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Martine Aubry en boucle

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Une France forte, juste, confiante. Hier matin, c’était les vœux de Martine Aubry à la presse et au monde. Salle comble de journalistes guettant la petite phrase prémonitoire, ou l’inflexion de ton qui pourrait laisser croire que, ou que non. En vrai, rien entendu concernant une candidature ou pas. Juste une feuille de route, des promesses sur les promesses à venir et l’inévitable citation de l’indignation à la sauce Hessel.

Qu’allait donc la presse pouvoir se mettre sous la dent? D’autant qu’Aubry a pris ses aises, elle bavarde bien longtemps après le discours, trinque avec les journalistes, lâche quelques blagues et serre les mains sans râler.

Mais heureusement nous avons trouvé LE sujet de conversation : l’an passé on avait tous glosé sur Martine Aubry qui brillait de mille feux à la tribune puisqu’elle portait des nouvelles boucles d’oreille genre diams fantaisie et était fort bien maquillée. Cette année, elle avait quasi les mêmes boucles, et le même fond de teint. Autant dire qu’il est difficile d’en tirer des conclusions probantes sur son agenda 2012. Sauf que moi, j’ai vu un truc: elle portait des talons, et d’au moins 5 centimètres. Ça, si prouve pas qu’elle va être candidate, je me fais footballeur au PSG!

Et n’allez surtout pas me dire que ce micro changement de look n’a pas de signification politique. Après tout, comme l’a déjà expliqué ici Aimée Joubert, François Hollande, que tout le monde avait oublié, n’est redevenu crédible et présidentiable aux yeux de la presse de gauche que depuis a fait un régime…

Plongée sous Marine

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photo : Gueorgui Tcherednitchenko

Précision liminaire : n’ayant d’expérience sensible du personnel politique frontiste qu’à un niveau local, dans une région où l’influence électorale du FN est supérieure à la moyenne nationale (la Haute-Savoie), je n’ai aucune prétention à imposer une vision globale et scientifiquement étayée de ce parti comme organisation agissant dans le champ politique national.[access capability= »lire_inedits »]
Néanmoins, l’observation des structures du Front national à cette échelle pendant deux décennies vient corriger les images successives de ce parti élaborées dans les cercles universitaires et médiatiques de la capitale.

Loin des grandes villes, où les ténors de l’extrême droite étaient issus des traditions remontant à l’Action française et au collaborationnisme pour les plus anciens, aux combats anticommunistes et pour l’Algérie française pour la génération suivante, le FN des petites villes et des campagnes vit naître ses électeurs avant ses cadres.

À l’exception de Dreux, première conquête électorale significative, en 1983, d’un parti jusque-là groupusculaire, œuvre des époux Stirbois, bien implantés dans le secteur, aucun réseau militant n’existait en dehors des cénacles d’extrême droite que Jean-Marie Le Pen était parvenu à fédérer autour de sa personne. Après le succès électoral du parti aux élections européennes de 1984 (11% des suffrages et 10 députés) et surtout aux législatives de 1986 (à l’issue desquelles le FN profite de l’instauration du scrutin proportionnel pour rafler 35 sièges avec 10% des voix), on assiste à l’émergence d’un personnel politique frontiste à l’échelle nationale et locale.

Dans un premier temps, on peut distinguer les « historiques », compagnons de route du « chef » Jean-Marie dans les années de maigre moisson électorale, entre 1958 et le début des années 1980. On y retrouve des anciens de l’OAS, comme Roger Holeindre, des technocrates proches du Club de l’Horloge, comme Bruno Mégret et Jean-Yves Le Gallou, des idéologues actifs dans l’Université, comme Bruno Gollnisch et Jean-Claude Martinez. Ceux-là constitueront la garde rapprochée de Le Pen au Parlement européen, avant de se rallier à la dissidence mégrétiste de 1998, à l’exception de Holeindre et de Gollnisch.

L’insondable médiocrité des militants de terrain

Les succès électoraux ont ensuite amené dans les assemblées locales une génération de « militants de terrain » dont certains étaient adoubés par le « chef » pour devenir le petit chef du coin. Ce sont eux dont va hériter Marine si elle l’emporte sur Gollnisch le 16 janvier 2011, ce qui ne semble pas hors de sa portée si l’on en croit les augures bien informés.

Pour ceux que j’ai l’occasion d’observer dans mon rayon d’action, on ne peut que constater l’insondable médiocrité de ces gens, dont la plupart ont débarqué au Front après avoir échoué avec constance à accéder au statut de notable dans la droite dite classique ou républicaine. D’ailleurs, les seuls qui disposaient d’un minimum de charisme personnel ou de savoir-faire politique se sont éloignés, une fois élus avec l’étiquette FN, d’un parti qui les embarrassait plus qu’il ne les aidait. Ce fut le cas, entre autres, d’un Jacques Bompard à Orange ou d’un Jacques Peyrat à Nice, mais ils ne furent pas les seuls.
Ceux qui restent, donc, élus régionaux pour la plupart − toujours le scrutin proportionnel ! − doivent leur statut aux décisions du sommet et aux contributions financières apportées au FN pour figurer en position éligible sur la liste. C’est l’astuce qu’avait trouvé Jean-Marie Le Pen pour renflouer les finances toujours chancelantes d’une organisation dont il tient encore seul les cordons de la bourse.

On peut aisément imaginer que ce processus de sélection des cadres n’amène pas sur le devant de la scène des aigles en politique, ni même des faucons…
Petits-bourgeois vaniteux, hobereaux hautains mais bien dotés, commerçants enrichis victimes du mépris de la haute bourgeoisie trouvent au Front l’occasion de prendre une revanche sur « l’établissement » local qui les a snobés pendant des décennies. De convictions, ils n’ont guère, à la différence des membres de l’extrême droite révolutionnaire et fascisante du siècle dernier. Ils n’aiment pas les « bougnoules », certes, mais ils sont loin d’avoir le monopole de cette détestation… L’antisémitisme n’est pas leur tasse de thé, car c’est trop compliqué et peu payant électoralement. Les cathos intégristes les gonflent aussi, car c’est plus le bistrot que la sacristie qui vote pour eux et qui colle leurs affiches.
Si elle veut vraiment changer le FN, Marine devra, selon la formule de Brecht, dissoudre son peuple et s’en élire un autre…[/access]


Avec ceux du FN : un sociologue au front national

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Et si c’était Hollande ?

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photo : idf-fotos

Je ne lirai pas l’interview de François Hollande dans Libération. Je sais d’avance ce qu’il y a dedans. En revanche, j’ai lu l’édito de Laurent Joffrin dans le même quotidien, car en ce début d’année, je ne recule pas devant une occasion de bien rire. Et pour le coup, j’ai vraiment ri.

« Si c’était lui », nous dit le futur-ex patron de Libé, paraphrasant le titre fameux qui avait lancé la candidature de l’ex-compagne de Hollande dans la primaire socialiste en 2006. À l’époque, Joffrin, patron du Nouvel Obs, avait largement contribué à imposer Ségolène Royal chez les socialistes, alors qu’en vrai, personne de sensé ne pensait à elle. On imagine que se souvenant de son succès (relatif quand même, elle n’a pas été élue à l’Elysée je rappelle) Joffrin veut jouer à nouveau au démiurge médiatico-socialiste.

On a bien compris, DSK est le candidat premier choix de la presse. Sauf que vu la date choisie pour l’organisation des primaires, et l’inconnue absolue des intentions et envies du directeur général du FMI, la presse progressiste de gauche ne peut pas prendre le risque de rester les bras ballants alors que le compte à rebours à l’air lancé. Alors, il faut choisir : Mélenchon ? Trop populiste ! Aubry ? Archéo. Bayrou ? Imprévisible ! Chevènement ? Réac ! Montebourg ? Vous rigolez ? Royal, Déjà vu ! Valls, trop ouvertement de droite, même si un paquet de rédacs chef de Libé pensent comme lui… Reste alors le brave François H., ami des journalistes et des éditorialistes qui donnent le la dans le poste.

Depuis deux ans, tout en suivant un régime drastique (il faut déjeuner avec lui pour mesurer les dégâts sur la civilisation du fromage blanc et du bar rôti avec ses légumes vapeur), François Hollande n’a pas arrêté de dîner en ville. Montrant son « sérieux », son « sens de l’humour » (Joffrin dans le texte) et réussissant à « faire oublier » ses années à la tête du PS. Oui, amis journalistes, ces années à la tête du PS se sont soldées par deux défaites de la gauche à la présidentielle. C’est dire s’il est bien armé pour gagner contre Sarkozy.

Mais dans le fond, ce n’est pas là le sujet des éditorialistes de la gauche médiane. Ce qui compte, c’est que la gauche se dote d’un candidat sérieux, social-démocrate, européiste, modéré, travailleur et bon camarade à table (même s’il overdose au fromage blanc). D’ailleurs moi un type qui perd 30 kilos et gagne des cheveux à l’approche d’une élection dans son parti, ça aurait plus tendance à me foutre la trouille qu’à lui filer ma voix, mais, Dieu merci, je ne suis pas un éditorialiste mâle de plus de 50 ans. Pour eux, c’est un gage de sérieux. Les mêmes qui à longueur de colonnes te vendent le droit à la différence, l’exigence de discrimination positive, veulent un leader homme de plus de 50 ans capable de perdre des kilos…

Le candidat sérieux en tous les cas, va bizarrement remonter dans les sondages. On parie ? Il va parler au dessus de la mêlée des socialistes, de problèmes sérieux comme la fiscalité ou la politique étrangère. Et continuera à faire des blagues en off, la spécialité de Hollande. Je ne sais pas si les militants qui doivent voter en octobre prochain seront dupes. Ou conquis. Mais ceux qui s’imaginaient que les primaires ouvertes, libres non faussées, devaient redonner le choix du candidat aux militants et sympathisants de base se sont gravement fourrés le doigt dans l’œil. La presse de gauche moribonde veut continuer à choisir le bon candidat. C’est son dernier droit régalien: continuer à faire perdre les socialistes à la seule élection majeure.

