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Cyril Hanouna, le dealer et le député

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L’animateur de C8 Cyril Hanouna a invectivé un député de Marseille qui lui reprochait son choix de faire parler un dealer dans son émission.


Les quelques échanges que j’ai eus fortuitement ou non avec Cyril Hanouna ont toujours été sympathiques et chaleureux et, puisqu’il faut le préciser à son sujet, je le sais intelligent. Invité deux fois dans son émission, à dire vrai j’ai été heureux de l’annulation : je m’y serais senti mal à l’aise. Mais je prends au sérieux Cyril Hanouna et ne sors pas la dérision dès qu’il parle ou donne son opinion.

Un député LREM, Saïd Ahamada, l’a mis en cause parce qu’il avait invité un dealer dans son émission. Cyril Hanouna lui a répondu vertement, grossièrement et, plus gravement, sur un mode qui ne peut que favoriser un populisme politique qu’en général il dénonce. L’un de ses chroniqueurs est également un ex-dealer – « je n’avais pas le choix, j’étais en galère », justification avec laquelle je suis en total désaccord – mais le député LREM, ciblant le dealer invité, a appelé les médias à la responsabilité et saisi le CSA sur ce point. Cyril Hanouna s’est autorisé notamment ces termes particulièrement insultants: « Ces mecs qui ne font rien, qui sont derrière leur bureau, qui prennent leur oseille de député et qui ne foutent rien de l’année, et ils viennent nous gonfler ! »

Ces propos sont doublement condamnables

D’abord je peux comprendre cet élu qui est scandalisé par la présence d’un dealer dans une émission suivie par de nombreux téléspectateurs, notamment de la jeune génération. Donner une telle visibilité médiatique à un délinquant est offensant pour tous ceux qui se battent contre le fléau de la drogue. D’autant plus que ces derniers jours ont montré à quel point l’usage de drogue et le trafic induit de petite ou de vaste ampleur qui en résulte, sont à la source d’une part importante de la délinquance.

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Cyril Hanouna affirme qu’il s’agit d’information. D’une part on peut douter du caractère nécessaire du témoignage d’un dealer alors que mille solutions honorables existent pour se renseigner sur ce sujet. Dans tous les cas, présenter ce dealer comme une personne ayant naturellement droit de cité dans une telle émission est une faute. Certes ce n’est pas la première fois que je remarque la propension de certains médias à être attirés, voire fascinés par la délinquance ou la criminalité, comme s’il convenait de projeter de la lumière sur ces malfaisances en offensant les victimes qu’elles ont engendrées.

Leçon d’immoralité

Le ton navrant dont Cyril Hanouna a usé représente une déplorable synthèse démagogique de tout ce qu’on charrie de pire sur la classe politique. C’est un ramassis d’inepties. Cyril Hanouna qui a parfois mené des combats estimables en étant hostile à tout ce qui favorisait une démocratie de mauvais aloi, une République indigne, se livre à un exercice qui contredit en l’occurrence ses bonnes intentions. Insulter ce député comme il l’a fait n’était pas décent et on peut regretter qu’ainsi il ait conforté ses adversaires dans leur appréciation négative. J’ai par exemple entendu dans les Vraies Voix de Sud Radio le 3 septembre des interventions lui reprochant de ne savoir faire que du buzz et jugeant donc inutile toute contradiction, ne croyant pas qu’on puisse lui faire entendre raison. Je pense l’inverse. Il ne faut rien lui passer précisément parce qu’il a du talent, de la gouaille et de la vivacité et que lui rappeler à la fois la politesse et la honte d’un dealer médiatique n’est pas inutile.

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J’ai cru relever une étrange tendance qui ne cesse de s’amplifier : il faut avoir été ancien délinquant ou criminel pour informer sur la justice, communiste pour avoir le droit de vitupérer le communisme, curé pour dénigrer l’Église, salarié pour maudire l’entreprise, policier pour accabler les forces de l’ordre. On ne croit que ceux qui, au-dehors, sont prêts à maudire ce qu’ils ont quitté.

Il n’était pas nécessaire que ce dealer vienne donner des leçons d’immoralité. Le député LREM, une personnalité, elle, parfaitement honorable, a eu raison de s’indigner.

Les réacteurs nucléaires très sûrs et peu chers naîtront-ils en Chine ?

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La Chine vient d’annoncer que son prototype de réacteur au thorium à sels fondus sera fini au mois de septembre et testé prochainement. Des réacteurs nucléaires de série au thorium sont prévus pour début 2030. Si son programme est une réussite, le dragon chinois aura touché le Graal : mettre en fonctionnement un réacteur nucléaire très sûr, plus simple, et moins cher. Les milliardaires américains Warren Buffett et Bill Gates sont aussi engagés dans un projet américain de réacteur à sel fondu, crédibilisant cette démarche.

Les réacteurs au sel fondu ont l’avantage de ne pas comprendre de vapeur à haute pression forcément dangereuse en cas de rupture de canalisation, les rendant plus sûr et moins cher. Utiliser le thorium comme combustible dans une centrale nucléaire, revient qui plus est à faire un feu de « bois mouillé » ; le thorium n’est pas fissile, il faut le transformer en uranium 233 en lui envoyant des neutrons pour qu’il devienne un combustible nucléaire. En cas de catastrophes naturelles, de rupture d’approvisionnement en eau ou électricité, le réacteur s’arrête et refroidit automatiquement grâce à ses caractéristiques propres. Le risque d’accident majeur est théoriquement réduit à zéro. Qui plus est, les réacteurs au thorium permettent de brûler et donc de recycler les déchets nucléaires existants. 

C’est donc le Graal du nucléaire que la Chine est en train d’atteindre quand la France a dangereusement laissé de côté la recherche dans cette technologie. 

La France doit pourtant commencer à remplacer sur une période assez courte ses centrales nucléaires d’ici à une dizaine d’années. Sinon elle se retrouvera en manque d’électricité quand ses anciennes centrales fermeront. Le remplacement de ces centrales par des centrales au thorium fabriquées en France serait une excellente nouvelle. Des réacteurs très sûrs, moins chers et simples à fabriquer avec un combustible thorium abondant et disponible. Mieux, suite à l’exploitation de mines en France, notre pays dispose d’un stock de 8500 tonnes de thorium qui permettent de produire 200 fois la quantité d’électricité produite en France en 2020. Le thorium est d’ailleurs présent sur la planète en quantités beaucoup plus importantes que l’uranium.

Ne plus utiliser d’énergies fossiles dans 20 ans devient une possibilité riche de promesses : la promesse de produire de l’énergie avec des emplois français sur notre sol, la promesse de ne plus dépendre de pays producteurs de pétrole instables, la promesse de ne plus émettre de CO2.

Cette énergie, cette électricité permettant de remplacer les énergies fossiles peut provenir des énergies renouvelables et des réacteurs au thorium. Elle alimentera directement les moteurs électriques ou sera transformée dans des électrolyseurs en hydrogène, l’essence de demain, qui alimentera les moteurs à pile à combustible de nos avions, bateaux, trains et voiture à hydrogène de demain. On rappelle qu’Alstom produit déjà un train à hydrogène qui remplace très avantageusement les trains diesel sur les lignes non électrifiées de France. 

Produire localement toute l’énergie nécessaire à la France au lieu de l’importer à coup de dizaines de milliards d’euros, créer des centaines de milliers d’emplois, contrer le dérèglement climatique, offrir un projet enthousiasmant à notre jeunesse est bien à portée de mains. Il ne manque aux gouvernants français qu’une vision stratégique de long terme et la volonté politique d’engager véritablement ce grand projet pour que ce rêve devienne réalité.

On a tous quelque chose de Belmondo

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Un hommage à notre héros préféré du cinéma, roi de la commedia dell’arte à la mode bistrotière, mais pas seulement…


La première fois où j’ai vu son visage, il pointait un flingue de compétition dans ma direction, sur une affiche de cinéma. Depuis ce moment-là, cette figure tutélaire ne m’a plus quitté. Pour un gosse de province, le choc fut terrible. L’émotion toujours intacte. J’en tremble encore. Il y avait bien sûr, l’assurance dans la pose, la décontraction dans le geste, ce sourire canaille qui emballe tout sur son passage, ce ton charmeur, un brin tapageur, et cet œil bienveillant qui ne juge pas. Je m’en suis fait immédiatement un ami, un frère, un père comme des milliers d’autres garçons de ma génération. Pour un enfant unique, avoir été sous la tutelle de Belmondo aura été la meilleure école de la vie. Une forme d’Humanités au cinéma, en Ford Mustang blindée, sous la dictée d’Audiard et en costard croisé. Avec, en arrière-plan, toute la lyre fantastique, Gabin et Audiard, Godard et Seberg, Broca et Dorléac, De Sica et Sophia. J’ai beaucoup écrit sur lui, tentant de déceler dans sa filmographie les derniers restes de notre identité jadis triomphante. Belmondo, c’est notre mémoire du fond des Trente Glorieuses, l’esprit de résistance au sérieux, le dérapage contrôlé comme marque de fabrique, la cascade comme exhausteur d’existence et le goût pour la farce populaire. L’amour des grands textes et de la vanne qui fuse entre copains. Une façon aussi de tancer les malotrus, de toréer les emmerdements et d’améliorer l’ordinaire. De refuser également toutes les leçons d’autorité et de sectarisme. Il était réfractaire à l’ordre établi, aux cénacles ridicules, n’oubliant cependant jamais ses devoirs envers les siens, sa famille comme son public. Il fut un éternel bon fils, vouant à son père sculpteur, une inestimable reconnaissance. Il lui construisit même un splendide musée. 

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Les mots manquent

Grâce à lui, nous avons tenu le coup devant des professeurs revanchards et, plus tard des petits chefs misérables, nous avons fait face aux injonctions contradictoires et aux humiliations quotidiennes. Nous savions intimement que de le voir à travers l’écran nous libérerait de toutes nos tenailles. Que le soir venu, il nous offrirait le meilleur de lui-même. La vie était plus grande sous son aile. Elle courait plus vite. Les filles étaient plus désirables et démoniaques ; des amitiés indéfectibles se noueraient au-delà de la mort ; le divertissement du dimanche soir avait alors des vertus philosophiques et thérapeutiques sur la Nation toute entière. Peu importe la qualité, pochades ou chefs-d’œuvre, sa filmographie a disséminé des bouées de sauvetage dans l’océan actuel. Nous n’oublierons pas ces bornes, ces phares dans la nuit. Comment expliquer plus simplement notre attachement à cet homme pressé ? Pas évident, c’est bien la première fois que les mots me manquent. Je bredouille. 

Avec Claudia Cardinale, « Cartouche », 1962 © MARY EVANS/SIPA Numéro de reportage : 51385211_000002

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Cet après-midi, je n’ai pas envie de faire de belles phrases, il faut aller directement à l’os, être capable de retranscrire sincèrement le fracas que nous cause cette perte. Ne pas tricher avec Jean-Paul. Ne pas pleurer surtout. Ne pas le panthéoniser. Face à la maladie, ces dernières années, il avait su garder cette dignité qui nous élève tous un peu. Plus que du respect ou de l’admiration, nous avions pour lui un sentiment de connivence. Belmondo, c’était la famille. Je pense en ce moment à Charles Gérard, à Michel Beaune, à Charles Denner, à Claude Brosset, à François Perrot et bien évidemment à la bande du Conservatoire. Je revois Bruno Cremer, hilare lors d’une remise de récompense, épinglé par Jean-Paul dans un jardin d’été. La malice de Marielle et la moustache frémissante de Rochefort. Qu’ils étaient grands et beaux. Nous avions envie d’être parmi eux, partager leurs rires et toucher d’un doigt leur immense talent. 

Un art de vivre qui s’en va

Avec sa disparition à l’âge de 88 ans, c’est tout un art de vivre qui disparaît, l’action et le verbe, le zinc et le grand style, les caleçonnades et le cinéma d’auteur, le théâtre français et l’Avia Club. On a tous quelque chose de Belmondo qui ne demande qu’à exulter. Ce soir, j’irai tout là-haut, vers le Lion de Denfert, me souvenir du quartier de sa jeunesse, prendre le pouls de mon vieux pays qui aimait Guitry et Verneuil, Marceau et Lautner, Dumas et Truffaut, Blondin et Remy Julienne. Et puis, je reverrai L’Incorrigible pour le plaisir des phrases qui claquent, du vaudeville sautillant, de la commedia dell’arte à la mode bistrotière, du minois de Geneviève Bujold et de l’atrabilaire fantasque Julien Guiomar. Et puis, Jean-Paul dans une Jaguar Type E aussi instable que féérique…

Ma dernière séance : Marielle, Broca et Belmondo

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Jean-Paul Belmondo est mort

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Jérôme Leroy se souvient de quelques apparitions de Bébel au cinéma.


Jean-Paul Belmondo est mort et on voudrait lui souhaiter un très bon voyage au paradis des acteurs mythiques parce qu’on lui doit parmi nos émotions cinématographiques les plus précoces, les plus durables et les plus hétéroclites. 

Ça commence avec Le Professionnel de Lautner, dialogues d’Audiard. On va voir ça au cinéma avec une de nos premières petites amies. Joss Beaumont est un agent lâché par les services secrets, quelque part en Françafrique, qui revient se venger. Il y a le Paris du début des années 80, aussi exotique aujourd’hui que celui de Stendhal. Et puis il y a aussi ce duel avec Robert Hossein, « le commissaire Rosen de la Brigade sauvage » sans compter la musique fabuleuse d’Ennio Morricone que des pubards iconoclastes (pléonasme) ont utilisé ensuite pour de la boustifaille de clebs. Bebel meurt à la fin, avec classe. À cette époque-là, on faisait encore mourir les héros à la fin. Les happy ends n’étaient pas  une obligation du cahier des charges. On devait être un peu plus adultes. 

