Célébrer l’avortement comme un accomplissement est une dérive, s’alarme Elisabeth Lévy dans sa chronique radio. Nous vous proposons de l’écouter.
Le gouvernement veut « réévaluer » le cadre légal de l’IVG. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est une info dénichée par La Croix dans la « troisième feuille de route de la stratégie nationale santé sexuelle 2026-2030 » publiée lundi[1]. Le gouvernement y annonce qu’il va saisir ou plutôt ressaisir le Comité consultatif national d’Ethique (CCNE) puis légiférer en 2027-28. Deux objectifs : allonger le délai légal de recours à l’avortement (fixé à 14 semaines depuis la loi Gaillot de 2022) et abroger la clause de conscience spécifique.
En retard !
Un mot d’abord concernant les délais: comme la Grande Bretagne va jusqu’à 24 semaines (six mois, tout de même), la France est forcément en retard. Les militants finiront un jour par demander qu’on puisse ramener les enfants au magasin un mois après leur naissance. Pardon d’ironiser sur un sujet grave.
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Abordons à présent cette affaire de la clause de conscience. Le code de santé publique comprend une clause de conscience générale autorisant les personnels de santé à refuser de pratiquer un acte contraire à leurs convictions (tous les personnels soignants, pas seulement les médecins, et tous les actes). La loi Veil, considérant que l’IVG n’est pas un acte médical comme un autre, a ajouté une clause les autorisant explicitement à refuser de pratiquer l’IVG. Le CCNE a recommandé son maintien en 2020, en soulignant que, contrairement à la clause générale, la clause spécifique impose de trouver une alternative à la patiente. Si un médecin refuse de pratiquer l’IVG, il doit indiquer à sa patiente où elle peut le faire. Donc, la législation en place est protectrice pour les médecins et pour les femmes.
Les militants veulent faire de l’IVG un acte anodin
Peut-être mais l’accès à l’IVG est difficile. En êtes-vous sûr ? En 2024, on a dénombré 663000 naissances en France et 251000 IVG. Ce nombre est constant, ce qui signifie que ce n’est pas toujours un recours ultime mais un quasi-moyen de contraception (d’autant que 80% des IVG sont réalisées par voie médicamenteuse). Rappelons aux jeunes qu’il existe de nombreux moyens de faire l’amour sans procréer. L’IVG est l’un d’eux, peut-être pas le plus simple ni le plus joyeux.
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Pourtant, les féministes et les nigauds progressistes veulent absolument que l’avortement soit archi-banal. Ils ne défendent pas le droit à l’avortement, ils le célèbrent comme si c’était un accomplissement merveilleux. Toute réserve, tout rappel des souffrances qu’il occasionne est réactionnaire. La clause de conscience est, selon la députée Albane Gaillot, « le symbole d’une médecine qui tente de contrôler le corps des femmes ». Obliger les médecins à pratiquer un acte qu’ils jugent attentatoire à la vie, ça ce n’est pas grave. Que vaut la liberté de conscience à côté d’une lubie militante ?
Reste que toute cette discussion est un peu théorique. Un gouvernement infichu aujourd’hui de faire voter un budget prétend légiférer sur l’IVG le jour où il ne sera plus en fonction… Tout ça est une diversion ou, comme le dit le président, du « bullshit ».
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
Retrouvez Elisabeth dans la matinale du lundi au jeudi.
[1] https://www.la-croix.com/societe/avortement-delais-d-acces-et-clause-de-conscience-le-gouvernement-veut-reevaluer-le-cadre-legal-20260908
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