Basile ouvre l’Asile

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Un communiqué de Basile de Koch :

Comme son nom l’indique, Asile de Blog, mis en ligne à partir de ce jour sur Causeur, sera le refuge de ma Weltanschaaung et de ceux qui s’y retrouvent (les veinards).

Dans ce but, il colligera progressivement l’ensemble de mes discours, messages et notes de blanchisserie des origines à nos jours. Parallèlement il est appelé à accueillir, au fur et à mesure, tout ce qui me passera par la plume à force de « regarder, écouter, lire », comme disait Lévi-Strauss.

Et bien sûr, il vous dirigera le cas échéant vers la Boutique ®, où vous trouverez les incunables du Groupe d’Intervention Culturelle Jalons ® et de son Président à vie auto-proclamé (livres, parodies, publications diverses, vidéos, T-shirts, etc.)

P.S. : Tu crois que c’est payé chez Causeur, une brève comme ça ?

En Côte d’Ivoire, les cotes varient

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Si Alassane Ouattara lit Libération, il a des soucis à se faire. Celui qui, il y a quelques jours à peine, était exclusivement qualifié dans ces colonnes-là de « président ivoirien reconnu par la communauté internationale » est aujourd’hui rétrogradé à l’appellation beaucoup moins contrôlée de : « l’un des deux présidents ivoiriens proclamés »

C’est la règle immuable de tous les jeux à somme nulle : si Ouattara perd du terrain dans la partie, son adversaire en gagne fatalement. La preuve, c’est toujours dans Libération qu’on la trouve. Ainsi, Laurent Gbagbo que Libé appelait encore il y a une semaine « le président déchu » est désormais cité par le même Libé comme étant « l’autre président proclamé »

Reste à savoir désormais quelle formule protocolaire utilisera Michel Denisot au Grand Journal de Canal, dont Gbagbo est l’invité-surprise ce soir. On voit mal Michel lui donner du « Monsieur l’ex-Président » ou du « Monsieur l’autre Président proclamé » et encore moins du « Monsieur le Déchu ». On peut plus raisonnablement penser qu’il choisira de procéder, comme il est d’usage pour un Chirac, un Giscard ou tout autre ancien chef d’Etat, et de s’adresser à son invité en l’appelant « Monsieur le Président ». Auquel cas, rien que pour entendre cette musique si douce à ses oreilles, Gbagbo n’aura pas fait le duplex pour rien…

Omission européenne

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photo : cemre

Une « bourde ». C’est ainsi qu’un porte-parole de la Commission a qualifié l’atterrante affaire de l’agenda Europa, fabriqué à 3 millions d’exemplaires malgré les restrictions budgétaires auxquelles nous sommes quotidiennement conviés. Il est vrai que cet agenda est destiné à l’édification des lycéens d’Europe. Avec les valeurs, on ne marchande pas. Seulement, à ce stade, il ne s’agit plus d’éducation, mais de rééducation. Ça ne vous rappelle rien ?[access capability= »lire_inedits »]

Au moment où les chrétiens sont physiquement massacrés en terre d’islam, ils sont donc culturellement effacés par les bureaucrates désincarnés qui gouvernent l’Union européenne. L’agenda concocté par leurs soins mentionne en effet, dans un bel élan d’ouverture à toutes les cultures, les fêtes musulmanes, juives, sikhes et bouddhistes. Mais, je vous le donne en mille : ils ont oublié les fêtes chrétiennes. Oui, oublié ! À la page du 25 décembre, on peut lire cette maxime : « Un véritable ami est quelqu’un qui partage vos préoccupations et votre joie. » Il fallait oser.

Le pire, c’est qu’il s’agit sans doute d’un véritable oubli. Avec ce lapsus par omission, c’est leur inconscient qui a parlé : et dans leur inconscient, l’Europe est éternellement coupable, des croisades à la colonisation en passant par le nazisme. Puisqu’il y a des siècles, elle a cru devoir et pouvoir imposer sa culture, ses mœurs, ses valeurs et, il est vrai, ses intérêts au monde entier, il lui faut aujourd’hui rayer jusqu’au souvenir de son passé. D’ailleurs, Herman Van Rompuy, le président que nous attendions tous, n’en a pas fait mystère : « Le temps de l’Etat-nation homogène est terminé », a-t-il déclaré il y a quelques mois. Pour les malentendants, notre estimable PDG voulait dire que le temps des peuples était fini et que l’avenir radieux était celui des minorités triomphantes et vindicatives. On sait bien que le minoritaire est forcément victime et que la victime a toujours raison.

Il y a cinq ans, lorsqu’ils rédigeaient la défunte Constitution que ces salauds de peuples eurent le front de rejeter, ces grands idéalistes avaient déjà refusé de mentionner les racines chrétiennes du Vieux Continent, jugeant sans doute que cette réécriture de l’Histoire garantissait leur appartenance éternelle à l’Axe du Bien. Il est vrai que condamner les crimes d’hier est plus gratifiant − et moins risqué − que de s’occuper de ceux d’aujourd’hui.

En parlant d’Axe du Bien, je ne me suis pas encore infligé la lecture du manuel d’indignation de Stéphane Hessel, qui est en passe de remplacer la Bible dans la bibliothèque de nos médiatiques directeurs de conscience – et on lira avec jubilation l’exécution en règle à laquelle se livre Mourad Kiddo (page 26). Mais quelque chose me dit que le sort des chrétiens dans le monde arabo-musulman ne fait pas partie des motifs d’indignation de cette grande âme devant laquelle nous sommes tous sommés de nous prosterner. Pour cet éternel résistant, la retraite à 62 ans, c’est bien plus grave que les roquettes envoyées par le Hamas sur des civils qui ont le grand tort d’être israéliens. Et puis, si les coptes ou les chrétiens d’Irak sont aussi arabes que leurs concitoyens, « chrétien », c’est un peu comme « blanc ». C’est mal, et même ringard. Mais je fais un procès d’intention parce que, je le répète, Hessel n’a pas le temps de s’indigner de leur sort. On ne peut pas être partout. Sans compter que s’inquiéter sur le sort des chrétiens reviendrait sans doute à stigmatiser les musulmans, qu’ils soient d’ici ou de là-bas.

Pour les concepteurs de l’agenda Europa, comme pour Hessel, l’amour des autres doit être synonyme de haine de soi. Sauf que ce n’est pas eux-mêmes qu’ils haïssent, mais nous, les peuples d’Europe. Et si nous persistons à ne pas penser comme il faut, il faudra bien nous changer. Pour notre bien.[/access]

Trente ans de solitude

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Cornelius Dupree Jr a un nom qui aurait pu être celui d’un chanteur de doo wop dans les early sixties. Mais Cornelius Dupree Jr n’aura pas tellement eu l’occasion de chanter dans sa vie. Il vient en effet de passer trente ans derrière les barreaux d’une prison texane, ce qui signifie qu’il y est entré à 21 ans en 1980 pour en ressortir en 2010 à 51 ans. C’est long. Surtout quand on est innocent.

Expertise ADN

Parce que figurez-vous que Cornelius Jr est innocent. Bien qu’il soit noir comme plus de la moitié des détenus états-uniens, Cornelius Dupree Jr a été blanchi. Il a fallu pour cela une expertise ADN du viol et du vol en 1979 d’une jeune femme, laissée pour morte sur une autoroute, qui était persuadée de l’avoir reconnu.

Ce n’est pas de chance pour Cornelius. Les Noirs se ressemblent un peu tous. Regardez les groupes de doo wop, justement. Allez faire la distinction entre les Orioles, les Coasters, les Drifters ou les Temptations. À la voix, peut-être, et encore… Les vieux scopitones sont d’un flou…Et la nuit, si Ben. E King tente de vous violer, comment savoir si ce n’est pas Sam Cooke? Ou Cornelius Dupree Jr ? Tiens, Sam Cooke… Cooke était une des plus belles voix de la soul. Cela ne l’a pas empêché de mourir abattu dans des conditions assez mystérieuses par la tenancière d’un motel en 1964. Il paraît qu’il maltraitait la prostituée qu’il avait amenée avec lui. Il paraît aussi qu’il énervait beaucoup de monde par sa célébrité qu’il mettait au service des droits civiques. Les Noirs, surtout jeunes, meurent souvent par balles. Question d’ADN, si ça se trouve, de prédisposition génétique…

Non, Cornelius Dupree Jr n’a vraiment pas de chance : en plus d’être noir, il est texan. Le Texas, dans le genre, c’est pire que la Californie où même les gouverneurs républicains comme Schwarzie finissent presque par être de gauche. Le Texas, c’est plutôt la country que le doo wop. C’est vrai, la country n’est pas forcément de droite comme les groupes de doo wop ne sont pas forcément noirs. Mais enfin, il y a des tendances lourdes, comme pour la répartition ethnique des détenus dans les prisons américaines.