Sinon, il y a aussi Le magnifique de Philippe de Broca. Années 70. C’est encore un film du dimanche soir sur la première chaine, à l’époque : une ode magnifique et rigolarde à ces écrivains forçats de l’underwood qui sortaient des romans d’espionnage à la chaîne quand il y avait encore une littérature de gare, et du populo qui préférait un bon roman du Fleuve noir à une bluette prétentieuse de Marc Mussy ou Guillaume Lévo. L’air de rien, c’est aussi un des films qui a le mieux compris la schizophrénie rêveuse des écrivains, c’est-à-dire comment se fait vraiment la littérature, grande ou petite. 

Mais le rôle qui nous reste le plus cher, c’est quand même celui de Michel Poiccard dans A bout de souffle de Godard. On voit ce film plus tardivement, au ciné-club, quand on commence à comprendre que la Nouvelle Vague n’est pas une avant-garde, ou alors une avant-garde réactionnaire, ce qui est beaucoup plus drôle.

Avec Poiccard, Belmondo joue un grand garçon libertaire, truand maladroit, tueur par accident. Il décide de vivre intelligemment le laps de temps qui le sépare de son arrestation inévitable par les flics dont l’un est joué par l’écrivain chauve Daniel Boulanger, poète délicieux et regretté. 

Pour ce faire, Bebel-Poiccard drague Jean Seberg qui vend le Herald Tribune sur les Champs-Élysées mais surtout, ce qui avait choqué à l’époque, il pisse après l’amour dans le lavabo de la jeune fille. Il lui a néanmoins demandé la permission, ce qui est une circonstance atténuante. Mais surtout, dans A bout de souffle, il a cette réplique définitive qui devrait servir de devise à tous ceux qui désirent éloigner de leur espace vital les importuns, les fâcheux et les malfaisants : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez vous faire foutre !»

Lewis Hamilton, le pilote vegan et champion du monde de la tartufferie

Le sportif s’est fait surprendre au volant d’un V12, alors qu’il prétend ne rouler qu’à l’électrique…


La célébrité peut conduire à se sentir investi de devoirs dits pédagogiques. Et il arrive que les donneurs de leçons se comportent avec duplicité. Ainsi Harrison Ford qui pilote son avion de la Californie jusque dans le Massachusetts sur la côte est pour déposer son fils à l’université, tout en vilipendant Donald Trump pour sa critique des Accords de Paris sur le climat… 

Pour la peine, nous le condamnons à regarder Hugo Clément en boucle

Il y a peu, c’est le champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton qui a été surpris au volant d’un bolide à moteur thermique dans les rues de Monaco, alors qu’il prétend ne rouler au quotidien qu’en voiture électrique. Le Britannique se pose également comme le chantre de l’antiracisme en prônant une approche manipulatrice de cette cause…

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Depuis 2019, Lewis Hamilton s’est trouvé une conscience écologique, il serait même devenu végan. Le pilote britannique avait commencé par attaquer les agriculteurs en octobre de cette année-là, les accusant d’avoir davantage de responsabilité dans le réchauffement climatique que l’industrie du transport. Il avait même annoncé sur Instagram vouloir « renoncer à tout » pour sauver la planète, avant de supprimer son message. Une monoplace de F1 brûle environ 45 litres d’essence aux 100 kilomètres, et les déplacements des équipes pour rejoindre la vingtaine de circuits autour du monde se font en avion et poids-lourds ; un pilote effectue environ 840 kilomètres durant un week-end de Grand Prix, essais libres inclus. 

Pour compenser les émissions de carbone par la F1, Hamilton avait choisi de renoncer à son jet, ou encore de ne plus conduire que sa Mercedes EQC, un modèle électrique, lors de ses déplacements privés. Manque de pot, la star a été photographiée dans sa Pagani Zonda à moteur V12 de 7,3 litres. Entre deux leçons de morale dans les médias et sur les réseaux sociaux.

La culpabilisation antiraciste

Mais le climat n’est pas le seul cheval de bataille du pilote. La mort de George Floyd a été utilisée par Hamilton pour mener un combat contre le racisme, Greta Thunberg étant peut-être en meilleure position sur le créneau de l’écologisme pour obtenir un prix Nobel de la paix. Depuis l’an dernier, les pilotes sont priés de le suivre dans ce combat, faute de quoi ils feraient preuve d’un « silence complice ». Ils doivent ainsi observer une minute de silence contre le racisme et sont invités à mettre un genou à terre. Alors qu’ils portent des t-shirts portant l’inscription « End racism » (En finir avec le racisme), Hamilton se distingue en arborant en plus un t-shirt « Black Lives Matter », certaines vies étant peut-être plus égales que d’autres pour lui… Et il n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le Français Romain Grosjean qui avait choisi de ne plus céder à la génuflexion. Le champion du respect court pourtant sans s’indigner dans des pays où sont bafoués les droits de l’homme, comme ceux du Golfe persique où, d’ailleurs, le racisme antinoir est un classique depuis des siècles.

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Dans l’attente de sa retraite et d’un monde tout électrique, Lewis Hamilton va continuer à piloter en espérant battre tous les records de Michael Schumacher. Après quoi, il sera peut-être enclin à dénigrer la F1 qui pollue trop et demander une sévère réduction du nombre de courses. Afin d’éviter que ses propres records ne soient battus ?

Amsterdam: imbroglio autour des “observateurs” anti-racisme

Des policiers d’Amsterdam conspuent les nouveaux observateurs qui, mandatés par la mairie, doivent rapporter ce qu’ils croient être des délits de faciès. Quatre syndicats de policiers ont exigé le retrait de ces contrôleurs. Ils considèrent leur nomination comme une “motion de censure” contre les forces de l’ordre, et envisagent des actions de protestation si la mairie de gauche maintient le projet…


Le chef de la police de la capitale néerlandaise a donné son feu vert au projet, qui a débuté le 1er septembre, ce qui lui a valu d’être traité de “collabo avec la racaille” par le site droitier GeenStijl, qui accuse la mairie d’avoir fait sienne l’idéologie militante du mouvement américain Black Lives Matter.

Les plaintes sont le plus souvent prononcées sous couvert d’anonymat. Dans le journal De Telegraaf un policier anonyme se plaignait ainsi: “On nous traite comme des enfants qui ont besoin d’être surveillés. Il n’est pas exclu qu’un collègue s’abstienne de fouiller un passant noir ou arabe  pour éviter des emmerdements avec ces soi-disant observateurs.” Et l’agent d’enfoncer une vérité pas bonne à dire mais connue aussi à la mairie : les jeunes de couleur se rendent bien plus souvent coupables d’actes criminels violents que les Blancs du même âge. 

Le compromis de Femke Halsema

Si dans d’autres grandes villes européennes, la police procède à des fouilles systématiques dans la rue à la recherche d’armes illégales, Amsterdam s’y est toujours opposée. Le conseil municipal de ce bastion de l’ultra gauche, brocardé par le reste du pays pour son wokisme, y voit une stigmatisation des quartiers où les policiers procèdent aux fouilles. Et, partant, de ses habitants.

Cependant, la maire Mme Femke Halsema (les Verts) sut vaincre ses propres réticences après des manifestations de mères de famille et d’autres habitants d’un quartier composé à majorité de personnes noires las des actes de violence qui y empoisonnent la vie de tous les jours. Non seulement des bandes de jeunes, souvent affiliés à des stars du rap, tuaient ou blessaient des adversaires avec des coups de revolvers ou de couteau, mais des balles perdues ont plus d’une fois failli tuer des innocents.

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Si elle a bravé l’interdit de sa propre famille politique, Madame le maire lui offrit un compromis: sur Facebook, elle invita des citoyens à devenir observateurs volontaires pour accompagner des patrouilles de police procédant à des contrôles dans la rue. Leur rôle ? Vérifier si les flics ne choisissent pas en priorité des personnes de couleur pour être soumises à des fouilles à la recherche d’armes…

150 volontaires

Quelque 150 citoyens se sont portés volontaires, parmi lesquels une cinquantaine reçurent une invitation à participer au projet qui pourra être arrêté après un mois si les résultats laissent à désirer. Cinq quartiers ont été désignés pour servir de cobayes. Les observateurs anti-racistes ont été prévenus que certaines fouilles peuvent déclencher des actions violentes de la part des “suspects” et que, en pareil cas, ils peuvent être cités comme témoins lors d’éventuels procès. 

Qui sont ces volontaires ? On peut penser que parmi eux les militants anti-racistes seront nombreux, mais des opposants fervents à la mairie s’y seraient mêlés aussi, pour pouvoir mieux brocarder ce qu’ils considèrent comme une énième frasque des dirigeants de leur ville. On craint également que des complices de jeunes criminels puissent également s’être infiltrés dans les rangs des observateurs, pour mieux renseigner leurs compères sur les lieux à éviter certains jours. La mairie assure que les observateurs ne seront avertis que peu avant le début des fouilles. 

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Mais comment éviter de fouiller et interroger en priorité des passants noirs dans un quartier ou ils forment la grande majorité, comme le Bijlmermeer dans la banlieue sud-est ? Il faudra y attendre un certain temps pour croiser un Blanc qui, s’il est âgé de 65 ans ou plus, sera exempt de fouilles, selon les règles du projet. Dans un autre quartier à contrôler, dans l’ouest de la ville, les Néerlandais d’origine arabe sont majoritaires, et les rares Blancs qu’on y croise encore ont le plus souvent passé l’âge d’utiliser un couteau pour autre chose que d’éplucher une pomme. Encore ailleurs à Amsterdam, l’arrestation d’un adolescent blanc pour port d’arme illégal fit sensation en 2019, car il s’agissait du fils de Mme le maire, armé d’un pistolet réel, propriété de son père, mais rendu hors d’usage. 

Les policiers amstellodamois ont ajouté une touche d’absurdité à leur colère, avec l’envoi de leurs propres observateurs pour vérifier si les inspecteurs anti-racistes bénévoles n’empêchent pas les flics de lutter contre le fléau des armes dans les quartiers difficiles. Leurs habitants accueillent dans leur grande majorité très favorablement les fouilles des passants. Même ceux qui y étaient soumis le jeudi 2 septembre ne se plaignaient pas trop. “Plus il y a de flics dans le quartier, mieux ça vaudra” affirmait un habitant dans un reportage de la télévision publique qui disait s’être fait cambrioler à trois reprises ces derniers temps.

Abel Quentin, le Voyant d’Étampes et la culture «woke»

Abel Quentin nous raconte l’histoire d’un prof accusé de racisme, défendu par une certaine Elisabeth Lévy… Un roman très plaisant qui croque notre politiquement correct contemporain et qui fait penser à Houellebecq ou à Roth…


Le Voyant d’Etampes est un roman très drôle. C’est le récit des démêlés d’un universitaire, Jean Roscoff, semi-gros à jambes grêles passablement ivrogne, qui écrit un essai, intitulé lui aussi le Voyant d’Etampes, sur un poète noir américain, Robert Willow. Ce dernier est venu en 1953 en France, où il a fréquenté l’intelligentsia sartrienne, puis s’en est détaché et s’est « exilé » à Étampes, ville encore médiévale où les presbytères n’ont rien perdu de leur carme ni les jardins de leur éclat. 

Et justement, Willow rompt avec la poésie « engagée » qui était la sienne, et s’attelle à des rondeaux médiévalistes hors temps. Et il meurt dans un accident de la route — d’où la belle couverture où est reproduite une photo de Christophe Rihet tirée de Crossroads, dont j’ai parlé lors de son passage à Arles il y a quatre ans, représentant cette ligne droite de la Nationale 5 où la Facel Vega HK500 de Michel Gallimard s’est encastrée dans un arbre, tuant Albert Camus assis justement à la place du mort. 

Le romancier s’approprie la rédac’ chef

Mais l’essai de Roscoff, parce qu’il est écrit par un Blanc qui fait donc de l’appropriation culturelle en parlant d’un Noir, en un monde où nous sommes assignés à résidence — j’en ai parlé jadis —, heurte la conscience « éveillée » des antiracistes professionnels d’aujourd’hui, immédiatement soutenus par la presse bien-pensante et l’ensemble des rézosocios, où les hyènes chassent en meute. 

D’où des démêlés fort drôles qui font l’essentiel du livre.

A lire aussi: Frédéric Beigbeder: “Bientôt on ne pourra plus écrire librement”

Toute la presse ? Non : quelques magazines soutiennent l’auteur. Causeur écrit (prétend Quentin) : « L’insoutenable liberté de Monsieur Roscoff : récit d’un lynchage » — où le mot « lynchage » a été soigneusement pesé par Elisabeth Lévy (du moins, on imagine assez qu’elle pourrait le faire) puisqu’il utilise un terme annexé par l’imaginaire noir en évoquant un Blanc, comme nous l’apprendrons au fil de la lecture. Marianne et Valeurs actuelles — toute la fachosphère, à en croire les professionnels de la bonne conscience — défendent aussi le livre de Roscoff sur le même ton.

Dans la bibliothèque de survie de Beigbeder !


La réalité rejoint la fiction : Valeurs actuelles a publié fin août une critique dithyrambique du livre de Quentin, et le Figaro, sous la plume de Frédéric Beigbeder, a renchéri tout récemment.

C’est vraiment d’une lecture agréable, et d’autant plus aisée que le récit, fait à la première personne par le « héros », garde constamment un aspect « oral » qui l’éloigne de Flaubert, mais le rapproche d’auteurs plus immédiatement contemporains : Quentin est l’enfant adultérin engendré par l’union monstrueuse de Michel Houellebecq et de Philip Roth — le Voyant d’Etampes présente des analogies certaines avec la Tache, ce qui n’est pas un mince compliment.

