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La haine des plages

Durant tout cet été, Arnaud Le Guern nous fait découvrir sa bibliothèque de plage idéale. Cette semaine, il rend un hommage, forcément balnéaire, à José Pierre.

Connaissez-vous José Pierre ?

Ami des surréalistes, poète, essayiste, il est l’auteur d’un dictionnaire de poche du pop art et de nombreux romans – notamment Qu’est-ce que Thérèse ? C’est les marronniers en fleurs, salué par Mandiargues et Truffaut – où les sens sont à la fête ; Frédéric Schiffter parle de lui dans ses Délectations moroses.

Le “philosophe sans qualité” nous apprend que les jolies lycéennes, auxquelles il enseigne la pensée de Clément Rosset et les mélodies mélancoliques de Françoise Sagan, aiment beaucoup La haine des plages, roman publié par José Pierre en 1980, roman qu’elles lisent et relisent sous la couette les nuits d’hiver ou, les jours d’été, parées d’un maillot de bain blanc et chaussées d’espadrilles, en terrasse d’un bistrot avec vue sur mer.

Les jolies lycéennes de Schiffter ont un goût exquis – ne doutons pas qu’elles apprécient également Le Professeur de Valerio Zurlini avec Alain Delon et la féerique Sonia Petrova. Les jolies lycéennes sont une incitation à se perdre entre les pages de José Pierre qui, en exergue, cite Francis Jammes : “Veux-tu faire se pencher vers moi comme des roses toutes les bouches de toutes les jeunes filles ?”

Un amour d’été

Nous sommes à Biarritz, un mois de juillet de la fin des années 70. Un critique d’art cinquantenaire, séducteur d’avant l’ère des boîtes à partouze, est l’amant d’une artiste photographe et tombe amoureux de sa fille de 13 ans. Avec une élégance qui fait penser au Dominique Noguez d’Amour noir, José Pierre raconte cette histoire de passion et de petite mort lente. “A mes propres yeux, ce n’est pas le moindre mystère de mon comportement amoureux que cette propension que j’ai à me trouver au même moment sensible à plusieurs femmes, même si de l’une d’elles en particulier je suis profondément épris. Un moraliste dirait que chez moi le roucouleur n’est jamais très loin du libertin ; un historien des moeurs et de la littérature que le Romantique coexiste fort bien dans mon coeur avec l’homme du XVIIIe siècle – et Werther avec Valmont !”

Peut-on encore aimer les jeunes filles ?

Dans La haine des plages, Pierre laisse la parole à la douceur et aux drames d’une saison sous les caresses. Il y a des jeux érotiques qui excitent, puis qui lassent. Il y a un film vu un soir de pluie, avec Michel Piccoli comme acteur principal. Il y a une mère qui flirte avec la jalousie. Il y a certains plaisirs du corps comme ultime résistance, déjà, à un monde de légèreté qui se meurt. Il y a surtout Cathy à la plage, sur la Côte des Basques ou sur le Rocher de la Vierge : son visage “presque en amande”, ses cheveux “d’un chatain très léger, qui lui faisait comme un nuage alentour de la tête”, ses “yeux d’un bleu tirant aux confins du gris”, ses lèvres tarmac des baisers insensés, ses épaules délicatement arrondies, ses seins de nymphette sous le bikini ou en liberté, ses jambes longues et bronzées et son art de fumer, avec l’innocence sensuelle d’une héroïne de Tom Wesselman, des cigarettes blondes.
Peut-on aimer une jeune fille ? Notre époque de procureurs ennemis de la peau et des mots répond par des procès et des listes noires. Nabokov, avec Lolita, a répondu “oui”; Gabriel Matzneff, (pensez à relire Ivre du vin perdu !), également; José Pierre et les jolies lycéennes de Schiffter aussi.
La haine des plages ancre dans le coeur de chacun, de chacune, le sourire de Cathy avant, pendant, après l’amour et la nostalgie des étés de notre éducation sentimentale.

Quel genre de voyageur êtes-vous ?

Voyage
Photo Flickr / matt.hintsa

1. Pour vous rendre à l’étranger, vous utilisez :
a) Les vols dégriffés malins de chez Plook Travel signalés par Jessica (une ex sympa qui connaît les bons plans)
b) Les caravanes pédestres de Star Trek
c) L’avion de la Fédé de Fun Board

2. Dans vos bagages, il y a toujours :
a) Un adaptateur électrique universel (le bon plan pour vos rasoir, radio-réveil et sex-toys)
b) Le premier recueil de poèmes à compte d’auteur du futur prix Nobel de littérature local
c) Une combi en téflonisé alvéolaire

[access capability= »lire_inedits »]
3. A l’étranger, vous recherchez :
a) Les bons plans pas chers (bars, restos, putes)
b) La découverte de l’Autre en tant qu’autre (culture, nature, langue, incommunicabilité)
c) Les spots de ski sous-marin

4. De l’étranger, vous rapportez toujours :
a) Des adresses de potes qui connaissent des bons plans partout
b) Des parasites intestinaux peut-être, mais surtout des images visuelles plein la tête, des musiques sonores et des couchers de soleil au crépuscule du soir
c) Quelques médailles, plein d’adresses de gonzesses canon et l’amitié indéfectible de l’ambassadeur.

Résultat des analyses
Majorité de a : Vous êtes un voyageur malin à qui on ne la fait pas, adepte sans doute du Guide pas cher du Routard fûté. Notre conseil quand même : au lieu de payer plein pot vos guides à la FNAC, allez plutôt fouiller dans les bacs des bouquinistes. On y trouve pour trois fois rien d’excellentes éditions de la fin des années 70. (En plus, c’est vintage).
Majorité de b : Vous êtes plutôt du genre urbain CSP++, en recherche d’authenticité vraie et de convivialité à plusieurs. Notre conseil : essayez donc la superbe collection des guides Rares Exils : vous n’en reviendrez pas !
Majorité de c : Notre conseil : arrête de frimer avec ton bronzage ![/access]

Fume, c’est de l’afghan !

Ils vont être déçus, les zélateurs de Geert Wilders, ce politicien hybride de la boboïtude protestante et de l’islamophobie délirante, qui annonce probablement, dans le genre décoloré, le visage new-look du FN pour les prochaines échéances. En effet, Amsterdam n’est plus la Mecque de la guerre ethnique programmée pour ceux qui préfèrent regarder les minarets qui poussent sans voir les usines qui délocalisent. A compter de ce 1er août, le contingent hollandais engagé en Afghanistan depuis neuf ans et comportant un millier d’hommes, revient à la maison.

Quitte à fumer de l’afghan, a décidé le parlement batave en février, autant que ce soit dans un coffee shop avec des potes plutôt que dans une montagne improbable avec des buts de guerre qui ne le sont pas moins. On rappellera, pour le reste, qu’en France nous sommes, merci Nicolas Sarkozy, à notre quarante-cinquième soldat mort au combat.

S’il y en a qui veulent continuer, il me reste un treillis de réserve à la maison.

Impressions d’Avignon

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Bon d’accord, je n’y étais pas ! Pas plus que vous en Afrique du Sud en juin dernier; et pourtant j’en ai entendu, des conneries sur la Coupe du Monde ! Les miennes ont les mêmes sources : ce que j’ai pu voir à la télé du Festival d’Avignon.
En temps normal, je n’aurais sans doute pas regardé ça. Là, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, ce sont les controverses qui ont entouré dès le début cette 64ème édition – jusqu’à gagner la une de journaux aussi prestigieux que Le Monde et Libération.

« Avignon 2010 : un millésime trop audacieux ? » s’interrogeait le 20 juillet dernier l’ex quotidien-de-référence. « Avignon : un Festival de polémiques », répondait comme en écho l’ex quotidien-de-Sartre, avec ce sens de l’humour qui fait le petit plus des anciens maoïstes par rapport aux anciens trotskistes.

En question : la programmation 2010, marquée par une quasi absence de pièces du répertoire (deux en tout !). La direction du Festival, apprend-on, avait choisi de privilégier les œuvres non théâtrales, et en particulier les performances pluridisciplinaires – « convoquant » entre autres, danse, chant, vidéo, arts plastiques, marionnettes et cirque. Encore ne s’agissait-il là – précisons-le pour les néophytes – que du Festival officiel, et non du « off » tout court. Celui-là aura accueilli cette année, en 123 lieux, pas mois de 1092 spectacles, dont aucun n’a malheureusement été retransmis à la télé.

