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Primaire socialiste: les Marx Brothers font le spectacle

Le regard d’Henri Beaumont


Primaire socialiste: les Marx Brothers font le spectacle
L'impayable socialiste Ségolène Royal en meeting à Alfortville (94), le 22 septembre 2026 ISA HARSIN/SIPA

Primaires pour 2027: la farce avant la tragédie


Le karaoké électoral de 2027 est lancé. Tous les naufrageurs rempilent et se trémoussent sur le dancefloor des primaires. Magic Circus, Moonwalk, petits meurtres entre amis : l’indécence commune et les pitreries vont crescendo. Triste comme un lion mangé par la vermine, le peuple français aux membres énervés est accablé par les déclassements, postures, forfaitures, dénis d’initiés sur la gravité des maux qui minent le pays. L’abstentionnisme, le complotisme, la désespérance ne sont pas les fruits amers d’un discours churchillien – de vérité -, jamais tenu, mais l’aboutissement des trahisons, mensonges et vérités alternatives répétés depuis des lustres et qui prennent le poli de la pierre.

Des chiffres et des Lettres

Les Comptes ne sont pas bons. Une ardoise de 3540 milliards d’euros, 122 % du PIB, 70 milliards d’intérêts à rembourser chaque année. La dette publique française augmente de 6000 euros chaque seconde. Etranglée par les créanciers, cernée par les ours, les loups, les renards, dans les choux, la chèvre française attend le méchoui. L’Europe n’est pas en reste. Derrière un masque d’Antigone Ange gardien se cache une Europe Félicité Baratin, Un Coeur simple. Elle perd les pédales dans un gloubi-boulga de directives, règlements, naïvetés, prend son perroquet Loulou pour le Saint-Esprit, fait pitié.

Les Lettres ne vont pas mieux. Lagarde meurt et Michard l’attend. L’électrocardiogramme du Mammouth est plat. La dégringolade se confirme dans les classements Pisa. Les politiques, les enseignants, syndicats, médias, se satisfont de l’omerta. Réformer serait acter la débâcle, reconnaître une responsabilité, risquer des heures supplémentaires.

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Les mots-valises, slogans toutlemondistes, incantations chamaniques (ta m…) sur le « vivre ensemble », n’abusent personne. Pas de nation sans communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs, d’espérances ; pas de patrie sans citoyens désireux de travailler, s’élever, combattre ensemble, vivre et mourir les uns pour les autres. Même pas en rêve… La France est fracturée, la communauté réduite aux applis et aux aguets. Marianne se meurt.

Ma Dalton, Jo, Averell, Monsieur Brun et Oum le dauphin

A la peine dans les sondages, la gauche garde le leadership du Grand-Guignol. Dans l’entre soi, les prébendes, le fanatisme, les inquisiteurs du camp du bien, France Inter, la Pigasse sphère, veulent fendre la presse. Les marmiteux de l’indignation, écolâtres décoloniaux, sycophantes siphonnés, pourchassent les sorcières mal-pensantes, achèvent la démolition nationale commencée en Mai 68. Ils exècrent le travail, le mérite, veulent des coupables, squattent un néant aseptisé baptisé « diversité ». Une pierre à la main ils guettent le sommet ; de l’autre ils font l’aumône.

Depuis cinquante ans, Jo Dalton Mélenchon, piquant et amer, mêlé de fiel et d’absinthe, remue à lourdes pelletées la suffisance et les oukases, multiplie les sorties, virages et stratégies : trotskiste, maçon, socialiste, mitterrandiste, jospiniste, islamo-gauchiste, mélenchoniste…

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Ségolène Royal, Ma Dalton du PS, Fêlée Clochette de la bravitude, accuse Averell Glucksmann d’être un stagiaire dangereux. Le bizut se rebiffe, raille Ségo Folle de Chaillot, Reine des Neiges, des pôles positions, maroquins et réceptions de l’ambassadeur. En ouverture de la primaire sociale-démocrate, Plein Soleil, les copains d’abord, amis franco de port, ont passé par-dessus bord Monsieur Brun, accusé de harcèlement et violences physiques. Casqué, affuté comme un crotale, William Flanby attend son heure, sur son scooter.

Les droites s’embrouillent dans les postulats d’Euclide. Les valeurs libérales, colbertistes, patriotes, européennes varient au gré des angles, congruences, ambitions personnelles. Écœurés par les trahisons, la cuisine politicienne, les salades composées, trois saveurs, deux « toppings », les électeurs ont le mal du Péguy. La Princesse de Clèves, d’Artagnan, Cyrano et les héros sont fatigués. Le mérite, l’honneur, le panache, la vertu, la grandeur n’ont plus court.

Au centre, des gouvernements de rencontre, Colbert en carton-pâte, louvoient, verbigèrent, changent de réforme, modernisent la bureaucratie, singent le pouvoir. Gabriel Attal « pense savoir comment présider la France » ; il nous le dit sans fard. Oum le Dauphin, fait des bulles, des saltos, se prend pour Moby Dick. Au Havre, insoucieux de tous les équipages, dans le clapotement furieux du marais, Capitaine Haddock du changement dans la continuité, Edouard Philippe cherche une boussole et un cap.

La nef des fous, du flou, la nullité de notre classe politique, le Mal français, ne datent pas d’hier. Le salut, l’urgence absolue, se résument à trois chantiers : contrôler les frontières pour juguler le chaos migratoire, équilibrer les comptes de la nation pour éviter le dépôt de bilan, remettre la jeunesse à l’étude et le pays au travail. Aucun parti n’a le courage de s’engager de façon inconditionnelle sur cet agenda de la dernière chance. 

La Dernière classe

La France est dans la nasse, pour de bon. Le chantage au péril fasciste, les barrages républicains, arcs citoyens, pactes « l’eusses-tu cru », déodorants anti-nauséabond, font pschitt. La conviction qu’en 2027 nous allons rempiler pour un quinquennat d’impuissance, de compromis impossibles et descente aux enfers, est désespérante. Le pays est irréformable parce qu’il a perdu pied avec le réel. Trois générations de gauchisme d’atmosphère, bourdieuseries, culture de l’excuse, lamentos victimaires, ont lavé les cerveaux. Les économistes, les éducateurs, les journalistes du service public, sont les plus atteints. Au royaume des bons sentiments, la dette, l’insécurité, la DZ Mafia, le grand remplacement n’existent pas. Nous sommes riches de nos différences.

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La France ne se redresse qu’après les déculottées militaires : 1815, 1870, 1945… Dans Les Contes du lundi, Alphonse Daudet relate « La Dernière classe » d’un instituteur alsacien, avant l’arrivée des Prussiens. 

« Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide : qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison (…) Ah ! je m’en souviendrai de cette dernière classe…

Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’Angelus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres… M. Hamel se leva tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m’avait paru si grand. « Mes amis, dit-il, mes amis, je… je… ». Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : « VIVE LA FRANCE ! ». Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main, il nous faisait signe : C’est fini… allez-vous-en ».

Aujourd’hui les Prussiens sont à Saint-Denis, dans les rectorats, au Collège de France, à la Maison de la radio, à Sciences Po. Le pays sombre et se déchire. Comme l’aspirant Grange, le capitaine de Reixach, le commandant Drogo, les Français, sans illusions, attendent.

Contes du lundi

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