Le Texas, c’est l’ancien Etat du président Bush junior du temps qu’il était gouverneur. Une sorte de laboratoire. Dieu et mon droit. Dieu et mon flingue. Dieu et ma country. Dieu et ma peine de mort. Dieu et mes lobbies anti-avortement. On ne m’a toujours pas expliqué comment les chrétiens fondamentalistes du Texas s’arrangent avec leur charia blanche : si on respecte la vie au point d’attaquer et de tuer des médecins qui pratiquent des avortements, comment peut-on vouloir envoyer sur la chaise électrique un être humain, même si contrairement à Cornélius Dupree Jr, il est coupable ?

Au moins, en France, quand une femme politique se réclame ouvertement des valeurs chrétiennes, elle est cohérente : Christine Boutin est contre l’avortement, le pacs mais elle est aussi contre la mondialisation sauvage, la peine de mort et même la condition indécente faite aux détenus dans les prisons françaises. Comprenez-moi bien, je ne reproche pas au Texas d’être une quasi théocratie, je lui reproche d’être une quasi théocratie incohérente. Si on décide de mélanger la religion chrétienne et la politique, métaphysiquement, on est soit pour la peine de mort et pour l’avortement, soit contre la peine de mort et contre l’avortement. Bon, après, on peut dire qu’être pour l’avortement et contre la peine de mort est aussi une forme d’incohérence. Sauf si l’on admet que l’on est dans un pays où l’Eglise et l’Etat sont séparés depuis 1905 net que la science, contrairement à la religion, ne considère pas le fœtus comme un être humain.

Trente ans de prison, ça coûte cher au contribuable

Cornelius Dupree Jr n’a pas été condamné à mort. Sinon, son innocence, elle lui aurait fait une belle jambe. En 2000, déjà, un rapport publié par des gauchistes de l’université de Columbia montrait que 68 % des 5 760 condamnations à mort prononcées aux Etats-Unis entre 1973 et 1995 avaient dû être annulées en appel du fait d’erreurs judiciaires. Et c’était avant l’emploi l’ADN dans la révision des dossiers. Mais enfin, trente ans en prison, même si Cornelius Dupree Jr n’a pas accompli les soixante-quinze ans initialement prévu, ça doit coûter cher au contribuable. Je dis ça parce qu’aux Etats-Unis, c’est aussi un argument en faveur de la peine de mort. La peine de mort est moins onéreuse que la perpétuité. C’est devenu très sérieux, comme question économique, la prison aux USA. C’est la première industrie et le premier employeur dans de nombreux états. On commence à la coter en bourse. Il faut dire que 1%, grosso modo, de la population du pays est en prison, ce qui place les Etats-Unis sur un pied d’égalité avec ces deux autres grandes démocraties que sont la Chine et la Russie. De mauvais esprits[1. Par exemple le français Loïc Wacquant dans Les prisons de la misère (raisons d’agir) ou l’américain Mike Davis dans] osent une corrélation entre cette surpopulation pénale et l’absence de prestations sociales aux USA. En gros, plutôt le mitard que le RSA quand il s’agit de s’occuper de la misère.

Il faudrait demander à Cornelius Dupree Jr ce qu’il en pense. Et aussi ce qu’il pense de la politique du « condamné à tout prix », dénoncée par l’association, « Innocence Project » qui l’a fait libérer. Et éventuellement, inviter Cornelius en France pour qu’il apporte sa contribution au débat sur la nouvelle idéologie sécuritaire qui gagne notre République et qui va jusqu’à ethniciser la délinquance sans plus jamais poser la simple question sociale.

Cette question sociale qui n’a rien de commun avec une quelconque culture de l’excuse, ce reproche-ritournelle lancé à tous ceux qui commencent à se demander pourquoi, en matière de sécurité (que l’on ferait mieux d’appeler du beau mot de « sûreté » employé dans La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789), le bilan de la droite est aussi catastrophique depuis près de dix ans qu’elle est aux affaires. Au point qu’un ministre de l’intérieur n’ose même plus, sans de multiples contorsions, donner un bilan pour la nuit de la Saint-Sylvestre.

Boum, quand toute l’Europe fait boum

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Vous avez récemment été victime d’un attentat en Europe ? Mettons au cours de l’année 2009. C’est fort possible, Europol, l’office de la police intergouvernementale, notre joli FBI à nous, tendance gouda et tulipe (son siège se trouve à La Haye), en a recensé 294. Mettons que vous n’ayez pas de chance et que vous vous soyez retrouvés, par une hallucinante scoumoune ou un sortilège lancé par des malfaisants, à chaque fois au cœur de ces 294 attentats et que vous vouliez exprimer un légitime mécontentement, notamment à cause d’acouphènes persistants.

À qui devez-vous vous plaindre en priorité ? Eh bien d’abord, on vous conseillera d’éviter les vacances dans les Pyrénées. Les Basques, que ce soit sur le sol français ou espagnol en ont 237 au compteur. Loin derrière, nous trouvons des anarchistes, essentiellement grecs, qui n’ont pas hésité à faire parler la poudre 40 fois l’année où l’on a commencé à leur expliquer que leur nouveau gouvernement allait s’appeler FMI.

L’extrême droite, comme d’habitude grande diseuse mais petite faiseuse, n’a fait jouer ses artificiers qu’à quatre reprises pour protéger l’Occident Chrétien. Ils ont été néanmoins beaucoup plus actifs que les cellules dormantes, vraiment dormantes, des islamistes européens puisque ceux-ci se sont contentés d’une seule bombe, en Italie. Mais elle a sûrement fait beaucoup plus de bruit que les autres.

L’extrême droite n’existe pas

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Xénophobe assumé, Le Pen n’est pourtant pas d’extrême droite. Pas plus qu’un autre. Car l’extrême droite, c’est vous et lui. Autant dire personne. Comme le salaud, l’extrémiste, c’est toujours l’autre, un vague cousin couvert de l’opprobre du proscrit.

Revenons au commencement : Caïn serait-il le premier « facho » de l’Histoire ? Tuer son frère par jalousie… pas joli-joli. Si on prend au pied de la lettre la généalogie de la morale politique établie par l’intelligentsia des « sachants », le dernier rejeton d’Adam et Eve aurait brisé la gangue de l’amour universel pour créer l’« extrême droite ».[access capability= »lire_inedits »]

Cet objet politique non identifié voué aux gémonies éternelles répond à un besoin moral. Celui de se draper dans sa vertu antifasciste plutôt que de se frotter au réel qui pourrait piquer. Caïn et Le Pen constituent donc la face sombre du moralisme consensualiste dont on nous rebat quotidiennement les oreilles. Un antilepenisme conséquent chercherait au contraire à démoraliser le concept d’ « extrême droite » de façon à mener une lutte politique contre ses adversaires idéologiques sans leur céder le monopole du réel.

À cet effet, les plus brillants contradicteurs du Front national en ont dénoncé la xénophobie sans l’élever au rang de catégorie politique. Ainsi Pierre-André Taguieff a-t-il peu à peu déconstruit le mot et la chose après avoir usé ses guêtres à démontrer l’habile habillage sémantique de l’ethno-différentialisme de la Nouvelle droite version 1.0. Après moult tergiversations et controverses picrocholines avec ses confrères, le chercheur doit se rendre à l’évidence, incapable qu’il est d’identifier un quelconque dénominateur commun entre la myriade de petits courants qui composent l’extrême droite médiatique.

Il y a bien quelques idées lancinantes qui rôdent par-ci par là. Vient d’abord à l’esprit la nation, à travers des conceptions exclusivistes et charnelles dont l’embouchure formerait l’« extrême-France » chère à Fiammetta Venner. Aussi séduisante soit-elle, l’assimilation du nationalisme à l’extrême droite relève du raccourci pour antifascistes grisonnants. Des identitaires européo-régionalistes aux contre-révolutionnaires intégraux attachés aux formes archaïques de l’ancienne France, des franges entières de la droite de la droite rejettent la nation comme forme optimale de gouvernement. Par rupture avec le jacobinisme ou avec la nation moderne régie par un Etat souverain, l’idée nationale ne fait donc pas l’unanimité à l’extrême droite. Oublions les fétiches : le triptyque « Travail, Famille, Patrie » fut originellement forgé par le colonel de la Rocque, antifasciste et résistant héroïque, puis récupéré par Simone Weil qui y voyait l’illustration de la supercherie vichyste. Le mot de de Gaulle reste connu : Pétain n’a jamais travaillé ni fait d’enfant et il a, en prime, trahi la patrie en la vendant aux Allemands ! L’habit ne fait pas le moine.

Certes, me direz-vous, mais il reste une communauté de corps, d’esprit et d’ethnie qui rassemble le gros des « fachos » revendiqués. D’aucuns avancent pompeusement l’idée heideggérienne de « métaphysique de la subjectivité » qui ferait dire à Le Pen qu’il préfère sa fille à son cousin, son cousin à son voisin, son voisin à l’étranger, etc. Là où le bât blesse, c’est qu’un tel anti-universalisme n’est nullement l’apanage de l’« extrême droite ». Que l’on songe à Leur morale et la nôtre où, au nom d’une théorie du salut prétendument humaniste et généreuse, on peut tuer sans vergogne ses ennemis de classe.