Monsieur Alice et Monsieur Gertrude

Moi, le premier auquel j’aie eu droit c’était Fairy Queen, annoncé à grand son de trompe par mon Télérama à moi : « un tourbillon de fantaisie surprenant de bout en bout. »[1. Arte, samedi 17 juillet, 14h. J’avais mis le réveil.]
De fait, en matière de surprises, j’ai été gâté : primo, il ne s’agissait pas d’une quelconque « relecture » du semi-opéra de Purcell, mais d’une œuvre originale d’Olivier Cadiot. Secundo, l’argument en était lui-même de la dernière originalité : l’écrivain Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas, interprétées comme il se doit par deux hommes, – dont un Deschiens et une sorte de danseur-étoile – recevaient à déjeuner… une fée. Le tout donnait lieu à un show forcément féérique, où se mélangeaient lieux, époques et niveaux de narration – comme dans une « construction onirique », le rêve en moins.

Mais le pire c’est que ce spectacle, programmé dans le cadre d’une Journée spéciale Avignon 2010, n’était en fait qu’une rediff’ de 2004… Comment voulez-vous, dans ces conditions, que je fasse correctement mon boulot de critique théâtral ?

Tel n’était heureusement pas le cas de Richard II, (France 2, vendredi 23 juillet, 22h05). Certes c’était la troisième fois que cette pièce était montée pour le Festival. Mais justement ! Après Jean Vilar (1947) et Ariane Mnouchkine (1983), la mise en scène de Jean-Baptiste Sastre était attendue comme l’« événement » de cette édition. Un événement « chic et choc a priori », s’enthousiasmait de confiance mon bon Télérama, qui a dû être quelque peu déçu. A en croire la critique autorisée, Sastre ne fait qu’illustrer, assez platement somme toute, la réflexion shakespearienne sur le pouvoir.

Certes, Podalydès est souverain dans le rôle de ce roi qui renonce volontairement à son trône – sans même réclamer un cheval en échange… Certes une traduction novatrice s’autorise ça et là quelques gros mots en français, et même dans la langue de William.
N’empêche ! Comme le dit Libé, « l’ensemble pêche par trop d’académisme (…) C’est du théâtre à l’ancienne, statique et déclamatoire, tout à fait réfractaire à la modernité (…) Rendez-nous Marthaler ! »

Enfin Marthaler vint !

Mais qui donc est ce Marthaler ? Eh bien, je l’ai appris cet été : un fameux metteur en scène suisse, familier d’Avignon, qui présentait cette année, en ouverture du festival, sa dernière création intitulée Paperlapapp (Arte, samedi 17 juillet, 22h20). Une œuvre spécialement conçue pour la Cour d’honneur du Palais des Papes, d’où son titre. Equivalent allemand de « bla-bla », Papperlapapp se veut aussi, en l’occurrence, une référence humoristique à la fonction de souverain pontife.

« Attention, génie en action ! » m’avait prévenu d’emblée Télérama, qui consacrait pas moins de trois papiers apologiques à l’homme et à son œuvre, « d’une insolence et d’une exigence extrêmes ». Peu désireux de mourir idiot, j’ai voulu voir ça. De quoi s’agit-il ? A priori encore d’une « réflexion sur le pouvoir » (temporel et spirituel, cette fois). Mais tout est dans la manière, et là, Marthaler diffère sensiblement de Shakespeare ; ses spectacles, à peine écrits, reposent largement sur les improvisations de ses comédiens-chanteurs.

Mais d’abord, plantons le décor. Au sol, un assemblage apparemment aléatoire de carrelages et de linoléum, sur lequel sont posés ça et là des tombeaux de papes recouverts de vieux matelas. Au premier plan, une machine à laver, un réfrigérateur siglé Coca et un confessionnal en travaux.

Bien entendu, rien de tout cela n’est là par hasard, et chaque signifiant a son signifié : au spectateur de deviner ! De toute façon, si le spectateur n’était pas malin, il ne serait pas là… La preuve, raconte l’AFP : tous les soirs, ils seront une bonne centaine à s’esquiver plus ou moins discrètement en pleine représentation – alors même que certains ont payé !
Pourtant, les personnages sont là pour nous aider à comprendre le décor. Prenez par exemple les fantômes de papes : s’ils défroquent littéralement sous nos yeux, c’est pour mettre leurs mitres et habits à tourner dans le lave-linge. Superbe allégorie des crimes qu’ils ont commis – et qu’ils persistent pourtant à nier, préférant hurler à la cantonade : « Il y a prescription ! » ou « J’appelle les Suisses ! »

Un scoop : Dieu est mort !

N’allez pas croire pour autant que feu ces papes d’Avignon aient perdu toute religion : une fois convenablement défroqués, ne s’agenouillent-ils pas en demi-cercle pour prier devant une poussette vide ? Quant à l’autre groupe de personnages, il est constitué d’un troupeau de touristes, guidés par un aveugle dans la visite d’un Palais des papes visiblement déserté par l’Esprit.

Cette symbolique lourde de sens est heureusement allégée par une avalanche de gags visuels tout droit sortis des premiers Charlot, qui font pouffer l’assistance branchée.Un bonhomme tombe par terre : rires ! Un pape s’allonge sur sa tombe et y tombe : rires redoublés ! Un chevalier médiéval soulève son heaume, sous lequel il fume une clope : hilarité générale !

On l’aura compris : si les pantins de Marthaler donnent à penser, c’est dans la bonne humeur. Mais au fait, penser quoi ? Pour être sûr de ne pas me tromper, je m’en remets une fois encore à Télérama : au-delà du « triste constat d’une religion défunte », qu’on se le dise, l’auteur déplore que « nulle transcendance ne règne plus que la consommation ».

Allons bon ! C’est donc ça, en 2010, l’apport de Christoph Marthaler à la modernitude avignonnaise ? La mort de Dieu, déjà annoncée par Nietzsche, plus la critique de la société de consommation, déjà esquissée dans les Elucubrations d’Antoine ? Mais après tout, les artistes sont libres n’est-ce pas – dès lors qu’ils assument les conséquences de leur irresponsabilité… Dans son lave-linge personnel, Marthaler fourre en vrac anticléricalisme, parabole du Veau d’Or et écologisme hippie. Pas étonnant que ça tourne en rond !

Le général Woerth

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[access capability= »lire_inedits »]Eric Woerth

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Le peintre Henri Plenel n’avait pas un talent immense. Comme l’art contemporain n’existait pas encore à son époque, il consacra sa vie à produire des croûtes toutes plus laides et insipides les unes que les autres. S’il y avait eu, chez Henri Plenel, la moindre once d’élan esthétique, on pourrait, à la rigueur, conclure que chacune de ses toiles était ratée. Ce n’est même pas le cas.

[access capability= »lire_inedits »]Il n’y a rien, absolument rien, à retenir de l’œuvre du peintre Plenel. Et si nous vous infligeons aujourd’hui cet affreux portrait, ce n’est pas pour ses qualités esthétiques, mais pour le modèle que Plenel fut le seul à peindre. Il s’agit du général Woerth. La postérité n’a pas retenu son nom. Malheureusement. Il fut l’un des héros les plus insignes de la Retraite de Russie : au soir du 18 octobre 1812, lorsque Napoléon donna l’ordre à la Grande Armée de se retirer, le général Woerth décida de rester sur place, proclamant devant ses soldats rassemblés au bivouac : « Nous sommes jeunes. Nous sommes combatifs. Nous n’avons pas l’âge de partir en retraite ! » Les soldats du général Woerth tinrent si bien leur position qu’ils rentrèrent à Paris à la fin de l’année 1870.

H. Loireau, Le général Woerth, collection particulière.

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Rothschild émigre avec son cheval

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Le quotidien israélien Yediot Aharonot annonce qu’Edouard de Rothschild, principal actionnaire de Libération et président de France Galop vient d’immigrer en Israël. Il résidera principalement dans sa villa de Kfar Shemaryahou, le Neuilly de Tel Aviv. Il va recevoir la nationalité israélienne, sans pour autant abandonner la citoyenneté de la République Française.

