisième secrétaire constituerait une protestation nettement plus forte que celle que l’UE souhaite manifester en ce moment. La solution européenne – typique – a donc été de laisser chaque Etat choisir sa réaction, ce qui est déjà une petite victoire pour Téhéran dont la stratégie est de diviser ses adversaires. Face à ce dilemme la France pourrait faire preuve de créativité diplomatique et envoyer son ambassadeur à la cérémonie, mais arborant sa plus belle cravate verte (et non, il n’est pas trop tard pour en acheter une car en Iran, grâce à Allah et son prophète, les magasins sont ouverts le dimanche). Et si ses collègues européens agissaient de même, alors on peut être certain que les visages de l’heureux élu et de ses soutiens pourraient prendre aussi cette couleur.

Deron est mort, l’Orient est triste

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Francis Deron est décédé vendredi 31 juillet à Paris, des suites d’une longue maladie, selon le vocabulaire funéraire habituel. Ceux qui ne connaissaient rien à la Chine et à l’Asie du sud-est, ou qui se croyaient informés sur ces régions par les récits de voyages des éminences politiques et littéraires de Paris, lui devront de ne pas mourir totalement idiots.

Sinologue formé à l’école de René Viennet et de Simon Leys, il contribua à démasquer l’imposture maoïste telle qu’elle était glorifiée par ses sectateurs français et leurs compagnons de route de gauche comme de droite. Son arrivée au Monde en 1986, à la demande de Jacques Amalric, alors chef du service étranger, marqua la fin d’un traitement plus que complaisant de la dictature du « Grand timonier » par le journal de référence.

Ces dernières années, il avait consacré son temps et ses efforts à une enquête historique et politique sur le Cambodge à l’époque des Khmers rouges, publiée récemment chez Gallimard.

Francis Deron ne paradait pas sur les plateaux de télévision pour étaler sa science, et ne se contentait pas de séjours éclairs dans les lieux chauds de la planète pour formuler des sentences définitives sur la marche du monde. Il s’est donc un peu moins trompé que d’autres, ce qui lui a valu l’estime de quelques amis, dont je m’honore d’avoir fait partie, à défaut d’une gloire médiatique dont il se fichait comme de son premier bol de riz.

Le Procès des Khmers rouges: Trente ans d'enquête sur le génocide cambodgien

Prix: 25,30 €

2 d'occasion et neuf disponible à partir de 17,21 €

AF 447 : la vérité

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af447

Reliant l’aéroport international Antonio Carlos Jobim de Rio de Janeiro et l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle de Paris, le vol Air France 447 s’est abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009. Selon les informations de Babouse, l’enquête progresserait et les causes de l’accident seraient sur le point d’être élucidées : le réchauffement climatique !

Arnaud Lagardère, une personne vraiment morale

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Selon un rapport de la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF), publié le 28 juillet, les principaux actionnaires privés d’EADS, Lagardère et Daimler n’auraient pas commis de délits d’initié en tant que personnes morales. Le groupe Lagardère qui a vendu 7,5 % du capital d’EADS le 4 avril 2006, deux mois avant l’annonce publique des retards de livraison du gros porteur A380 vient donc d’être blanchi. Arnaud Lagardère, président du directoire d’EADS, avait d’ailleurs clamé dès le début de l’affaire son innocence ainsi que celle de son groupe. Le 14 juin, 24 heures à peine après l’annonce des problèmes sur l’A380 et la chute du titre EADS en bourse, il a déclaré au Monde : « J’ai le choix de passer pour quelqu’un de malhonnête ou d’incompétent, qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. » Félicitations Monsieur Lagardère, vous n’êtes pas malhonnête.

Tour de force

Hosannah ! Ô cieux cléments, dieux du stade et du cirque ! Cette année, enfin, un Tour de France propre !