Quant à la xénophobie proprement dite, elle fait partie des attributs les mieux partagés au monde. Si l’on s’extrayait un peu des cénacles centristes, on s’apercevrait que les partis xénophobes ont essaimé d’un bout à l’autre du champ partisan. L’antisémitisme de Staline n’avait pas grand-chose à envier à celui de Drumont. Les historiens des totalitarismes s’arrachent aussi les cheveux sur la nature exacte de la famine ukrainienne téléguidée par Moscou au début des années 1930, l’« oncle Joe » n’ayant pas été avare de métaphores ethno-raciales en ordonnant ce qui ressemble fort à un génocide. Est-ce à dire que, téléporté en 2011, le Petit père des peuples émargerait à quelque officine de la droite radicale ? Toujours du côté communiste, quoi de commun entre le natalisme forcené de Thorez et la bouillie libertaire que l’on entend aujourd’hui dans les travées de la Fête de l’Huma ? Assurément pas grand-chose. Un maurrassien, jadis figure paradigmatique de la droite extrême, ne retrouverait pas plus ses petits perdus dans un meeting du Front national ou du Bloc identitaire, réputés à tort de la même famille idéologique.

Baudrillard contre l’impasse du moralisme anti-Le Pen

Ces quelques exemples démontrent le caractère mouvant des positionnements politiques. Droite et gauche ne sont pas des invariants. Face aux bourrasques de la mondialisation, existent-ils encore ? Marine Le Pen, qui a lu Alain de Benoist, reprend à son compte la flatteuse dichotomie centre/périphérie, se rangeant immédiatement dans le camp des « petits » (enracinés) contre les « gros » (mondialisés). La manœuvre est habile, d’autant qu’elle rompt avec le « socialisme des imbéciles » qui avait marqué des générations de solidaristes noyant leur antisémitisme dans le poisson antilibéral.

En politique, les slogans ne devraient jamais être labellisés. C’est toute l’ineptie des « thématiques du Front national », ce chiffon bleu-blanc-rouge agité par nos élites intellectuelles, que d’enfermer la réalité sous le masque hideux de la « Bête immonde ». Protester contre les prières de rue et les atteintes à la laïcité, oui. Plaider pour une immigration régulée qui ouvre la voie à une assimilation en bonne et due forme, oui des deux mains. En bonne stratège, Marine Le Pen a adopté la vulgate républicaine et mis au placard les flatulences verbales de son père tout en s’éloignant des intégristes cathos, certes moins nombreux mais aussi peu attachés à la loi de 1905 que les barbus de la rue Myrha. Ce jeu de billard à trois bandes la rend quasi-inattaquable, sinon en pointant ses contradictions anti-fiscalistes et le caractère tardif de son credo assimilationniste.

À trop faire de l’ « extrémiste » un proscrit moralement incurable, les catéchumènes de l’antifascisme risquent de se retrouver fort dépourvus une fois le printemps électoral venu. Avec le ton prophétique qui le caractérise si bien, Baudrillard nous prémunissait déjà contre l’impasse du moralisme anti-Le Pen : « Voué au mal et à l’immoralité, Le Pen rafle toute la mise politique, le solde de tout ce qui est laissé pour compte, ou franchement refoulé, par la politique du Bien […] Le Pen est le seul analyseur sauvage de cette société. Qu’il soit à l’extrême droite n’est que la triste conséquence qu’il n’y en a plus depuis longtemps à gauche ni à l’extrême gauche. » Travailler à une critique radicale de la société serait le seul moyen efficace (mais laborieux) de contrer le monopole lepéniste du franc-parler. Amis contestataires, vous avez du pain sur la planche…[/access]

Pour une Livre, t’as plus rien ou bien

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Au matin du 3 janvier, les Anglais se sont réveillés avec une sacrée gueule de bois.
Abus de pudding, de dinde farcie, de Christmas Carols sirupeux ? Bien entendu, mais pas seulement. Comme prévu, George Osborne, le très rigoureux chancelier de l’Echiquier, a mis en application son projet d’austérité budgétaire drastique en relevant la TVA de 17,5 à 20%, ce qui classe désormais le Royaume Uni parmi les premiers taux d’Europe, et en augmentant sévèrement les prix de tous les transports publics (plus 6,8% pour le métro et le bus). Élu pour faire de la rigueur, David Cameron fait de la rigueur, qui pourrait lui en tenir rigueur ? Le Royaume est à la rue, la dette est abyssale, le temps n’est plus aux querelles sémantiques.

On pourra objecter que pendant la campagne le candidat David avait été très discret sur les moyens à employer. La hausse de la TVA n’avait pas été directement évoquée. Sauf par son ex-concurrent et vice premier ministre par la grâce d’une coalition de circonstance, l’inénarrable Nick Clegg. Pour l’écarter avec la dernière des fermetés. Mais Clegg s’était aussi vertueusement élevé contre les augmentations des frais universitaires qui viennent d’être triplés. Avec cette explication désarmante… Il ne soupçonnait pas l’ampleur du désastre des finances publiques britanniques. No comment.

On pourrait également critiquer le choix consistant à privilégier la hausse de la TVA. Même en tournant et en retournant le problème dans tous les sens, la TVA reste l’impôt indirect le plus injuste qui soit. Il frappe indifféremment et au même taux les riches et les pauvres, la Rolls comme les chips qui sont la nourriture de base du Brit désargenté, l’indispensable latte du matin dans son verre en carton recyclé comme le dernier cocktail avant extinction des feux au bar du Savoy.

Mais à la guerre comme à la guerre, l’heure est grave et les caisses vides.
Le Brit est par nature légitimiste et il accepterait bien sans broncher cette ponction si certains chiffres n’étaient venus chatouiller désagréablement son cerveau encore embrumé par deux semaines festives. La TVA augmente donc de 2,5%. Mais les vêtements bondissent en moyenne de 8%. Plus 4% l’inscription au fitness club de Soho pour ceux qui voudraient suer sur des engins de torture d’un autre âge après les excès réveillonnés. Admirer le sautillant Billy Elliot s’essayer aux entrechats au Victoria Palace Theater lui en coûtera 4,2% supplémentaires. Comme son Big Mac. Idem pour le cappucino du Starbuck sans lequel aucune bonne journée londonienne ne saurait vraiment commencer. Les augmentations grimpent jusqu’à 10% pour envoyer un texto à sa douce chez T Mobile, 20% chez O2. La Stella Artois qui fait ici fureur chez un public branché s’envole même de 22,6% !

« Ajustements saisonniers des coûts », marmonnent les détaillants. Ou plumage en rigueur du Londonien, premier consommateur national de loisirs et de fun ? L’Etat espère récupérer 2,3 milliards de livres dans la capitale. Un remake du passage à l’euro qui a laissé à tous les Européens de cuisants souvenirs ?

Et si George Osborne comptait sans le dire sur l’inflation pour réduire le déficit budgétaire ?
Imparable certes, mais dangereux. Toute reprise économique fondée sur des bases douteuses pourrait se révéler bien fragile, sans oublier ses effets pervers sur la création de richesses et l’épargne.
Or, la reprise, Osborne la sent venir, il en rêve la nuit, avec la foi du charbonnier ou de la méthode Coué. Les prévisions économiques de l’OBR (Office of Budget Responsability) lui assurent pour les deux ans à venir des lendemains glorieux, enfonçant rien moins que les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne et la France par la grâce de 500 000 emplois en moins dans le secteur public en 5 ans, des entreprises, des exportations et des investissements dopés par l’austérité et une rigueur exemplaire. Mais pas seulement. Beaucoup plus discrètement, Osborne compte surtout sur l’augmentation de la TVA pour financer… des réductions d’impôt. En particulier supprimer la tranche la plus élevée, celle qui concerne les revenus supérieurs à 150 000 livres sterling, pour consolider la position de premier centre financier mondial de la City. Un « paquet fiscal à l’anglaise » en quelque sorte. Osborne a-t-il vraiment étudié les résultats mitigés de la version française de la méthode et ses ravages dans l’opinion publique ? Il semble si sûr de lui qu’il s’est permis de tancer la zone euro, l’appelant à réformer son système bancaire, avec la rigueur bonhomme du père de famille avisé qui voit ses voisins filer à la cloche de bois. Et ce n’est certes pas l’opposition qui hésite à prendre une année sabbatique (sic) qui lui portera la contradiction… Le très pâle Ed Miliband, ectoplasmique chef du Labour, compte surtout sur les syndicats qui l’ont fait élire pour exploiter le mécontentement des usagers… et secrètement sur une sévère dérouillée des Lib-Dems aux prochaines élections. Un peu short en termes de programme.

Mais si ce n’est l’opposition, peut-être le poids des réalités économiques tempèreront-elles l’optimisme de Cameron. Comment appliquer un programme d’austérité sans avoir la moindre marge de manœuvre ? D’où viendra la croissance quand les réductions budgétaires vont contraindre le secteur public à abandonner tous les projets en cours (sauf dans le secteur nucléaire… Et un reniement de plus pour Clegg qui va décidément avoir bien du mal à s’asseoir dans les années qui viennent), et à supprimer des emplois en masse ?
On murmure déjà qu’un mystérieux plan B circule au HM Treasury (le Bercy local), bourré de mesures stimulantes en cas de panne de l’économie. On sait, depuis la jurisprudence Fabius, ce qu’il en est de la réalité des plans B. Mais les conservateurs ne sont pas fous. Le 28 avril prochain, les résultats économiques du premier trimestre vont officiellement tomber. Suivis dans la semaine par les élections municipales. Pris à la gorge après des années d’errance budgétaire travailliste, le Royaume-Uni a fait le choix d’une politique d’austérité dure, ne doutons pas que l’Europe aura les yeux fixés sur ces deux indicateurs. Pour en tirer éventuellement des enseignements et accommoder la sauce avec laquelle nous serons nous-mêmes mangés.