On se perd en conjectures sur les raisons de cette alya de luxe. Est-il excédé par le schnorrer insistant Laurent Joffrin, qui vient régulièrement le taper pour maintenir son journal à flot ? Craint-il les nouvelles mesures gouvernementales visant à priver de la nationalité française ceux qui, venus d’ailleurs, se conduisent mal dans leur pays d’accueil ? Veut-il se guérir de son addiction aux courses de chevaux dans un pays où elles sont interdites par les rabbins ? Que nenni ! C’est dans la presse hippique que l’on trouve la vraie raison de cette arrivée en Terre Sainte du rejeton de l’illustre famille qui tenait boutique à Francfort à l’enseigne de l’Ecu rouge. Snobé par la Fédération française d’équitation, qui lui refuse pour d’obscures raisons sa licence de cavalier de concours, il veut participer, sous les couleurs israéliennes aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a acquis à grand frais Lamm de Fetan, le bourrin réputé meilleur sauteur du monde. Le cheval, paraît-il, est ravi, car il ne risque pas, en cas de contre-performance, de finir à l’étal d’une boucherie hippophagique, cette viande étant définitivement non cachère.

Surenchère droitière ? Chouette alors !

Le discours prononcé par Sarkozy à Grenoble a provoqué comme on pouvait s’y attendre de nombreuses réactions. Peu variées mais nombreuses. Ce n’était pas le premier sur ce thème et sur ce ton mais on ne peut pas dire que les critiques aient brillé par leur originalité. Comme d’habitude, comme pour les peines-plancher ou l’interdiction de la burqa, les propositions avancées sont inacceptables et inapplicables, scandaleuses et anticonstitutionnelles, contraires à notre histoire et à nos valeurs.

Le braillomètre s’affole : c’est bon signe !

Même si ces réponses au gouvernement prennent des airs pavloviens, quand le braillomètre s’affole, on ne boude pas son plaisir et quand la Ligue des Droits de l’Homme nous met en garde, quand la LICRA contacte le MRAP pour envisager une action en justice concertée (après les propos tenus sur les roms), on peut espérer que la répression qui suivra sera à la hauteur de nos besoins.

Nos vœux pourraient être bientôt exaucés car les 537 camps de « gens du voyage » illégaux, connus depuis longtemps des pouvoirs publics et dans lesquels la police n’entre pas vont être évacués. Est-ce le début d’une reconquête de nos territoires perdus ?

On dénonce partout une surenchère droitière. Je m’en réjouis parce que, dans l’épreuve de force engagée entre le pouvoir et le crime, la surenchère reste la bonne solution à moins de lui préférer l’attentisme ou la défaite, ou de chercher une autre voie mais pas trop longtemps.
On peut aussi regretter que les choses n’aillent pas plus vite et déclarer avec le Front national « Assez de bavardages ! », mais en démocratie, le rouleau-compresseur de la loi avance très lentement, respecte la signalisation des contre-pouvoirs, et son carburant, c’est l’opinion. Il faut donc commencer par la gagner. Ce qu’on peut espérer, c’est, qu’une fois lancé, rien ne l’arrête. Sur ce plan-là, les images récentes d’une expulsion de clandestins à la Courneuve, visibles sur le site du DAL, peuvent nous rassurer.

J’ose espérer que ces discours sécuritaires ne visent pas seulement la réélection mais qu’ils tâtent le terrain et préparent l’action. On lance une idée, puis des sondages et on sait (à la louche) de combien de divisions électorales on dispose avant de lancer une offensive. Ça peut sembler vulgairement populiste et on pourrait se contenter de demander son avis à Robert Badinter, ce qui serait beaucoup plus distingué et assurément constitutionnel. Moi, je ne suis pas fâché qu’on se soucie de mon opinion, et même de mes bas instincts de survie.

Quand les propositions présidentielles désacralisent le droit du sol ou l’irrévocabilité de la nationalité française, la plupart des analystes ont mal à la Constitution. À les entendre, c’est l’âme de la nation qui est menacée. J’ai peut-être l’âme bien accrochée, mais je ne crains pas de la voir tomber à la première secousse, au premier coup rendu ni même à la première révision des principes généreux et fondateurs de notre République comme le droit du sol.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Les révolutionnaires qui ont pensé notre Constitution ont voulu faire de la République naissante la terre promise de tous les amants passionnés de la liberté. Ce phare de la civilisation occidentale qu’était notre nation a attiré des étrangers qui sont venus donner un peu de cœur contre de l’égalité, du courage contre de la liberté et de la reconnaissance contre de la fraternité.

Aujourd’hui, parce que nous avons manqué d’exigence selon les uns, parce que nous avons cessé de briller selon les autres, la France n’a plus l’immigration qu’elle mérite et nous avons un problème d’intégration qui ne cessera de s’aggraver du fait de la démographie des arrivants du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, comme on dit pudiquement au CNRS. Il faut être aveugle ou journaliste à France Inter pour ne pas voir le rapport entre délinquance et immigration. Veut-on que le pays entier ressemble un jour aux quartiers nord de Marseille parce que nous aurons tenu à rester fidèles à une Constitution faite en d’autres temps et pour d’autres mœurs ?

Alors on fait quoi ? On ne change rien et on se laisse submerger par une criminalité et une hostilité grandissante à la culture française parce qu’on est les Lumières ou on cherche des solutions ?

Il n’est pas envisageable de renvoyer dans leurs pays d’origine des générations de Français d’origine étrangère mais il ne me paraît pas indigne de commencer à pratiquer une discrimination salutaire. Pourquoi ne pas séparer le bon grain de l’ivraie sur les critères de l’honnêteté des intentions et des pratiques et expulser les mauvais Français d’origine étrangère pour épargner aux bons enfants d’immigrés toute stigmatisation et les préserver du racisme dont ils sont victimes ?

Non au passeport à points ? Et pourquoi pas ? Français à l’essai ? Et alors ? Si nés de parents étrangers, vous devenez criminel multirécidiviste, si vous voulez pratiquez l’excision, la polygamie ou porter la burqa, ou rester membre, même passif, d’Al Qaïda, la France devrait pouvoir vous dire que « Non, désolés, il y a eu méprise, vous vous êtes trompés de pays, sans rancune, le monde est vaste et bon vent ».

Où irez-vous ? Ce n’est plus un problème français, il fallait y penser avant.
Cette solution qui aurait l’avantage de nous débarrasser des individus irrécupérables pour la France et d’inviter les autres à plus de respect et de zèle dans l’effort d’intégration pose d’autres problèmes, j’en suis conscient mais il va bien falloir les affronter ou chercher d’autres pistes si on ne veut pas disparaître en tant que peuple.

« On ne naît pas forcément Français, on peut le devenir. Mais quand on l’est, sauf exception rarissime, c’est pour toujours », nous rappelle notre causeuse en chef. Ce n’est pas une loi naturelle, c’est une loi française que la France peut défaire et doit revoir si elle veut sauver sa peau.

Un accommodement raisonnable : couper la main des voleurs…

Elle en perdrait son âme, nous dit-on. C’est à croire que l’âme de la France, ce n’est pas son peuple en voie de colonisation on ne peut plus constitutionnelle, ce ne sont pas ses vieux contraints dans les quartiers de leur enfance de descendre du trottoir pour ne pas être bousculés, ce sont les principes gravés dans le marbre de sa Constitution.

Un droit du sol relatif, sous conditions, une terre d’accueil qui n’accueillerait pas de façon automatique et irrévocable, ce n’est ni indigne ni contraire à notre histoire. Ce qui l’est en revanche, c’est de se laisser envahir et de disparaître sans le moindre esprit de résistance, sans la moindre envie de Jeanne ou de Charles.

Pour ceux qui se livrent au gendarmicide, c’est autre chose. L’idée a été avancée par Sarkozy qu’on pourrait déchoir de sa nationalité un Français d’origine étrangère qui n’aimerait pas la France au point d’avoir attenté à la vie d’un de ses représentants. Je ne suis pas opposé à cet aménagement de la loi par principe mais je doute qu’en réalité, la réponse soit bien adaptée. D’abord, parce que si on prend le cas de Karim ou de Luigi, je ne vois pas bien l’intérêt de les défranciser et que les tueurs de flics, je les préfère français et morts qu’apatrides et vivants.
Ensuite parce que pour ceux qui se laissent arrêter, la perpétuité est prévue et que les prisons étant plus étanches que nos frontières, ils sont mieux à l’ombre qu’au soleil. Par contre, la mesure pourrait s’appliquer à ceux de leur communauté qui ont mis quartier et village à sac et sont venus par centaines les enterrer, affichant une nette préférence pour des tueurs de leur ethnie que pour les lois de leur pays d’accueil.

Cela dit, je doute que cette proposition soit très dissuasive car en réalité, être Français, ceux qui tirent sur la police s’en fichent.

