Accueil Site Page 1053

Amanda Lear et Michel Fau, un duel au sommet

0

Amanda Lear et Michel Fau réunis pour incarner Joan Crawford et Bette Davis, vous en rêviez ? Ce sera chose faite à partir du 11 septembre au Théâtre de la porte Saint-Martin !

Ça parle d’Amanda et de moi en fait !

Dans sa pièce, l’auteur et réalisateur Jean Marbœuf raconte les coulisses du film culte Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?. Fau ne pouvait rêver mieux à jouer et mettre en scène. 

« Ces deux vieilles stars, leur guerre sur le tournage, l’enfer du crêpage de chignon de ces deux monstres sublimes, cette férocité hilarante, cela me bouleverse », confie-t-il. Michel Fau a une réelle passion pour ces deux actrices et notamment pour ce moment de leur carrière où, étant has been, elles font leur retour à l’écran dans des films à la limite du mauvais goût. Et puis, faire un spectacle avec l’icône Amanda Lear, Fau en rêvait depuis longtemps. Quant à ce thème, le théâtre dans le théâtre, le comédien adore ça : « Ce spectacle parle de ces deux actrices mythiques, du cinéma américain des années 1960, des acteurs, de l’absurdité et de la folie de ce métier, de la solitude désespérée… Ça parle d’Amanda et de moi en fait ! » 

Comme souvent avec Michel Fau, on risque de se retrouver face à un ovni excessif, flamboyant, baroque et décadent… et drôle toujours, méchamment drôle !

Pour échapper à la grisaille du quotidien et vous vautrer dans le glamour le plus cauchemardesque, il vous sera donc possible de vous réfugier au Théâtre de la porte Saint-Martin !

Qu’est-il arrivé à Bette Davis et Joan Crowford ?
Au Théâtre de la porte Saint-Martin du 11 septembre au 24 octobre 2021. Dimanche, lundi et mardi à 20 h. Réservation en ligne sur www.portestmartin.com ou par tél. : 01 42 08 00 32.

Droite: il est encore temps d’arrêter la machine à perdre

0

Sans candidat unique pour 2022, la droite offrira sa réélection à Emmanuel Macron et sa vision communautariste du monde.


Chaque élection est importante pour la démocratie, mais la présidentielle et les législatives qui approchent seront décisives pour l’avenir de la France, ses valeurs, sa culture, et ses pépites économiques. Nous sommes, en tant que peuple, à la croisée des chemins : il nous reviendra d’accepter ou de refuser le « changement de civilisation » woko-progressiste et infantilisant dans lequel nous entraîne Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir. Un mandat de plus de « déconstruction », comme aime à le dire le chef de l’État, et il n’y aura plus de retour en arrière possible. Sa politique techno-étatique et son modèle anglo-saxon à la Justin Trudeau —  communautariste, woke, écolo punitif par intérêt électoral — auront eu la peau de ce que nous avons collectivement mis des siècles à construire. Il est crucial que chaque Français, quel que soit son bord politique, son milieu social, son origine, sa religion, mesure l’importance de ce qui va se jouer en 2022. 

A lire aussi: Macron à Marseille, une équipée bien tardive

Face à l’effondrement économique, industriel, éducatif, culturel et civique qui délite notre pays depuis quarante ans, face à l’explosion anxiogène de la violence et des incivilités, face au complotisme, au terrorisme, à l’emprise grandissante de l’islamisme dans les territoires perdus de la République, Emmanuel Macron, comme son prédécesseur François Hollande, se sont concentrés sur l’anecdotique et le statu quo, de Léonarda à la calamiteuse Convention citoyenne, de Greta Thunberg à l’Assemblée Nationale aux récentes gesticulations marseillaises. Comme si l’immobilisme, masqué par des déclarations théâtrales bien-pensantes, pouvait créer autre chose que des Gilets jaunes. Comme si les plus modestes, en première ligne face à l’insécurité générée par l’immigration massive, pouvaient résister à la tentation populiste face à un pouvoir aveugle pour qui l’ensauvagement de la société n’existe pas. Signe des temps : au pays des Lumières, les sociologues et climatologues d’extrême gauche ont désormais plus d’influence que les intellectuels et les scientifiques.

© Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage: 00959343_000026

Une présidence complaisante avec le wokisme

Confrontée à cet effondrement global qui menace ses fondations, la France ne peut s’offrir le luxe de poursuivre ces politiques pseudo progressistes qui semblent avoir pour unique ambition de se situer, au gré des sondages ou des cibles électorales, dans le « camp du bien » autoproclamé. Une poignée d’hurluberlus crient au racisme systémique de la France, pays de l’universalisme et des droits de l’homme ? Le président, comme le proposait son précédent ministre de l’Intérieur, pose quasiment un genou à terre et promet sur une chaîne américaine de « déconstruire notre propre Histoire ». Une erreur de la police, après avoir laissé les forces de l’ordre se faire caillasser chaque samedi de manifestation ? Le garant de l’autorité de l’État enchaîne les génuflexions, et déclare toute honte bue « je n’ai pas de problème à répéter le terme de violences policières » [Brut, décembre 2020 NDLR]. Une poignée d’écologistes décroissants exigent de mettre à mal notre indépendance énergétique ? Le pouvoir promet, en dépit de toute rationalité scientifique, de fermer des réacteurs nucléaires supplémentaires. Le business des éoliennes coûte des milliards et massacre nos paysages ? Greta Thunberg est à la mode ? Le pouvoir promet donc de transformer les paysages de France, 4ᵉ pays le plus vert au monde, en zone industrielle avec des milliers d’éoliennes. Les Français les plus modestes roulent dans des voitures anciennes ? On leur interdira bientôt l’accès aux centres-villes faute de pouvoir s’offrir un véhicule neuf – la version LREM du fameux et sinistre « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». Une majorité de Français est rétive à ce « changement de civilisation » délirant pour lequel personne n’a voté ? Il suffira de rééduquer les masses à l’écologie punitive, y compris par le biais de l’Éducation nationale, comme l’a déclaré Madame Pompili. Nous pourrions poursuivre ce grotesque inventaire à l’infini, y compris sur le terrorisme, quand Emmanuel Macron, alors en précampagne, déclarait après les attentats du 13 novembre 2015 : « la France doit assumer une part de responsabilité quant au terreau sur lequel prospère le djihadisme ».  Le terroriste qui tue au Bataclan est avant tout une victime des injustices sociales qui le frappent. L’autoflagellation woke poussée jusqu’à l’indécence…

A lire aussi: Procès «historique»? L’histoire décidera!

Résultat de cette politique de la communication permanente, de la grandiloquence, de la bien-pensance et du déni du réel, une polarisation des positions, un manichéisme violent et vide de raison critique, une abstention galopante et la désillusion des Français. Bilan de cette politique de la dureté avec les faibles — ceux qui respectent la loi ou sont solvables — et de la lâcheté avec les forts — criminels, dealers, tenants des zones de non droit —, une démagogie d’extrême droite aux portes du pouvoir. Notre pays souffre de ces injustices criantes, de ce « en même temptisme » désastreux et cynique, qui n’a d’autre but que de se maintenir au pouvoir « quoi qu’il en coûte ». Y compris en centaines de milliers d’emplois quand il s’agit de sacrifier nos principaux atouts, les industries automobile (400 000 emplois en France), aérienne et nucléaire (200 000 emplois hautement qualifiés), sur l’autel d’une vision mystique de la lutte contre le réchauffement climatique. La France, pays exemplaire en matière d’émission de CO2, doit cesser dès 2022 de se tirer balle sur balle dans les pieds. Dans le seul domaine automobile, la mue accélérée vers le tout électrique en 2035, contre l’avis de nos constructeurs, produira plus de chômeurs que de bienfaits pour la planète, et renforcera encore la Chine au détriment de l’Europe. Pékin peut se gondoler devant tant de naïveté.

Constats accablants

La vérité, que l’exécutif s’échine à masquer en surjouant la crise du Covid depuis 18 mois, est que la France est au bord de l’effondrement dans beaucoup de domaines. Fermer le pays pendant un an et accumuler une covidette potentielle de 400 milliards d’euros aura permis au pouvoir de détourner l’attention, tout en hypothéquant l’avenir des générations futures. Mais le déni du réel à ses limites, et tous ceux qui vivent dans le monde réel ne sont pas dupes. Nous sommes au bord de l’effondrement économique, avec une dette publique à 120% du PIB, qui rend possible un scénario catastrophe à la grecque en cas de hausse des taux d’intérêt. Délitement social et moral, avec une société française rongée par les faillites d’entreprises, le chômage de masse, et une jeunesse désespérée par l’absence de perspective : plus de 25 % de chômage chez les jeunes adultes. Signe d’une société anémique et sans perspectives, nos jeunes diplômés et nos plus brillants chercheurs en sont réduits à quitter la France pour trouver un travail à la hauteur de leurs qualifications. Recul des libertés, et de la première d’entre elle, la sécurité de vivre tranquillement sur notre territoire national. Le niveau d’insécurité a atteint des niveaux inédits, les atteintes aux personnes et aux biens connaissant une hausse exponentielle partout dans l’hexagone.