Divulgâchons la fin — peu importe, le roman n’est pas un suspense, c’est une critique féroce de notre contemporanéité. Robert Willow, le pur poète, se révèle in fine avoir été un agent du KGB — et les « éveillés » d’aujourd’hui devraient parfois se demander si telle ou telle de leurs idoles africaines ou maghrébines n’est pas un agent infiltré au service d’un émirat à venir. Que les féministes d’aujourd’hui évitent de soutenir Mila ou de condamner l’excision, légitiment le port du voile islamique et se taisent sur l’entrée des talibans à Kaboul en dit long sur leurs priorités souterraines, et si j’étais un maître espion, je farfouillerais dans leurs relations.

Soif de pouvoir ou de justice sociale ?

Parce qu’à appeler un chat un chat, il faut bien se rendre compte que les Chiennes de garde ne défendent pas les femmes, mais cherchent à s’annexer le pouvoir des mâles hétéros blancs, en leur insufflant un sale parfum de culpabilité à cause du « privilège blanc » qui est le leur. Que les « racisés » s’efforcent de remplacer au pouvoir les maîtres qui les ont dominés durant des siècles. Que les générations x / y / z et suivantes veulent à tout prix chasser de la scène les boomers qui y séjournent encore — et tant qu’à faire, les quadras / quinquas qui leur ont succédé et qui sont peu nombreux. Du pouvoir — pas de la justice.

A lire aussi, Jérôme Leroy: Trois premiers romans hors des sentiers battus

D’ailleurs, Abel Quentin, quand il n’écrit pas de romans, est avocat pénaliste. Il doit savoir que la justice n’a rien à voir avec le Droit, et que nombre de révolutionnaires, en 1789 à commencer par Danton et Robespierre, étaient avocats et ne défendaient pas les droits du peuple, mais leur appétit de puissance. Aucune cause n’est « juste », elles sont toutes des tentatives pour chasser du temple les puissances qui l’occupent, afin de les remplacer par un nouveau rapport de forces. Ne cherchez pas de motivations idéologiques à ces pseudo-révolutionnaires : adressez-vous à Darwin. Et traitez-les en conséquence, si vous ne voulez pas finir comme le smilodon.

Bravo en tout cas à Muriel Beyer, fondatrice des Éditions de l’Observatoire qui éditent le roman, d’avoir déniché cette perle parmi tant de pseudo-auteurs en mal d’écriture. Ce n’est pas chez Plon, où elle travaillait auparavant, qu’on aurait édité un tel brûlot anti-conformiste, tant la peur de choquer les imbéciles hargneux, comme le souligne le livre, est la valeur-refuge aujourd’hui de l’édition française et des médias, qui pensent à gauche pour mieux remplir leur portefeuille sur le dos des gogos.

Le Voyant d'Étampes - Prix de Flore 2021

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PS. Un seul regret : qu’Abel Quentin se croie obligé d’écrire « auteure ». Par bonté j’ai mis ce barbarisme sur le dos d’une correctrice éveillée… À ce détail près, c’est vraiment un bon livre.

J’ai survécu à une réunion contre les violences sexistes et sexuelles de Sciences-Po

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L’étudiant Victor était infiltré à une formation d’une heure trente instaurée suite à l’affaire Olivier Duhamel. À la manœuvre, à en croire les diapositives de la formation, la CPED (Conférence permanente égalité diversité, dont Sandrine Rousseau est la vice-présidente), l’ANEF (Association Nationale des Études Féministes), JuriSup et VSS Formation. Témoignage.


Étudiant à Sciences Po, j’assistais le samedi 28 août à une formation d’une heure trente : « Stop aux violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche ». Instaurée suite à l’affaire Duhamel et rendue obligatoire par notre direction – qui a certainement jugé que le crime d’un pédophile sur son beau-fils trente ans plus tôt allait déteindre sur ses étudiants – cette sensibilisation aux violences sexistes a fait de moi un mâle plus responsable.

Distanciel et écriture inclusive

La formation est animée en distanciel, dans un climat d’écriture inclusive ; à ce propos, il me faut saluer la prouesse de la formatrice, qui n’a pas employé une seule fois le masculin générique même à l’oral. Après une petite introduction sur ce que sont les violences sexistes et sexuelles (ou VSS, pour les intimes), j’apprends ce que signifie le terme de « sexisme ». Il s’agit d’une « idéologie reposant sur l’infériorité des femmes par rapport aux hommes ». Messieurs, soyez rassurés, car on ne peut pas être sexiste envers les hommes. 

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Coup dur, la formation n’est pas finie et on me révèle alors que je vis dans une société « à fondement patriarcal ». Je découvre, avec consternation, l’existence d’un « système sexiste », que nous aurions tous intégré, et qui, reposant sur les blagues, les pubs et les stéréotypes sexistes, entretiendrait le climat de violences (sexistes). J’ai un peu honte, car j’avoue avoir déjà échangé des blagues sexistes avec mon meilleur ami. J’espère ne pas être amené à commettre des violences envers les femmes.

Je me fais peur à moi-même

Je suis toutefois soulagé lorsqu’on me dévoile que « le sexisme, ce n’est pas la même chose que la drague ». Ouf, j’ai donc bien l’autorisation de séduire les filles, je ne vais pas être obligé d’attendre qu’une fille me séduise, ce qui aurait été très long j’en conviens. Cependant, l’enthousiasme est de courte durée. Moi qui voyais l’amour comme quelque chose d’innocent et de gai, on m’explique toutes les démarches qui garantiront la sécurité des personnes. Car le crime n’est jamais loin. Il me faudra donc, à chaque fois, recueillir un consentement clair et éclairé, un « oui » qui ne laisse pas la place au doute. Mince ! Je dois demander une permission, pour savoir si mon romantisme ne cacherait pas des intentions de viol.

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Mais qu’on se rassure : bien que ces demoiselles soient les proies des désirs masculins, la loi s’occupera heureusement de condamner ces messieurs. On nous dresse la liste des peines en vigueur, de l’amende à la prison, pour des crimes qui vont de l’injure au harcèlement. Les choses sont claires : mâles, soyez prévenus ; l’État est là, derrière vous ; alors, maîtrisez vos élans, rationalisez votre spontanéité. Pour la première fois, je réalise ce que je peux inspirer aux femmes, et j’ai peur de moi-même ; mes prochaines soirées risquent d’être très calmes. 

C’est le pire, les vieux hommes blancs

On nous montre d’ailleurs quelques flyers de boîtes de nuit. Certains représentent des jeunes filles sexy, pour des fêtes très hot. Je suis touché : que de jolis corps ! Malheureusement, cela n’est pas bien. « Les filles objets de désir, c’est ce qui cultive la culture du viol et les VSS ». Pour faire une pub éthique, il vaut mieux montrer des néons, des boules à facettes, ce genre de choses. 

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En attendant que la formatrice finisse de nous formater, je jette un coup d’œil au fil des commentaires des participants à la formation. Une petite vingtaine d’étudiants (sur les 400) partagent leurs pensées, visiblement très sûrs de défendre le bien et d’avoir raison. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-monde en face pour les contredire sans craindre la stigmatisation. Qu’importe. Une étudiante, en quelques lignes, demande comment l’on doit réagir dans le cas typique où quelqu’un, « généralement homme de plus de 50 ans, blanc, cadre supérieur », interpelle une jeune femme avec un « mademoiselle », « ma petite », « mon petit ». Une autre écrit cette remarque : « C’est le pire les vieux hommes blancs ». Oui, sans doute ont-elles raison, après tout. Sans doute n’y a-t-il pas pire que ces vieux hommes blancs-là, avec leurs airs supérieurs et leurs manières, sans doute devons-nous les châtier. Et le type, ni vieux, ni blanc là, qui brûla vive son ex-conjointe à Mérignac en mai, ne mérite sans doute pas d’être évoqué dans une telle formation. C’est bien connu, s’il a assassiné sa femme avec sauvagerie, c’est sans doute à cause du « système sexiste » occidental, à cause des pubs sexistes et compagnie, bref, un cas comme les autres, oui, sans doute… 

Enfin moi, en tant que mâle, je renonce à l’amour : beaucoup trop sinistre. Merci Sciences Po de m’avoir rendu meilleur.

Une tribune qui fleure bon la détestation de la France

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Dans ses colonnes, Le Parisien met à l’honneur Despentes, Duflot, Rousseau et tout un ensemble de néoféministes « engagées » à la moraline dégoulinante. Pour cette bande de comédiennes, la France n’aurait « pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions » aux Afghanes.


Elles s’appellent Virginie Despentes, Agnès Jaoui, Sandrine Rousseau, Cécile Duflot, Giulia Foïs ou Paul B. Preciado. Elles, et cinquante autres, ont signé une tribune pour que la France accueille inconditionnellement toutes les Afghanes « et leurs proches » qui en feront la demande. Elles dénoncent « des hommes, à commencer par notre président, qui trouveront toujours mille raisons de ne rien faire et de ne pas être le pays des droits des femmes, eux qui ont toujours trouvé des excuses pour ne pas être celui des droits de l’homme. » Étrange phrase, tant pour le fond que pour la forme. Mais on comprend quand même où elles veulent en venir.

Le dénigrement permanent

En plus de se faire reluire la bonne conscience, ces cacographes se livrent en réalité à un énième exercice de dénigrement de la France, de sa culture, de ses habitants. Les Français s’inquiètent d’un « nouveau flux migratoire » ? Ce sont des ânes, des sans-cœur. Elles, elles ont un cœur gros comme ça. Mais peu de connaissances. Ignorantes, elles accusent la France de rejeter les demandes d’asile des Afghans « depuis des années. » Correction : l’Afghanistan est « depuis des années » le premier pays d’origine des demandes d’asile en France. La France est le pays européen qui accepte le plus d’Afghans sur son territoire. En 2020 notre pays a protégé 80% des Afghans qui en faisaient la demande (statut de réfugié ou protection subsidiaire) contre… 19% en Allemagne. Depuis la prise de Kaboul par les talibans, les quelques OQTF (Obligations de quitter le territoire français) qui demeuraient (et qui de toute manière n’auraient été suivies d’aucun effet) ont été suspendues. Mais la France a toujours tout faux : en même temps qu’elles redoutent le sort réservé à leurs « sœurs afghanes » en Afghanistan, ces pleureuses médiatiques craignent qu’elles meurent « ici, finalement, dans un bidonville. »

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Le dégoût sélectif

Il n’est pas question ici de remettre en cause le droit d’asile mais de souligner la malhonnêteté de certaines protestataires agréées qui n’ont de cesse de vouloir faire passer notre pays pour ce qu’il n’est pas. Je pense en particulier à Mme Virginie Despentes. Toujours à la pointe des crasseries les plus obscènes, celle-ci écrivait, après l’assassinat des membres de Charlie-Hebdo, avoir aimé les frères Kouachi, « ceux qui venaient de s’acheter une Kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que vivre à genoux. » « J’ai aimé, lâchait encore cette graphomane ordurière, leur façon de dire – vous ne voulez pas de moi, vous ne voulez pas me voir, vous pensez que je vais vivre ma vie accroupi dans un ghetto en supportant votre hostilité sans venir gêner votre semaine de shopping soldes ou votre partie de golf – je vais faire irruption dans vos putains de réalités que je hais parce que non seulement elles m’excluent mais en plus elles me mettent en taule et condamnent tous les miens au déshonneur d’une précarité de plomb. » Que retient-on de ce texte émétique ? Que les seuls, uniques et sempiternels coupables sont la France et les Français. Raison pour laquelle Mme Despentes n’a jamais soutenu Mila mais se tient régulièrement aux côtés d’Assa Traoré quand il s’agit de dénoncer le supposé racisme systémique des Français. Mme Despentes a aussi écrit une lettre à ses « amis blancs qui ne voient pas où est le problème » après avoir participé à la manifestation en soutien à la famille Traoré mais n’a écrit ou signé aucun papier à la mémoire de Timothy Bonnet, ce jeune homme tué par un demandeur d’asile afghan à Villeurbanne, ou de Théo tué par un Sénégalais ou de Samuel Paty décapité par un Tchétchène. Le tort de ces hommes est d’avoir été français tandis que leurs assassins ne le sont pas. Sans doute Mme Despentes, qui a le dégoût sélectif, nous aurait-elle vomi quelque texte bien senti si cela avait été l’inverse.

Un “exercice de sororité sans pareil”, selon le Parisien

« Mobilisons-nous pour l’accueil en urgence absolue des femmes afghanes, de leurs proches et des personnes des minorités de genre et d’orientation sexuelle. […] pour l’assouplissement immédiat des conditions nécessaires au regroupement familial », écrivent ces dames patronnesses qui réclament l’impossible, sachant que la prudente ONU prévoit au bas mot le départ de 500 000 Afghans de leur pays. Gonflées de bons sentiments usés jusqu’à la corde, ces donneuses de leçons de morale parlent de « sororité internationale.» « Ce que nous voulons, nous le voulons pour toutes », écrivent-elles encore. Très bien. Alors où sont, mesdames, vos tribunes à propos de vos sœurs nationales, tuées, harcelées, maltraitées, sous protection policière : Sarah Halimi, Mila, Mireille Knoll, Zineb El Rhazoui, les jeunes musulmanes françaises mariées de force, voilées de force, les Françaises insultées qui ne peuvent plus s’habiller comme elles le désirent dans certains quartiers ? Où sont, pour reprendre les mots de la journaliste du Parisien, vos « cris de rage » ? Où est votre « exercice de sororité sans pareil » ?

Leçons dégoulinantes

Derrière les larmes de crocodile et les leçons d’humanité dégoulinantes se cachent des aigreurs anciennes, des ressentiments obscurs, que nourrit un discours anti-occidental et anti-français qui progresse dans certains cercles universitaires, artistiques ou associatifs. Ces dames ne s’engagent pas pour les femmes afghanes « et leurs proches », mais pour montrer leurs bons sentiments à tous les passants et détériorer l’image de la France. Elles prétendent que l’obscurantisme des talibans « fait le jeu d’un autre obscurantisme, celui de l’extrême-droite. » Mmes Despentes, Duflot, Rousseau, etc. ayant une vision très large de l’extrême-droite, j’imagine qu’elles comptent maintenant dans ses rangs ce candidat à la prochaine élection présidentielle qui évoque la « poussée migratoire qui a accéléré », parle de « la délinquance et de la radicalisation islamiste qui s’en nourrissent », et propose un moratoire de trois à cinq ans sur l’immigration, j’ai nommé le fasciste… Michel Barnier !