On pourrait d’une seule mesure combattre la délinquance et faciliter l’intégration en s’inspirant de l’exemple de Martin Hirsch qui, en déclarant que l’intégration serait réussie le jour où « des catholiques appelleraient leur enfant Mohammed » , a fait progresser l’idée « d’accommodement raisonnable ». Allons plus loin et intégrons à notre système pénal une loi issue des cultures d’origine des derniers arrivés. Nous pourrions par exemple couper les mains des voleurs multirécidivistes.

Mais ça, vous verrez que ce n’est pas constitutionnel. Décidément, on ne peut rien faire !

Belgique, le pays à plat…

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Belgique

C’est un pays « en voie d’évaporation » (dixit le séparatiste flamand Bart De Wever, grand vainqueur des élections législatives du 13 juin) qui vient de prendre, le 1er juillet, la présidence de l’Union européenne. De quoi justifier le titre du récent livre de Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles : Belgique, laboratoire de la désunion européenne, publié aux éditions du Cygne.

[access capability= »lire_inedits »]L’Europe est donc présidée par un pays sans gouvernement, car celui issu des dernières élections législatives ne devrait pas être constitué avant l’automne. Voilà qui laisse toute latitude à un autre Belge, Herman Van Rompuy, alias « Mr Nobody », pour donner toute la mesure de son impuissance à gérer le chaos provoqué par le désaccord de plus en plus profond entre l’Allemagne de Merkel et la France de Sarkozy. Président permanent du Conseil européen, voilà qui fait classe sur une carte de visite ! On aurait d’ailleurs dû le nommer président perpétuel, comme le secrétaire de l’Académie française, pour donner encore plus de poids symbolique à une fonction où il peut tranquillement ciseler ses haïkus, dont il est un auteur compulsif.

La Belgique s’évapore

L’« évaporation » de la Belgique, accélérée par les chaleurs estivales, ne devrait pas être sans conséquence sur l’ensemble du système institutionnel européen : quand ça s’évapore, personne n’est à l’abri du destin des méduses échouées sur le sable par grand soleil : au bout de quelques heures, il n’en reste qu’une petite tache humide sur la grève. Il faut espérer que cette disparition par passage de l’état solide à l’état gazeux épargne les talentueux auteurs belges de BD, qui sauront mettre en image l’évaporation du Berlaymont, de Van Rompuy, de Barroso et de la trace verte que « Dany le Rouge » aura laissée sur le pavé bruxellois. À la rentrée, Bernard Guetta fera une grave dépression et fondra tous les matins en larmes sur France Inter. Cela nous consolera de l’éviction de Stéphane Guillon.[/access]

Cocufiage : faudrait pas se tromper !

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Une longue et coûteuse enquête, menée par Christopher Ryan et Cacilda Jetha vient d’aboutir cette année à la publication de leurs conclusions sous forme d’un pavé de plus de 400 pages, gracieusement intitulé Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality. Les auteurs y répondent à cette lancinante question qui taraude même les plus ingénues d’entre nous depuis la nuit des temps : pourquoi les hommes trompent-ils leur femme ? Et bien, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autres choses, Mesdames, car Christopher Ryan et Cacilda Jetha ont découvert le fin mot de l’histoire.

Comme pour l’art de faire un créneau ou celui, plus téméraire encore, de trouver le beurre dans le frigo, il faut remonter à l’époque, visiblement très constructive, où nos ancêtres, même pas Gaulois, se prélassaient dans des grottes, réfléchissant à la répartition des tâches ménagères.

Et ils décidèrent ceci : nous, les hommes, on a la testostérone qui se raréfie avec l’âge. Donc, faut qu’on se stimule la guimauve et pour ça y a un truc, faut qu’on se mette en contact avec d’autres gonzesses qu’on connaît pas encore. Ils se sont mis d’accord sur le chiffre d’une remontée de 14% de la précieuse substance, arguant que la régulière était priée de pas trop la ramener vu qu’elle profiterait, elle aussi, du regain d’activité de son cher et tendre sous la couette en peau de pécari. Bien, bien.

J’ignore totalement comment on calcule le taux de testostérone, mais du fond de ma cuisine, arrosant le gigot d’une main et branchée sur radio confidences des copines de l’autre, j’aurais pu, moi aussi, vous livrer mon expertise. Car la vraie question n’est pas de savoir pourquoi les hommes trompent leur femme, mais pourquoi eux, ils se font toujours choper.

Parce que quand un homme galipette hors des liens sacrés du mariage, en général, c’est avec une femme, non ?

Les Français peuvent gagner

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Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.

L’athlétisme, tout le monde s’en fout. C’est un peu comme pour les fléchettes ou le curling : y a jamais grand-monde pour assister aux championnats du monde de ces disciples à la noix. L’athlétisme est une discipline à la noix.

Athlètes du sexe : je dis oui !

Je ne dis pas : les athlètes, je ne crache pas dessus. Qu’il s’en présente seulement un, bien gaulé, les épaules larges, le muscle saillant, le petit cul rebondi dans un short moulant, et je peux lui rechanter la Chevauchée des Walkyries sur tous les tons. Certes, ce n’est pas gagné d’avance – sauf si l’athlète en question concoure en handisport et qu’un esprit bien intentionné a pris soin de lui enlever les roues de son fauteuil. Et de l’attacher solidement, on n’est jamais trop prudent. J’ai une vraie passion pour les athlètes. Une passion d’esthète[1. Je ne me fais pas d’illusion : les athlètes sont tous gays.]. Mais de là à m’inquiéter des résultats, voire de la présumée existence de « championnats du monde d’athlétisme », faut pas courir ! Enfin si, justement, il faut courir, mais ne m’interrompez pas !

Or, voilà que j’apprends que des Français auraient participé à une telle compétition et que – ô miracle – ils en auraient rapporté des médailles : 18 en tout, dont 8 en or. Et le pays tout entier célèbre ses champions.

Primo, il faudrait apporter la preuve incontestable que des « championnats du monde d’athlétisme » existent réellement. Deuxio, que lesdits championnats se soient bien déroulés à Barcelone. Tertio, que des Français aient pu avoir été admis à y participer, après l’effroyable pâtée que leur équipe nationale s’est prise en Afrique du Sud : c’est la première fois, depuis 1940, qu’un aussi grand nombre de Français ont demandé la nationalité allemande, rien que pour faire partie du grand pays qui a remporté la petite finale, lui.

Barcelone : l’Equipe de France victorieuse

Admettons que tous ces doutes soient levés – ça m’étonnerait, quand même, qu’il y ait des gens assez cinglés pour organiser un meeting international où des types courent en short –, il n’en demeure pas moins qu’autant de victoires françaises laisseraient songeur plus d’un honnête homme. La présumée victoire de l’équipe nationale de France d’athlétisme à Barcelone nous invitent donc à quelques menues réflexions :

1. La France court vite, merci la Police. Si le Français est aussi bon à la course à pied, c’est qu’il est entraîné : il a appris à se déplacer très vite du lieu de son larcin vers le transformateur EDF le plus proche. Pour la prochaine coupe du monde de foot (le seul sport qui vaille de vider des bières devant une télé), il faudrait que les forces de l’ordre adoptent une autre tactique d’entrainement avec les jeunes délinquants, afin qu’ils maîtrisent autre chose que la course.

2. Les Français sont des coureurs. Le problème est qu’ils ne savent faire que cela : Franck Ribery l’a montré avec une incomparable maestria.

3. Les Français ont tout dans les jambes. Rien dans la tête. Pour courir, c’est sûr, il vaut mieux avoir les mollets musclés. Pour jouer au foot, un peu de « mental » est requis. D’ailleurs, il faut être sacrément con pour aller à Barcelone et s’y enfermer des journées entières dans un stade. Il y a tellement de choses plus saines à faire dans cette ville exceptionnelle : visiter la Fondation Miró, prendre une ligne de coke, aller baiser des putes, jouer à la corrida avec des nationalistes catalans, se refaire une ligne de coke.

Bien entendu, aucune de ces questions essentielles ne trouvera de réponse. La France ne veut pas savoir. Elle ne veut pas entendre que l’athlétisme, franchement, tout le monde s’en fout. On lui souhaite néanmoins de remporter d’autres victoires mondiales. Ping-pong, curling, fléchettes, lancer de nains : les Français n’ont, pour exceller, que l’embarras du choix.