A lire aussi: 50 nuances de droite

Il existe une majorité dans le pays, se situant à droite comme à gauche, pour partager ce constat accablant et refuser la déconstruction de la France. Nous sommes une majorité à aimer la France, sa culture — qui existe, n’en déplaise au président de la République —, sa langue et son Histoire. Si Emmanuel Macron ne porte évidemment pas seul la responsabilité du déclassement de notre pays entamé il y a quarante ans, sa réélection verrait se poursuivre son projet, mélange de centralisme archaïque et de doctrine anglo-saxonne écolo-woke, dont la majorité silencieuse du pays ressent l’absurdité et la dangerosité. 

Benoît Hamon a achevé la gauche républicaine en 2017, et Marine Le Pen « ne gagnera jamais » comme l’a compris Eric Zemmour. Tous les sondages indiquent que la France n’a jamais autant penché à droite. Si Xavier Bertrand comprend qu’il a enclenché la machine à perdre, et accepte de débattre dans une primaire avec les autres prétendants tout aussi légitimes que lui, il reviendra au vainqueur la lourde responsabilité de convaincre les Français de l’urgence vitale d’un changement de cap radical. La victoire de la droite est possible. Il faudra proposer une vraie vision de la société (forte), du charisme pour convaincre (beaucoup), et du courage pour mener les réformes indispensables (énormément). La poursuite du déclin de La France n’est pas (encore) une fatalité.

Non, «Le Monde», un procès ne peut être la réponse «ultime» au terrorisme islamiste

Le procès qui a commencé hier au Palais de justice de Paris est exceptionnel à plusieurs titres


Par l’extrême gravité de ce que la cour d’assises spécialement composée aura à juger.

Par la présence d’un accusé directement impliqué dans les attentats de 2015, et en vie à cause du dysfonctionnement technique de sa ceinture explosive, dit-il.

Il y a une forme d’humanisme qui n’est pas loin de se réduire à un narcissisme collectif, à un masochisme pétri de bonne conscience. Nous sommes supérieurs puisque nous opposons l’arme du droit quand on nous tue au droit implacable de l’arme ! Il faudrait au moins y réfléchir.

Par l’importance historique, politique et médiatique de ces monstruosités et de leur appréhension judiciaire à la suite d’un travail colossal du Parquet et des magistrats instructeurs.

Par le très grand nombre de parties civiles qui espèrent que le procès leur offrira un apaisement et une vérité, même si on peut en douter.

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

En effet, comme pour la criminalité ordinaire, le risque est celui d’une amère frustration parce que les accusés en général n’ont aucune envie de complaire aux états d’âme et aux attentes des plaignants. Encore davantage pour le terrorisme où il m’étonnerait fort que Salah Abdeslam n’oppose pas le poison et l’arrogance de son mutisme aux impressionnantes demandes d’explications.

Judiciairement incorrect

Il convient de saluer, sur le plan de l’organisation, l’infrastructure édifiée pour l’occasion et tout ce qui permettra d’assurer la plus large information possible. L’investissement a été à la hauteur de cet interminable procès qui s’annonce.

J’ai bien conscience de sortir du « judiciairement correct » en soupçonnant que ce procès de neuf mois ne constituera pas « une réponse ultime » au terrorisme (comme le dit Le Monde dans son éditorial) mais au contraire manifestera, d’une certaine manière, notre faiblesse à l’égard de groupes terroristes et d’une idéologie qui désirent profiter des garanties de notre État de droit sophistiqué pour mieux le mépriser quand ils en auront l’opportunité.

Qui peut croire véritablement que cet immense procès et les condamnations qui en résulteront sans doute pour beaucoup auront la moindre incidence sur la psychologie et la résolution criminelle des accusés ? Il est clair qu’ils ne constitueront pas une « réponse » pour eux puisque eux-mêmes ne sont pas dans le questionnement mais dans le terrorisme comme seule réponse. Les accusés, malgré les apparences qui pourront laisser croire à une domestication judiciaire, seront confortés par l’hommage pervers d’une procédure aussi durable et raffinée mise à leur service.

Pas davantage ce procès, quelles que soient ses conséquences, même les plus répressives possibles, ne dissuadera le terrorisme d’aujourd’hui et de demain, en train de préparer ses attaques et l’aveuglement de ses tueries, selon des modalités qui rendent difficile leur prévention ou leur éradication. Aucune chance pour que cette réponse juridique et honorable soit écoutée par des idéologues enfermés dans leur certitude et un intégrisme fier d’assassiner les mécréants.

La guerre des mondes

Pour que le procès et le droit soient une réponse, il faudrait encore qu’il y ait l’ombre d’un dialogue. Ce sont deux mondes qui ne s’affrontent même pas : l’un cherche à convaincre et à condamner, l’autre est ailleurs. Une attitude de mépris et le mépris de la Justice : rien à espérer de cette double perversion. De celle-ci, l’exemple le plus grossier et indécent en a été donné par Salah Abdeslam dans sa posture et ses premières répliques à l’ouverture des débats.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Procès «historique»? L’histoire décidera!

En réalité, cette « réponse ultime » qui serait adressée au terrorisme et qui à mon sens est pure illusion, concerne tout à fait autre chose. C’est un spectacle tragique que notre Justice se donne à elle-même. Notre pays se regarde dans le miroir démocratique et se dit, pour les valeurs et les principes : comme je suis bien, comme je sais être impeccable même quand on se moque profondément de moi ! Il y a une forme d’humanisme qui n’est pas loin de se réduire à un narcissisme collectif, à un masochisme pétri de bonne conscience. Nous sommes supérieurs puisque nous opposons l’arme du droit quand on nous tue au droit implacable de l’arme ! Il faudrait au moins y réfléchir. On pourrait me rétorquer que cette beauté gratuite de l’État de droit est ce qui fait notre honneur et que peu importe l’impact sur ceux qui ont sévi au Bataclan et sur les terrasses. Pourtant que vaut un procès qui ne peut pas s’assigner des ambitions réparatrices ?

Je songe aux parties civiles, à ces familles qui ont perdu des êtres chers. Si on me démontre que même au regard de ces considérations, elles continuent d’aspirer à un tel procès, si long, si infiniment complexe, je m’interrogerai. Le cœur de ce débat est de qualifier exactement ou non la criminalité terroriste, l’islamisme meurtrier. Pour moi, ils représentent une troisième catégorie entre la criminalité et la délinquance ordinaires. Totalement et sombrement originale. Il est absurde de continuer à appliquer à ces malfaisances absolument singulières – aucune contrition affichée sinon tactique et la volonté forcenée de tuer – une grille classique. D’apposer sur une réalité qui nous échappe et nous nargue à la fois la sophistication d’un État de droit surgi dans un pays saturé de démocratie.

Alors que la moindre des choses est de rendre la justice plus simple, plus rapide, moins naïve, moins masochiste, pour appréhender des crimes d’un type nouveau. Rien ne serait pire, pour se donner bonne conscience, que de les banaliser dans un fourre-tout pénal.

Bolsonaro, l’oligarchie et le peuple

Notre contributeur Driss Ghali était présent à la grande manifestation pro-Bolsonaro du 7 septembre à São Paolo. De larges pans du peuple brésilien soutiennent le président populiste, dont la réélection demeure incertaine tant un bloc oligarchique puissant veut sa perte.


Bolsonaro rend service à tous les peuples d’Occident, et notamment au peuple français, en démontrant qu’il est possible de briser la fatalité ! 

Il est détesté par les ramasse-miettes qui peuplent certains plateaux télévision parce qu’il a inventé et mis en œuvre une formule qui permet de fédérer les classes populaires aux franges raisonnables des classes moyennes et aux segments patriotes des élites économiques. Ce bloc est invincible dans une guerre politique menée à la régulière, c’est-à-dire dans le respect du suffrage universel et de la liberté d’expression. Il oblige l’oligarchie à révéler son vrai visage et à se débarrasser de son vernis démocratique pour sauver sa peau. Désespérée devant la puissance nouvelle redonnée au peuple, elle liquide totalement l’État de droit et ordonne aux juges de persécuter, sans aucune pudeur, tous ceux qui osent rêver d’une alternative à la disparition pure et simple du peuple dans une sorte de magma fluide où surnagent des minorités visibles et bruyantes.