Dans un élan commun, tous les pécheurs repentis du dopage se sont mis à carburer aux carottes râpées et aux sucres lents. Foin de l’EPO, du « pot belge » et autres substances magiques qui transforment les forçats de la route en mobylettes humaines, voire en Porsche décapotables : cette année est celle de la nouvelle virginité, du coureur bio garanti sans additifs.

L’an dernier encore, on perdait à chaque étape le vainqueur, voire quelques suivants, tels les cailloux du Petit Poucet ; difficile, dans ces conditions, de conserver le suspense indispensable au maintien de l’audience et des droits télévisuels.

Cette année, promis, juré, rien de tout ça. Si l’équipe Astana a mis une heure à se présenter au contrôle antidopage, c’est uniquement pour ne pas interrompre la grasse matinée dominicale. Si le président de l’Agence française antidopage accuse l’Union cycliste internationale (UCI) de complaisance, c’est sans doute que sa femme l’a quitté et qu’il a besoin d’un exutoire à sa mauvaise humeur…

Il faut bien que le bon peuple rêve. Lui qui, le dimanche, sue sang et eau pour monter la côte de la colline derrière son village − après avoir acheté un vélo de course en 72 mensualités et la tenue du petit Contador illustré moyennant deux mois et demi de salaire − doit s’émerveiller en voyant passer 200 ovnis à 87 km/h, par 35 degrés, frais comme des roses après le douzième col de la semaine.

D’autre part, que ferait-on d’une caravane de vingt kilomètres transportant des bonbons Haribo géants et autres bouteilles de gaz si l’on ne pouvait y mettre un ou deux petits coureurs frétillants autour ?

Alors que les anciens coureurs font l’un après l’autre leur coming out en expliquant en long et en large qu’ils se sont dopés tout au long de leur carrière, on arrive encore à tirer larmes et cris aux commentateurs de l’épreuve sportive la plus dévoyée du PAF.

Le plus triste, dans cette histoire, est qu’on ne connait même pas l’identité de ces laboratoires pharmaceutiques ultra-innovants qui, après avoir créé des substances capables de remettre ma grand-mère au jogging, nous sortent maintenant les produits masquants pour les amateurs du pas vu-pas pris.

Pensez à la tristesse de ce scientifique méconnu, qui voit ses produits porter le maillot jaune sans avoir droit à son quart d’heure de gloire. La moindre des courtoisies consisterait à le faire monter sur le podium à côté de sa souris de laboratoire.

Sappho, c’est fou !

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L’épuisement, la fatigue, l’inconscience : je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour-là, mais je me suis retrouvé à regarder, sans y être contraint, « Fan de » sur M6. Et je n’ai pas été déçu du voyage. Au programme de cette émission : « tout ce que les stars auraient préféré vous cacher ». Manquerait plus que ça, qu’elles nous cachent quelque chose. Heureusement que « Fan de » veille pour que le commun des mortels puisse se reposer de l’admiration excessive qu’il porte aux stars en allant renifler leurs petites culottes et fouiller leurs poubelles.

Au sommaire de cette émission : les petits secrets de Daniel Craig, le cancer du sein d’Anastacia, le GPS des stars, un truc sur Julien Doré que je n’ai pas eu le courage de regarder de peur qu’il ne se mette à chanter, les liftings de Nicole Kidman et le sujet qui arrache : « Lesbiennes à Hollywood ».

Une chose est claire : Nicole Kidman n’est pas lesbienne. Mais elle a recours à la chirurgie esthétique, comme en témoignent les nombreux changements de coiffure qu’elle opère et que M6 a ressortis de ses archives : ça ne trompe pas. Un jour, elle porte un chignon. Le jour d’après, elle a un chapeau. La salope, elle va chez le coiffeur et, parfois, ça lui arrive de passer au maquillage avant de jouer une scène. Incredible ! Avant d’avoir vu ça, j’adorais Nicole Kidman et ses allures de blonde hitchcockienne, mais trop c’est trop.