La haine des plages

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Durant tout cet été, Arnaud Le Guern nous fait découvrir sa bibliothèque de plage idéale. Cette semaine, il rend un hommage, forcément balnéaire, à José Pierre.

Connaissez-vous José Pierre ?

Ami des surréalistes, poète, essayiste, il est l’auteur d’un dictionnaire de poche du pop art et de nombreux romans – notamment Qu’est-ce que Thérèse ? C’est les marronniers en fleurs, salué par Mandiargues et Truffaut – où les sens sont à la fête ; Frédéric Schiffter parle de lui dans ses Délectations moroses.

Le “philosophe sans qualité” nous apprend que les jolies lycéennes, auxquelles il enseigne la pensée de Clément Rosset et les mélodies mélancoliques de Françoise Sagan, aiment beaucoup La haine des plages, roman publié par José Pierre en 1980, roman qu’elles lisent et relisent sous la couette les nuits d’hiver ou, les jours d’été, parées d’un maillot de bain blanc et chaussées d’espadrilles, en terrasse d’un bistrot avec vue sur mer.

Les jolies lycéennes de Schiffter ont un goût exquis – ne doutons pas qu’elles apprécient également Le Professeur de Valerio Zurlini avec Alain Delon et la féerique Sonia Petrova. Les jolies lycéennes sont une incitation à se perdre entre les pages de José Pierre qui, en exergue, cite Francis Jammes : “Veux-tu faire se pencher vers moi comme des roses toutes les bouches de toutes les jeunes filles ?”

Un amour d’été

Nous sommes à Biarritz, un mois de juillet de la fin des années 70. Un critique d’art cinquantenaire, séducteur d’avant l’ère des boîtes à partouze, est l’amant d’une artiste photographe et tombe amoureux de sa fille de 13 ans. Avec une élégance qui fait penser au Dominique Noguez d’Amour noir, José Pierre raconte cette histoire de passion et de petite mort lente. “A mes propres yeux, ce n’est pas le moindre mystère de mon comportement amoureux que cette propension que j’ai à me trouver au même moment sensible à plusieurs femmes, même si de l’une d’elles en particulier je suis profondément épris. Un moraliste dirait que chez moi le roucouleur n’est jamais très loin du libertin ; un historien des moeurs et de la littérature que le Romantique coexiste fort bien dans mon coeur avec l’homme du XVIIIe siècle – et Werther avec Valmont !”

Peut-on encore aimer les jeunes filles ?

Dans La haine des plages, Pierre laisse la parole à la douceur et aux drames d’une saison sous les caresses. Il y a des jeux érotiques qui excitent, puis qui lassent. Il y a un film vu un soir de pluie, avec Michel Piccoli comme acteur principal. Il y a une mère qui flirte avec la jalousie. Il y a certains plaisirs du corps comme ultime résistance, déjà, à un monde de légèreté qui se meurt. Il y a surtout Cathy à la plage, sur la Côte des Basques ou sur le Rocher de la Vierge : son visage “presque en amande”, ses cheveux “d’un chatain très léger, qui lui faisait comme un nuage alentour de la tête”, ses “yeux d’un bleu tirant aux confins du gris”, ses lèvres tarmac des baisers insensés, ses épaules délicatement arrondies, ses seins de nymphette sous le bikini ou en liberté, ses jambes longues et bronzées et son art de fumer, avec l’innocence sensuelle d’une héroïne de Tom Wesselman, des cigarettes blondes.
Peut-on aimer une jeune fille ? Notre époque de procureurs ennemis de la peau et des mots répond par des procès et des listes noires. Nabokov, avec Lolita, a répondu “oui”; Gabriel Matzneff, (pensez à relire Ivre du vin perdu !), également; José Pierre et les jolies lycéennes de Schiffter aussi.
La haine des plages ancre dans le coeur de chacun, de chacune, le sourire de Cathy avant, pendant, après l’amour et la nostalgie des étés de notre éducation sentimentale.

Quel genre de voyageur êtes-vous ?

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Voyage
Photo Flickr / matt.hintsa
Voyage
Photo Flickr / matt.hintsa

1. Pour vous rendre à l’étranger, vous utilisez :
a) Les vols dégriffés malins de chez Plook Travel signalés par Jessica (une ex sympa qui connaît les bons plans)
b) Les caravanes pédestres de Star Trek
c) L’avion de la Fédé de Fun Board

2. Dans vos bagages, il y a toujours :
a) Un adaptateur électrique universel (le bon plan pour vos rasoir, radio-réveil et sex-toys)
b) Le premier recueil de poèmes à compte d’auteur du futur prix Nobel de littérature local
c) Une combi en téflonisé alvéolaire

[access capability= »lire_inedits »]
3. A l’étranger, vous recherchez :
a) Les bons plans pas chers (bars, restos, putes)
b) La découverte de l’Autre en tant qu’autre (culture, nature, langue, incommunicabilité)
c) Les spots de ski sous-marin

4. De l’étranger, vous rapportez toujours :
a) Des adresses de potes qui connaissent des bons plans partout
b) Des parasites intestinaux peut-être, mais surtout des images visuelles plein la tête, des musiques sonores et des couchers de soleil au crépuscule du soir
c) Quelques médailles, plein d’adresses de gonzesses canon et l’amitié indéfectible de l’ambassadeur.

Résultat des analyses
Majorité de a : Vous êtes un voyageur malin à qui on ne la fait pas, adepte sans doute du Guide pas cher du Routard fûté. Notre conseil quand même : au lieu de payer plein pot vos guides à la FNAC, allez plutôt fouiller dans les bacs des bouquinistes. On y trouve pour trois fois rien d’excellentes éditions de la fin des années 70. (En plus, c’est vintage).
Majorité de b : Vous êtes plutôt du genre urbain CSP++, en recherche d’authenticité vraie et de convivialité à plusieurs. Notre conseil : essayez donc la superbe collection des guides Rares Exils : vous n’en reviendrez pas !
Majorité de c : Notre conseil : arrête de frimer avec ton bronzage ![/access]

Fume, c’est de l’afghan !

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Ils vont être déçus, les zélateurs de Geert Wilders, ce politicien hybride de la boboïtude protestante et de l’islamophobie délirante, qui annonce probablement, dans le genre décoloré, le visage new-look du FN pour les prochaines échéances. En effet, Amsterdam n’est plus la Mecque de la guerre ethnique programmée pour ceux qui préfèrent regarder les minarets qui poussent sans voir les usines qui délocalisent. A compter de ce 1er août, le contingent hollandais engagé en Afghanistan depuis neuf ans et comportant un millier d’hommes, revient à la maison.

Quitte à fumer de l’afghan, a décidé le parlement batave en février, autant que ce soit dans un coffee shop avec des potes plutôt que dans une montagne improbable avec des buts de guerre qui ne le sont pas moins. On rappellera, pour le reste, qu’en France nous sommes, merci Nicolas Sarkozy, à notre quarante-cinquième soldat mort au combat.

S’il y en a qui veulent continuer, il me reste un treillis de réserve à la maison.

Impressions d’Avignon

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Bon d’accord, je n’y étais pas ! Pas plus que vous en Afrique du Sud en juin dernier; et pourtant j’en ai entendu, des conneries sur la Coupe du Monde ! Les miennes ont les mêmes sources : ce que j’ai pu voir à la télé du Festival d’Avignon.
En temps normal, je n’aurais sans doute pas regardé ça. Là, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, ce sont les controverses qui ont entouré dès le début cette 64ème édition – jusqu’à gagner la une de journaux aussi prestigieux que Le Monde et Libération.

« Avignon 2010 : un millésime trop audacieux ? » s’interrogeait le 20 juillet dernier l’ex quotidien-de-référence. « Avignon : un Festival de polémiques », répondait comme en écho l’ex quotidien-de-Sartre, avec ce sens de l’humour qui fait le petit plus des anciens maoïstes par rapport aux anciens trotskistes.

En question : la programmation 2010, marquée par une quasi absence de pièces du répertoire (deux en tout !). La direction du Festival, apprend-on, avait choisi de privilégier les œuvres non théâtrales, et en particulier les performances pluridisciplinaires – « convoquant » entre autres, danse, chant, vidéo, arts plastiques, marionnettes et cirque. Encore ne s’agissait-il là – précisons-le pour les néophytes – que du Festival officiel, et non du « off » tout court. Celui-là aura accueilli cette année, en 123 lieux, pas mois de 1092 spectacles, dont aucun n’a malheureusement été retransmis à la télé.