Telle est la leçon brésilienne qui est bien évidemment une leçon occidentale, le Brésil étant une allégorie de l’Occident, l’Islam en moins. Ce pays mène une bataille titanesque entre le Bien et le Mal à l’intérieur de sa propre civilisation, ce qui est « relativement » facile. En revanche, la France et tant de pays ayant commis l’erreur d’accueillir une forte immigration musulmane vont devoir, s’ils veulent survivre, mener simultanément deux batailles extrêmement incertaines : l’une contre la caste qui veut les asservir et les diluer, l’autre contre une civilisation étrangère qui ne sait rien faire d’autre que les détester et vouloir les subjuguer. 

La crise d’hystérie du “bloc oligarchique”

Partout en Occident, un bloc oligarchique opprime le peuple et organise son impuissance. Partout en Occident, ce bloc oligarchique « fait une crise d’hystérie » à chaque fois que le peuple ose revenir dans l’histoire et récupérer sa souveraineté, c’est-à-dire son droit d’avoir le dernier mot sur les sujets importants.

A lire aussi, du même auteur: L’immense quiproquo entre la France et ses diasporas africaine et maghrébine

Au cœur du bloc oligarchique, se trouve la caste qui tire les ficelles (ou une partie des ficelles) de l’économie. Ultra-minoritaire sur le plan des effectifs, elle a l’intelligence suprême de se travestir derrière des minorités abruties par le manque de culture générale et narcissiques au point de se perdre dans la contemplation de leur propre nombril. Elles sont les mêmes au Brésil comme ailleurs : féministes, antiracistes, lobbies LGBT, écolos-talibans etc. Chair à canon électoral et bouclier humain au sein duquel se niche les intérêts de la caste.

En face, il y a le peuple, l’éternel cocu de l’histoire universelle. Un corps démembré qui ne retrouve sa capacité d’agir et de peser sur les événements que par éclipses, de temps en temps, entre deux grands printemps des peuples. Dans le cas français, ces « accidents » correspondent à quelques dates célèbres comme 1789, 1830, 1848, 1871 (la Commune), etc. Autrement et en temps normal, le peuple est le grand absent de la lutte politique, il lui préfère le foot et la télé-réalité.

Le crime de Bolsonaro, son véritable péché, est d’avoir « connecté » le peuple à une volonté collective suffisamment forte et durable pour contrarier le bloc oligarchique. Il s’y est pris en fédérant plusieurs « réveils » : le réveil de la classe moyenne, menacée de paupérisation, et qui ne supporte plus de voir ses enfants revenir le soir de l’école primaire, illettrés et convaincus qu’un homme peut tomber enceinte ; le réveil des élites économiques réellement compétitives et qui n’ont pas peur d’aller à l’assaut des marchés internationaux (au premier rang : l’agriculture d’exportation) ; le réveil des classes populaires bien entendu qui voient qu’elles sont doublement humiliées : par la mafia qui a pris le contrôle de leurs lieux de vie et par les oligopoles bancaires et commerciaux qui font du Brésil un des pays les plus chers au monde. Ainsi, les banques de détail au Brésil, organisées en oligopoles, pratiquent des taux d’intérêts dignes de l’usure : plus de 300%/an pour les facilités de caisse.

Le pouvoir des juges

Au Brésil, le bloc oligarchique a, pour la première fois, un ennemi capable de le battre : le bloc de la liberté. C’est comme cela qu’il convient de nommer cette force plurielle qui dit « non » à l’autoritarisme des juges et au mépris des médias stipendiés. Le bloc réuni par Bolsonaro ne veut pas d’un coup d’État ! Le coup d’État a déjà eu lieu : il a été commis par l’oligarchie qui censure les réseaux sociaux et envoie en prison les journalistes libres. Le bloc de Bolsonaro demande le retour de la démocratie pour qu’il ait une chance de l’emporter : d’où la revendication du « vote auditable » afin de garantir l’intégrité du scrutin de l’an prochain et d’éviter les irrégularités scandaleuses constatées aux États-Unis en 2020.

A lire aussi, Gerald Olivier: Election de Biden: c’est casher mais ça pue!

Contrairement aux balivernes colportées par la presse française, Bolsonaro fédère et rassemble. Tel est son péché capital. S’il était un populiste comme les autres (comme un Lula par exemple), il ne serait pas autant combattu. On l’aurait même laissé arriver au pouvoir pour le coopter ensuite en lui proposant de trahir le peuple contre le droit de gouverner le Brésil à l’aise. En effet, le peuple est souvent trahi quand il est la seule base d’appui du parti ou de la faction au pouvoir. Il a moins de chances d’être trahi quand sa cause est aussi celle des classes moyennes raisonnables et des bonnes élites.

D’ailleurs, si Bolsonaro tient encore, c’est que les élites du secteur de l’agro-business, une poule aux œufs d’or sous ces latitudes, le soutiennent encore. Effacez de votre esprit les clichés du cowboy ou du latifundiaire propriétaire d’esclaves. Pensez plutôt à une légion d’ingénieurs aux manettes de drones ultra-modernes, capables de prévoir les précipitations parcelle par parcelle 48h à l’avance grâce à l’intelligence artificielle. Ce sont des concurrents redoutables pour l’agriculture française. Ils ne sont pas les criminels environnementaux que la presse aime décrire. Ils exploitent moins de 10% de la superficie du Brésil et nourrissent plus d’un milliard d’êtres humains dont des centaines de millions de Chinois, d’Arabes et d’Africains.

Il n’est pas certain que Lula soit le meilleur candidat face à Bolsonaro

L’agro-business soutient Bolsonaro, car il a besoin d’un président qui ne soit pas corrompu pour construire les chemins de fer qui manquent cruellement pour amener le soja récolté au cœur du Brésil vers les ports de l’Atlantique. C’est une question d’intérêts bien compris.

En face, d’autres intérêts bien compris jurent la perte de Bolsonaro. Vous vous en doutez : tout ce que le pays compte de politiciens véreux, les lobbys de la grande distribution et des banques, la télévision Globo qui accumule un arriéré d’impôts gigantesque depuis des années et que Bolsonaro veut faire passer à la caisse, sans oublier le crime organisé bien entendu. Ce dernier est le vrai coupable de la déforestation amazonienne, car les parcelles gagnées sur la forêt accueillent le bétail acheté par la mafia pour blanchir l’argent de la drogue. 

D’où la fragilité du bloc des libertés. Il « suffit » d’éliminer Bolsonaro pour que le lien entre les classes moyennes raisonnables, les bonnes élites et le peuple se rompe. « Ils » ont déjà essayé de tuer Bolsonaro en 2018… Désormais, ils veulent s’y prendre par la voie légale, c’est-à-dire en manipulant l’État de droit pour expulser Bolsonaro de la scène politique. Ce plan n’a aucune chance de fonctionner, car le président est très populaire.  Le 7 septembre, les sympathisants du président ont rempli les rues de Brasilia et de São Paulo (dont votre serviteur). À moins de liquider physiquement Bolsonaro, la caste n’a d’autre choix que de préparer les élections de l’an prochain.

Qui sera son candidat ? Lula ? Pas forcément, car ce dernier ne parvient pas à faire dix pas dans la rue sans être hué. Le bloc oligarchique devra se trouver un candidat qui ne provoque pas de crise d’urticaire chez les Brésiliens, la presse aux ordres et la censure digitale feront le reste afin de l’amener au second tour face à Bolsonaro. 

En attendant que les oligarques adoubent un candidat capable de vaincre Bolsonaro, ils devraient continuer à souffler sur les braises et à pousser la Cour Suprême à mener la vie dure au président à défaut de le destituer.

Un voile, deux mesures

L’éditorial de septembre d’Elisabeth Lévy


On croyait les néo-féministes (également dits intersectionnels) perdus pour la cause de la liberté, tout affairés qu’ils sont à défendre le burkini, voire la burqa, et le respect-de-toutes-les-cultures, quand ils ne se soucient pas exclusivement de dénoncer l’ordre hétéro-patriarcal et islamophobe qui sévit dans nos contrées.

On se rappelle l’ode de Virginie Despentes aux frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo. On connaît la propension de nombre de militantes à fustiger, non pas les islamistes, mais ceux qui les combattent. N’oublions pas l’inénarrable Caroline De Haas qui, il est vrai, a disparu de la circulation médiatique (après des révélations sur sa tendance à faire du féminisme une juteuse affaire), ce dont on ne se plaindra pas. En janvier 2016, après les centaines d’agressions sexuelles commises à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre, elle invitait crânement tous ceux qui notaient que les agresseurs étaient des migrants (ce qui était parfaitement avéré) à aller déverser leur « merde raciste ailleurs ». On pense aussi à un court-métrage commis il y a quelques années par Julie Gayet : pour dénoncer les mariages forcés, elle mettait en scène un couple de bourgeois qui « donnait » sa fille à un vieux barbon tout droit sorti d’une pièce de Molière (on ne parle pas assez du problème des mariages forcés dans le 16e arrondissement de Paris). Une mention spéciale, enfin, à Laura Slimani, ex-patronne des Jeunes socialistes, pour avoir déclaré, en pleine polémique sur le burkini : « Ce n’est pas aux hommes blancs de libérer les femmes musulmanes, n’en déplaise aux néocolonialistes qui aiment les humilier. » [1] Un propos qui prend tout son sel à la lumière des événements récents.