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Rengainez, mesdames, vos plumes et vos mouchoirs. Vos mots compatissants sentent trop la haine de la France pour que nous y croyions. Vos larmes, acides et fausses, exhalent un gaz malveillant que nous reniflons depuis trop longtemps et qui masque mal votre dégoût de ce pays. Ou, pour certaines d’entre vous, votre indécrottable bêtise ou, qui sait, votre pitoyable candeur. Dans tous les cas, faites-nous le don de votre silence. Vos tribunes de bonne sœurs attardées ou retorses commencent à nous les briser menu.

Les gobeurs

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Samuel Huntington, reviens!

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Alors que l’Occident se perd dans un certain brouillard (retrait d’Afghanistan, montée en puissance de la Chine…), relire le politologue américain Samuel Huntington offre quelques clés permettant d’y voir plus clair. Pour l’auteur de l’injustement controversé Choc des civilisations, il ne faut bien sûr pas rester passif à l’encontre de ceux qui menacent nos intérêts légitimes, mais voiler la défense de ceux-ci par des discours moralisants n’est ni intellectuellement honnête, ni géopolitiquement judicieux. Analyses.


Samuel Huntington nous a quittés en 2008. Professeur à Harvard en sciences politiques, soutien pérenne du parti démocrate américain, il fut à la fois une figure de l’établissement et un iconoclaste. 

À la fin de sa carrière, deux œuvres majeures ont semé le trouble : Le Choc des civilisations (1997) et Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures (2005). Dans le premier livre, il rejette implicitement une vision téléologique (le paradis terrestre nous attend parce que le Progrès le promet) pour mettre l’accent sur le rôle central des cultures ou « civilisations » et sur l’irréductible multiplicité de celles-ci. Face aux dogmes de l’interchangeabilité des humains et de l’unicité de leur destin final, il s’agit alors d’une double hérésie !

Dans le second livre, il affirme que les États-Unis ne constituent nullement une construction « habermassienne » née d’idées abstraites, mais qu’elle est au contraire le fruit du travail des fondateurs anglo-saxons et protestants, lesquels ont su créer des institutions et une dynamique permettant – jusqu’ici – l’absorption de vagues successives d’éléments allogènes. Mais déjà, l’intensité contemporaine de l’immigration « latino » lui paraît cependant de nature à mettre en danger cette construction.

Ses idées ont évidemment été contestées, mais elles offrent une clé de compréhension aussi élémentaire qu’essentielle : de par le monde, les cultures et les institutions se rattachent à des racines non interchangeables, chargées de significations puissantes, et pouvant agir même à notre insu.

L’impossible chute de Kaboul

Kaboul est tombée : impossible ! Ou du moins, impensable. Nous avons bâti les forces armées afghanes, construit des routes, des écoles et proposé de prendre part à notre civilisation supérieure. Mais cependant tout s’est écroulé en un instant. Quasiment sans coup férir. Commentaire du président Biden : si les Afghans ne sont pas prêts à se battre, nous ne devons pas encore envoyer nos enfants se faire tuer là-bas. Et d’ajouter : partir dix ans plus tôt ou plus tard n’aurait rien changé à l’affaire ! [1] Rappelons qu’au départ, la mission consistait à neutraliser les forces terroristes ayant organisé les attaques du 11 septembre 2001 ainsi que le régime taliban qui les protégeait. Accomplie en quelques mois, les pays occidentaux sont restés sur leur lancée en établissant un programme de transformation du pays après leur mission : infrastructures, institutions, mœurs. L’échec des Occidentaux en Afghanistan fait suite à une série de déconvenues similaires : en Chine, en Turquie, en Russie, en Iraq, en Libye, en Syrie ou au Mali. Chaque fois, on observe que notre modèle politique, social et juridique ne s’exporte pas avec la même facilité qu’une BMW ou un sac Louis Vuitton.

Mais nous demandons-nous pour autant pourquoi cela ne marche pas ? Serait-ce possible que le monde entier ne soit finalement pas appelé à penser, vivre, sentir comme nous ?

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Aujourd’hui peut-être plus que jamais, nous vivons avec la conviction profonde de détenir les clés du vrai, du beau et du juste. À tel point qu’il suffit que nos propres dogmes se déplacent pour que la Vérité pour l’humanité toute entière se déplace à l’identique et aussitôt. Mais le Chinois – de base, cultivé, ou leader politique – est-il vraiment aussi pénétré de ces certitudes ? Et les Turcs ? Ou bien les Russes ? Doivent-ils tous l’être ? Pour Samuel Huntington, la réponse est non.  

Surestimation de soi

Dans l’introduction du Choc des civilisations, Huntington évoque la tendance des civilisations au faîte de leur puissance à se persuader d’avoir le dernier mot quant au devenir de l’humanité, dépassant, et ce définitivement, tout ce qui était advenu auparavant. 

Au moins, consolons-nous, Huntington nous apprend que cette surestimation de soi n’a pas été inventée par les Occidentaux ! 

Jacques Chirac a rejeté les idées de Huntington comme nocives : il ne fallait pas perturber le narratif du vivre-ensemble déconflictualisé planétaire. 

La délimitation de civilisations retenue par Huntington a aussi fait l’objet de vives critiques. Par exemple le fait d’avoir séparé les Européens orthodoxes des autres Européens, ou d’avoir caractérisé la civilisation musulmane comme un bloc. Il est cependant important aussi de rappeler à tous ceux qui l’ont critiqué que Huntington ne voyait pas dans le potentiel bien réel de conflit entre civilisations une nécessité que cela débouche sur des bagarres destructrices. Réaliste, mais pas forcément pessimiste !

Daigner remarquer que la Chine n’est ni la France ni l’Angleterre ni les États-Unis ne doit nullement conduire un Français, etc., au rejet.

La diversité comme cadre non-normatif

On peut continuer par exemple à croire que le système de démocratie libérale, complété par des protections sociales, et se situant dans une certaine continuité historique, se distingue par divers bienfaits. Mais tenter d’imposer son modèle au reste de l’humanité, c’est tout autre chose. 

Même à l’intérieur de l’Europe, nos références divergent : le Royaume-Uni a connu une évolution organique et reconnaît quatre nations fondatrices ; tandis que la France a été marquée par la Révolution française, qui s’est voulue rupture radicale, et a propulsé une idéologie jacobine. L’Allemagne, encore, a vécu plus de mille ans de structures politiques décentralisées bien éloignées du centralisme français ou britannique ! Entre Européens, il est donc indiqué de chercher à comprendre les différences pour mieux s’entendre. Il en va de même sur le plan extra-européen – pour éviter des erreurs d’appréciation, et pour permettre d’échanger. Ainsi est-il bon (puisque nécessaire) de pouvoir parler aujourd’hui avec les Talibans, ou de rechercher avec la Chine le meilleur chemin pour réduire la pollution.

Si les Chinois, les Turcs, les Russes, voire les Japonais, les Hongrois ou les Polonais savent que nous les méprisons (serait-ce avec bienveillance) au motif qu’ils ne collent pas d’assez près à nos idées prétendument « universelles », cela est de nature à créer une ambiance de départ polluée moins propice au progrès dans nos échanges.

Et les menaces réellement existantes ?

Un narratif antichinois s’installe, selon lequel la Chine rechercherait la domination mondiale. Nous autres Occidentaux, déjà dominants nous-mêmes, nous devons par conséquent de trouver cela moralement choquant ! Mais est-ce que la Chine ne cherche pas simplement à acquérir un statut de grande puissance qui serait assez logique étant données sa taille, ses performances économiques ou sa longue histoire ? 

Il ne s’agit pas de rester passif à l’encontre de ce qui menace nos intérêts légitimes. Mais voiler la défense de ceux-ci par des discours moralisants n’est ni intellectuellement honnête ni judicieux. S’attendre de la Chine qu’elle batte sa coulpe parce qu’elle n’adhère pas à nos principes – ou notre agenda (par exemple sur le devenir de Hong-Kong) n’est pas réaliste et ne fait que compliquer une situation déjà difficile. La Chine riposte en accusant les Occidentaux en Amérique du Nord d’être assis sur un système foncièrement raciste et construit sur la dépossession des groupes autochtones. Dans les deux cas, il y a instrumentalisation de questions – légitimes par ailleurs – pour occulter des (en)jeux politiques. Dans le domaine économique également, on cherche à repousser les assauts des Chinois, qui ont le toupet de développer des produits sophistiqués et performants, par des prétextes divers – comme on a pu essayer de le faire par le passé vis-à-vis de l’Allemagne (dès le XIXe siècle) ou du Japon (dès avant la 2ème Guerre mondiale).

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Le réalisme n’est ni immoral ni inefficace. Le réalisme veut que l’on comprenne le monde autour de soi, les forces en présence, les motivations. Distribuer bons et mauvais points en matière de moralité n’est pas son sujet [2]. 

Dans son livre remarqué sur « les vertus du  nationalisme », Yoram Hazony argumente que les États qui recherchent en premier lieu leur propre liberté représentent moins un danger pour les autres que les empires qui tendent à inventer un discours normatif pour justifier leur extension toujours plus globale [3]. À l’inverse, ni aujourd’hui ni à l’époque biblique, Israël n’a visé à régenter tout le monde mais à atteindre un degré adéquat d’autonomie et de sécurité. Dans l’histoire de la France ou du Royaume-Uni, on trouve des exemples prégnants de politique étrangère réaliste : dans l’alliance de la première avec les Ottomans pour briser l’encerclement des Habsbourg par exemple, ou dans les liens nourris sous De Gaulle avec la RPC ou avec l’URSS, malgré l’antipathie du Général pour le communisme. Pour le Royaume-Uni, on peut citer l’alliance avec l’Union Soviétique pendant la 2ème Guerre mondiale voire l’Entente Cordiale.

Philosophe politique et spécialiste d’études bibliques, Yoram Hazony est président de l’Institut Herzl à Jérusalem. Son dernier livre, « Les Vertus du nationalisme », vient de paraître en français. © Yochanan Katz

Un concert des nations voué à la diversité

Le « concert des nations » d’antan incluait des pays et régimes divers : la France, le Royaume-Uni, le Saint Empire, la Prusse, la Russie impériale, l’Empire ottoman etc. Y participer ne signifiait pas que chacun s’avoue convaincu du mérite des systèmes internes des autres. Le but était de gérer intelligemment les affaires du monde pour canaliser les conflits ou rétablir un équilibre suite à des perturbations. Un système « adulte » serait-on tenté de dire. Qui n’empêchait pas que le rayonnement de tel participant atteigne tel autre. Pensons par exemple à l’influence de la France du Grand Siècle ou au Royaume Uni au XIXème siècle.

L’offre politico-culturelle de tel régime peut évidemment moins nous convaincre. Actuellement la politique étrangère de la Chine semble produire des résultats mitigés : attirant certains pays à la recherche de vitamines économiques, repoussant d’autres pour cause d’agressivité. « Win/win » ? Si chacun s’efforce de comprendre l’autre, cela ne mettra pas fin aux conflits qui sont inhérents aux affaires humaines, mais cela permettra de les situer sur un plan froidement matériel, au lieu de les travestir en batailles du Bien contre le Mal ou du Vrai contre l’Erreur… L’impassible lucidité du réaliste vise la rigueur du raisonnement et la recherche coriace des véritables explications.

Un dernier mot

En somme : que les participants au « concert des nations » de notre époque, aussi divers soient-ils, s’entre-diabolisent et ils tournent en rond dans un étang empoisonné ! Qu’ils s’efforcent en revanche de rayonner positivement sur les autres, et il peut en sortir non pas le Bien, mais des biens multiples.

Pour conclure Le choc des civilisations, Huntington cite Lester Pearson [4] affirmant que l’humanité se dirige vers :

an age when different civilisations will have to learn to live side by side in peaceful interchange, learning from each other, studying each other’s history and ideals and art and culture, mutually enriching each other’s lives. The alternative, in this overcrowded little world, is misunderstanding, tension, clash and catastrophe[5].

Et d’enchaîner dans ses propres mots – pour conclure ainsi tout son livre :

« In the emerging era, clashes of civilisation are the greatest threat to world peace, and an international order based on civilisations is the surest safeguard against world war ». À bien noter : civilisations est employé au pluriel !


[1] Discours du 16 août 2021.

[2] Ces questions se traitent ailleurs.

[3] Les vertus du nationalisme, Editions Jean-Cyrille Godefroy, octobre 2020.

[4] Premier Ministre du Canada pour une partie des années 1950 et 1960.

[5] Lester Pearson, Democracy in World Politics (Princeton, Princeton University Press, 1955), pp. 83-84; cité op. cit. p. 321.

[6] Op. cit. p. 321 – s gras ajouté.

Le choc des civilisations

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Cyril Hanouna, le dealer et le député

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Capture d'écran C8

L’animateur de C8 Cyril Hanouna a invectivé un député de Marseille qui lui reprochait son choix de faire parler un dealer dans son émission.


Les quelques échanges que j’ai eus fortuitement ou non avec Cyril Hanouna ont toujours été sympathiques et chaleureux et, puisqu’il faut le préciser à son sujet, je le sais intelligent. Invité deux fois dans son émission, à dire vrai j’ai été heureux de l’annulation : je m’y serais senti mal à l’aise. Mais je prends au sérieux Cyril Hanouna et ne sors pas la dérision dès qu’il parle ou donne son opinion.