Monsieur Alice et Monsieur Gertrude

Moi, le premier auquel j’aie eu droit c’était Fairy Queen, annoncé à grand son de trompe par mon Télérama à moi : « un tourbillon de fantaisie surprenant de bout en bout. »[1. Arte, samedi 17 juillet, 14h. J’avais mis le réveil.]
De fait, en matière de surprises, j’ai été gâté : primo, il ne s’agissait pas d’une quelconque « relecture » du semi-opéra de Purcell, mais d’une œuvre originale d’Olivier Cadiot. Secundo, l’argument en était lui-même de la dernière originalité : l’écrivain Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas, interprétées comme il se doit par deux hommes, – dont un Deschiens et une sorte de danseur-étoile – recevaient à déjeuner… une fée. Le tout donnait lieu à un show forcément féérique, où se mélangeaient lieux, époques et niveaux de narration – comme dans une « construction onirique », le rêve en moins.

Mais le pire c’est que ce spectacle, programmé dans le cadre d’une Journée spéciale Avignon 2010, n’était en fait qu’une rediff’ de 2004… Comment voulez-vous, dans ces conditions, que je fasse correctement mon boulot de critique théâtral ?

Tel n’était heureusement pas le cas de Richard II, (France 2, vendredi 23 juillet, 22h05). Certes c’était la troisième fois que cette pièce était montée pour le Festival. Mais justement ! Après Jean Vilar (1947) et Ariane Mnouchkine (1983), la mise en scène de Jean-Baptiste Sastre était attendue comme l’« événement » de cette édition. Un événement « chic et choc a priori », s’enthousiasmait de confiance mon bon Télérama, qui a dû être quelque peu déçu. A en croire la critique autorisée, Sastre ne fait qu’illustrer, assez platement somme toute, la réflexion shakespearienne sur le pouvoir.

Certes, Podalydès est souverain dans le rôle de ce roi qui renonce volontairement à son trône – sans même réclamer un cheval en échange… Certes une traduction novatrice s’autorise ça et là quelques gros mots en français, et même dans la langue de William.
N’empêche ! Comme le dit Libé, « l’ensemble pêche par trop d’académisme (…) C’est du théâtre à l’ancienne, statique et déclamatoire, tout à fait réfractaire à la modernité (…) Rendez-nous Marthaler ! »

Enfin Marthaler vint !

Mais qui donc est ce Marthaler ? Eh bien, je l’ai appris cet été : un fameux metteur en scène suisse, familier d’Avignon, qui présentait cette année, en ouverture du festival, sa dernière création intitulée Paperlapapp (Arte, samedi 17 juillet, 22h20). Une œuvre spécialement conçue pour la Cour d’honneur du Palais des Papes, d’où son titre. Equivalent allemand de « bla-bla », Papperlapapp se veut aussi, en l’occurrence, une référence humoristique à la fonction de souverain pontife.

« Attention, génie en action ! » m’avait prévenu d’emblée Télérama, qui consacrait pas moins de trois papiers apologiques à l’homme et à son œuvre, « d’une insolence et d’une exigence extrêmes ». Peu désireux de mourir idiot, j’ai voulu voir ça. De quoi s’agit-il ? A priori encore d’une « réflexion sur le pouvoir » (temporel et spirituel, cette fois). Mais tout est dans la manière, et là, Marthaler diffère sensiblement de Shakespeare ; ses spectacles, à peine écrits, reposent largement sur les improvisations de ses comédiens-chanteurs.

Mais d’abord, plantons le décor. Au sol, un assemblage apparemment aléatoire de carrelages et de linoléum, sur lequel sont posés ça et là des tombeaux de papes recouverts de vieux matelas. Au premier plan, une machine à laver, un réfrigérateur siglé Coca et un confessionnal en travaux.

Bien entendu, rien de tout cela n’est là par hasard, et chaque signifiant a son signifié : au spectateur de deviner ! De toute façon, si le spectateur n’était pas malin, il ne serait pas là… La preuve, raconte l’AFP : tous les soirs, ils seront une bonne centaine à s’esquiver plus ou moins discrètement en pleine représentation – alors même que certains ont payé !
Pourtant, les personnages sont là pour nous aider à comprendre le décor. Prenez par exemple les fantômes de papes : s’ils défroquent littéralement sous nos yeux, c’est pour mettre leurs mitres et habits à tourner dans le lave-linge. Superbe allégorie des crimes qu’ils ont commis – et qu’ils persistent pourtant à nier, préférant hurler à la cantonade : « Il y a prescription ! » ou « J’appelle les Suisses ! »

Un scoop : Dieu est mort !

N’allez pas croire pour autant que feu ces papes d’Avignon aient perdu toute religion : une fois convenablement défroqués, ne s’agenouillent-ils pas en demi-cercle pour prier devant une poussette vide ? Quant à l’autre groupe de personnages, il est constitué d’un troupeau de touristes, guidés par un aveugle dans la visite d’un Palais des papes visiblement déserté par l’Esprit.

Cette symbolique lourde de sens est heureusement allégée par une avalanche de gags visuels tout droit sortis des premiers Charlot, qui font pouffer l’assistance branchée.Un bonhomme tombe par terre : rires ! Un pape s’allonge sur sa tombe et y tombe : rires redoublés ! Un chevalier médiéval soulève son heaume, sous lequel il fume une clope : hilarité générale !

On l’aura compris : si les pantins de Marthaler donnent à penser, c’est dans la bonne humeur. Mais au fait, penser quoi ? Pour être sûr de ne pas me tromper, je m’en remets une fois encore à Télérama : au-delà du « triste constat d’une religion défunte », qu’on se le dise, l’auteur déplore que « nulle transcendance ne règne plus que la consommation ».

Allons bon ! C’est donc ça, en 2010, l’apport de Christoph Marthaler à la modernitude avignonnaise ? La mort de Dieu, déjà annoncée par Nietzsche, plus la critique de la société de consommation, déjà esquissée dans les Elucubrations d’Antoine ? Mais après tout, les artistes sont libres n’est-ce pas – dès lors qu’ils assument les conséquences de leur irresponsabilité… Dans son lave-linge personnel, Marthaler fourre en vrac anticléricalisme, parabole du Veau d’Or et écologisme hippie. Pas étonnant que ça tourne en rond !

Le général Woerth

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Eric Woerth

[access capability= »lire_inedits »]Eric Woerth

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Le peintre Henri Plenel n’avait pas un talent immense. Comme l’art contemporain n’existait pas encore à son époque, il consacra sa vie à produire des croûtes toutes plus laides et insipides les unes que les autres. S’il y avait eu, chez Henri Plenel, la moindre once d’élan esthétique, on pourrait, à la rigueur, conclure que chacune de ses toiles était ratée. Ce n’est même pas le cas.

[access capability= »lire_inedits »]Il n’y a rien, absolument rien, à retenir de l’œuvre du peintre Plenel. Et si nous vous infligeons aujourd’hui cet affreux portrait, ce n’est pas pour ses qualités esthétiques, mais pour le modèle que Plenel fut le seul à peindre. Il s’agit du général Woerth. La postérité n’a pas retenu son nom. Malheureusement. Il fut l’un des héros les plus insignes de la Retraite de Russie : au soir du 18 octobre 1812, lorsque Napoléon donna l’ordre à la Grande Armée de se retirer, le général Woerth décida de rester sur place, proclamant devant ses soldats rassemblés au bivouac : « Nous sommes jeunes. Nous sommes combatifs. Nous n’avons pas l’âge de partir en retraite ! » Les soldats du général Woerth tinrent si bien leur position qu’ils rentrèrent à Paris à la fin de l’année 1870.

H. Loireau, Le général Woerth, collection particulière.

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Rothschild émigre avec son cheval

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Le quotidien israélien Yediot Aharonot annonce qu’Edouard de Rothschild, principal actionnaire de Libération et président de France Galop vient d’immigrer en Israël. Il résidera principalement dans sa villa de Kfar Shemaryahou, le Neuilly de Tel Aviv. Il va recevoir la nationalité israélienne, sans pour autant abandonner la citoyenneté de la République Française.