J’ignore ce que pense aujourd’hui Laura Slimani, mais pas mal de ces islamo-féministes semblent avoir été touchés par la grâce ou plutôt par la disgrâce des Afghanes. Quand ils n’appellent pas de leurs vœux une nouvelle intervention militaire – qui serait pour le coup suspecte de « néocolonialisme » –, ils réclament par voie de pétition, l’accueil inconditionnel de toutes les femmes afghanes. On aimerait comprendre : pourquoi tant de haine pour les islamistes là-bas et tant d’indulgence pour ceux d’ici – même si, je vous l’accorde, ce ne sont pas tout à fait les mêmes ?

Soyons honnêtes : il y a parmi les pétitionnaires d’authentiques féministes capables de dénoncer l’emprise islamiste même quand c’est dans nos quartiers qu’elle sévit. N’empêche. N’était le caractère tragique de ce qui se joue là-bas, on rigolerait de l’effroi soudain de toutes celles (et ceux) qui se battent ici pour le droit de se voiler jusqu’à la piscine. « Nous affirmons que face au danger absolu du viol, de la soumission et de la mort, il n’y a pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions », peut-on lire dans une tribune parue dans Le Parisien et signée par le gotha du féminisme mondain. N’est-il pas curieux de prétendre aider ces malheureuses en les faisant venir dans un pays aussi raciste, misogyne et hétéro-normé que le nôtre ?

Qu’on ne se méprenne pas. Il y a effectivement en Afghanistan des femmes (et des hommes) en danger de mort. Et, n’en déplaise à mon cher Éric Zemmour, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas les accueillir tous qu’il ne faut en accueillir aucun. Que le droit d’asile ait été dévoyé pour devenir une filière légale d’immigration illégale ne justifie pas qu’on le renie quand il retrouve tout son sens. Cela suppose d’opérer des choix douloureux. On doit privilégier ceux qui sont directement menacés de mort pour cause d’activisme politique et, parmi ceux-là, ceux qui, par leur formation, leur mode de vie et leurs aspirations, ont des chances de devenir des Français comme vous-et-moi. Il est non seulement inutile, mais dangereux, pour eux comme pour nous, de faire venir des gens qui, par leur culture, nous sont profondément étrangers et le resteront.

De surcroît, la chute de Kaboul devrait mettre un coup d’arrêt à l’hubris occidental. Cessons de croire que nous pouvons sauver tous les pays en proie à une guerre civile ou à un régime totalitaire en transvasant leurs populations dans les démocraties libérales. Comme aurait pu le dire Michel Rocard, la France ne peut pas accueillir tous les opprimés du monde, même si elle doit en prendre sa part. Et comme le dit Jean-Luc Mélenchon, l’Afghanistan appartient aux Afghans. Aidons-les autant que nous le pouvons à conquérir la liberté chez eux.

En attendant, on peut vaguement espérer que la tragédie afghane remettra un peu de plomb dans les esprits wokisés qui dénoncent là-bas ce qu’ils approuvent ici. Si tant d’Afghans épris de liberté rêvent de France, c’est sans doute qu’elle n’est pas cette terre d’oppression dont nous parlent ces marchands de sornettes. Un peu de pudeur ne nuit pas : qu’ils arrêtent de nous rebattre les oreilles avec leur patriarcat imaginaire, ce fantasme d’extrême gauche.


[1] Exemple pêché dans un excellent article de ma chère Eugénie Bastié : « Les féministes françaises divisées sur la question du burkini », Le Figaro, 25 août 2016.

«Grand remplacement»: l’angle mort de Darmanin

0

Invité sur France inter mardi, le ministre de l’Intérieur a refusé de donner son avis sur la théorie contestée du « Grand remplacement » avancée par Eric Zemmour. Plutôt que de se prononcer sur le fond du phénomène, il a dénoncé une « comptabilité macabre » et défendu sa loi contre le séparatisme.


À trois reprises, Gérald Darmanin aura été relancé. Sans succès.

Les journalistes de France inter recevaient ce matin le ministre de l’Intérieur. Et par l’intermédiaire de Léa Salamé, qui avait opportunément sélectionné l’email d’un auditeur, la radio publique l’a questionné sur le basculement démographique en cours, que Causeur met en couverture de son magazine ce mois-ci.

Alors qu’il venait parler du procès de neuf mois qui s’ouvre autour des attentats de novembre 2015, et que pas moins de 1000 policiers ont été déployés par ses soins devant le Palais de Justice sur l’Ile de la Cité à Paris, le ministre n’avait visiblement pas envisagé que la radio de gauche lui poserait pareille question. Il a semblé gêné.

Je ne fais pas de débat avec Eric Zemmour

« Eric Zemmour pense qu’en 2050 la France sera à moitié islamique, et qu’en 2100 on sera une République islamique. Vous répondez quoi à ça ? » a donc benoîtement questionné Léa Salamé.

« Moi je ne fais pas de débat avec Eric Zemmour, un homme que je respecte comme tous les hommes et les femmes de France… » a d’abord avancé le ministre, faisant un pas de côté.

« Et sur ce qu’il dit sur le fond ? » a ensuite insisté Salamé.

Ce à quoi le ministre a préféré répondre en faisant de la petite politique. Il a affirmé être « désespéré d’entendre certains anciens compagnons qui se disent gaullistes dire qu’ils pourraient voter pour Zemmour contre M. Macron. » Prends-ça, Eric Ciotti ! Gerald Daramin a fustigé cette nouvelle « radicalité chez les LR », alors que selon lui une grande majorité de cette famille politique resterait dans « l’arc républicain » comme Damien Haddad ou Eric Woerth et voterait Macron en 2022, comme il se doit ! Les autres, ceux qui sont « partis de l’autre côté », le ministre les considère apparemment comme des pestiférés et préfère les oublier. Mais Léa Salamé ne se contente pas de cette esquive : « Et sur ce qui agite Eric Zemmour, sur cette théorie du « Grand remplacement », vous lui répondez quoi, sur le fond ? Si vous l’aviez en face de vous ? Répondez svp ! » s’est-elle obstiné.

Dans cent ans, on sera tous morts

« Dans 100 ans, si on y va par-là, on sera tous morts ! » a alors ironisé le ministre.

Puis, ce qui est tout à son honneur, mais se révèle malheureusement grandement insuffisant, Gérald Darmanin a rappelé nos grands principes français. Selon lui, « nous sommes d’abord une république laïque » et nous devrions nous refuser à comptabiliser les gens par rapport à leur religion ou leur race.

« Je ne suis pas dans une comptabilité macabre. Je suis un enfant d’un grand-père musulman, de deux grand-mères catholiques et d’une grand-père juif. J’espère qu’on ne me compte pas comme un ¼ musulman, 2/4 catholique et ¼ juif. Je refuse ce comptage singesque, c’est abaisser la France au niveau de tout ce qu’elle n’est pas ! » a-t-il argumenté.

Il est tout à fait opportun de rappeler tout cela, mais cela n’apporte malheureusement aucune esquisse de solution à notre problème. Les zemmouriens craignent qu’un volume d’immigration non assimilée trop important rende caducs ces beaux principes.

Menace islamiste rouge

Toujours sur l’antenne de nos confrères de France inter, en réponse à une autre question, Darmanin a enfin révélé que la France avait dû faire face à 50 attentats depuis l’élection du président Macron, dont 36 ont heureusement été déjoués (dont cinq depuis le début de 2021). Il a enfin affirmé que la menace terroriste était particulièrement élevée, parlant des islamistes mais aussi de l’ultra droite, et précisé que le président Macron et son gouvernement étaient actuellement très inquiets. La victoire des talibans en Afghanistan pourrait galvaniser les islamistes, tout comme l’attention médiatique actuellement focalisée sur l’islamisme radical par le procès du Bataclan…

Il n’en demeure pas moins que quand il nous dit qu’on devrait relativiser nos inquiétudes quant à la démographie, Gérald Darmanin se refuse à ancrer son action gouvernementale dans un quelconque souci de notre continuité historique. Et que quand il passe si aisément des menaces terroristes actuelles à la théorie du « grand remplacement » sans faire le moindre lien, il ne fait que souligner cet angle mort du fameux « arc républicain », du centre macroniste et de ce gouvernement dans lequel il sert.