Un député LREM, Saïd Ahamada, l’a mis en cause parce qu’il avait invité un dealer dans son émission. Cyril Hanouna lui a répondu vertement, grossièrement et, plus gravement, sur un mode qui ne peut que favoriser un populisme politique qu’en général il dénonce. L’un de ses chroniqueurs est également un ex-dealer – « je n’avais pas le choix, j’étais en galère », justification avec laquelle je suis en total désaccord – mais le député LREM, ciblant le dealer invité, a appelé les médias à la responsabilité et saisi le CSA sur ce point. Cyril Hanouna s’est autorisé notamment ces termes particulièrement insultants: « Ces mecs qui ne font rien, qui sont derrière leur bureau, qui prennent leur oseille de député et qui ne foutent rien de l’année, et ils viennent nous gonfler ! »

Ces propos sont doublement condamnables

D’abord je peux comprendre cet élu qui est scandalisé par la présence d’un dealer dans une émission suivie par de nombreux téléspectateurs, notamment de la jeune génération. Donner une telle visibilité médiatique à un délinquant est offensant pour tous ceux qui se battent contre le fléau de la drogue. D’autant plus que ces derniers jours ont montré à quel point l’usage de drogue et le trafic induit de petite ou de vaste ampleur qui en résulte, sont à la source d’une part importante de la délinquance.

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Cyril Hanouna affirme qu’il s’agit d’information. D’une part on peut douter du caractère nécessaire du témoignage d’un dealer alors que mille solutions honorables existent pour se renseigner sur ce sujet. Dans tous les cas, présenter ce dealer comme une personne ayant naturellement droit de cité dans une telle émission est une faute. Certes ce n’est pas la première fois que je remarque la propension de certains médias à être attirés, voire fascinés par la délinquance ou la criminalité, comme s’il convenait de projeter de la lumière sur ces malfaisances en offensant les victimes qu’elles ont engendrées.

Leçon d’immoralité

Le ton navrant dont Cyril Hanouna a usé représente une déplorable synthèse démagogique de tout ce qu’on charrie de pire sur la classe politique. C’est un ramassis d’inepties. Cyril Hanouna qui a parfois mené des combats estimables en étant hostile à tout ce qui favorisait une démocratie de mauvais aloi, une République indigne, se livre à un exercice qui contredit en l’occurrence ses bonnes intentions. Insulter ce député comme il l’a fait n’était pas décent et on peut regretter qu’ainsi il ait conforté ses adversaires dans leur appréciation négative. J’ai par exemple entendu dans les Vraies Voix de Sud Radio le 3 septembre des interventions lui reprochant de ne savoir faire que du buzz et jugeant donc inutile toute contradiction, ne croyant pas qu’on puisse lui faire entendre raison. Je pense l’inverse. Il ne faut rien lui passer précisément parce qu’il a du talent, de la gouaille et de la vivacité et que lui rappeler à la fois la politesse et la honte d’un dealer médiatique n’est pas inutile.

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J’ai cru relever une étrange tendance qui ne cesse de s’amplifier : il faut avoir été ancien délinquant ou criminel pour informer sur la justice, communiste pour avoir le droit de vitupérer le communisme, curé pour dénigrer l’Église, salarié pour maudire l’entreprise, policier pour accabler les forces de l’ordre. On ne croit que ceux qui, au-dehors, sont prêts à maudire ce qu’ils ont quitté.

Il n’était pas nécessaire que ce dealer vienne donner des leçons d’immoralité. Le député LREM, une personnalité, elle, parfaitement honorable, a eu raison de s’indigner.

Les réacteurs nucléaires très sûrs et peu chers naîtront-ils en Chine ?

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Image d'illustration Unsplash

La Chine vient d’annoncer que son prototype de réacteur au thorium à sels fondus sera fini au mois de septembre et testé prochainement. Des réacteurs nucléaires de série au thorium sont prévus pour début 2030. Si son programme est une réussite, le dragon chinois aura touché le Graal : mettre en fonctionnement un réacteur nucléaire très sûr, plus simple, et moins cher. Les milliardaires américains Warren Buffett et Bill Gates sont aussi engagés dans un projet américain de réacteur à sel fondu, crédibilisant cette démarche.

Les réacteurs au sel fondu ont l’avantage de ne pas comprendre de vapeur à haute pression forcément dangereuse en cas de rupture de canalisation, les rendant plus sûr et moins cher. Utiliser le thorium comme combustible dans une centrale nucléaire, revient qui plus est à faire un feu de « bois mouillé » ; le thorium n’est pas fissile, il faut le transformer en uranium 233 en lui envoyant des neutrons pour qu’il devienne un combustible nucléaire. En cas de catastrophes naturelles, de rupture d’approvisionnement en eau ou électricité, le réacteur s’arrête et refroidit automatiquement grâce à ses caractéristiques propres. Le risque d’accident majeur est théoriquement réduit à zéro. Qui plus est, les réacteurs au thorium permettent de brûler et donc de recycler les déchets nucléaires existants. 

C’est donc le Graal du nucléaire que la Chine est en train d’atteindre quand la France a dangereusement laissé de côté la recherche dans cette technologie. 

La France doit pourtant commencer à remplacer sur une période assez courte ses centrales nucléaires d’ici à une dizaine d’années. Sinon elle se retrouvera en manque d’électricité quand ses anciennes centrales fermeront. Le remplacement de ces centrales par des centrales au thorium fabriquées en France serait une excellente nouvelle. Des réacteurs très sûrs, moins chers et simples à fabriquer avec un combustible thorium abondant et disponible. Mieux, suite à l’exploitation de mines en France, notre pays dispose d’un stock de 8500 tonnes de thorium qui permettent de produire 200 fois la quantité d’électricité produite en France en 2020. Le thorium est d’ailleurs présent sur la planète en quantités beaucoup plus importantes que l’uranium.

Ne plus utiliser d’énergies fossiles dans 20 ans devient une possibilité riche de promesses : la promesse de produire de l’énergie avec des emplois français sur notre sol, la promesse de ne plus dépendre de pays producteurs de pétrole instables, la promesse de ne plus émettre de CO2.

Cette énergie, cette électricité permettant de remplacer les énergies fossiles peut provenir des énergies renouvelables et des réacteurs au thorium. Elle alimentera directement les moteurs électriques ou sera transformée dans des électrolyseurs en hydrogène, l’essence de demain, qui alimentera les moteurs à pile à combustible de nos avions, bateaux, trains et voiture à hydrogène de demain. On rappelle qu’Alstom produit déjà un train à hydrogène qui remplace très avantageusement les trains diesel sur les lignes non électrifiées de France. 

Produire localement toute l’énergie nécessaire à la France au lieu de l’importer à coup de dizaines de milliards d’euros, créer des centaines de milliers d’emplois, contrer le dérèglement climatique, offrir un projet enthousiasmant à notre jeunesse est bien à portée de mains. Il ne manque aux gouvernants français qu’une vision stratégique de long terme et la volonté politique d’engager véritablement ce grand projet pour que ce rêve devienne réalité.

On a tous quelque chose de Belmondo

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"Pierrot le fou", avec Anna Karina, 1965 © PIERRE MANCIET/DALMAS/SIPA Numéro de reportage : 00432666_000008

Un hommage à notre héros préféré du cinéma, roi de la commedia dell’arte à la mode bistrotière, mais pas seulement…


La première fois où j’ai vu son visage, il pointait un flingue de compétition dans ma direction, sur une affiche de cinéma. Depuis ce moment-là, cette figure tutélaire ne m’a plus quitté. Pour un gosse de province, le choc fut terrible. L’émotion toujours intacte. J’en tremble encore. Il y avait bien sûr, l’assurance dans la pose, la décontraction dans le geste, ce sourire canaille qui emballe tout sur son passage, ce ton charmeur, un brin tapageur, et cet œil bienveillant qui ne juge pas. Je m’en suis fait immédiatement un ami, un frère, un père comme des milliers d’autres garçons de ma génération. Pour un enfant unique, avoir été sous la tutelle de Belmondo aura été la meilleure école de la vie. Une forme d’Humanités au cinéma, en Ford Mustang blindée, sous la dictée d’Audiard et en costard croisé. Avec, en arrière-plan, toute la lyre fantastique, Gabin et Audiard, Godard et Seberg, Broca et Dorléac, De Sica et Sophia. J’ai beaucoup écrit sur lui, tentant de déceler dans sa filmographie les derniers restes de notre identité jadis triomphante. Belmondo, c’est notre mémoire du fond des Trente Glorieuses, l’esprit de résistance au sérieux, le dérapage contrôlé comme marque de fabrique, la cascade comme exhausteur d’existence et le goût pour la farce populaire. L’amour des grands textes et de la vanne qui fuse entre copains. Une façon aussi de tancer les malotrus, de toréer les emmerdements et d’améliorer l’ordinaire. De refuser également toutes les leçons d’autorité et de sectarisme. Il était réfractaire à l’ordre établi, aux cénacles ridicules, n’oubliant cependant jamais ses devoirs envers les siens, sa famille comme son public. Il fut un éternel bon fils, vouant à son père sculpteur, une inestimable reconnaissance. Il lui construisit même un splendide musée. 

A lire aussi, Jérôme Leroy: Jean-Paul Belmondo est mort

Les mots manquent

Grâce à lui, nous avons tenu le coup devant des professeurs revanchards et, plus tard des petits chefs misérables, nous avons fait face aux injonctions contradictoires et aux humiliations quotidiennes. Nous savions intimement que de le voir à travers l’écran nous libérerait de toutes nos tenailles. Que le soir venu, il nous offrirait le meilleur de lui-même. La vie était plus grande sous son aile. Elle courait plus vite. Les filles étaient plus désirables et démoniaques ; des amitiés indéfectibles se noueraient au-delà de la mort ; le divertissement du dimanche soir avait alors des vertus philosophiques et thérapeutiques sur la Nation toute entière. Peu importe la qualité, pochades ou chefs-d’œuvre, sa filmographie a disséminé des bouées de sauvetage dans l’océan actuel. Nous n’oublierons pas ces bornes, ces phares dans la nuit. Comment expliquer plus simplement notre attachement à cet homme pressé ? Pas évident, c’est bien la première fois que les mots me manquent. Je bredouille. 

Avec Claudia Cardinale, « Cartouche », 1962 © MARY EVANS/SIPA Numéro de reportage : 51385211_000002

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Cet après-midi, je n’ai pas envie de faire de belles phrases, il faut aller directement à l’os, être capable de retranscrire sincèrement le fracas que nous cause cette perte. Ne pas tricher avec Jean-Paul. Ne pas pleurer surtout. Ne pas le panthéoniser. Face à la maladie, ces dernières années, il avait su garder cette dignité qui nous élève tous un peu. Plus que du respect ou de l’admiration, nous avions pour lui un sentiment de connivence. Belmondo, c’était la famille. Je pense en ce moment à Charles Gérard, à Michel Beaune, à Charles Denner, à Claude Brosset, à François Perrot et bien évidemment à la bande du Conservatoire. Je revois Bruno Cremer, hilare lors d’une remise de récompense, épinglé par Jean-Paul dans un jardin d’été. La malice de Marielle et la moustache frémissante de Rochefort. Qu’ils étaient grands et beaux. Nous avions envie d’être parmi eux, partager leurs rires et toucher d’un doigt leur immense talent. 

Un art de vivre qui s’en va

Avec sa disparition à l’âge de 88 ans, c’est tout un art de vivre qui disparaît, l’action et le verbe, le zinc et le grand style, les caleçonnades et le cinéma d’auteur, le théâtre français et l’Avia Club. On a tous quelque chose de Belmondo qui ne demande qu’à exulter. Ce soir, j’irai tout là-haut, vers le Lion de Denfert, me souvenir du quartier de sa jeunesse, prendre le pouls de mon vieux pays qui aimait Guitry et Verneuil, Marceau et Lautner, Dumas et Truffaut, Blondin et Remy Julienne. Et puis, je reverrai L’Incorrigible pour le plaisir des phrases qui claquent, du vaudeville sautillant, de la commedia dell’arte à la mode bistrotière, du minois de Geneviève Bujold et de l’atrabilaire fantasque Julien Guiomar. Et puis, Jean-Paul dans une Jaguar Type E aussi instable que féérique…

Ma dernière séance : Marielle, Broca et Belmondo

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Jean-Paul Belmondo est mort

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L'acteur Jean-Paul Belmondo, 1964 © MEUROU/SIPA Numéro de reportage : 00176456_000002

Jérôme Leroy se souvient de quelques apparitions de Bébel au cinéma.


Jean-Paul Belmondo est mort et on voudrait lui souhaiter un très bon voyage au paradis des acteurs mythiques parce qu’on lui doit parmi nos émotions cinématographiques les plus précoces, les plus durables et les plus hétéroclites. 

Ça commence avec Le Professionnel de Lautner, dialogues d’Audiard. On va voir ça au cinéma avec une de nos premières petites amies. Joss Beaumont est un agent lâché par les services secrets, quelque part en Françafrique, qui revient se venger. Il y a le Paris du début des années 80, aussi exotique aujourd’hui que celui de Stendhal. Et puis il y a aussi ce duel avec Robert Hossein, « le commissaire Rosen de la Brigade sauvage » sans compter la musique fabuleuse d’Ennio Morricone que des pubards iconoclastes (pléonasme) ont utilisé ensuite pour de la boustifaille de clebs. Bebel meurt à la fin, avec classe. À cette époque-là, on faisait encore mourir les héros à la fin. Les happy ends n’étaient pas  une obligation du cahier des charges. On devait être un peu plus adultes. 

Sinon, il y a aussi Le magnifique de Philippe de Broca. Années 70. C’est encore un film du dimanche soir sur la première chaine, à l’époque : une ode magnifique et rigolarde à ces écrivains forçats de l’underwood qui sortaient des romans d’espionnage à la chaîne quand il y avait encore une littérature de gare, et du populo qui préférait un bon roman du Fleuve noir à une bluette prétentieuse de Marc Mussy ou Guillaume Lévo. L’air de rien, c’est aussi un des films qui a le mieux compris la schizophrénie rêveuse des écrivains, c’est-à-dire comment se fait vraiment la littérature, grande ou petite. 