L’essentiel n’est pourtant pas là, mais dans le sujet « Lesbiennes à Hollywood ». Lindsay Loan, que je ne connaissais pas avant de savoir qu’elle s’adonnait gaiement aux amours saphiques, s’est casée avec une autre nana, Samantha Ronson, une DJ ouvertement homo. L’an dernier, Portia di Rossi, l’une des comédiennes de la série Ally McBeal, épousait en Californie l’actrice Ellen DeGeneres. Le couple avait même fait la « une » des magazines people américains. Il suffit à M6 d’évoquer, en sus, Judy Foster et Cynthia Nixon pour en conclure : tout le monde il est lesbienne à Hollywood.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Les partisans néo-réactionnaires du principe suivant lequel chacun fait ce qu’il veut de son cul s’en tamponneront franchement le coquillard de savoir si Machinette Lambda est lesbienne ou hétérote. Ce qu’on demande à une actrice ou à une comédienne, c’est de bien jouer ou de bien chanter.

Seulement, ça ne marche pas comme ça quand on est « Fan de », donc modärn : ces actrices qui annoncent qu’elles aiment d’autres actrices, ça offre à la « communauté homosexuelle une visibilité énorme ». Et, à M6, on trouve ça plutôt chouette, la visibilité.

Encore qu’à M6 on n’est pas des tanches et qu’on ne se laisse pas avoir aussi facilement. Que des stars se disent ouvertement homosexuelles, ça permet peut-être de lutter contre les « préjugés lesbianophobes » (à défaut d’avoir une ouverture, les Académiciens qui ont regardé la même émission que moi auront gagné une nouvelle entrée dans leur dictionnaire), mais il reste un sacré bout de gazon maudit à parcourir, pardon, de chemin à faire pour que le petit oiseau de Lesbie prenne son envol[1. Catulle, Le Petit oiseau de Lesbie : « Passer mortuus est meae puellae, passer deliciae meae puellae, quem plus illa oculis suis amabat ; nam mellitus erat suamque norat, ipsam tam bene quam puella matrem. » (Le petit oiseau de mon amie est mort, le petit oiseau qui faisait tous ses délices, celui qu’elle aimait plus que ses yeux ; il était doux comme le miel, et la connaissait aussi bien qu’une fille connaît sa mère.)].

Sociologue interviewée par « Fan de », Marie-Hélène Bourcier le dit sans détours : « Il y a une visibilité lesbienne à Hollywood, mais la condition c’est d’être féminine, belle, jolie et sexy. » Et Ursula del Aguila, cheftaine de rubrique au magazine Têtu, abonde dans le même sens : « Des lesbiennes à Hollywood, d’accord. Mais des lesbiennes qui doivent être bankable, sexy et qui doivent exciter les garçons hétéros. Donc, effectivement, la lesbienne masculine, qui est grosse, qui n’a pas d’argent et qui est exclue de ce monde de paillettes, elle ne sera pas dans les magazines people. »

Cette valeur néo-machiste qu’est la galanterie en souffrira peut-être, mais est-il permis de rappeler à ces dames que les boudins ne font jamais la couverture des magazines people, que le propre de Hollywood est de nous présenter de l’actrice et de l’acteur bankable, du rêve et du glamour ? Qu’elles couchent avec des filles, qu’elles couchent avec des hommes ou, le plus souvent, qu’elles ne couchent pas du tout, personne ne regarde les thons, pardon les thonnes. Et Sappho, que la légende pourtant dote d’un physique disgracieux, n’y pourra rien changer.

Rappelle toi des escudos

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Dans le nord du Portugal, région aimable et pluvieuse qui ressemble un peu à l’Irlande, un homme de 54 ans a été interpellé par la police. Il s’était évadé de prison en 1993; alors qu’il purgeait une peine de dix ans pour meurtre. Depuis qu’il avait joué la fille de l’air, il vivait dans des grottes près de Porto, avec vue sur l’Atlantique. Pendant seize ans, son troglodytisme érémitique rigoureux l’avait préservé de tout contact avec les hommes et leurs passions, souvent malheureuses. Ayant découvert que son pays n’avait plus ses jolis billets de cent escudos représentant Fernando Pessoa, mais les avait remplacés par des euros aux dessins assistés par ordinateur, l’homme aurait demandé aux forces de l’ordre soit de retourner en prison, soit de retrouver sa grotte.