Martine Aubry en boucle

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Une France forte, juste, confiante. Hier matin, c’était les vœux de Martine Aubry à la presse et au monde. Salle comble de journalistes guettant la petite phrase prémonitoire, ou l’inflexion de ton qui pourrait laisser croire que, ou que non. En vrai, rien entendu concernant une candidature ou pas. Juste une feuille de route, des promesses sur les promesses à venir et l’inévitable citation de l’indignation à la sauce Hessel.

Qu’allait donc la presse pouvoir se mettre sous la dent? D’autant qu’Aubry a pris ses aises, elle bavarde bien longtemps après le discours, trinque avec les journalistes, lâche quelques blagues et serre les mains sans râler.

Mais heureusement nous avons trouvé LE sujet de conversation : l’an passé on avait tous glosé sur Martine Aubry qui brillait de mille feux à la tribune puisqu’elle portait des nouvelles boucles d’oreille genre diams fantaisie et était fort bien maquillée. Cette année, elle avait quasi les mêmes boucles, et le même fond de teint. Autant dire qu’il est difficile d’en tirer des conclusions probantes sur son agenda 2012. Sauf que moi, j’ai vu un truc: elle portait des talons, et d’au moins 5 centimètres. Ça, si prouve pas qu’elle va être candidate, je me fais footballeur au PSG!

Et n’allez surtout pas me dire que ce micro changement de look n’a pas de signification politique. Après tout, comme l’a déjà expliqué ici Aimée Joubert, François Hollande, que tout le monde avait oublié, n’est redevenu crédible et présidentiable aux yeux de la presse de gauche que depuis a fait un régime…

Plongée sous Marine

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photo : Gueorgui Tcherednitchenko
photo : Gueorgui Tcherednitchenko

Précision liminaire : n’ayant d’expérience sensible du personnel politique frontiste qu’à un niveau local, dans une région où l’influence électorale du FN est supérieure à la moyenne nationale (la Haute-Savoie), je n’ai aucune prétention à imposer une vision globale et scientifiquement étayée de ce parti comme organisation agissant dans le champ politique national.[access capability= »lire_inedits »]
Néanmoins, l’observation des structures du Front national à cette échelle pendant deux décennies vient corriger les images successives de ce parti élaborées dans les cercles universitaires et médiatiques de la capitale.

Loin des grandes villes, où les ténors de l’extrême droite étaient issus des traditions remontant à l’Action française et au collaborationnisme pour les plus anciens, aux combats anticommunistes et pour l’Algérie française pour la génération suivante, le FN des petites villes et des campagnes vit naître ses électeurs avant ses cadres.

À l’exception de Dreux, première conquête électorale significative, en 1983, d’un parti jusque-là groupusculaire, œuvre des époux Stirbois, bien implantés dans le secteur, aucun réseau militant n’existait en dehors des cénacles d’extrême droite que Jean-Marie Le Pen était parvenu à fédérer autour de sa personne. Après le succès électoral du parti aux élections européennes de 1984 (11% des suffrages et 10 députés) et surtout aux législatives de 1986 (à l’issue desquelles le FN profite de l’instauration du scrutin proportionnel pour rafler 35 sièges avec 10% des voix), on assiste à l’émergence d’un personnel politique frontiste à l’échelle nationale et locale.

Dans un premier temps, on peut distinguer les « historiques », compagnons de route du « chef » Jean-Marie dans les années de maigre moisson électorale, entre 1958 et le début des années 1980. On y retrouve des anciens de l’OAS, comme Roger Holeindre, des technocrates proches du Club de l’Horloge, comme Bruno Mégret et Jean-Yves Le Gallou, des idéologues actifs dans l’Université, comme Bruno Gollnisch et Jean-Claude Martinez. Ceux-là constitueront la garde rapprochée de Le Pen au Parlement européen, avant de se rallier à la dissidence mégrétiste de 1998, à l’exception de Holeindre et de Gollnisch.

L’insondable médiocrité des militants de terrain

Les succès électoraux ont ensuite amené dans les assemblées locales une génération de « militants de terrain » dont certains étaient adoubés par le « chef » pour devenir le petit chef du coin. Ce sont eux dont va hériter Marine si elle l’emporte sur Gollnisch le 16 janvier 2011, ce qui ne semble pas hors de sa portée si l’on en croit les augures bien informés.

Pour ceux que j’ai l’occasion d’observer dans mon rayon d’action, on ne peut que constater l’insondable médiocrité de ces gens, dont la plupart ont débarqué au Front après avoir échoué avec constance à accéder au statut de notable dans la droite dite classique ou républicaine. D’ailleurs, les seuls qui disposaient d’un minimum de charisme personnel ou de savoir-faire politique se sont éloignés, une fois élus avec l’étiquette FN, d’un parti qui les embarrassait plus qu’il ne les aidait. Ce fut le cas, entre autres, d’un Jacques Bompard à Orange ou d’un Jacques Peyrat à Nice, mais ils ne furent pas les seuls.
Ceux qui restent, donc, élus régionaux pour la plupart − toujours le scrutin proportionnel ! − doivent leur statut aux décisions du sommet et aux contributions financières apportées au FN pour figurer en position éligible sur la liste. C’est l’astuce qu’avait trouvé Jean-Marie Le Pen pour renflouer les finances toujours chancelantes d’une organisation dont il tient encore seul les cordons de la bourse.

On peut aisément imaginer que ce processus de sélection des cadres n’amène pas sur le devant de la scène des aigles en politique, ni même des faucons…
Petits-bourgeois vaniteux, hobereaux hautains mais bien dotés, commerçants enrichis victimes du mépris de la haute bourgeoisie trouvent au Front l’occasion de prendre une revanche sur « l’établissement » local qui les a snobés pendant des décennies. De convictions, ils n’ont guère, à la différence des membres de l’extrême droite révolutionnaire et fascisante du siècle dernier. Ils n’aiment pas les « bougnoules », certes, mais ils sont loin d’avoir le monopole de cette détestation… L’antisémitisme n’est pas leur tasse de thé, car c’est trop compliqué et peu payant électoralement. Les cathos intégristes les gonflent aussi, car c’est plus le bistrot que la sacristie qui vote pour eux et qui colle leurs affiches.
Si elle veut vraiment changer le FN, Marine devra, selon la formule de Brecht, dissoudre son peuple et s’en élire un autre…[/access]


Avec ceux du FN : un sociologue au front national

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Et si c’était Hollande ?

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photo : idf-fotos
photo : idf-fotos

Je ne lirai pas l’interview de François Hollande dans Libération. Je sais d’avance ce qu’il y a dedans. En revanche, j’ai lu l’édito de Laurent Joffrin dans le même quotidien, car en ce début d’année, je ne recule pas devant une occasion de bien rire. Et pour le coup, j’ai vraiment ri.

« Si c’était lui », nous dit le futur-ex patron de Libé, paraphrasant le titre fameux qui avait lancé la candidature de l’ex-compagne de Hollande dans la primaire socialiste en 2006. À l’époque, Joffrin, patron du Nouvel Obs, avait largement contribué à imposer Ségolène Royal chez les socialistes, alors qu’en vrai, personne de sensé ne pensait à elle. On imagine que se souvenant de son succès (relatif quand même, elle n’a pas été élue à l’Elysée je rappelle) Joffrin veut jouer à nouveau au démiurge médiatico-socialiste.

On a bien compris, DSK est le candidat premier choix de la presse. Sauf que vu la date choisie pour l’organisation des primaires, et l’inconnue absolue des intentions et envies du directeur général du FMI, la presse progressiste de gauche ne peut pas prendre le risque de rester les bras ballants alors que le compte à rebours à l’air lancé. Alors, il faut choisir : Mélenchon ? Trop populiste ! Aubry ? Archéo. Bayrou ? Imprévisible ! Chevènement ? Réac ! Montebourg ? Vous rigolez ? Royal, Déjà vu ! Valls, trop ouvertement de droite, même si un paquet de rédacs chef de Libé pensent comme lui… Reste alors le brave François H., ami des journalistes et des éditorialistes qui donnent le la dans le poste.

Depuis deux ans, tout en suivant un régime drastique (il faut déjeuner avec lui pour mesurer les dégâts sur la civilisation du fromage blanc et du bar rôti avec ses légumes vapeur), François Hollande n’a pas arrêté de dîner en ville. Montrant son « sérieux », son « sens de l’humour » (Joffrin dans le texte) et réussissant à « faire oublier » ses années à la tête du PS. Oui, amis journalistes, ces années à la tête du PS se sont soldées par deux défaites de la gauche à la présidentielle. C’est dire s’il est bien armé pour gagner contre Sarkozy.

Mais dans le fond, ce n’est pas là le sujet des éditorialistes de la gauche médiane. Ce qui compte, c’est que la gauche se dote d’un candidat sérieux, social-démocrate, européiste, modéré, travailleur et bon camarade à table (même s’il overdose au fromage blanc). D’ailleurs moi un type qui perd 30 kilos et gagne des cheveux à l’approche d’une élection dans son parti, ça aurait plus tendance à me foutre la trouille qu’à lui filer ma voix, mais, Dieu merci, je ne suis pas un éditorialiste mâle de plus de 50 ans. Pour eux, c’est un gage de sérieux. Les mêmes qui à longueur de colonnes te vendent le droit à la différence, l’exigence de discrimination positive, veulent un leader homme de plus de 50 ans capable de perdre des kilos…

Le candidat sérieux en tous les cas, va bizarrement remonter dans les sondages. On parie ? Il va parler au dessus de la mêlée des socialistes, de problèmes sérieux comme la fiscalité ou la politique étrangère. Et continuera à faire des blagues en off, la spécialité de Hollande. Je ne sais pas si les militants qui doivent voter en octobre prochain seront dupes. Ou conquis. Mais ceux qui s’imaginaient que les primaires ouvertes, libres non faussées, devaient redonner le choix du candidat aux militants et sympathisants de base se sont gravement fourrés le doigt dans l’œil. La presse de gauche moribonde veut continuer à choisir le bon candidat. C’est son dernier droit régalien: continuer à faire perdre les socialistes à la seule élection majeure.