Vaccination obligatoire: Trudeau durcit le ton

Le Premier ministre canadien veut faire de son pays un grand safe space où retirer des « privilèges » aux non-vaccinés est la seule discrimination autorisée…


Il y a dans l’aversion pour les non-vaccinés et peut-être bientôt des moins de trois doses les restes d’une société frustrée par son idéal d’inclusion sans limites. 

Ces vingt dernières années, nos sociétés se sont évertuées à se montrer ouvertes envers tous les groupes imaginables – jusqu’aux talibans récemment –, pour en venir à encourager une violence symbolique exercée contre son voisin. Comme si pour compenser ce trop-plein d’ouverture, nos sociétés avaient dû s’inventer une cible idéale, sans couleur ni religion ni sexe, pour enfin déverser sur elle ce qu’elle n’a pu déverser sur les autres. Une cible politiquement correcte qui collerait bien à l’air du temps aseptisant. Après le refoulement, le défoulement.

La fausse tolérance du Canada 

Au Canada, eldorado du vivre-ensemble, il est extraordinairement paradoxal de voir les chantres de la tolérance se retourner sans même s’en apercevoir contre les grands principes qu’ils disaient défendre avec acharnement. Alors que le droit au travail est remis en question, que le Québec et l’Ontario adoptent le passeport vaccinal et qu’Ottawa songe à la vaccination obligatoire de diverses catégories de gens, c’est silence zéro du côté des apôtres de l’inclusion. Les Chartes de droits et libertés qu’on pensait inviolables sont lâchement abandonnées par la communauté juridique, réduites à un strict instrument de défense de la sainte diversité. Les droits fondamentaux sont garantis quand il s’agit de faire le procès de l’homme blanc et de défendre toutes sortes d’extravagances religieuses et identitaires, mais caducs quand il s’agit de s’opposer à ce nouveau régime de séparation.

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

Nul ne représente mieux ce courant que le premier ministre sortant, Justin Trudeau, lui aussi reconnu pour son ouverture légendaire. Le 16 août, le petit prince boréal a déclenché une élection fédérale pour des raisons jugées obscures, mais sa stratégie est maintenant claire : vendre un grand safe space aux Canadiens. Un safe space économique, écologique et psychologique, mais surtout sanitaire. La chanson était connue depuis des mois : les critiques des mesures abusives, du vaccin pour tous et de la troisième dose sont un danger qu’il faut écraser. Il faut assurer notre sécurité, peu importe les coûts démocratiques. « Les anti-vaccins menacent leurs propres enfants et les nôtres », a déclaré Justin Trudeau dans un registre particulièrement démagogique. Pour remporter l’élection, il faut polariser, quitte à dégrader encore plus le climat social. 

Les libéraux illibéraux contre la menace invisible 

Pourchassé sur le terrain par des militants opposés à la vaccination obligatoire qu’il promet de mettre en œuvre, Trudeau a décidé de faire de la protection face au virus le cœur de sa campagne. Trudeau reprend la stratégie fondée sur la peur qu’il a toujours prêtée aux nationalistes québécois opposés à l’immigration massive, remplaçant les immigrés par les anti-vaccins en tant que menace ultime. Jusqu’à présent, les bons scores des conservateurs indiquent toutefois une certaine résistance de l’électorat : les tories refuseraient au pouvoir d’utiliser la coercition.

A lire aussi: Colonel Doumbouya: from Conakry with love?

Mais le pari de Trudeau n’est pas bête, car depuis le début de la crise, les Canadiens sont quasi unanimes : il faut en faire plus, toujours plus pour les protéger, dans une orgie de peur et d’hystérie qui n’est pas terminée. Mais au lieu de se réjouir de ce consensus et des taux record de vaccination, les leaders du sanitarisme veulent atteindre 100% de conformité idéologique, alors qu’elle, l’efficacité des vaccins est loin d’être absolue. Ce réflexe rompt avec la tradition de pluralisme censée caractériser ce flegmatique Canada aux institutions britanniques. 

Les droits fondamentaux remplacés par des « privilèges »

Il faut certes encourager la vaccination sur une base volontaire, mais il est troublant d’assister à l’érosion de la démocratie libérale et de son État de droit. Nos grands principes ne semblent plus valoir grand-chose à la vue d’un virus apparemment plus effrayant que tous les attentats islamistes. De même, il faut voir Justin Trudeau et le premier ministre du Québec, François Legault, commencer à utiliser le mot privilège à la place de celui de droit. Quand ils déclarent devoir retirer des « privilèges » aux non-vaccinés, il faut entendre des droits, un glissement sémantique qui en dit long sur la mutation des mentalités. Il ne s’agit pas de dire que les libertés sont toujours absolues, mais de réaliser que nous assistons à la naissance d’un nouvel ordre politique et social.

Colonel Doumbouya: from Conakry with love?

Portrait du nouvel homme fort de notre ancienne colonie d’Afrique de l’Ouest, qui a réalisé un putsch dimanche, et affirme ne pas vouloir « lancer de chasse aux sorcières »…


Le parcours du président guinéen Alpha Condé (président depuis décembre 2010) ne fut pas une promenade de santé. Mais c’est souvent le cas en Afrique de l’Ouest! Fondateur du Rassemblement du Peuple de Guinée, ce docteur d’État en droit public de l’université Paris-I a mis près de 20 ans avant de parvenir à tenir les rênes de son pays. Il a ensuite exercé une présidence contrastée et fortement contestée qui s’est achevée par un coup d’État rondement mené par le charismatique Colonel Doumbouya (notre photo). Qui est ce nouvel homme fort de l’Afrique francophone, dont les forces spéciales ont pris d’assaut le palais présidentiel Sékhoutoureya dimanche 5 septembre ?

Carte de la Guinée / Wikimedia Commons

Grand, taillé dans la roche comme le poids-lourd de l’UFC Francis N’Gannou, habillé d’une tenue de commando, le béret rouge vissé sur la tête et chaussé de lunettes de soleil par tous les temps. Ainsi est Mamady Doumbouya, avec de faux-airs de grand méchant d’une énième itération des Expendables, ou, c’est selon les sensibilités, de héros à la mode Wesley Snipes.

Quel est le parcours du chef du Groupement des forces spéciales, nom de l’unité d’élite anti-terroriste qu’il a créée dans sa Guinée natale, et qui a finalement mis aux arrêts Alpha Condé ? Mamady Doumbouya présente un curriculum vitae qui le montre profondément lié à la France et son armée.

Passé par la Légion

Ancien légionnaire, et dit-on sous-officier instructeur des commandos de l’antique Légion, le colosse mandingue est aussi l’époux d’une femme française commandant d’une brigade de gendarmerie. Ses attaches françaises sont donc non seulement universitaires, mais aussi familiales et plus généralement affectives. Par ailleurs, ses origines mandingues ne peuvent que le pousser à s’intéresser plus avant aux troubles provoqués par les djihadistes au Mali, ces derniers ayant fondé deux royaumes comprenant des territoires de l’actuelle Guinée, le Bambouk et le royaume du Wassoulou.

Bien évidemment, comme on pouvait s’y attendre dans cette région du monde, sa « communication » n’est pas encore à la pointe, rappelant plus la rhétorique d’un Bob Denard que celle d’un Joe Biden éveillé. « La Guinée est magnifique. Nous ne devons plus la violer, nous devons lui faire l’amour », a-t-il ainsi déclaré. Il y a fort à parier que l’homme n’est pas du genre homme-soja. On l’imagine d’ailleurs mal sympathisant d’Europe Écologie Les Verts, ou encore remplacer la statue de Napoléon Bonaparte par une statue de Gisèle Halimi comme le fera prochainement le maire socialiste de Rouen, auquel on ferait trop d’honneur en citant le nom.

Pourtant, cette apparence martiale et cette prestance acquise dans les rangs de l’armée française – notamment à l’école de Guerre, de laquelle il est sorti titulaire d’un brevet d’études supérieures militaires et d’un master de défense de l’université Panthéon-Assas – ne doivent pas laisser penser que l’homme s’apprête à bâtir un régime totalitaire sur les cendres d’un régime corrompu. Une fausse « page officielle » consacrée au militaire faisait apparaître Alpha Condé retenu par des gardes, avec un sous-texte tourné « à l’africaine » : « Le pays est libre ! Il est toujours en vie, enfin pour l’instant. »

On peut espérer que le nouvel homme fort se montre raisonnable

De fait, Monsieur Doumbouya a libéré des prisonniers politiques depuis longtemps retenus dans les geôles présidentielles et a indiqué de pas vouloir « lancer de chasse aux sorcières ». Son parcours et sa formation, de même que son mariage, peuvent laisser espérer qu’il se montrera raisonnable. Il est aussi notable que la France a peut-être regagné un allié, n’en déplaise à certains panafricanistes qui voient en lui une réincarnation de Thomas Sankara, qui n’était d’ailleurs pas du tout un mauvais homme. Alpha Condé tournait ses regards vers la généreuse Chine, délaissant progressivement la France.