Mais le rôle qui nous reste le plus cher, c’est quand même celui de Michel Poiccard dans A bout de souffle de Godard. On voit ce film plus tardivement, au ciné-club, quand on commence à comprendre que la Nouvelle Vague n’est pas une avant-garde, ou alors une avant-garde réactionnaire, ce qui est beaucoup plus drôle.

Avec Poiccard, Belmondo joue un grand garçon libertaire, truand maladroit, tueur par accident. Il décide de vivre intelligemment le laps de temps qui le sépare de son arrestation inévitable par les flics dont l’un est joué par l’écrivain chauve Daniel Boulanger, poète délicieux et regretté. 

Pour ce faire, Bebel-Poiccard drague Jean Seberg qui vend le Herald Tribune sur les Champs-Élysées mais surtout, ce qui avait choqué à l’époque, il pisse après l’amour dans le lavabo de la jeune fille. Il lui a néanmoins demandé la permission, ce qui est une circonstance atténuante. Mais surtout, dans A bout de souffle, il a cette réplique définitive qui devrait servir de devise à tous ceux qui désirent éloigner de leur espace vital les importuns, les fâcheux et les malfaisants : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez vous faire foutre !»

Lewis Hamilton, le pilote vegan et champion du monde de la tartufferie

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Lewis Hamilton, Pays-Bas, 4 septembre 2021 © Francisco Seco/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22602400_000093

Le sportif s’est fait surprendre au volant d’un V12, alors qu’il prétend ne rouler qu’à l’électrique…


La célébrité peut conduire à se sentir investi de devoirs dits pédagogiques. Et il arrive que les donneurs de leçons se comportent avec duplicité. Ainsi Harrison Ford qui pilote son avion de la Californie jusque dans le Massachusetts sur la côte est pour déposer son fils à l’université, tout en vilipendant Donald Trump pour sa critique des Accords de Paris sur le climat… 

Pour la peine, nous le condamnons à regarder Hugo Clément en boucle

Il y a peu, c’est le champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton qui a été surpris au volant d’un bolide à moteur thermique dans les rues de Monaco, alors qu’il prétend ne rouler au quotidien qu’en voiture électrique. Le Britannique se pose également comme le chantre de l’antiracisme en prônant une approche manipulatrice de cette cause…

A lire aussi: Mince, rouler en ville à 30 km/h pollue beaucoup plus qu’à 50 km/h!

Depuis 2019, Lewis Hamilton s’est trouvé une conscience écologique, il serait même devenu végan. Le pilote britannique avait commencé par attaquer les agriculteurs en octobre de cette année-là, les accusant d’avoir davantage de responsabilité dans le réchauffement climatique que l’industrie du transport. Il avait même annoncé sur Instagram vouloir « renoncer à tout » pour sauver la planète, avant de supprimer son message. Une monoplace de F1 brûle environ 45 litres d’essence aux 100 kilomètres, et les déplacements des équipes pour rejoindre la vingtaine de circuits autour du monde se font en avion et poids-lourds ; un pilote effectue environ 840 kilomètres durant un week-end de Grand Prix, essais libres inclus. 

Pour compenser les émissions de carbone par la F1, Hamilton avait choisi de renoncer à son jet, ou encore de ne plus conduire que sa Mercedes EQC, un modèle électrique, lors de ses déplacements privés. Manque de pot, la star a été photographiée dans sa Pagani Zonda à moteur V12 de 7,3 litres. Entre deux leçons de morale dans les médias et sur les réseaux sociaux.

La culpabilisation antiraciste

Mais le climat n’est pas le seul cheval de bataille du pilote. La mort de George Floyd a été utilisée par Hamilton pour mener un combat contre le racisme, Greta Thunberg étant peut-être en meilleure position sur le créneau de l’écologisme pour obtenir un prix Nobel de la paix. Depuis l’an dernier, les pilotes sont priés de le suivre dans ce combat, faute de quoi ils feraient preuve d’un « silence complice ». Ils doivent ainsi observer une minute de silence contre le racisme et sont invités à mettre un genou à terre. Alors qu’ils portent des t-shirts portant l’inscription « End racism » (En finir avec le racisme), Hamilton se distingue en arborant en plus un t-shirt « Black Lives Matter », certaines vies étant peut-être plus égales que d’autres pour lui… Et il n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le Français Romain Grosjean qui avait choisi de ne plus céder à la génuflexion. Le champion du respect court pourtant sans s’indigner dans des pays où sont bafoués les droits de l’homme, comme ceux du Golfe persique où, d’ailleurs, le racisme antinoir est un classique depuis des siècles.

A lire aussi, Didier Desrimais: Une tribune qui fleure bon la détestation de la France

Dans l’attente de sa retraite et d’un monde tout électrique, Lewis Hamilton va continuer à piloter en espérant battre tous les records de Michael Schumacher. Après quoi, il sera peut-être enclin à dénigrer la F1 qui pollue trop et demander une sévère réduction du nombre de courses. Afin d’éviter que ses propres records ne soient battus ?

Amsterdam: imbroglio autour des “observateurs” anti-racisme

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Femke Halsema, l'alter ego d'Anne Hidalgo aux Pays-Bas © Shutterstock/SIPA Numéro de reportage : Shutterstock40660714_000025

Des policiers d’Amsterdam conspuent les nouveaux observateurs qui, mandatés par la mairie, doivent rapporter ce qu’ils croient être des délits de faciès. Quatre syndicats de policiers ont exigé le retrait de ces contrôleurs. Ils considèrent leur nomination comme une “motion de censure” contre les forces de l’ordre, et envisagent des actions de protestation si la mairie de gauche maintient le projet…


Le chef de la police de la capitale néerlandaise a donné son feu vert au projet, qui a débuté le 1er septembre, ce qui lui a valu d’être traité de “collabo avec la racaille” par le site droitier GeenStijl, qui accuse la mairie d’avoir fait sienne l’idéologie militante du mouvement américain Black Lives Matter.

Les plaintes sont le plus souvent prononcées sous couvert d’anonymat. Dans le journal De Telegraaf un policier anonyme se plaignait ainsi: “On nous traite comme des enfants qui ont besoin d’être surveillés. Il n’est pas exclu qu’un collègue s’abstienne de fouiller un passant noir ou arabe  pour éviter des emmerdements avec ces soi-disant observateurs.” Et l’agent d’enfoncer une vérité pas bonne à dire mais connue aussi à la mairie : les jeunes de couleur se rendent bien plus souvent coupables d’actes criminels violents que les Blancs du même âge. 

Le compromis de Femke Halsema

Si dans d’autres grandes villes européennes, la police procède à des fouilles systématiques dans la rue à la recherche d’armes illégales, Amsterdam s’y est toujours opposée. Le conseil municipal de ce bastion de l’ultra gauche, brocardé par le reste du pays pour son wokisme, y voit une stigmatisation des quartiers où les policiers procèdent aux fouilles. Et, partant, de ses habitants.

Cependant, la maire Mme Femke Halsema (les Verts) sut vaincre ses propres réticences après des manifestations de mères de famille et d’autres habitants d’un quartier composé à majorité de personnes noires las des actes de violence qui y empoisonnent la vie de tous les jours. Non seulement des bandes de jeunes, souvent affiliés à des stars du rap, tuaient ou blessaient des adversaires avec des coups de revolvers ou de couteau, mais des balles perdues ont plus d’une fois failli tuer des innocents.

A lire aussi, du même auteur: Qui est Peter R. de Vries, ce journaliste agressé aux Pays-Bas?

Si elle a bravé l’interdit de sa propre famille politique, Madame le maire lui offrit un compromis: sur Facebook, elle invita des citoyens à devenir observateurs volontaires pour accompagner des patrouilles de police procédant à des contrôles dans la rue. Leur rôle ? Vérifier si les flics ne choisissent pas en priorité des personnes de couleur pour être soumises à des fouilles à la recherche d’armes…

150 volontaires

Quelque 150 citoyens se sont portés volontaires, parmi lesquels une cinquantaine reçurent une invitation à participer au projet qui pourra être arrêté après un mois si les résultats laissent à désirer. Cinq quartiers ont été désignés pour servir de cobayes. Les observateurs anti-racistes ont été prévenus que certaines fouilles peuvent déclencher des actions violentes de la part des “suspects” et que, en pareil cas, ils peuvent être cités comme témoins lors d’éventuels procès. 

Qui sont ces volontaires ? On peut penser que parmi eux les militants anti-racistes seront nombreux, mais des opposants fervents à la mairie s’y seraient mêlés aussi, pour pouvoir mieux brocarder ce qu’ils considèrent comme une énième frasque des dirigeants de leur ville. On craint également que des complices de jeunes criminels puissent également s’être infiltrés dans les rangs des observateurs, pour mieux renseigner leurs compères sur les lieux à éviter certains jours. La mairie assure que les observateurs ne seront avertis que peu avant le début des fouilles. 

A lire aussi, Philippe Bilger: Ces démagos en guerre contre le “contrôle au faciès”

Mais comment éviter de fouiller et interroger en priorité des passants noirs dans un quartier ou ils forment la grande majorité, comme le Bijlmermeer dans la banlieue sud-est ? Il faudra y attendre un certain temps pour croiser un Blanc qui, s’il est âgé de 65 ans ou plus, sera exempt de fouilles, selon les règles du projet. Dans un autre quartier à contrôler, dans l’ouest de la ville, les Néerlandais d’origine arabe sont majoritaires, et les rares Blancs qu’on y croise encore ont le plus souvent passé l’âge d’utiliser un couteau pour autre chose que d’éplucher une pomme. Encore ailleurs à Amsterdam, l’arrestation d’un adolescent blanc pour port d’arme illégal fit sensation en 2019, car il s’agissait du fils de Mme le maire, armé d’un pistolet réel, propriété de son père, mais rendu hors d’usage. 

Les policiers amstellodamois ont ajouté une touche d’absurdité à leur colère, avec l’envoi de leurs propres observateurs pour vérifier si les inspecteurs anti-racistes bénévoles n’empêchent pas les flics de lutter contre le fléau des armes dans les quartiers difficiles. Leurs habitants accueillent dans leur grande majorité très favorablement les fouilles des passants. Même ceux qui y étaient soumis le jeudi 2 septembre ne se plaignaient pas trop. “Plus il y a de flics dans le quartier, mieux ça vaudra” affirmait un habitant dans un reportage de la télévision publique qui disait s’être fait cambrioler à trois reprises ces derniers temps.

Abel Quentin, le Voyant d’Étampes et la culture «woke»

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Le romancier Abel Quentin publie "Le Voyant d'Etampes" (L'Observatoire) © Audrey Dufer

Abel Quentin nous raconte l’histoire d’un prof accusé de racisme, défendu par une certaine Elisabeth Lévy… Un roman très plaisant qui croque notre politiquement correct contemporain et qui fait penser à Houellebecq ou à Roth…


Le Voyant d’Etampes est un roman très drôle. C’est le récit des démêlés d’un universitaire, Jean Roscoff, semi-gros à jambes grêles passablement ivrogne, qui écrit un essai, intitulé lui aussi le Voyant d’Etampes, sur un poète noir américain, Robert Willow. Ce dernier est venu en 1953 en France, où il a fréquenté l’intelligentsia sartrienne, puis s’en est détaché et s’est « exilé » à Étampes, ville encore médiévale où les presbytères n’ont rien perdu de leur carme ni les jardins de leur éclat. 

Et justement, Willow rompt avec la poésie « engagée » qui était la sienne, et s’attelle à des rondeaux médiévalistes hors temps. Et il meurt dans un accident de la route — d’où la belle couverture où est reproduite une photo de Christophe Rihet tirée de Crossroads, dont j’ai parlé lors de son passage à Arles il y a quatre ans, représentant cette ligne droite de la Nationale 5 où la Facel Vega HK500 de Michel Gallimard s’est encastrée dans un arbre, tuant Albert Camus assis justement à la place du mort. 

Le romancier s’approprie la rédac’ chef

Mais l’essai de Roscoff, parce qu’il est écrit par un Blanc qui fait donc de l’appropriation culturelle en parlant d’un Noir, en un monde où nous sommes assignés à résidence — j’en ai parlé jadis —, heurte la conscience « éveillée » des antiracistes professionnels d’aujourd’hui, immédiatement soutenus par la presse bien-pensante et l’ensemble des rézosocios, où les hyènes chassent en meute. 

D’où des démêlés fort drôles qui font l’essentiel du livre.

A lire aussi: Frédéric Beigbeder: “Bientôt on ne pourra plus écrire librement”

Toute la presse ? Non : quelques magazines soutiennent l’auteur. Causeur écrit (prétend Quentin) : « L’insoutenable liberté de Monsieur Roscoff : récit d’un lynchage » — où le mot « lynchage » a été soigneusement pesé par Elisabeth Lévy (du moins, on imagine assez qu’elle pourrait le faire) puisqu’il utilise un terme annexé par l’imaginaire noir en évoquant un Blanc, comme nous l’apprendrons au fil de la lecture. Marianne et Valeurs actuelles — toute la fachosphère, à en croire les professionnels de la bonne conscience — défendent aussi le livre de Roscoff sur le même ton.

Dans la bibliothèque de survie de Beigbeder !


La réalité rejoint la fiction : Valeurs actuelles a publié fin août une critique dithyrambique du livre de Quentin, et le Figaro, sous la plume de Frédéric Beigbeder, a renchéri tout récemment.

C’est vraiment d’une lecture agréable, et d’autant plus aisée que le récit, fait à la première personne par le « héros », garde constamment un aspect « oral » qui l’éloigne de Flaubert, mais le rapproche d’auteurs plus immédiatement contemporains : Quentin est l’enfant adultérin engendré par l’union monstrueuse de Michel Houellebecq et de Philip Roth — le Voyant d’Etampes présente des analogies certaines avec la Tache, ce qui n’est pas un mince compliment.