Basile ouvre l’Asile

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Un communiqué de Basile de Koch :

Comme son nom l’indique, Asile de Blog, mis en ligne à partir de ce jour sur Causeur, sera le refuge de ma Weltanschaaung et de ceux qui s’y retrouvent (les veinards).

Dans ce but, il colligera progressivement l’ensemble de mes discours, messages et notes de blanchisserie des origines à nos jours. Parallèlement il est appelé à accueillir, au fur et à mesure, tout ce qui me passera par la plume à force de « regarder, écouter, lire », comme disait Lévi-Strauss.

Et bien sûr, il vous dirigera le cas échéant vers la Boutique ®, où vous trouverez les incunables du Groupe d’Intervention Culturelle Jalons ® et de son Président à vie auto-proclamé (livres, parodies, publications diverses, vidéos, T-shirts, etc.)

P.S. : Tu crois que c’est payé chez Causeur, une brève comme ça ?

En Côte d’Ivoire, les cotes varient

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Si Alassane Ouattara lit Libération, il a des soucis à se faire. Celui qui, il y a quelques jours à peine, était exclusivement qualifié dans ces colonnes-là de « président ivoirien reconnu par la communauté internationale » est aujourd’hui rétrogradé à l’appellation beaucoup moins contrôlée de : « l’un des deux présidents ivoiriens proclamés »

C’est la règle immuable de tous les jeux à somme nulle : si Ouattara perd du terrain dans la partie, son adversaire en gagne fatalement. La preuve, c’est toujours dans Libération qu’on la trouve. Ainsi, Laurent Gbagbo que Libé appelait encore il y a une semaine « le président déchu » est désormais cité par le même Libé comme étant « l’autre président proclamé »

Reste à savoir désormais quelle formule protocolaire utilisera Michel Denisot au Grand Journal de Canal, dont Gbagbo est l’invité-surprise ce soir. On voit mal Michel lui donner du « Monsieur l’ex-Président » ou du « Monsieur l’autre Président proclamé » et encore moins du « Monsieur le Déchu ». On peut plus raisonnablement penser qu’il choisira de procéder, comme il est d’usage pour un Chirac, un Giscard ou tout autre ancien chef d’Etat, et de s’adresser à son invité en l’appelant « Monsieur le Président ». Auquel cas, rien que pour entendre cette musique si douce à ses oreilles, Gbagbo n’aura pas fait le duplex pour rien…

Omission européenne

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photo : cemre
photo : cemre

Une « bourde ». C’est ainsi qu’un porte-parole de la Commission a qualifié l’atterrante affaire de l’agenda Europa, fabriqué à 3 millions d’exemplaires malgré les restrictions budgétaires auxquelles nous sommes quotidiennement conviés. Il est vrai que cet agenda est destiné à l’édification des lycéens d’Europe. Avec les valeurs, on ne marchande pas. Seulement, à ce stade, il ne s’agit plus d’éducation, mais de rééducation. Ça ne vous rappelle rien ?[access capability= »lire_inedits »]

Au moment où les chrétiens sont physiquement massacrés en terre d’islam, ils sont donc culturellement effacés par les bureaucrates désincarnés qui gouvernent l’Union européenne. L’agenda concocté par leurs soins mentionne en effet, dans un bel élan d’ouverture à toutes les cultures, les fêtes musulmanes, juives, sikhes et bouddhistes. Mais, je vous le donne en mille : ils ont oublié les fêtes chrétiennes. Oui, oublié ! À la page du 25 décembre, on peut lire cette maxime : « Un véritable ami est quelqu’un qui partage vos préoccupations et votre joie. » Il fallait oser.

Le pire, c’est qu’il s’agit sans doute d’un véritable oubli. Avec ce lapsus par omission, c’est leur inconscient qui a parlé : et dans leur inconscient, l’Europe est éternellement coupable, des croisades à la colonisation en passant par le nazisme. Puisqu’il y a des siècles, elle a cru devoir et pouvoir imposer sa culture, ses mœurs, ses valeurs et, il est vrai, ses intérêts au monde entier, il lui faut aujourd’hui rayer jusqu’au souvenir de son passé. D’ailleurs, Herman Van Rompuy, le président que nous attendions tous, n’en a pas fait mystère : « Le temps de l’Etat-nation homogène est terminé », a-t-il déclaré il y a quelques mois. Pour les malentendants, notre estimable PDG voulait dire que le temps des peuples était fini et que l’avenir radieux était celui des minorités triomphantes et vindicatives. On sait bien que le minoritaire est forcément victime et que la victime a toujours raison.

Il y a cinq ans, lorsqu’ils rédigeaient la défunte Constitution que ces salauds de peuples eurent le front de rejeter, ces grands idéalistes avaient déjà refusé de mentionner les racines chrétiennes du Vieux Continent, jugeant sans doute que cette réécriture de l’Histoire garantissait leur appartenance éternelle à l’Axe du Bien. Il est vrai que condamner les crimes d’hier est plus gratifiant − et moins risqué − que de s’occuper de ceux d’aujourd’hui.

En parlant d’Axe du Bien, je ne me suis pas encore infligé la lecture du manuel d’indignation de Stéphane Hessel, qui est en passe de remplacer la Bible dans la bibliothèque de nos médiatiques directeurs de conscience – et on lira avec jubilation l’exécution en règle à laquelle se livre Mourad Kiddo (page 26). Mais quelque chose me dit que le sort des chrétiens dans le monde arabo-musulman ne fait pas partie des motifs d’indignation de cette grande âme devant laquelle nous sommes tous sommés de nous prosterner. Pour cet éternel résistant, la retraite à 62 ans, c’est bien plus grave que les roquettes envoyées par le Hamas sur des civils qui ont le grand tort d’être israéliens. Et puis, si les coptes ou les chrétiens d’Irak sont aussi arabes que leurs concitoyens, « chrétien », c’est un peu comme « blanc ». C’est mal, et même ringard. Mais je fais un procès d’intention parce que, je le répète, Hessel n’a pas le temps de s’indigner de leur sort. On ne peut pas être partout. Sans compter que s’inquiéter sur le sort des chrétiens reviendrait sans doute à stigmatiser les musulmans, qu’ils soient d’ici ou de là-bas.

Pour les concepteurs de l’agenda Europa, comme pour Hessel, l’amour des autres doit être synonyme de haine de soi. Sauf que ce n’est pas eux-mêmes qu’ils haïssent, mais nous, les peuples d’Europe. Et si nous persistons à ne pas penser comme il faut, il faudra bien nous changer. Pour notre bien.[/access]

Trente ans de solitude

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Cornelius Dupree Jr a un nom qui aurait pu être celui d’un chanteur de doo wop dans les early sixties. Mais Cornelius Dupree Jr n’aura pas tellement eu l’occasion de chanter dans sa vie. Il vient en effet de passer trente ans derrière les barreaux d’une prison texane, ce qui signifie qu’il y est entré à 21 ans en 1980 pour en ressortir en 2010 à 51 ans. C’est long. Surtout quand on est innocent.

Expertise ADN

Parce que figurez-vous que Cornelius Jr est innocent. Bien qu’il soit noir comme plus de la moitié des détenus états-uniens, Cornelius Dupree Jr a été blanchi. Il a fallu pour cela une expertise ADN du viol et du vol en 1979 d’une jeune femme, laissée pour morte sur une autoroute, qui était persuadée de l’avoir reconnu.

Ce n’est pas de chance pour Cornelius. Les Noirs se ressemblent un peu tous. Regardez les groupes de doo wop, justement. Allez faire la distinction entre les Orioles, les Coasters, les Drifters ou les Temptations. À la voix, peut-être, et encore… Les vieux scopitones sont d’un flou…Et la nuit, si Ben. E King tente de vous violer, comment savoir si ce n’est pas Sam Cooke? Ou Cornelius Dupree Jr ? Tiens, Sam Cooke… Cooke était une des plus belles voix de la soul. Cela ne l’a pas empêché de mourir abattu dans des conditions assez mystérieuses par la tenancière d’un motel en 1964. Il paraît qu’il maltraitait la prostituée qu’il avait amenée avec lui. Il paraît aussi qu’il énervait beaucoup de monde par sa célébrité qu’il mettait au service des droits civiques. Les Noirs, surtout jeunes, meurent souvent par balles. Question d’ADN, si ça se trouve, de prédisposition génétique…

Non, Cornelius Dupree Jr n’a vraiment pas de chance : en plus d’être noir, il est texan. Le Texas, dans le genre, c’est pire que la Californie où même les gouverneurs républicains comme Schwarzie finissent presque par être de gauche. Le Texas, c’est plutôt la country que le doo wop. C’est vrai, la country n’est pas forcément de droite comme les groupes de doo wop ne sont pas forcément noirs. Mais enfin, il y a des tendances lourdes, comme pour la répartition ethnique des détenus dans les prisons américaines.