Surveillance maritale sévère

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La cour de Cassation vient d’accorder aux SMS, par un arrêt rendu le 19 juin, la même valeur qu’aux lettres manuscrites dans les affaires d’adultère. Victime d’une infortune conjugale, une femme bafouée avait produit le texto reçu par son mari de la part d’une fieffée gourgandine pour justifier sa demande de divorce et avait été déboutée en première instance, puis par la cour d’Appel. Alors m’1tenan kan tékri je t’M a ta kops, si cé pa ta fam, fofer gaffe. Bone bz kan m.

Parlons France, parlons franc !

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Chers amis causeurs, à la relecture des commentaires de mon article sur les pratiques de la police, je suis impressionné par la vigueur du débat et par la force avec laquelle certains se sont exprimés.

Au risque de pratiquer une discrimination dont je ne suis pas coutumier, je veux exprimer mon admiration aux internautes enfants d’immigrés, à ceux que l’histoire familiale a un jadis déposé sur nos rivages, à ceux dont les parents ou les grands-parents, un jour vu, ont vu chez nous de la lumière et sont entrés.

À travers vos réactions, s’exprime une grande sensibilité à l’injustice, une volonté farouche de ne pas transiger sur les principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent notre République et une grande détermination à dénoncer les entorses faites aux droits de l’homme et du citoyen. Nous savons maintenant que si les libertés individuelles sont foulées au pied, balayées de la main ou même repoussées d’une pichenette, nous pouvons compter sur vos protestations et cela vous honore.

Les lois et les pratiques dans notre pays sont loin d’être parfaites et nous aurons toujours besoin d’avis éclairés sur ces questions mais je me demande si les injustices commises par les autorités en France, et je sais qu’il y en a, sont à la hauteur de votre grande capacité d’indignation. Quand par temps clair nous parvenons à distinguer les coutumes policières en usage de l’autre coté de la Méditerranée, je ne peux m’empêcher de penser aux grands défenseurs des opprimés que vous auriez fait là-bas.

Ces pays au nord et au sud du Sahara où si, lors d’un contrôle routier, vous ne glissez pas un billet en tendant votre permis de conduire, vous pouvez passer trois heures sur le bord de la route avant que l’agent ne parvienne à lire votre nom. Ces postes-frontières où, si vous négligez la coutume des frais de douane de la main à la main, les formalités peuvent durer trois jours quand vous êtes blanc dans une voiture, rarement si vous êtes d’une autre couleur sur un bourricot. Dans ces contrées qui vous font chaud au cœur, quels serviteurs de la justice et quels pourfendeurs des discriminations vous auriez pu faire !

Vous n’auriez sans doute pas eu à y dénoncer le délit d’outrage car je ne pense pas que les lois en vigueur aient prévu d’alourdir le dispositif judiciaire de procédures aussi compliquées là où le coup de bâton est si efficace pour réprimer l’insulte adressée à un policier, mais vous auriez été héroïque dans les manifestations offrant vos poitrines aux tirs à balles réelles.

Sensibles aux dérives d’un Etat policier, quels combattants du droit vous feriez aujourd’hui en Iran ! Dénonçant sans relâche un régime où les citoyennes sont des citoyens de seconde zone, vous pourriez y exercer vos talents contestataires. Quand la répression actuelle assassine ou emprisonne sans que les rues de nos villes soient envahies par des musulmans en colère, vos voix manquent là-bas pour défendre les libertés en danger. Vous auriez été les premiers à dénoncer les bourreaux de ces jeunes filles, condamnées à mort et exécutées, non sans avoir été violées par leurs geôliers après un simulacre de mariage parce que l’islam interdit la peine de mort pour les femmes sans époux.