Des évènements positifs pourraient donc naître de ce coup d’État. Et qui sait, un jour peut-être Emmanuel Macron appellera-t-il officiellement la Guinée à l’aide pour faire régner l’ordre dans les quartiers africains… de métropole ! Mamady Doumbouya semble d’un genre… efficace.

Procès «historique»? L’histoire décidera!

Alors que s’ouvre la plus grande audience criminelle jamais tenue en France, entendant juger 20 accusés retrouvés de l’attentat du Bataclan, du Stade de France et des terrasses, il y a un risque sérieux que la compassion médiatique ne l’emporte sur notre nécessaire lucidité.


« Historique » : c’est ainsi que la plupart des médias qualifient le procès des attentats du 13 novembre. À vrai dire, quel que soit le sujet, l’inflation de ce terme est passablement ridicule. Tous les quatre matins, on nous annonce un événement historique, comme si toute nouveauté était historique. De sorte qu’on nous expliquera bientôt que le dernier I-Phone avec ses fonctionnalités inconnues jusque-là est lui aussi historique ! On peut dire d’un événement qu’il est historique quand il change la face du monde, que celui-ci n’est plus tout à fait comme avant. Dans cette perspective, on peut dire que les attentats de 2015 étaient historiques, car le monde d’après est effectivement différent. Le 7 janvier et le 13 novembre 2015 ont effectivement introduit une rupture dans la conscience humaine, européenne ou française pour paraphraser le titre du célèbre essai de Paul Hazard sur la fin du XVIe siècle.

Certes, il serait abusif d’affirmer que rien n’est plus comme avant, mais il est probable que quelque chose de profond a changé dans la société française et dans la perception qu’elle a d’elle-même. Les procès peuvent certes être intéressants, mais il n’est pas sûr qu’ils nous apprennent beaucoup de choses que nous ne sachions déjà. 

Gigantisme et crainte d’un nouvel attentat

Ce qui rend le procès du 13 novembre, exceptionnel, peut-être jusqu’à l’absurde, c’est le gigantisme : 1800 parties civiles, 300 avocats, un million de pages. Reste à savoir quelle vérité nouvelle émergera de ces neuf mois d’audience (en supposant que ce délai ne soit pas allongé, comme pour le procès Charlie, parce que l’un des accusés est positif au Covid). Il est vrai que, parmi les 14 accusés, se trouve Salah Abdeslam qui n’est pas, loin s’en faut, un second couteau. Le problème est que, s’il persiste dans son mutisme, on n’apprendra rien de lui. 

A lire aussi, du même auteur: Un voile, deux mesures

On nous dit que, l’important, c’est d’entendre la parole des victimes. Le procès servirait d’abord à « réparer » ceux qui ont survécu et tous ceux qui ont perdu un être cher. D’abord, il n’est pas sûr que ça les répare. Ensuite, est-ce le rôle de la Justice ? Certes, les récits des survivants sont poignants. Mais d’abord, on les a déjà largement entendus – dans les jours qui ont suivi les attentats, pour les anniversaires, et depuis une semaine en prévision du procès. Ensuite, la parole des victimes ne rend pas l’événement intelligible. Leur souffrance nous touche, nous revivons en même temps qu’elles cette nuit terrible, mais elle ne nous informe ni sur les causes de l’événement, ni sur les moyens d’éviter sa répétition. 

Reparlons plutôt “séparatisme”

L’effet de sidération créé par cette souffrance inouïe (et probablement irréparable) peut même être un alibi pour ne pas comprendre. 

Au-delà de la sanction des coupables, nous devons comprendre l’idéologie qui les a inspirés et le terreau où se déploie cette idéologie. Or, dans notre obsession de ne pas stigmatiser, nous nous racontons qu’il y a une frontière nette entre islam et islamisme. Et nous refusons de voir l’imprégnation d’une partie de l’islam (30%, selon la plupart des études) par ce que Macron a appelé le séparatisme, lequel divise le monde entre croyants et infidèles, halal et haram. 

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

Ce séparatisme peut être parfaitement pacifique, condamner les assassins : il n’en est pas moins un facteur d’archipellisation, voire de libanisation de nos sociétés ouvertes. La compassion, l’empathie pour les victimes sont légitimes. Que la collectivité leur apporte reconnaissance et soutien, c’est très bien. 

Mais notre premier devoir envers elles, et envers nous, c’est la lucidité.

La crise de la conscience européenne, 1680-1715

Price: ---

0 used & new available from

Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

11

Découvrez le sommaire de notre numéro de septembre


Appelez ça comme vous voulez… Si l’expression « Grand Remplacement » vous incommode, parlez de Grand Basculement. Au-delà des mots, les travaux de France Stratégie prouvent qu’une révolution démographique est en cours dans les grandes et moyennes villes de France. Présentant notre dossier, Élisabeth Lévy explique qu’une section du monde politique et médiatique cherche à nous cacher cette vérité pour qu’aucun débat public ne puisse se tenir sur les questions de l’immigration et de l’assimilation des populations qui en sont issues. Au rythme actuel du bouleversement démographique, dit-elle, « la France de demain ressemblera à un vaste hall d’aéroport. Le duty free en moins, la violence en plus. »

Les chercheurs de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie nous racontent ce changement historique à travers les cartes de villes et d’agglomérations – que ce soit la Seine-Saint-Denis, Paris intra-muros, Rennes, Limoges ou Poitiers… – rendues publiques par France Stratégie, organisme d’État. Ces cartes démontrent que la proportion des 0-18 ans nés de parents extra-européens explose à travers tout le pays. « L’addition est simple. Immigration non maîtrisée + surnatalité des femmes étrangères = de moins en moins d’autochtones. »

>>> Lire votre magazine <<<

Pour Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, des pans entiers du territoire sont livrés à des populations immigrées qui n’ont que faire de la République et de ses lois et qui, au jeu de la natalité, sont plus fortes que les populations « de souche ». Le haut fonctionnaire Michel Auboin met à nu un véritable système de vases communicants par lequel la France exporte à l’étranger des jeunes diplômés aux idées libérales et importe des familles sous-qualifiées aux mœurs rétrogrades. Le résultat ne peut être qu’un appauvrissement économique du pays. Est-il possible de sauver notre système de retraite par le recours à l’immigration, comme certains le prétendent ? Non, répond sans ambages Erwan Seznec, car les immigrés d’aujourd’hui seront les retraités de demain. Évoquant l’expérience britannique, David Goodhart affirme qu’une majorité de citoyens peut ressentir une anxiété légitime qui n’a rien à voir avec la xénophobie, mais tout à voir avec l’extrême rapidité des changements démographique et culturel. Finalement, Mathieu Bock-Côté explique que la nationalité française est désormais réduite à un simple « droit » sans aucun rapport avec une quelconque identité historique, tandis que les territoires perdus de la République se sont mués en enclaves étrangères. 

Côté actu, Élisabeth Lévy prend à partie les « auteur.e.s » d’un appel récent en faveur de l’« accueil inconditionnel des femmes afghanes en France. »  Il y a une contradiction chez la plupart de ces néo-féministes qui poussent les hauts cris devant le machisme islamiste des Talibans, mais font preuve d’indulgence quand le machisme islamiste se manifeste dans cette France qu’elles accusent d’être la terre patriarcale et raciste par excellence. Si le panache d’une candidature Zemmour aux présidentielles a de quoi séduire, Philippe Bilger se demande si les qualités intellectuelles de ce fin connaisseur de l’histoire et homme de conviction suffiront à le qualifier pour le second tour. Pourquoi les Occidentaux ont-ils échoué en Afghanistan ? Pour Harold Hyman, c’est parce qu’une génération d’Afghans libéraux, qui a vécu sous la protection occidentale, n’a opposé aucune résistance aux Talibans. Plutôt que de défendre la liberté chez eux, ils voudraient venir chez nous. Gil Mihaely ajoute que les Occidentaux n’ont jamais réussi à obtenir la pleine coopération du Pakistan qui ne partage pas les mêmes intérêts que nous dans la région. Côté pandémie, nous ne sommes pas encore sortis du bois. Pour l’historien Pierre Vermeren, la crise a permis à la médecine de triompher du politique et de défendre jusqu’à l’absurde la sécurité sanitaire, tandis que beaucoup de nos concitoyens se sont découverts une passion pour l’interdit et la contrainte. Selon le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, se confiant à Élisabeth Lévy, le mouvement des antivax et anti-passe révèle l’égoïsme qui gangrène notre société et témoigne d’un inquiétant recul du bon sens. En revanche, Florian Philippot, le président des Patriotes, interviewé par Gil Mihaely et Martin Pimentel, considère que le passe sanitaire est inefficace contre le Covid tandis que la vaccination doit exclusivement relever du choix des individus. Tout se passe différemment outre-Pyrénées. Là, comme nous l’explique Nicolas Klein, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel « l’état d’alerte » sanitaire, une décision diamétralement opposée à celle prise par notre Conseil constitutionnel. 