Le Texas, c’est l’ancien Etat du président Bush junior du temps qu’il était gouverneur. Une sorte de laboratoire. Dieu et mon droit. Dieu et mon flingue. Dieu et ma country. Dieu et ma peine de mort. Dieu et mes lobbies anti-avortement. On ne m’a toujours pas expliqué comment les chrétiens fondamentalistes du Texas s’arrangent avec leur charia blanche : si on respecte la vie au point d’attaquer et de tuer des médecins qui pratiquent des avortements, comment peut-on vouloir envoyer sur la chaise électrique un être humain, même si contrairement à Cornélius Dupree Jr, il est coupable ?

Au moins, en France, quand une femme politique se réclame ouvertement des valeurs chrétiennes, elle est cohérente : Christine Boutin est contre l’avortement, le pacs mais elle est aussi contre la mondialisation sauvage, la peine de mort et même la condition indécente faite aux détenus dans les prisons françaises. Comprenez-moi bien, je ne reproche pas au Texas d’être une quasi théocratie, je lui reproche d’être une quasi théocratie incohérente. Si on décide de mélanger la religion chrétienne et la politique, métaphysiquement, on est soit pour la peine de mort et pour l’avortement, soit contre la peine de mort et contre l’avortement. Bon, après, on peut dire qu’être pour l’avortement et contre la peine de mort est aussi une forme d’incohérence. Sauf si l’on admet que l’on est dans un pays où l’Eglise et l’Etat sont séparés depuis 1905 net que la science, contrairement à la religion, ne considère pas le fœtus comme un être humain.

Trente ans de prison, ça coûte cher au contribuable

Cornelius Dupree Jr n’a pas été condamné à mort. Sinon, son innocence, elle lui aurait fait une belle jambe. En 2000, déjà, un rapport publié par des gauchistes de l’université de Columbia montrait que 68 % des 5 760 condamnations à mort prononcées aux Etats-Unis entre 1973 et 1995 avaient dû être annulées en appel du fait d’erreurs judiciaires. Et c’était avant l’emploi l’ADN dans la révision des dossiers. Mais enfin, trente ans en prison, même si Cornelius Dupree Jr n’a pas accompli les soixante-quinze ans initialement prévu, ça doit coûter cher au contribuable. Je dis ça parce qu’aux Etats-Unis, c’est aussi un argument en faveur de la peine de mort. La peine de mort est moins onéreuse que la perpétuité. C’est devenu très sérieux, comme question économique, la prison aux USA. C’est la première industrie et le premier employeur dans de nombreux états. On commence à la coter en bourse. Il faut dire que 1%, grosso modo, de la population du pays est en prison, ce qui place les Etats-Unis sur un pied d’égalité avec ces deux autres grandes démocraties que sont la Chine et la Russie. De mauvais esprits[1. Par exemple le français Loïc Wacquant dans Les prisons de la misère (raisons d’agir) ou l’américain Mike Davis dans] osent une corrélation entre cette surpopulation pénale et l’absence de prestations sociales aux USA. En gros, plutôt le mitard que le RSA quand il s’agit de s’occuper de la misère.

Il faudrait demander à Cornelius Dupree Jr ce qu’il en pense. Et aussi ce qu’il pense de la politique du « condamné à tout prix », dénoncée par l’association, « Innocence Project » qui l’a fait libérer. Et éventuellement, inviter Cornelius en France pour qu’il apporte sa contribution au débat sur la nouvelle idéologie sécuritaire qui gagne notre République et qui va jusqu’à ethniciser la délinquance sans plus jamais poser la simple question sociale.

Cette question sociale qui n’a rien de commun avec une quelconque culture de l’excuse, ce reproche-ritournelle lancé à tous ceux qui commencent à se demander pourquoi, en matière de sécurité (que l’on ferait mieux d’appeler du beau mot de « sûreté » employé dans La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789), le bilan de la droite est aussi catastrophique depuis près de dix ans qu’elle est aux affaires. Au point qu’un ministre de l’intérieur n’ose même plus, sans de multiples contorsions, donner un bilan pour la nuit de la Saint-Sylvestre.

Boum, quand toute l’Europe fait boum

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Vous avez récemment été victime d’un attentat en Europe ? Mettons au cours de l’année 2009. C’est fort possible, Europol, l’office de la police intergouvernementale, notre joli FBI à nous, tendance gouda et tulipe (son siège se trouve à La Haye), en a recensé 294. Mettons que vous n’ayez pas de chance et que vous vous soyez retrouvés, par une hallucinante scoumoune ou un sortilège lancé par des malfaisants, à chaque fois au cœur de ces 294 attentats et que vous vouliez exprimer un légitime mécontentement, notamment à cause d’acouphènes persistants.

À qui devez-vous vous plaindre en priorité ? Eh bien d’abord, on vous conseillera d’éviter les vacances dans les Pyrénées. Les Basques, que ce soit sur le sol français ou espagnol en ont 237 au compteur. Loin derrière, nous trouvons des anarchistes, essentiellement grecs, qui n’ont pas hésité à faire parler la poudre 40 fois l’année où l’on a commencé à leur expliquer que leur nouveau gouvernement allait s’appeler FMI.

L’extrême droite, comme d’habitude grande diseuse mais petite faiseuse, n’a fait jouer ses artificiers qu’à quatre reprises pour protéger l’Occident Chrétien. Ils ont été néanmoins beaucoup plus actifs que les cellules dormantes, vraiment dormantes, des islamistes européens puisque ceux-ci se sont contentés d’une seule bombe, en Italie. Mais elle a sûrement fait beaucoup plus de bruit que les autres.

L’extrême droite n’existe pas

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Xénophobe assumé, Le Pen n’est pourtant pas d’extrême droite. Pas plus qu’un autre. Car l’extrême droite, c’est vous et lui. Autant dire personne. Comme le salaud, l’extrémiste, c’est toujours l’autre, un vague cousin couvert de l’opprobre du proscrit.

Revenons au commencement : Caïn serait-il le premier « facho » de l’Histoire ? Tuer son frère par jalousie… pas joli-joli. Si on prend au pied de la lettre la généalogie de la morale politique établie par l’intelligentsia des « sachants », le dernier rejeton d’Adam et Eve aurait brisé la gangue de l’amour universel pour créer l’« extrême droite ».[access capability= »lire_inedits »]

Cet objet politique non identifié voué aux gémonies éternelles répond à un besoin moral. Celui de se draper dans sa vertu antifasciste plutôt que de se frotter au réel qui pourrait piquer. Caïn et Le Pen constituent donc la face sombre du moralisme consensualiste dont on nous rebat quotidiennement les oreilles. Un antilepenisme conséquent chercherait au contraire à démoraliser le concept d’ « extrême droite » de façon à mener une lutte politique contre ses adversaires idéologiques sans leur céder le monopole du réel.

À cet effet, les plus brillants contradicteurs du Front national en ont dénoncé la xénophobie sans l’élever au rang de catégorie politique. Ainsi Pierre-André Taguieff a-t-il peu à peu déconstruit le mot et la chose après avoir usé ses guêtres à démontrer l’habile habillage sémantique de l’ethno-différentialisme de la Nouvelle droite version 1.0. Après moult tergiversations et controverses picrocholines avec ses confrères, le chercheur doit se rendre à l’évidence, incapable qu’il est d’identifier un quelconque dénominateur commun entre la myriade de petits courants qui composent l’extrême droite médiatique.

Il y a bien quelques idées lancinantes qui rôdent par-ci par là. Vient d’abord à l’esprit la nation, à travers des conceptions exclusivistes et charnelles dont l’embouchure formerait l’« extrême-France » chère à Fiammetta Venner. Aussi séduisante soit-elle, l’assimilation du nationalisme à l’extrême droite relève du raccourci pour antifascistes grisonnants. Des identitaires européo-régionalistes aux contre-révolutionnaires intégraux attachés aux formes archaïques de l’ancienne France, des franges entières de la droite de la droite rejettent la nation comme forme optimale de gouvernement. Par rupture avec le jacobinisme ou avec la nation moderne régie par un Etat souverain, l’idée nationale ne fait donc pas l’unanimité à l’extrême droite. Oublions les fétiches : le triptyque « Travail, Famille, Patrie » fut originellement forgé par le colonel de la Rocque, antifasciste et résistant héroïque, puis récupéré par Simone Weil qui y voyait l’illustration de la supercherie vichyste. Le mot de de Gaulle reste connu : Pétain n’a jamais travaillé ni fait d’enfant et il a, en prime, trahi la patrie en la vendant aux Allemands ! L’habit ne fait pas le moine.

Certes, me direz-vous, mais il reste une communauté de corps, d’esprit et d’ethnie qui rassemble le gros des « fachos » revendiqués. D’aucuns avancent pompeusement l’idée heideggérienne de « métaphysique de la subjectivité » qui ferait dire à Le Pen qu’il préfère sa fille à son cousin, son cousin à son voisin, son voisin à l’étranger, etc. Là où le bât blesse, c’est qu’un tel anti-universalisme n’est nullement l’apanage de l’« extrême droite ». Que l’on songe à Leur morale et la nôtre où, au nom d’une théorie du salut prétendument humaniste et généreuse, on peut tuer sans vergogne ses ennemis de classe.