Partout dans le monde où vos cultures d’origine sont à l’honneur, les exemples ne manquent pas d’exactions, corruptions, extorsions, séquestrations, stigmatisations, discriminations, humiliations, aliénations et spoliations. Et le destin a voulu que votre détermination à dénoncer les atteintes aux droits et aux libertés s’exerçât dans notre pays. Vous nous en voyez honorés et, à n’en pas douter, c’est une chance pour la France de compter parmi les Français des citoyens si attachés à son histoire humaniste et à ses valeurs.

La France de Zola, celle qui accuse et se dresse contre l’injustice, peut être fière de ses enfants adoptifs et reconnaissante envers tous ceux qui la rappellent sans relâche à son devoir d’exemplarité, ces belles âmes que l’intransigeance caractérise, ces hommes et ces femmes venus d’ailleurs qui lui permettent, par leurs critiques sévères mais justes, de rester elle-même, terre de liberté, d’égalité et de fraternité, terre d’asile pour tous les opprimés – bref la France éternelle que nous aimons.

Meurtres à France Télécom

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C’est le polar de l’été. Michel D., 51 ans, a été retrouvé assassiné à son domicile. Il était salarié de France Télécom à Marseille et son corps sans vie a été découvert le 14 juillet. L’inquiétude grandit à la direction, car le mystère reste entier. Il semblerait en effet qu’un redoutable serial quileur ait décidé de semer la panique dans la prestigieuse entreprise. C’est la dix-huitième fois qu’il frappe depuis février 2008, faisant en moyenne une victime par mois, sans compter une dizaine d’autres tentatives, heureusement déjouées in extremis.

Qui peut en vouloir à ce point à notre fleuron national de l’industrie des télécommunications, modèle d’une privatisation réussie dans le bonheur, l’harmonie et d’une exemplaire concertation entre partenaires sociaux travaillant de concert sous les bienveillantes directives bruxelloises ? Un concurrent étranger ? Une secte adoratrice de l’orange et qui ne supporte pas l’utilisation publicitaire d’une couleur sacrée ? Des anarcho-autonomes luddites ? Oui, qui veut faire échouer ce bel exemple de modernisation et de restructuration réussies ?

On le voit, les pistes sont multiples, mais le pire réside dans l’incroyable perversité du sérial quileur, qui n’hésite pas à maquiller ces assassinats en suicides pour discréditer l’image de France Télécom comme modèle social. Jack l’éventreur, Ted Bundy, Guy Georges sont ici largement battus et font figure d’amateurs sans imagination. Ainsi a-t-on retrouvé près du corps de Michel D., comme chez les autres victimes, une lettre manifestement fausse qui met en cause « l’urgence permanente », « la désorganisation totale de l’entreprise », voire « le management par la terreur».

Heureusement, les autorités ne se sont pas laissé duper. Il faut dire que le sérial quileur en a quand même fait un peu trop.

À qui fera-t-on croire de telles énormités ? Surtout quand on lit à propos de cette tragique affaire l’entretien donné par le directeur des relations sociales de France Télécom dans l’édition du 28 juillet du Parisien-Aujourd’hui en France : « Quand on fait bouger une entreprise comme France Télécom, qui compte plus de 100 000 salariés, en si peu de temps, on remue tout le corps social. Mais cette mue s’est mise en place avec des mesures d’accompagnement comme la mise en place d’espaces d’écoute et la formation de manageurs pour repérer ce qu’on appelle des “signaux faibles” pour les salariés. »

Un tel humanisme dans la démarche discrédite évidemment la thèse aberrante des suicides à répétition.

Et pourtant… Certains n’hésitent pas, en toute irresponsabilité, à l’exploiter cyniquement. Ainsi quelques cadres surmutualisés de la CGC et des gauchistes de SUD-PTT n’ont ils pas hésité à mettre en place un « Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom » et dénoncé « le silence assourdissant de la direction ».