Divulgâchons la fin — peu importe, le roman n’est pas un suspense, c’est une critique féroce de notre contemporanéité. Robert Willow, le pur poète, se révèle in fine avoir été un agent du KGB — et les « éveillés » d’aujourd’hui devraient parfois se demander si telle ou telle de leurs idoles africaines ou maghrébines n’est pas un agent infiltré au service d’un émirat à venir. Que les féministes d’aujourd’hui évitent de soutenir Mila ou de condamner l’excision, légitiment le port du voile islamique et se taisent sur l’entrée des talibans à Kaboul en dit long sur leurs priorités souterraines, et si j’étais un maître espion, je farfouillerais dans leurs relations.

Soif de pouvoir ou de justice sociale ?

Parce qu’à appeler un chat un chat, il faut bien se rendre compte que les Chiennes de garde ne défendent pas les femmes, mais cherchent à s’annexer le pouvoir des mâles hétéros blancs, en leur insufflant un sale parfum de culpabilité à cause du « privilège blanc » qui est le leur. Que les « racisés » s’efforcent de remplacer au pouvoir les maîtres qui les ont dominés durant des siècles. Que les générations x / y / z et suivantes veulent à tout prix chasser de la scène les boomers qui y séjournent encore — et tant qu’à faire, les quadras / quinquas qui leur ont succédé et qui sont peu nombreux. Du pouvoir — pas de la justice.

A lire aussi, Jérôme Leroy: Trois premiers romans hors des sentiers battus

D’ailleurs, Abel Quentin, quand il n’écrit pas de romans, est avocat pénaliste. Il doit savoir que la justice n’a rien à voir avec le Droit, et que nombre de révolutionnaires, en 1789 à commencer par Danton et Robespierre, étaient avocats et ne défendaient pas les droits du peuple, mais leur appétit de puissance. Aucune cause n’est « juste », elles sont toutes des tentatives pour chasser du temple les puissances qui l’occupent, afin de les remplacer par un nouveau rapport de forces. Ne cherchez pas de motivations idéologiques à ces pseudo-révolutionnaires : adressez-vous à Darwin. Et traitez-les en conséquence, si vous ne voulez pas finir comme le smilodon.

Bravo en tout cas à Muriel Beyer, fondatrice des Éditions de l’Observatoire qui éditent le roman, d’avoir déniché cette perle parmi tant de pseudo-auteurs en mal d’écriture. Ce n’est pas chez Plon, où elle travaillait auparavant, qu’on aurait édité un tel brûlot anti-conformiste, tant la peur de choquer les imbéciles hargneux, comme le souligne le livre, est la valeur-refuge aujourd’hui de l’édition française et des médias, qui pensent à gauche pour mieux remplir leur portefeuille sur le dos des gogos.

Le Voyant d'Étampes - Prix de Flore 2021

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PS. Un seul regret : qu’Abel Quentin se croie obligé d’écrire « auteure ». Par bonté j’ai mis ce barbarisme sur le dos d’une correctrice éveillée… À ce détail près, c’est vraiment un bon livre.

J’ai survécu à une réunion contre les violences sexistes et sexuelles de Sciences-Po

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Image d'illustration Unsplash

L’étudiant Victor était infiltré à une formation d’une heure trente instaurée suite à l’affaire Olivier Duhamel. À la manœuvre, à en croire les diapositives de la formation, la CPED (Conférence permanente égalité diversité, dont Sandrine Rousseau est la vice-présidente), l’ANEF (Association Nationale des Études Féministes), JuriSup et VSS Formation. Témoignage.


Étudiant à Sciences Po, j’assistais le samedi 28 août à une formation d’une heure trente : « Stop aux violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche ». Instaurée suite à l’affaire Duhamel et rendue obligatoire par notre direction – qui a certainement jugé que le crime d’un pédophile sur son beau-fils trente ans plus tôt allait déteindre sur ses étudiants – cette sensibilisation aux violences sexistes a fait de moi un mâle plus responsable.

Distanciel et écriture inclusive

La formation est animée en distanciel, dans un climat d’écriture inclusive ; à ce propos, il me faut saluer la prouesse de la formatrice, qui n’a pas employé une seule fois le masculin générique même à l’oral. Après une petite introduction sur ce que sont les violences sexistes et sexuelles (ou VSS, pour les intimes), j’apprends ce que signifie le terme de « sexisme ». Il s’agit d’une « idéologie reposant sur l’infériorité des femmes par rapport aux hommes ». Messieurs, soyez rassurés, car on ne peut pas être sexiste envers les hommes. 

A lire aussi, Jean-Paul Brighelli: Les souvenirs de viols se ramassent à la pelle

Coup dur, la formation n’est pas finie et on me révèle alors que je vis dans une société « à fondement patriarcal ». Je découvre, avec consternation, l’existence d’un « système sexiste », que nous aurions tous intégré, et qui, reposant sur les blagues, les pubs et les stéréotypes sexistes, entretiendrait le climat de violences (sexistes). J’ai un peu honte, car j’avoue avoir déjà échangé des blagues sexistes avec mon meilleur ami. J’espère ne pas être amené à commettre des violences envers les femmes.

Je me fais peur à moi-même

Je suis toutefois soulagé lorsqu’on me dévoile que « le sexisme, ce n’est pas la même chose que la drague ». Ouf, j’ai donc bien l’autorisation de séduire les filles, je ne vais pas être obligé d’attendre qu’une fille me séduise, ce qui aurait été très long j’en conviens. Cependant, l’enthousiasme est de courte durée. Moi qui voyais l’amour comme quelque chose d’innocent et de gai, on m’explique toutes les démarches qui garantiront la sécurité des personnes. Car le crime n’est jamais loin. Il me faudra donc, à chaque fois, recueillir un consentement clair et éclairé, un « oui » qui ne laisse pas la place au doute. Mince ! Je dois demander une permission, pour savoir si mon romantisme ne cacherait pas des intentions de viol.

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Mais qu’on se rassure : bien que ces demoiselles soient les proies des désirs masculins, la loi s’occupera heureusement de condamner ces messieurs. On nous dresse la liste des peines en vigueur, de l’amende à la prison, pour des crimes qui vont de l’injure au harcèlement. Les choses sont claires : mâles, soyez prévenus ; l’État est là, derrière vous ; alors, maîtrisez vos élans, rationalisez votre spontanéité. Pour la première fois, je réalise ce que je peux inspirer aux femmes, et j’ai peur de moi-même ; mes prochaines soirées risquent d’être très calmes. 

C’est le pire, les vieux hommes blancs

On nous montre d’ailleurs quelques flyers de boîtes de nuit. Certains représentent des jeunes filles sexy, pour des fêtes très hot. Je suis touché : que de jolis corps ! Malheureusement, cela n’est pas bien. « Les filles objets de désir, c’est ce qui cultive la culture du viol et les VSS ». Pour faire une pub éthique, il vaut mieux montrer des néons, des boules à facettes, ce genre de choses. 

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En attendant que la formatrice finisse de nous formater, je jette un coup d’œil au fil des commentaires des participants à la formation. Une petite vingtaine d’étudiants (sur les 400) partagent leurs pensées, visiblement très sûrs de défendre le bien et d’avoir raison. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-monde en face pour les contredire sans craindre la stigmatisation. Qu’importe. Une étudiante, en quelques lignes, demande comment l’on doit réagir dans le cas typique où quelqu’un, « généralement homme de plus de 50 ans, blanc, cadre supérieur », interpelle une jeune femme avec un « mademoiselle », « ma petite », « mon petit ». Une autre écrit cette remarque : « C’est le pire les vieux hommes blancs ». Oui, sans doute ont-elles raison, après tout. Sans doute n’y a-t-il pas pire que ces vieux hommes blancs-là, avec leurs airs supérieurs et leurs manières, sans doute devons-nous les châtier. Et le type, ni vieux, ni blanc là, qui brûla vive son ex-conjointe à Mérignac en mai, ne mérite sans doute pas d’être évoqué dans une telle formation. C’est bien connu, s’il a assassiné sa femme avec sauvagerie, c’est sans doute à cause du « système sexiste » occidental, à cause des pubs sexistes et compagnie, bref, un cas comme les autres, oui, sans doute… 

Enfin moi, en tant que mâle, je renonce à l’amour : beaucoup trop sinistre. Merci Sciences Po de m’avoir rendu meilleur.

Une tribune qui fleure bon la détestation de la France

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Dans ses colonnes, Le Parisien met à l’honneur Despentes, Duflot, Rousseau et tout un ensemble de néoféministes « engagées » à la moraline dégoulinante. Pour cette bande de comédiennes, la France n’aurait « pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions » aux Afghanes.


Elles s’appellent Virginie Despentes, Agnès Jaoui, Sandrine Rousseau, Cécile Duflot, Giulia Foïs ou Paul B. Preciado. Elles, et cinquante autres, ont signé une tribune pour que la France accueille inconditionnellement toutes les Afghanes « et leurs proches » qui en feront la demande. Elles dénoncent « des hommes, à commencer par notre président, qui trouveront toujours mille raisons de ne rien faire et de ne pas être le pays des droits des femmes, eux qui ont toujours trouvé des excuses pour ne pas être celui des droits de l’homme. » Étrange phrase, tant pour le fond que pour la forme. Mais on comprend quand même où elles veulent en venir.

Le dénigrement permanent

En plus de se faire reluire la bonne conscience, ces cacographes se livrent en réalité à un énième exercice de dénigrement de la France, de sa culture, de ses habitants. Les Français s’inquiètent d’un « nouveau flux migratoire » ? Ce sont des ânes, des sans-cœur. Elles, elles ont un cœur gros comme ça. Mais peu de connaissances. Ignorantes, elles accusent la France de rejeter les demandes d’asile des Afghans « depuis des années. » Correction : l’Afghanistan est « depuis des années » le premier pays d’origine des demandes d’asile en France. La France est le pays européen qui accepte le plus d’Afghans sur son territoire. En 2020 notre pays a protégé 80% des Afghans qui en faisaient la demande (statut de réfugié ou protection subsidiaire) contre… 19% en Allemagne. Depuis la prise de Kaboul par les talibans, les quelques OQTF (Obligations de quitter le territoire français) qui demeuraient (et qui de toute manière n’auraient été suivies d’aucun effet) ont été suspendues. Mais la France a toujours tout faux : en même temps qu’elles redoutent le sort réservé à leurs « sœurs afghanes » en Afghanistan, ces pleureuses médiatiques craignent qu’elles meurent « ici, finalement, dans un bidonville. »

A lire aussi, du même auteur: Après la manifestation « Adama Traoré », Virginie remonte (difficilement) la pente

Le dégoût sélectif

Il n’est pas question ici de remettre en cause le droit d’asile mais de souligner la malhonnêteté de certaines protestataires agréées qui n’ont de cesse de vouloir faire passer notre pays pour ce qu’il n’est pas. Je pense en particulier à Mme Virginie Despentes. Toujours à la pointe des crasseries les plus obscènes, celle-ci écrivait, après l’assassinat des membres de Charlie-Hebdo, avoir aimé les frères Kouachi, « ceux qui venaient de s’acheter une Kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que vivre à genoux. » « J’ai aimé, lâchait encore cette graphomane ordurière, leur façon de dire – vous ne voulez pas de moi, vous ne voulez pas me voir, vous pensez que je vais vivre ma vie accroupi dans un ghetto en supportant votre hostilité sans venir gêner votre semaine de shopping soldes ou votre partie de golf – je vais faire irruption dans vos putains de réalités que je hais parce que non seulement elles m’excluent mais en plus elles me mettent en taule et condamnent tous les miens au déshonneur d’une précarité de plomb. » Que retient-on de ce texte émétique ? Que les seuls, uniques et sempiternels coupables sont la France et les Français. Raison pour laquelle Mme Despentes n’a jamais soutenu Mila mais se tient régulièrement aux côtés d’Assa Traoré quand il s’agit de dénoncer le supposé racisme systémique des Français. Mme Despentes a aussi écrit une lettre à ses « amis blancs qui ne voient pas où est le problème » après avoir participé à la manifestation en soutien à la famille Traoré mais n’a écrit ou signé aucun papier à la mémoire de Timothy Bonnet, ce jeune homme tué par un demandeur d’asile afghan à Villeurbanne, ou de Théo tué par un Sénégalais ou de Samuel Paty décapité par un Tchétchène. Le tort de ces hommes est d’avoir été français tandis que leurs assassins ne le sont pas. Sans doute Mme Despentes, qui a le dégoût sélectif, nous aurait-elle vomi quelque texte bien senti si cela avait été l’inverse.

Un “exercice de sororité sans pareil”, selon le Parisien

« Mobilisons-nous pour l’accueil en urgence absolue des femmes afghanes, de leurs proches et des personnes des minorités de genre et d’orientation sexuelle. […] pour l’assouplissement immédiat des conditions nécessaires au regroupement familial », écrivent ces dames patronnesses qui réclament l’impossible, sachant que la prudente ONU prévoit au bas mot le départ de 500 000 Afghans de leur pays. Gonflées de bons sentiments usés jusqu’à la corde, ces donneuses de leçons de morale parlent de « sororité internationale.» « Ce que nous voulons, nous le voulons pour toutes », écrivent-elles encore. Très bien. Alors où sont, mesdames, vos tribunes à propos de vos sœurs nationales, tuées, harcelées, maltraitées, sous protection policière : Sarah Halimi, Mila, Mireille Knoll, Zineb El Rhazoui, les jeunes musulmanes françaises mariées de force, voilées de force, les Françaises insultées qui ne peuvent plus s’habiller comme elles le désirent dans certains quartiers ? Où sont, pour reprendre les mots de la journaliste du Parisien, vos « cris de rage » ? Où est votre « exercice de sororité sans pareil » ?