On se perd en conjectures sur les raisons de cette alya de luxe. Est-il excédé par le schnorrer insistant Laurent Joffrin, qui vient régulièrement le taper pour maintenir son journal à flot ? Craint-il les nouvelles mesures gouvernementales visant à priver de la nationalité française ceux qui, venus d’ailleurs, se conduisent mal dans leur pays d’accueil ? Veut-il se guérir de son addiction aux courses de chevaux dans un pays où elles sont interdites par les rabbins ? Que nenni ! C’est dans la presse hippique que l’on trouve la vraie raison de cette arrivée en Terre Sainte du rejeton de l’illustre famille qui tenait boutique à Francfort à l’enseigne de l’Ecu rouge. Snobé par la Fédération française d’équitation, qui lui refuse pour d’obscures raisons sa licence de cavalier de concours, il veut participer, sous les couleurs israéliennes aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a acquis à grand frais Lamm de Fetan, le bourrin réputé meilleur sauteur du monde. Le cheval, paraît-il, est ravi, car il ne risque pas, en cas de contre-performance, de finir à l’étal d’une boucherie hippophagique, cette viande étant définitivement non cachère.

Surenchère droitière ? Chouette alors !

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Le discours prononcé par Sarkozy à Grenoble a provoqué comme on pouvait s’y attendre de nombreuses réactions. Peu variées mais nombreuses. Ce n’était pas le premier sur ce thème et sur ce ton mais on ne peut pas dire que les critiques aient brillé par leur originalité. Comme d’habitude, comme pour les peines-plancher ou l’interdiction de la burqa, les propositions avancées sont inacceptables et inapplicables, scandaleuses et anticonstitutionnelles, contraires à notre histoire et à nos valeurs.

Le braillomètre s’affole : c’est bon signe !

Même si ces réponses au gouvernement prennent des airs pavloviens, quand le braillomètre s’affole, on ne boude pas son plaisir et quand la Ligue des Droits de l’Homme nous met en garde, quand la LICRA contacte le MRAP pour envisager une action en justice concertée (après les propos tenus sur les roms), on peut espérer que la répression qui suivra sera à la hauteur de nos besoins.

Nos vœux pourraient être bientôt exaucés car les 537 camps de « gens du voyage » illégaux, connus depuis longtemps des pouvoirs publics et dans lesquels la police n’entre pas vont être évacués. Est-ce le début d’une reconquête de nos territoires perdus ?

On dénonce partout une surenchère droitière. Je m’en réjouis parce que, dans l’épreuve de force engagée entre le pouvoir et le crime, la surenchère reste la bonne solution à moins de lui préférer l’attentisme ou la défaite, ou de chercher une autre voie mais pas trop longtemps.
On peut aussi regretter que les choses n’aillent pas plus vite et déclarer avec le Front national « Assez de bavardages ! », mais en démocratie, le rouleau-compresseur de la loi avance très lentement, respecte la signalisation des contre-pouvoirs, et son carburant, c’est l’opinion. Il faut donc commencer par la gagner. Ce qu’on peut espérer, c’est, qu’une fois lancé, rien ne l’arrête. Sur ce plan-là, les images récentes d’une expulsion de clandestins à la Courneuve, visibles sur le site du DAL, peuvent nous rassurer.

J’ose espérer que ces discours sécuritaires ne visent pas seulement la réélection mais qu’ils tâtent le terrain et préparent l’action. On lance une idée, puis des sondages et on sait (à la louche) de combien de divisions électorales on dispose avant de lancer une offensive. Ça peut sembler vulgairement populiste et on pourrait se contenter de demander son avis à Robert Badinter, ce qui serait beaucoup plus distingué et assurément constitutionnel. Moi, je ne suis pas fâché qu’on se soucie de mon opinion, et même de mes bas instincts de survie.

Quand les propositions présidentielles désacralisent le droit du sol ou l’irrévocabilité de la nationalité française, la plupart des analystes ont mal à la Constitution. À les entendre, c’est l’âme de la nation qui est menacée. J’ai peut-être l’âme bien accrochée, mais je ne crains pas de la voir tomber à la première secousse, au premier coup rendu ni même à la première révision des principes généreux et fondateurs de notre République comme le droit du sol.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Les révolutionnaires qui ont pensé notre Constitution ont voulu faire de la République naissante la terre promise de tous les amants passionnés de la liberté. Ce phare de la civilisation occidentale qu’était notre nation a attiré des étrangers qui sont venus donner un peu de cœur contre de l’égalité, du courage contre de la liberté et de la reconnaissance contre de la fraternité.

Aujourd’hui, parce que nous avons manqué d’exigence selon les uns, parce que nous avons cessé de briller selon les autres, la France n’a plus l’immigration qu’elle mérite et nous avons un problème d’intégration qui ne cessera de s’aggraver du fait de la démographie des arrivants du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, comme on dit pudiquement au CNRS. Il faut être aveugle ou journaliste à France Inter pour ne pas voir le rapport entre délinquance et immigration. Veut-on que le pays entier ressemble un jour aux quartiers nord de Marseille parce que nous aurons tenu à rester fidèles à une Constitution faite en d’autres temps et pour d’autres mœurs ?

Alors on fait quoi ? On ne change rien et on se laisse submerger par une criminalité et une hostilité grandissante à la culture française parce qu’on est les Lumières ou on cherche des solutions ?

Il n’est pas envisageable de renvoyer dans leurs pays d’origine des générations de Français d’origine étrangère mais il ne me paraît pas indigne de commencer à pratiquer une discrimination salutaire. Pourquoi ne pas séparer le bon grain de l’ivraie sur les critères de l’honnêteté des intentions et des pratiques et expulser les mauvais Français d’origine étrangère pour épargner aux bons enfants d’immigrés toute stigmatisation et les préserver du racisme dont ils sont victimes ?

Non au passeport à points ? Et pourquoi pas ? Français à l’essai ? Et alors ? Si nés de parents étrangers, vous devenez criminel multirécidiviste, si vous voulez pratiquez l’excision, la polygamie ou porter la burqa, ou rester membre, même passif, d’Al Qaïda, la France devrait pouvoir vous dire que « Non, désolés, il y a eu méprise, vous vous êtes trompés de pays, sans rancune, le monde est vaste et bon vent ».

Où irez-vous ? Ce n’est plus un problème français, il fallait y penser avant.
Cette solution qui aurait l’avantage de nous débarrasser des individus irrécupérables pour la France et d’inviter les autres à plus de respect et de zèle dans l’effort d’intégration pose d’autres problèmes, j’en suis conscient mais il va bien falloir les affronter ou chercher d’autres pistes si on ne veut pas disparaître en tant que peuple.

« On ne naît pas forcément Français, on peut le devenir. Mais quand on l’est, sauf exception rarissime, c’est pour toujours », nous rappelle notre causeuse en chef. Ce n’est pas une loi naturelle, c’est une loi française que la France peut défaire et doit revoir si elle veut sauver sa peau.

Un accommodement raisonnable : couper la main des voleurs…

Elle en perdrait son âme, nous dit-on. C’est à croire que l’âme de la France, ce n’est pas son peuple en voie de colonisation on ne peut plus constitutionnelle, ce ne sont pas ses vieux contraints dans les quartiers de leur enfance de descendre du trottoir pour ne pas être bousculés, ce sont les principes gravés dans le marbre de sa Constitution.

Un droit du sol relatif, sous conditions, une terre d’accueil qui n’accueillerait pas de façon automatique et irrévocable, ce n’est ni indigne ni contraire à notre histoire. Ce qui l’est en revanche, c’est de se laisser envahir et de disparaître sans le moindre esprit de résistance, sans la moindre envie de Jeanne ou de Charles.

Pour ceux qui se livrent au gendarmicide, c’est autre chose. L’idée a été avancée par Sarkozy qu’on pourrait déchoir de sa nationalité un Français d’origine étrangère qui n’aimerait pas la France au point d’avoir attenté à la vie d’un de ses représentants. Je ne suis pas opposé à cet aménagement de la loi par principe mais je doute qu’en réalité, la réponse soit bien adaptée. D’abord, parce que si on prend le cas de Karim ou de Luigi, je ne vois pas bien l’intérêt de les défranciser et que les tueurs de flics, je les préfère français et morts qu’apatrides et vivants.
Ensuite parce que pour ceux qui se laissent arrêter, la perpétuité est prévue et que les prisons étant plus étanches que nos frontières, ils sont mieux à l’ombre qu’au soleil. Par contre, la mesure pourrait s’appliquer à ceux de leur communauté qui ont mis quartier et village à sac et sont venus par centaines les enterrer, affichant une nette préférence pour des tueurs de leur ethnie que pour les lois de leur pays d’accueil.