Pour ouvrir le bal côté culture, Franck Ferrand a lu Capitale de Jonathan Siksou. Cet ouvrage propose une pérégrination parisienne où la rêverie et l’humour le disputent à l’érudition. Le livre a déjà reçu le prix Transfuge du meilleur essai et c’est tout à fait mérité. Et on ne dit pas ça parce que son auteur écrit aussi dans ce journal ! C’est un tableau plus sombre de la capitale française que brosse Pierre Lamalattie : l’une des plus grandioses perspectives de Paris, laissée à l’abandon depuis des années, devrait bientôt être défigurée. Les réaménagements voulus par Anne Hidalgo tels que la « végétalisation en conteneurs » ne satisfont personne. Mais ce qu’Anne veut… Bien plus sombre encore est la catastrophe racontée dans 11 Septembre, une histoire orale, de Garrett M. Graff, qui retrace, à travers plus de 500 témoignages, la journée d’horreur qui nous a fait basculer dans le XXIe siècle. Pour Jérôme Leroy, qui l’a lu, c’est une somme. Et un grand livre. Par des temps aussi désespérés, on ne sait pas à quel saint se vouer. Sauf que Causeur a la réponse : la Mère Brazier qui est devenue la divinité protectrice de la cuisine lyonnaise – et française. Gautier Battistella nous raconte celle qui fut la première femme à décrocher deux fois trois étoiles au Guide Michelin et dont on célèbre cette année le centenaire du restaurant, La Mère Brazier. 

>>> Lire votre magazine <<<

Capitale

Price: ---

0 used & new available from

11 septembre - Une histoire orale

Price: ---

0 used & new available from

Amanda Lear et Michel Fau, un duel au sommet

0
L'acteur Michel Fau © Hannah Assouline

Amanda Lear et Michel Fau réunis pour incarner Joan Crawford et Bette Davis, vous en rêviez ? Ce sera chose faite à partir du 11 septembre au Théâtre de la porte Saint-Martin !

Ça parle d’Amanda et de moi en fait !

Dans sa pièce, l’auteur et réalisateur Jean Marbœuf raconte les coulisses du film culte Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?. Fau ne pouvait rêver mieux à jouer et mettre en scène. 

« Ces deux vieilles stars, leur guerre sur le tournage, l’enfer du crêpage de chignon de ces deux monstres sublimes, cette férocité hilarante, cela me bouleverse », confie-t-il. Michel Fau a une réelle passion pour ces deux actrices et notamment pour ce moment de leur carrière où, étant has been, elles font leur retour à l’écran dans des films à la limite du mauvais goût. Et puis, faire un spectacle avec l’icône Amanda Lear, Fau en rêvait depuis longtemps. Quant à ce thème, le théâtre dans le théâtre, le comédien adore ça : « Ce spectacle parle de ces deux actrices mythiques, du cinéma américain des années 1960, des acteurs, de l’absurdité et de la folie de ce métier, de la solitude désespérée… Ça parle d’Amanda et de moi en fait ! » 

Comme souvent avec Michel Fau, on risque de se retrouver face à un ovni excessif, flamboyant, baroque et décadent… et drôle toujours, méchamment drôle !

Pour échapper à la grisaille du quotidien et vous vautrer dans le glamour le plus cauchemardesque, il vous sera donc possible de vous réfugier au Théâtre de la porte Saint-Martin !

Qu’est-il arrivé à Bette Davis et Joan Crowford ?
Au Théâtre de la porte Saint-Martin du 11 septembre au 24 octobre 2021. Dimanche, lundi et mardi à 20 h. Réservation en ligne sur www.portestmartin.com ou par tél. : 01 42 08 00 32.

Droite: il est encore temps d’arrêter la machine à perdre

0
Valérie Pécresse et Xavier Bertrand à Valenciennes, février 2019 © ROMUALD MEIGNEUX/SIPA Numéro de reportage : 00895553_000012

Sans candidat unique pour 2022, la droite offrira sa réélection à Emmanuel Macron et sa vision communautariste du monde.


Chaque élection est importante pour la démocratie, mais la présidentielle et les législatives qui approchent seront décisives pour l’avenir de la France, ses valeurs, sa culture, et ses pépites économiques. Nous sommes, en tant que peuple, à la croisée des chemins : il nous reviendra d’accepter ou de refuser le « changement de civilisation » woko-progressiste et infantilisant dans lequel nous entraîne Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir. Un mandat de plus de « déconstruction », comme aime à le dire le chef de l’État, et il n’y aura plus de retour en arrière possible. Sa politique techno-étatique et son modèle anglo-saxon à la Justin Trudeau —  communautariste, woke, écolo punitif par intérêt électoral — auront eu la peau de ce que nous avons collectivement mis des siècles à construire. Il est crucial que chaque Français, quel que soit son bord politique, son milieu social, son origine, sa religion, mesure l’importance de ce qui va se jouer en 2022. 

A lire aussi: Macron à Marseille, une équipée bien tardive

Face à l’effondrement économique, industriel, éducatif, culturel et civique qui délite notre pays depuis quarante ans, face à l’explosion anxiogène de la violence et des incivilités, face au complotisme, au terrorisme, à l’emprise grandissante de l’islamisme dans les territoires perdus de la République, Emmanuel Macron, comme son prédécesseur François Hollande, se sont concentrés sur l’anecdotique et le statu quo, de Léonarda à la calamiteuse Convention citoyenne, de Greta Thunberg à l’Assemblée Nationale aux récentes gesticulations marseillaises. Comme si l’immobilisme, masqué par des déclarations théâtrales bien-pensantes, pouvait créer autre chose que des Gilets jaunes. Comme si les plus modestes, en première ligne face à l’insécurité générée par l’immigration massive, pouvaient résister à la tentation populiste face à un pouvoir aveugle pour qui l’ensauvagement de la société n’existe pas. Signe des temps : au pays des Lumières, les sociologues et climatologues d’extrême gauche ont désormais plus d’influence que les intellectuels et les scientifiques.

© Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage: 00959343_000026

Une présidence complaisante avec le wokisme

Confrontée à cet effondrement global qui menace ses fondations, la France ne peut s’offrir le luxe de poursuivre ces politiques pseudo progressistes qui semblent avoir pour unique ambition de se situer, au gré des sondages ou des cibles électorales, dans le « camp du bien » autoproclamé. Une poignée d’hurluberlus crient au racisme systémique de la France, pays de l’universalisme et des droits de l’homme ? Le président, comme le proposait son précédent ministre de l’Intérieur, pose quasiment un genou à terre et promet sur une chaîne américaine de « déconstruire notre propre Histoire ». Une erreur de la police, après avoir laissé les forces de l’ordre se faire caillasser chaque samedi de manifestation ? Le garant de l’autorité de l’État enchaîne les génuflexions, et déclare toute honte bue « je n’ai pas de problème à répéter le terme de violences policières » [Brut, décembre 2020 NDLR]. Une poignée d’écologistes décroissants exigent de mettre à mal notre indépendance énergétique ? Le pouvoir promet, en dépit de toute rationalité scientifique, de fermer des réacteurs nucléaires supplémentaires. Le business des éoliennes coûte des milliards et massacre nos paysages ? Greta Thunberg est à la mode ? Le pouvoir promet donc de transformer les paysages de France, 4ᵉ pays le plus vert au monde, en zone industrielle avec des milliers d’éoliennes. Les Français les plus modestes roulent dans des voitures anciennes ? On leur interdira bientôt l’accès aux centres-villes faute de pouvoir s’offrir un véhicule neuf – la version LREM du fameux et sinistre « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». Une majorité de Français est rétive à ce « changement de civilisation » délirant pour lequel personne n’a voté ? Il suffira de rééduquer les masses à l’écologie punitive, y compris par le biais de l’Éducation nationale, comme l’a déclaré Madame Pompili. Nous pourrions poursuivre ce grotesque inventaire à l’infini, y compris sur le terrorisme, quand Emmanuel Macron, alors en précampagne, déclarait après les attentats du 13 novembre 2015 : « la France doit assumer une part de responsabilité quant au terreau sur lequel prospère le djihadisme ».  Le terroriste qui tue au Bataclan est avant tout une victime des injustices sociales qui le frappent. L’autoflagellation woke poussée jusqu’à l’indécence…

A lire aussi: Procès «historique»? L’histoire décidera!