Leçons dégoulinantes

Derrière les larmes de crocodile et les leçons d’humanité dégoulinantes se cachent des aigreurs anciennes, des ressentiments obscurs, que nourrit un discours anti-occidental et anti-français qui progresse dans certains cercles universitaires, artistiques ou associatifs. Ces dames ne s’engagent pas pour les femmes afghanes « et leurs proches », mais pour montrer leurs bons sentiments à tous les passants et détériorer l’image de la France. Elles prétendent que l’obscurantisme des talibans « fait le jeu d’un autre obscurantisme, celui de l’extrême-droite. » Mmes Despentes, Duflot, Rousseau, etc. ayant une vision très large de l’extrême-droite, j’imagine qu’elles comptent maintenant dans ses rangs ce candidat à la prochaine élection présidentielle qui évoque la « poussée migratoire qui a accéléré », parle de « la délinquance et de la radicalisation islamiste qui s’en nourrissent », et propose un moratoire de trois à cinq ans sur l’immigration, j’ai nommé le fasciste… Michel Barnier !

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Rengainez, mesdames, vos plumes et vos mouchoirs. Vos mots compatissants sentent trop la haine de la France pour que nous y croyions. Vos larmes, acides et fausses, exhalent un gaz malveillant que nous reniflons depuis trop longtemps et qui masque mal votre dégoût de ce pays. Ou, pour certaines d’entre vous, votre indécrottable bêtise ou, qui sait, votre pitoyable candeur. Dans tous les cas, faites-nous le don de votre silence. Vos tribunes de bonne sœurs attardées ou retorses commencent à nous les briser menu.

Les gobeurs

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Samuel Huntington, reviens!

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Le professeur d'Harvard de sciences politiques Samuel Huntington (1927-2008), photographié en Allemagne en 2005 © THIEL CHRISTIAN/SIPA

Alors que l’Occident se perd dans un certain brouillard (retrait d’Afghanistan, montée en puissance de la Chine…), relire le politologue américain Samuel Huntington offre quelques clés permettant d’y voir plus clair. Pour l’auteur de l’injustement controversé Choc des civilisations, il ne faut bien sûr pas rester passif à l’encontre de ceux qui menacent nos intérêts légitimes, mais voiler la défense de ceux-ci par des discours moralisants n’est ni intellectuellement honnête, ni géopolitiquement judicieux. Analyses.


Samuel Huntington nous a quittés en 2008. Professeur à Harvard en sciences politiques, soutien pérenne du parti démocrate américain, il fut à la fois une figure de l’établissement et un iconoclaste. 

À la fin de sa carrière, deux œuvres majeures ont semé le trouble : Le Choc des civilisations (1997) et Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures (2005). Dans le premier livre, il rejette implicitement une vision téléologique (le paradis terrestre nous attend parce que le Progrès le promet) pour mettre l’accent sur le rôle central des cultures ou « civilisations » et sur l’irréductible multiplicité de celles-ci. Face aux dogmes de l’interchangeabilité des humains et de l’unicité de leur destin final, il s’agit alors d’une double hérésie !

Dans le second livre, il affirme que les États-Unis ne constituent nullement une construction « habermassienne » née d’idées abstraites, mais qu’elle est au contraire le fruit du travail des fondateurs anglo-saxons et protestants, lesquels ont su créer des institutions et une dynamique permettant – jusqu’ici – l’absorption de vagues successives d’éléments allogènes. Mais déjà, l’intensité contemporaine de l’immigration « latino » lui paraît cependant de nature à mettre en danger cette construction.

Ses idées ont évidemment été contestées, mais elles offrent une clé de compréhension aussi élémentaire qu’essentielle : de par le monde, les cultures et les institutions se rattachent à des racines non interchangeables, chargées de significations puissantes, et pouvant agir même à notre insu.

L’impossible chute de Kaboul

Kaboul est tombée : impossible ! Ou du moins, impensable. Nous avons bâti les forces armées afghanes, construit des routes, des écoles et proposé de prendre part à notre civilisation supérieure. Mais cependant tout s’est écroulé en un instant. Quasiment sans coup férir. Commentaire du président Biden : si les Afghans ne sont pas prêts à se battre, nous ne devons pas encore envoyer nos enfants se faire tuer là-bas. Et d’ajouter : partir dix ans plus tôt ou plus tard n’aurait rien changé à l’affaire ! [1] Rappelons qu’au départ, la mission consistait à neutraliser les forces terroristes ayant organisé les attaques du 11 septembre 2001 ainsi que le régime taliban qui les protégeait. Accomplie en quelques mois, les pays occidentaux sont restés sur leur lancée en établissant un programme de transformation du pays après leur mission : infrastructures, institutions, mœurs. L’échec des Occidentaux en Afghanistan fait suite à une série de déconvenues similaires : en Chine, en Turquie, en Russie, en Iraq, en Libye, en Syrie ou au Mali. Chaque fois, on observe que notre modèle politique, social et juridique ne s’exporte pas avec la même facilité qu’une BMW ou un sac Louis Vuitton.

Mais nous demandons-nous pour autant pourquoi cela ne marche pas ? Serait-ce possible que le monde entier ne soit finalement pas appelé à penser, vivre, sentir comme nous ?

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Aujourd’hui peut-être plus que jamais, nous vivons avec la conviction profonde de détenir les clés du vrai, du beau et du juste. À tel point qu’il suffit que nos propres dogmes se déplacent pour que la Vérité pour l’humanité toute entière se déplace à l’identique et aussitôt. Mais le Chinois – de base, cultivé, ou leader politique – est-il vraiment aussi pénétré de ces certitudes ? Et les Turcs ? Ou bien les Russes ? Doivent-ils tous l’être ? Pour Samuel Huntington, la réponse est non.  

Surestimation de soi

Dans l’introduction du Choc des civilisations, Huntington évoque la tendance des civilisations au faîte de leur puissance à se persuader d’avoir le dernier mot quant au devenir de l’humanité, dépassant, et ce définitivement, tout ce qui était advenu auparavant. 

Au moins, consolons-nous, Huntington nous apprend que cette surestimation de soi n’a pas été inventée par les Occidentaux ! 

Jacques Chirac a rejeté les idées de Huntington comme nocives : il ne fallait pas perturber le narratif du vivre-ensemble déconflictualisé planétaire. 

La délimitation de civilisations retenue par Huntington a aussi fait l’objet de vives critiques. Par exemple le fait d’avoir séparé les Européens orthodoxes des autres Européens, ou d’avoir caractérisé la civilisation musulmane comme un bloc. Il est cependant important aussi de rappeler à tous ceux qui l’ont critiqué que Huntington ne voyait pas dans le potentiel bien réel de conflit entre civilisations une nécessité que cela débouche sur des bagarres destructrices. Réaliste, mais pas forcément pessimiste !

Daigner remarquer que la Chine n’est ni la France ni l’Angleterre ni les États-Unis ne doit nullement conduire un Français, etc., au rejet.

La diversité comme cadre non-normatif

On peut continuer par exemple à croire que le système de démocratie libérale, complété par des protections sociales, et se situant dans une certaine continuité historique, se distingue par divers bienfaits. Mais tenter d’imposer son modèle au reste de l’humanité, c’est tout autre chose. 

Même à l’intérieur de l’Europe, nos références divergent : le Royaume-Uni a connu une évolution organique et reconnaît quatre nations fondatrices ; tandis que la France a été marquée par la Révolution française, qui s’est voulue rupture radicale, et a propulsé une idéologie jacobine. L’Allemagne, encore, a vécu plus de mille ans de structures politiques décentralisées bien éloignées du centralisme français ou britannique ! Entre Européens, il est donc indiqué de chercher à comprendre les différences pour mieux s’entendre. Il en va de même sur le plan extra-européen – pour éviter des erreurs d’appréciation, et pour permettre d’échanger. Ainsi est-il bon (puisque nécessaire) de pouvoir parler aujourd’hui avec les Talibans, ou de rechercher avec la Chine le meilleur chemin pour réduire la pollution.

Si les Chinois, les Turcs, les Russes, voire les Japonais, les Hongrois ou les Polonais savent que nous les méprisons (serait-ce avec bienveillance) au motif qu’ils ne collent pas d’assez près à nos idées prétendument « universelles », cela est de nature à créer une ambiance de départ polluée moins propice au progrès dans nos échanges.

Et les menaces réellement existantes ?

Un narratif antichinois s’installe, selon lequel la Chine rechercherait la domination mondiale. Nous autres Occidentaux, déjà dominants nous-mêmes, nous devons par conséquent de trouver cela moralement choquant ! Mais est-ce que la Chine ne cherche pas simplement à acquérir un statut de grande puissance qui serait assez logique étant données sa taille, ses performances économiques ou sa longue histoire ? 

Il ne s’agit pas de rester passif à l’encontre de ce qui menace nos intérêts légitimes. Mais voiler la défense de ceux-ci par des discours moralisants n’est ni intellectuellement honnête ni judicieux. S’attendre de la Chine qu’elle batte sa coulpe parce qu’elle n’adhère pas à nos principes – ou notre agenda (par exemple sur le devenir de Hong-Kong) n’est pas réaliste et ne fait que compliquer une situation déjà difficile. La Chine riposte en accusant les Occidentaux en Amérique du Nord d’être assis sur un système foncièrement raciste et construit sur la dépossession des groupes autochtones. Dans les deux cas, il y a instrumentalisation de questions – légitimes par ailleurs – pour occulter des (en)jeux politiques. Dans le domaine économique également, on cherche à repousser les assauts des Chinois, qui ont le toupet de développer des produits sophistiqués et performants, par des prétextes divers – comme on a pu essayer de le faire par le passé vis-à-vis de l’Allemagne (dès le XIXe siècle) ou du Japon (dès avant la 2ème Guerre mondiale).

A lire aussi: Yoram Hazony: le nationalisme est un humanisme

Le réalisme n’est ni immoral ni inefficace. Le réalisme veut que l’on comprenne le monde autour de soi, les forces en présence, les motivations. Distribuer bons et mauvais points en matière de moralité n’est pas son sujet [2]. 

Dans son livre remarqué sur « les vertus du  nationalisme », Yoram Hazony argumente que les États qui recherchent en premier lieu leur propre liberté représentent moins un danger pour les autres que les empires qui tendent à inventer un discours normatif pour justifier leur extension toujours plus globale [3]. À l’inverse, ni aujourd’hui ni à l’époque biblique, Israël n’a visé à régenter tout le monde mais à atteindre un degré adéquat d’autonomie et de sécurité. Dans l’histoire de la France ou du Royaume-Uni, on trouve des exemples prégnants de politique étrangère réaliste : dans l’alliance de la première avec les Ottomans pour briser l’encerclement des Habsbourg par exemple, ou dans les liens nourris sous De Gaulle avec la RPC ou avec l’URSS, malgré l’antipathie du Général pour le communisme. Pour le Royaume-Uni, on peut citer l’alliance avec l’Union Soviétique pendant la 2ème Guerre mondiale voire l’Entente Cordiale.

Philosophe politique et spécialiste d’études bibliques, Yoram Hazony est président de l’Institut Herzl à Jérusalem. Son dernier livre, « Les Vertus du nationalisme », vient de paraître en français. © Yochanan Katz

Un concert des nations voué à la diversité

Le « concert des nations » d’antan incluait des pays et régimes divers : la France, le Royaume-Uni, le Saint Empire, la Prusse, la Russie impériale, l’Empire ottoman etc. Y participer ne signifiait pas que chacun s’avoue convaincu du mérite des systèmes internes des autres. Le but était de gérer intelligemment les affaires du monde pour canaliser les conflits ou rétablir un équilibre suite à des perturbations. Un système « adulte » serait-on tenté de dire. Qui n’empêchait pas que le rayonnement de tel participant atteigne tel autre. Pensons par exemple à l’influence de la France du Grand Siècle ou au Royaume Uni au XIXème siècle.

L’offre politico-culturelle de tel régime peut évidemment moins nous convaincre. Actuellement la politique étrangère de la Chine semble produire des résultats mitigés : attirant certains pays à la recherche de vitamines économiques, repoussant d’autres pour cause d’agressivité. « Win/win » ? Si chacun s’efforce de comprendre l’autre, cela ne mettra pas fin aux conflits qui sont inhérents aux affaires humaines, mais cela permettra de les situer sur un plan froidement matériel, au lieu de les travestir en batailles du Bien contre le Mal ou du Vrai contre l’Erreur… L’impassible lucidité du réaliste vise la rigueur du raisonnement et la recherche coriace des véritables explications.

Un dernier mot

En somme : que les participants au « concert des nations » de notre époque, aussi divers soient-ils, s’entre-diabolisent et ils tournent en rond dans un étang empoisonné ! Qu’ils s’efforcent en revanche de rayonner positivement sur les autres, et il peut en sortir non pas le Bien, mais des biens multiples.

Pour conclure Le choc des civilisations, Huntington cite Lester Pearson [4] affirmant que l’humanité se dirige vers :

an age when different civilisations will have to learn to live side by side in peaceful interchange, learning from each other, studying each other’s history and ideals and art and culture, mutually enriching each other’s lives. The alternative, in this overcrowded little world, is misunderstanding, tension, clash and catastrophe[5].

Et d’enchaîner dans ses propres mots – pour conclure ainsi tout son livre :

« In the emerging era, clashes of civilisation are the greatest threat to world peace, and an international order based on civilisations is the surest safeguard against world war ». À bien noter : civilisations est employé au pluriel !


[1] Discours du 16 août 2021.

[2] Ces questions se traitent ailleurs.

[3] Les vertus du nationalisme, Editions Jean-Cyrille Godefroy, octobre 2020.

[4] Premier Ministre du Canada pour une partie des années 1950 et 1960.

[5] Lester Pearson, Democracy in World Politics (Princeton, Princeton University Press, 1955), pp. 83-84; cité op. cit. p. 321.

[6] Op. cit. p. 321 – s gras ajouté.

Le choc des civilisations

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