Cela dit, je doute que cette proposition soit très dissuasive car en réalité, être Français, ceux qui tirent sur la police s’en fichent.

On pourrait d’une seule mesure combattre la délinquance et faciliter l’intégration en s’inspirant de l’exemple de Martin Hirsch qui, en déclarant que l’intégration serait réussie le jour où « des catholiques appelleraient leur enfant Mohammed » , a fait progresser l’idée « d’accommodement raisonnable ». Allons plus loin et intégrons à notre système pénal une loi issue des cultures d’origine des derniers arrivés. Nous pourrions par exemple couper les mains des voleurs multirécidivistes.

Mais ça, vous verrez que ce n’est pas constitutionnel. Décidément, on ne peut rien faire !

Belgique, le pays à plat…

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Belgique

Belgique

C’est un pays « en voie d’évaporation » (dixit le séparatiste flamand Bart De Wever, grand vainqueur des élections législatives du 13 juin) qui vient de prendre, le 1er juillet, la présidence de l’Union européenne. De quoi justifier le titre du récent livre de Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles : Belgique, laboratoire de la désunion européenne, publié aux éditions du Cygne.

[access capability= »lire_inedits »]L’Europe est donc présidée par un pays sans gouvernement, car celui issu des dernières élections législatives ne devrait pas être constitué avant l’automne. Voilà qui laisse toute latitude à un autre Belge, Herman Van Rompuy, alias « Mr Nobody », pour donner toute la mesure de son impuissance à gérer le chaos provoqué par le désaccord de plus en plus profond entre l’Allemagne de Merkel et la France de Sarkozy. Président permanent du Conseil européen, voilà qui fait classe sur une carte de visite ! On aurait d’ailleurs dû le nommer président perpétuel, comme le secrétaire de l’Académie française, pour donner encore plus de poids symbolique à une fonction où il peut tranquillement ciseler ses haïkus, dont il est un auteur compulsif.

La Belgique s’évapore

L’« évaporation » de la Belgique, accélérée par les chaleurs estivales, ne devrait pas être sans conséquence sur l’ensemble du système institutionnel européen : quand ça s’évapore, personne n’est à l’abri du destin des méduses échouées sur le sable par grand soleil : au bout de quelques heures, il n’en reste qu’une petite tache humide sur la grève. Il faut espérer que cette disparition par passage de l’état solide à l’état gazeux épargne les talentueux auteurs belges de BD, qui sauront mettre en image l’évaporation du Berlaymont, de Van Rompuy, de Barroso et de la trace verte que « Dany le Rouge » aura laissée sur le pavé bruxellois. À la rentrée, Bernard Guetta fera une grave dépression et fondra tous les matins en larmes sur France Inter. Cela nous consolera de l’éviction de Stéphane Guillon.[/access]

Cocufiage : faudrait pas se tromper !

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Une longue et coûteuse enquête, menée par Christopher Ryan et Cacilda Jetha vient d’aboutir cette année à la publication de leurs conclusions sous forme d’un pavé de plus de 400 pages, gracieusement intitulé Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality. Les auteurs y répondent à cette lancinante question qui taraude même les plus ingénues d’entre nous depuis la nuit des temps : pourquoi les hommes trompent-ils leur femme ? Et bien, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autres choses, Mesdames, car Christopher Ryan et Cacilda Jetha ont découvert le fin mot de l’histoire.

Comme pour l’art de faire un créneau ou celui, plus téméraire encore, de trouver le beurre dans le frigo, il faut remonter à l’époque, visiblement très constructive, où nos ancêtres, même pas Gaulois, se prélassaient dans des grottes, réfléchissant à la répartition des tâches ménagères.

Et ils décidèrent ceci : nous, les hommes, on a la testostérone qui se raréfie avec l’âge. Donc, faut qu’on se stimule la guimauve et pour ça y a un truc, faut qu’on se mette en contact avec d’autres gonzesses qu’on connaît pas encore. Ils se sont mis d’accord sur le chiffre d’une remontée de 14% de la précieuse substance, arguant que la régulière était priée de pas trop la ramener vu qu’elle profiterait, elle aussi, du regain d’activité de son cher et tendre sous la couette en peau de pécari. Bien, bien.

J’ignore totalement comment on calcule le taux de testostérone, mais du fond de ma cuisine, arrosant le gigot d’une main et branchée sur radio confidences des copines de l’autre, j’aurais pu, moi aussi, vous livrer mon expertise. Car la vraie question n’est pas de savoir pourquoi les hommes trompent leur femme, mais pourquoi eux, ils se font toujours choper.

Parce que quand un homme galipette hors des liens sacrés du mariage, en général, c’est avec une femme, non ?

Les Français peuvent gagner

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Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.
Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.

L’athlétisme, tout le monde s’en fout. C’est un peu comme pour les fléchettes ou le curling : y a jamais grand-monde pour assister aux championnats du monde de ces disciples à la noix. L’athlétisme est une discipline à la noix.

Athlètes du sexe : je dis oui !

Je ne dis pas : les athlètes, je ne crache pas dessus. Qu’il s’en présente seulement un, bien gaulé, les épaules larges, le muscle saillant, le petit cul rebondi dans un short moulant, et je peux lui rechanter la Chevauchée des Walkyries sur tous les tons. Certes, ce n’est pas gagné d’avance – sauf si l’athlète en question concoure en handisport et qu’un esprit bien intentionné a pris soin de lui enlever les roues de son fauteuil. Et de l’attacher solidement, on n’est jamais trop prudent. J’ai une vraie passion pour les athlètes. Une passion d’esthète[1. Je ne me fais pas d’illusion : les athlètes sont tous gays.]. Mais de là à m’inquiéter des résultats, voire de la présumée existence de « championnats du monde d’athlétisme », faut pas courir ! Enfin si, justement, il faut courir, mais ne m’interrompez pas !

Or, voilà que j’apprends que des Français auraient participé à une telle compétition et que – ô miracle – ils en auraient rapporté des médailles : 18 en tout, dont 8 en or. Et le pays tout entier célèbre ses champions.

Primo, il faudrait apporter la preuve incontestable que des « championnats du monde d’athlétisme » existent réellement. Deuxio, que lesdits championnats se soient bien déroulés à Barcelone. Tertio, que des Français aient pu avoir été admis à y participer, après l’effroyable pâtée que leur équipe nationale s’est prise en Afrique du Sud : c’est la première fois, depuis 1940, qu’un aussi grand nombre de Français ont demandé la nationalité allemande, rien que pour faire partie du grand pays qui a remporté la petite finale, lui.

Barcelone : l’Equipe de France victorieuse

Admettons que tous ces doutes soient levés – ça m’étonnerait, quand même, qu’il y ait des gens assez cinglés pour organiser un meeting international où des types courent en short –, il n’en demeure pas moins qu’autant de victoires françaises laisseraient songeur plus d’un honnête homme. La présumée victoire de l’équipe nationale de France d’athlétisme à Barcelone nous invitent donc à quelques menues réflexions :

1. La France court vite, merci la Police. Si le Français est aussi bon à la course à pied, c’est qu’il est entraîné : il a appris à se déplacer très vite du lieu de son larcin vers le transformateur EDF le plus proche. Pour la prochaine coupe du monde de foot (le seul sport qui vaille de vider des bières devant une télé), il faudrait que les forces de l’ordre adoptent une autre tactique d’entrainement avec les jeunes délinquants, afin qu’ils maîtrisent autre chose que la course.

2. Les Français sont des coureurs. Le problème est qu’ils ne savent faire que cela : Franck Ribery l’a montré avec une incomparable maestria.

3. Les Français ont tout dans les jambes. Rien dans la tête. Pour courir, c’est sûr, il vaut mieux avoir les mollets musclés. Pour jouer au foot, un peu de « mental » est requis. D’ailleurs, il faut être sacrément con pour aller à Barcelone et s’y enfermer des journées entières dans un stade. Il y a tellement de choses plus saines à faire dans cette ville exceptionnelle : visiter la Fondation Miró, prendre une ligne de coke, aller baiser des putes, jouer à la corrida avec des nationalistes catalans, se refaire une ligne de coke.

Bien entendu, aucune de ces questions essentielles ne trouvera de réponse. La France ne veut pas savoir. Elle ne veut pas entendre que l’athlétisme, franchement, tout le monde s’en fout. On lui souhaite néanmoins de remporter d’autres victoires mondiales. Ping-pong, curling, fléchettes, lancer de nains : les Français n’ont, pour exceller, que l’embarras du choix.