Les salauds. Il n’y a pas d’autre terme pour désigner ces archéo-syndicalistes qui n’ont pas conscience que leurs gesticulations indignes font le jeu d’un tueur en série tapi dans l’ombre et qui, n’en doutons pas, s’apprête encore à frapper.

Plutôt que de faire front avec leur direction, ils instrumentalisent un atroce fait divers pour ranimer la lutte des classes, ou pire encore, allez savoir, pour nous faire revenir à l’inefficacité du vieux service public et des incroyables prébendes que s’accordaient alors des fonctionnaires privilégiés et fainéants.

Faudra-t-il attendre que le chiffre de vingt sui…, euh pardon, de vingt assassinats soit dépassé pour qu’ils aient enfin la décence, ces syndicalistes, d’œuvrer efficacement à la recherche du tueur, ou alors de se taire, une fois pour toutes ?

On peut toujours rêver.

En vert et contre tous

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Dans l’interminable partie d’échecs engagée par l’Iran, la diplomatie européenne doit relever un nouveau défi : comment réagir face à la cérémonie d’intronisation de l’ancien/nouveau président de la république islamique ? L’une des démarches envisagées par les ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne était une décision collective des 27 d’envoyer à la cérémonie de lundi prochain un diplomate subalterne. Sauf que les Iraniens ne sont pas nés d’hier. Ces fins joueurs ont sans doute anticipé la manœuvre européenne et, pour la contrer, ont envoyé des invitations nominatives à tous les ambassadeurs. Dans ces circonstances, déléguer un troisième secrétaire constituerait une protestation nettement plus forte que celle que l’UE souhaite manifester en ce moment. La solution européenne – typique – a donc été de laisser chaque Etat choisir sa réaction, ce qui est déjà une petite victoire pour Téhéran dont la stratégie est de diviser ses adversaires. Face à ce dilemme la France pourrait faire preuve de créativité diplomatique et envoyer son ambassadeur à la cérémonie, mais arborant sa plus belle cravate verte (et non, il n’est pas trop tard pour en acheter une car en Iran, grâce à Allah et son prophète, les magasins sont ouverts le dimanche). Et si ses collègues européens agissaient de même, alors on peut être certain que les visages de l’heureux élu et de ses soutiens pourraient prendre aussi cette couleur.

Deron est mort, l’Orient est triste

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Francis Deron est décédé vendredi 31 juillet à Paris, des suites d’une longue maladie, selon le vocabulaire funéraire habituel. Ceux qui ne connaissaient rien à la Chine et à l’Asie du sud-est, ou qui se croyaient informés sur ces régions par les récits de voyages des éminences politiques et littéraires de Paris, lui devront de ne pas mourir totalement idiots.

Sinologue formé à l’école de René Viennet et de Simon Leys, il contribua à démasquer l’imposture maoïste telle qu’elle était glorifiée par ses sectateurs français et leurs compagnons de route de gauche comme de droite. Son arrivée au Monde en 1986, à la demande de Jacques Amalric, alors chef du service étranger, marqua la fin d’un traitement plus que complaisant de la dictature du « Grand timonier » par le journal de référence.

Ces dernières années, il avait consacré son temps et ses efforts à une enquête historique et politique sur le Cambodge à l’époque des Khmers rouges, publiée récemment chez Gallimard.

Francis Deron ne paradait pas sur les plateaux de télévision pour étaler sa science, et ne se contentait pas de séjours éclairs dans les lieux chauds de la planète pour formuler des sentences définitives sur la marche du monde. Il s’est donc un peu moins trompé que d’autres, ce qui lui a valu l’estime de quelques amis, dont je m’honore d’avoir fait partie, à défaut d’une gloire médiatique dont il se fichait comme de son premier bol de riz.

