Pendant la grève contre la réforme des retraites, notre chroniqueur a pris le taxi à Paris. Avec le chauffeur venu de Tunisie, la conversation s’engage sur le sujet de l’islamisation de la France…


Durant la grève de la RATP, j’ai goûté épisodiquement aux joies des taxis. Il y a peu, j’ai emprunté un G7. La chauffeur était une femme tunisienne d’une trentaine d’années. Ses cheveux lui arrivaient aux épaules. Son visage dégageait un charme un peu terni par des cernes fermement imprimées sous ses yeux. Elle confia être fatiguée par toutes ses heures passées dans les artères parisiennes. Venue de l’autre bord de la Méditerranée avec son fils, elle travaille six jours sur sept.

« La France n’est pas du tout ce que j’imaginais »

« On ne sait pas ce que veut le nouveau président tunisien, il est ambigu. La Tunisie s’islamise et ce sont les Tunisiens de France, ceux qui profitent de la liberté et qui sortent parfois au bar, qui ont fait élire les islamistes dans mon pays », se lamenta-t-elle. Elle confia alors être en France depuis un an. « Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais », soupira-t-elle. Ayant perçu où elle voulait en venir, j’ai rétorqué qu’on était « en train de se faire avoir par les islamistes ». Elle acquiesça et ajouta : « Quand je passe à Belleville, je suis choquée de voir autant de barbus, autant de femmes voilées. Dans le centre de Tunis, ce n’est pas comme ça ! »

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Elle prit la peine de préciser être musulmane, prier tous les jours, boire de l’alcool une fois tous les deux mois en espérant « être pardonnée par Dieu ». Mais ajouta que « les barbus sont très hypocrites. Dans des villages de Tunisie, il y a des situations de fous, des femmes en niqab qui font les prudes la journée et qui couchent la nuit avec le meilleur ami de leur mari. Je suis partie de Tunisie à cause de tout ça, et je suis choquée de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là ». Arrêtons-là pour ne pas lui attirer des problèmes. Le CCIF veille et pourrait crier au loup « islamophobe ».

Une acuité qui fait défaut à nos élites

Passons sur le fait que l’intimité d’un taxi semble délier les langues. Encore une fois, il faut que ce soit une personne de culture musulmane -et n’ayant pas renié sa foi dans ce cas présent- venue d’ailleurs pour lancer l’alerte. On n’entend jamais ces anonymes, ces gens qui n’ont pas une culture politique très développée certes, ces gens qui n’ont peut-être pas fait de grandes études, ces gens qui ne font pas de longs discours, mais qui perçoivent avec acuité ce que nos élites ne veulent surtout pas voir. « On n’entend pas assez les gens comme vous », lui ai-je confié.

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Je suis convaincu qu’il existe de nombreux anonymes de culture musulmane qui partagent le regard de cette femme. Mis à part le Conseil des ex-musulmans de France – qui donne la parole à des apostats, ce qui n’est pas le cas de ma chauffeur – ils n’ont pratiquement pas de voix. Sans doute ont-ils peur de parler. Comment leur en vouloir ? Les quelques voix charismatiques, tels Waleed Al-Husseini, Boualem Sansal ou Zineb el Rhazoui, qui consacrent leur vie à nous alerter sur le péril islamiste, le font au risque de leur intégrité physique.

Milliers d’anonymes, à vos plumes!

L’épisode de l’adolescente Mila en a encore témoigné : en 2020 en France, dire publiquement du mal de l’islam peut vous faire sortir de l’anonymat de la pire façon qui soit et briser votre vie, ceci dans l’indifférence complice de nos ministres. Ceux qui pensent, comme ma chauffeur, que des broderies islamistes s’immiscent solidement dans le tissu français devraient donc prendre la plume sous pseudonyme. Car même en restant anonymes, ils nous rendraient sans doute un fier service.

Milliers d’anonymes, vous qui comme ma chauffeur êtes choqués « de voir qu’en France, le pays des Droits de l’homme, le pays des libertés, l’islamisme est là », sortez de votre mutisme et exprimez-vous! Si vous lisez ces lignes, écrivez-moi donc, Causeur transmettra. Nul besoin de manier le lyrisme comme Victor Hugo pour être entendu. Souvent, quelques mots bien sentis valent peut-être mieux que de longs discours. Le temps presse mais il n’est pas encore trop tard pour agir. À vos plumes!

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