Quant à la xénophobie proprement dite, elle fait partie des attributs les mieux partagés au monde. Si l’on s’extrayait un peu des cénacles centristes, on s’apercevrait que les partis xénophobes ont essaimé d’un bout à l’autre du champ partisan. L’antisémitisme de Staline n’avait pas grand-chose à envier à celui de Drumont. Les historiens des totalitarismes s’arrachent aussi les cheveux sur la nature exacte de la famine ukrainienne téléguidée par Moscou au début des années 1930, l’« oncle Joe » n’ayant pas été avare de métaphores ethno-raciales en ordonnant ce qui ressemble fort à un génocide. Est-ce à dire que, téléporté en 2011, le Petit père des peuples émargerait à quelque officine de la droite radicale ? Toujours du côté communiste, quoi de commun entre le natalisme forcené de Thorez et la bouillie libertaire que l’on entend aujourd’hui dans les travées de la Fête de l’Huma ? Assurément pas grand-chose. Un maurrassien, jadis figure paradigmatique de la droite extrême, ne retrouverait pas plus ses petits perdus dans un meeting du Front national ou du Bloc identitaire, réputés à tort de la même famille idéologique.

Baudrillard contre l’impasse du moralisme anti-Le Pen

Ces quelques exemples démontrent le caractère mouvant des positionnements politiques. Droite et gauche ne sont pas des invariants. Face aux bourrasques de la mondialisation, existent-ils encore ? Marine Le Pen, qui a lu Alain de Benoist, reprend à son compte la flatteuse dichotomie centre/périphérie, se rangeant immédiatement dans le camp des « petits » (enracinés) contre les « gros » (mondialisés). La manœuvre est habile, d’autant qu’elle rompt avec le « socialisme des imbéciles » qui avait marqué des générations de solidaristes noyant leur antisémitisme dans le poisson antilibéral.

En politique, les slogans ne devraient jamais être labellisés. C’est toute l’ineptie des « thématiques du Front national », ce chiffon bleu-blanc-rouge agité par nos élites intellectuelles, que d’enfermer la réalité sous le masque hideux de la « Bête immonde ». Protester contre les prières de rue et les atteintes à la laïcité, oui. Plaider pour une immigration régulée qui ouvre la voie à une assimilation en bonne et due forme, oui des deux mains. En bonne stratège, Marine Le Pen a adopté la vulgate républicaine et mis au placard les flatulences verbales de son père tout en s’éloignant des intégristes cathos, certes moins nombreux mais aussi peu attachés à la loi de 1905 que les barbus de la rue Myrha. Ce jeu de billard à trois bandes la rend quasi-inattaquable, sinon en pointant ses contradictions anti-fiscalistes et le caractère tardif de son credo assimilationniste.

À trop faire de l’ « extrémiste » un proscrit moralement incurable, les catéchumènes de l’antifascisme risquent de se retrouver fort dépourvus une fois le printemps électoral venu. Avec le ton prophétique qui le caractérise si bien, Baudrillard nous prémunissait déjà contre l’impasse du moralisme anti-Le Pen : « Voué au mal et à l’immoralité, Le Pen rafle toute la mise politique, le solde de tout ce qui est laissé pour compte, ou franchement refoulé, par la politique du Bien […] Le Pen est le seul analyseur sauvage de cette société. Qu’il soit à l’extrême droite n’est que la triste conséquence qu’il n’y en a plus depuis longtemps à gauche ni à l’extrême gauche. » Travailler à une critique radicale de la société serait le seul moyen efficace (mais laborieux) de contrer le monopole lepéniste du franc-parler. Amis contestataires, vous avez du pain sur la planche…[/access]

Pour une Livre, t’as plus rien ou bien

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Au matin du 3 janvier, les Anglais se sont réveillés avec une sacrée gueule de bois.
Abus de pudding, de dinde farcie, de Christmas Carols sirupeux ? Bien entendu, mais pas seulement. Comme prévu, George Osborne, le très rigoureux chancelier de l’Echiquier, a mis en application son projet d’austérité budgétaire drastique en relevant la TVA de 17,5 à 20%, ce qui classe désormais le Royaume Uni parmi les premiers taux d’Europe, et en augmentant sévèrement les prix de tous les transports publics (plus 6,8% pour le métro et le bus). Élu pour faire de la rigueur, David Cameron fait de la rigueur, qui pourrait lui en tenir rigueur ? Le Royaume est à la rue, la dette est abyssale, le temps n’est plus aux querelles sémantiques.

On pourra objecter que pendant la campagne le candidat David avait été très discret sur les moyens à employer. La hausse de la TVA n’avait pas été directement évoquée. Sauf par son ex-concurrent et vice premier ministre par la grâce d’une coalition de circonstance, l’inénarrable Nick Clegg. Pour l’écarter avec la dernière des fermetés. Mais Clegg s’était aussi vertueusement élevé contre les augmentations des frais universitaires qui viennent d’être triplés. Avec cette explication désarmante… Il ne soupçonnait pas l’ampleur du désastre des finances publiques britanniques. No comment.

On pourrait également critiquer le choix consistant à privilégier la hausse de la TVA. Même en tournant et en retournant le problème dans tous les sens, la TVA reste l’impôt indirect le plus injuste qui soit. Il frappe indifféremment et au même taux les riches et les pauvres, la Rolls comme les chips qui sont la nourriture de base du Brit désargenté, l’indispensable latte du matin dans son verre en carton recyclé comme le dernier cocktail avant extinction des feux au bar du Savoy.

Mais à la guerre comme à la guerre, l’heure est grave et les caisses vides.
Le Brit est par nature légitimiste et il accepterait bien sans broncher cette ponction si certains chiffres n’étaient venus chatouiller désagréablement son cerveau encore embrumé par deux semaines festives. La TVA augmente donc de 2,5%. Mais les vêtements bondissent en moyenne de 8%. Plus 4% l’inscription au fitness club de Soho pour ceux qui voudraient suer sur des engins de torture d’un autre âge après les excès réveillonnés. Admirer le sautillant Billy Elliot s’essayer aux entrechats au Victoria Palace Theater lui en coûtera 4,2% supplémentaires. Comme son Big Mac. Idem pour le cappucino du Starbuck sans lequel aucune bonne journée londonienne ne saurait vraiment commencer. Les augmentations grimpent jusqu’à 10% pour envoyer un texto à sa douce chez T Mobile, 20% chez O2. La Stella Artois qui fait ici fureur chez un public branché s’envole même de 22,6% !

« Ajustements saisonniers des coûts », marmonnent les détaillants. Ou plumage en rigueur du Londonien, premier consommateur national de loisirs et de fun ? L’Etat espère récupérer 2,3 milliards de livres dans la capitale. Un remake du passage à l’euro qui a laissé à tous les Européens de cuisants souvenirs ?

Et si George Osborne comptait sans le dire sur l’inflation pour réduire le déficit budgétaire ?
Imparable certes, mais dangereux. Toute reprise économique fondée sur des bases douteuses pourrait se révéler bien fragile, sans oublier ses effets pervers sur la création de richesses et l’épargne.
Or, la reprise, Osborne la sent venir, il en rêve la nuit, avec la foi du charbonnier ou de la méthode Coué. Les prévisions économiques de l’OBR (Office of Budget Responsability) lui assurent pour les deux ans à venir des lendemains glorieux, enfonçant rien moins que les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne et la France par la grâce de 500 000 emplois en moins dans le secteur public en 5 ans, des entreprises, des exportations et des investissements dopés par l’austérité et une rigueur exemplaire. Mais pas seulement. Beaucoup plus discrètement, Osborne compte surtout sur l’augmentation de la TVA pour financer… des réductions d’impôt. En particulier supprimer la tranche la plus élevée, celle qui concerne les revenus supérieurs à 150 000 livres sterling, pour consolider la position de premier centre financier mondial de la City. Un « paquet fiscal à l’anglaise » en quelque sorte. Osborne a-t-il vraiment étudié les résultats mitigés de la version française de la méthode et ses ravages dans l’opinion publique ? Il semble si sûr de lui qu’il s’est permis de tancer la zone euro, l’appelant à réformer son système bancaire, avec la rigueur bonhomme du père de famille avisé qui voit ses voisins filer à la cloche de bois. Et ce n’est certes pas l’opposition qui hésite à prendre une année sabbatique (sic) qui lui portera la contradiction… Le très pâle Ed Miliband, ectoplasmique chef du Labour, compte surtout sur les syndicats qui l’ont fait élire pour exploiter le mécontentement des usagers… et secrètement sur une sévère dérouillée des Lib-Dems aux prochaines élections. Un peu short en termes de programme.

Mais si ce n’est l’opposition, peut-être le poids des réalités économiques tempèreront-elles l’optimisme de Cameron. Comment appliquer un programme d’austérité sans avoir la moindre marge de manœuvre ? D’où viendra la croissance quand les réductions budgétaires vont contraindre le secteur public à abandonner tous les projets en cours (sauf dans le secteur nucléaire… Et un reniement de plus pour Clegg qui va décidément avoir bien du mal à s’asseoir dans les années qui viennent), et à supprimer des emplois en masse ?
On murmure déjà qu’un mystérieux plan B circule au HM Treasury (le Bercy local), bourré de mesures stimulantes en cas de panne de l’économie. On sait, depuis la jurisprudence Fabius, ce qu’il en est de la réalité des plans B. Mais les conservateurs ne sont pas fous. Le 28 avril prochain, les résultats économiques du premier trimestre vont officiellement tomber. Suivis dans la semaine par les élections municipales. Pris à la gorge après des années d’errance budgétaire travailliste, le Royaume-Uni a fait le choix d’une politique d’austérité dure, ne doutons pas que l’Europe aura les yeux fixés sur ces deux indicateurs. Pour en tirer éventuellement des enseignements et accommoder la sauce avec laquelle nous serons nous-mêmes mangés.