Le Procès des Khmers rouges: Trente ans d'enquête sur le génocide cambodgien

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2 d'occasion et neuf disponible à partir de 17,21 €

AF 447 : la vérité

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Reliant l’aéroport international Antonio Carlos Jobim de Rio de Janeiro et l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle de Paris, le vol Air France 447 s’est abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009. Selon les informations de Babouse, l’enquête progresserait et les causes de l’accident seraient sur le point d’être élucidées : le réchauffement climatique !

Arnaud Lagardère, une personne vraiment morale

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Selon un rapport de la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF), publié le 28 juillet, les principaux actionnaires privés d’EADS, Lagardère et Daimler n’auraient pas commis de délits d’initié en tant que personnes morales. Le groupe Lagardère qui a vendu 7,5 % du capital d’EADS le 4 avril 2006, deux mois avant l’annonce publique des retards de livraison du gros porteur A380 vient donc d’être blanchi. Arnaud Lagardère, président du directoire d’EADS, avait d’ailleurs clamé dès le début de l’affaire son innocence ainsi que celle de son groupe. Le 14 juin, 24 heures à peine après l’annonce des problèmes sur l’A380 et la chute du titre EADS en bourse, il a déclaré au Monde : « J’ai le choix de passer pour quelqu’un de malhonnête ou d’incompétent, qui ne sait pas ce qui se passe dans ses usines. » Félicitations Monsieur Lagardère, vous n’êtes pas malhonnête.

Tour de force

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Hosannah ! Ô cieux cléments, dieux du stade et du cirque ! Cette année, enfin, un Tour de France propre !

Dans un élan commun, tous les pécheurs repentis du dopage se sont mis à carburer aux carottes râpées et aux sucres lents. Foin de l’EPO, du « pot belge » et autres substances magiques qui transforment les forçats de la route en mobylettes humaines, voire en Porsche décapotables : cette année est celle de la nouvelle virginité, du coureur bio garanti sans additifs.

L’an dernier encore, on perdait à chaque étape le vainqueur, voire quelques suivants, tels les cailloux du Petit Poucet ; difficile, dans ces conditions, de conserver le suspense indispensable au maintien de l’audience et des droits télévisuels.

Cette année, promis, juré, rien de tout ça. Si l’équipe Astana a mis une heure à se présenter au contrôle antidopage, c’est uniquement pour ne pas interrompre la grasse matinée dominicale. Si le président de l’Agence française antidopage accuse l’Union cycliste internationale (UCI) de complaisance, c’est sans doute que sa femme l’a quitté et qu’il a besoin d’un exutoire à sa mauvaise humeur…

Il faut bien que le bon peuple rêve. Lui qui, le dimanche, sue sang et eau pour monter la côte de la colline derrière son village − après avoir acheté un vélo de course en 72 mensualités et la tenue du petit Contador illustré moyennant deux mois et demi de salaire − doit s’émerveiller en voyant passer 200 ovnis à 87 km/h, par 35 degrés, frais comme des roses après le douzième col de la semaine.

D’autre part, que ferait-on d’une caravane de vingt kilomètres transportant des bonbons Haribo géants et autres bouteilles de gaz si l’on ne pouvait y mettre un ou deux petits coureurs frétillants autour ?

Alors que les anciens coureurs font l’un après l’autre leur coming out en expliquant en long et en large qu’ils se sont dopés tout au long de leur carrière, on arrive encore à tirer larmes et cris aux commentateurs de l’épreuve sportive la plus dévoyée du PAF.

Le plus triste, dans cette histoire, est qu’on ne connait même pas l’identité de ces laboratoires pharmaceutiques ultra-innovants qui, après avoir créé des substances capables de remettre ma grand-mère au jogging, nous sortent maintenant les produits masquants pour les amateurs du pas vu-pas pris.

Pensez à la tristesse de ce scientifique méconnu, qui voit ses produits porter le maillot jaune sans avoir droit à son quart d’heure de gloire. La moindre des courtoisies consisterait à le faire monter sur le podium à côté de sa souris de laboratoire.