Résultat de cette politique de la communication permanente, de la grandiloquence, de la bien-pensance et du déni du réel, une polarisation des positions, un manichéisme violent et vide de raison critique, une abstention galopante et la désillusion des Français. Bilan de cette politique de la dureté avec les faibles — ceux qui respectent la loi ou sont solvables — et de la lâcheté avec les forts — criminels, dealers, tenants des zones de non droit —, une démagogie d’extrême droite aux portes du pouvoir. Notre pays souffre de ces injustices criantes, de ce « en même temptisme » désastreux et cynique, qui n’a d’autre but que de se maintenir au pouvoir « quoi qu’il en coûte ». Y compris en centaines de milliers d’emplois quand il s’agit de sacrifier nos principaux atouts, les industries automobile (400 000 emplois en France), aérienne et nucléaire (200 000 emplois hautement qualifiés), sur l’autel d’une vision mystique de la lutte contre le réchauffement climatique. La France, pays exemplaire en matière d’émission de CO2, doit cesser dès 2022 de se tirer balle sur balle dans les pieds. Dans le seul domaine automobile, la mue accélérée vers le tout électrique en 2035, contre l’avis de nos constructeurs, produira plus de chômeurs que de bienfaits pour la planète, et renforcera encore la Chine au détriment de l’Europe. Pékin peut se gondoler devant tant de naïveté.

Constats accablants

La vérité, que l’exécutif s’échine à masquer en surjouant la crise du Covid depuis 18 mois, est que la France est au bord de l’effondrement dans beaucoup de domaines. Fermer le pays pendant un an et accumuler une covidette potentielle de 400 milliards d’euros aura permis au pouvoir de détourner l’attention, tout en hypothéquant l’avenir des générations futures. Mais le déni du réel à ses limites, et tous ceux qui vivent dans le monde réel ne sont pas dupes. Nous sommes au bord de l’effondrement économique, avec une dette publique à 120% du PIB, qui rend possible un scénario catastrophe à la grecque en cas de hausse des taux d’intérêt. Délitement social et moral, avec une société française rongée par les faillites d’entreprises, le chômage de masse, et une jeunesse désespérée par l’absence de perspective : plus de 25 % de chômage chez les jeunes adultes. Signe d’une société anémique et sans perspectives, nos jeunes diplômés et nos plus brillants chercheurs en sont réduits à quitter la France pour trouver un travail à la hauteur de leurs qualifications. Recul des libertés, et de la première d’entre elle, la sécurité de vivre tranquillement sur notre territoire national. Le niveau d’insécurité a atteint des niveaux inédits, les atteintes aux personnes et aux biens connaissant une hausse exponentielle partout dans l’hexagone.

A lire aussi: 50 nuances de droite

Il existe une majorité dans le pays, se situant à droite comme à gauche, pour partager ce constat accablant et refuser la déconstruction de la France. Nous sommes une majorité à aimer la France, sa culture — qui existe, n’en déplaise au président de la République —, sa langue et son Histoire. Si Emmanuel Macron ne porte évidemment pas seul la responsabilité du déclassement de notre pays entamé il y a quarante ans, sa réélection verrait se poursuivre son projet, mélange de centralisme archaïque et de doctrine anglo-saxonne écolo-woke, dont la majorité silencieuse du pays ressent l’absurdité et la dangerosité. 

Benoît Hamon a achevé la gauche républicaine en 2017, et Marine Le Pen « ne gagnera jamais » comme l’a compris Eric Zemmour. Tous les sondages indiquent que la France n’a jamais autant penché à droite. Si Xavier Bertrand comprend qu’il a enclenché la machine à perdre, et accepte de débattre dans une primaire avec les autres prétendants tout aussi légitimes que lui, il reviendra au vainqueur la lourde responsabilité de convaincre les Français de l’urgence vitale d’un changement de cap radical. La victoire de la droite est possible. Il faudra proposer une vraie vision de la société (forte), du charisme pour convaincre (beaucoup), et du courage pour mener les réformes indispensables (énormément). La poursuite du déclin de La France n’est pas (encore) une fatalité.

Non, «Le Monde», un procès ne peut être la réponse «ultime» au terrorisme islamiste

0
Procès du 13 novembre 2015. Mesures de sécurité autour du Palais de Justice, hier, Paris © Gabrielle CEZARD/SIPA Numéro de reportage : 01037071_000031

Le procès qui a commencé hier au Palais de justice de Paris est exceptionnel à plusieurs titres


Par l’extrême gravité de ce que la cour d’assises spécialement composée aura à juger.

Par la présence d’un accusé directement impliqué dans les attentats de 2015, et en vie à cause du dysfonctionnement technique de sa ceinture explosive, dit-il.

Il y a une forme d’humanisme qui n’est pas loin de se réduire à un narcissisme collectif, à un masochisme pétri de bonne conscience. Nous sommes supérieurs puisque nous opposons l’arme du droit quand on nous tue au droit implacable de l’arme ! Il faudrait au moins y réfléchir.

Par l’importance historique, politique et médiatique de ces monstruosités et de leur appréhension judiciaire à la suite d’un travail colossal du Parquet et des magistrats instructeurs.

Par le très grand nombre de parties civiles qui espèrent que le procès leur offrira un apaisement et une vérité, même si on peut en douter.

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

En effet, comme pour la criminalité ordinaire, le risque est celui d’une amère frustration parce que les accusés en général n’ont aucune envie de complaire aux états d’âme et aux attentes des plaignants. Encore davantage pour le terrorisme où il m’étonnerait fort que Salah Abdeslam n’oppose pas le poison et l’arrogance de son mutisme aux impressionnantes demandes d’explications.

Judiciairement incorrect

Il convient de saluer, sur le plan de l’organisation, l’infrastructure édifiée pour l’occasion et tout ce qui permettra d’assurer la plus large information possible. L’investissement a été à la hauteur de cet interminable procès qui s’annonce.

J’ai bien conscience de sortir du « judiciairement correct » en soupçonnant que ce procès de neuf mois ne constituera pas « une réponse ultime » au terrorisme (comme le dit Le Monde dans son éditorial) mais au contraire manifestera, d’une certaine manière, notre faiblesse à l’égard de groupes terroristes et d’une idéologie qui désirent profiter des garanties de notre État de droit sophistiqué pour mieux le mépriser quand ils en auront l’opportunité.

Qui peut croire véritablement que cet immense procès et les condamnations qui en résulteront sans doute pour beaucoup auront la moindre incidence sur la psychologie et la résolution criminelle des accusés ? Il est clair qu’ils ne constitueront pas une « réponse » pour eux puisque eux-mêmes ne sont pas dans le questionnement mais dans le terrorisme comme seule réponse. Les accusés, malgré les apparences qui pourront laisser croire à une domestication judiciaire, seront confortés par l’hommage pervers d’une procédure aussi durable et raffinée mise à leur service.

Pas davantage ce procès, quelles que soient ses conséquences, même les plus répressives possibles, ne dissuadera le terrorisme d’aujourd’hui et de demain, en train de préparer ses attaques et l’aveuglement de ses tueries, selon des modalités qui rendent difficile leur prévention ou leur éradication. Aucune chance pour que cette réponse juridique et honorable soit écoutée par des idéologues enfermés dans leur certitude et un intégrisme fier d’assassiner les mécréants.

La guerre des mondes

Pour que le procès et le droit soient une réponse, il faudrait encore qu’il y ait l’ombre d’un dialogue. Ce sont deux mondes qui ne s’affrontent même pas : l’un cherche à convaincre et à condamner, l’autre est ailleurs. Une attitude de mépris et le mépris de la Justice : rien à espérer de cette double perversion. De celle-ci, l’exemple le plus grossier et indécent en a été donné par Salah Abdeslam dans sa posture et ses premières répliques à l’ouverture des débats.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Procès «historique»? L’histoire décidera!

En réalité, cette « réponse ultime » qui serait adressée au terrorisme et qui à mon sens est pure illusion, concerne tout à fait autre chose. C’est un spectacle tragique que notre Justice se donne à elle-même. Notre pays se regarde dans le miroir démocratique et se dit, pour les valeurs et les principes : comme je suis bien, comme je sais être impeccable même quand on se moque profondément de moi ! Il y a une forme d’humanisme qui n’est pas loin de se réduire à un narcissisme collectif, à un masochisme pétri de bonne conscience. Nous sommes supérieurs puisque nous opposons l’arme du droit quand on nous tue au droit implacable de l’arme ! Il faudrait au moins y réfléchir. On pourrait me rétorquer que cette beauté gratuite de l’État de droit est ce qui fait notre honneur et que peu importe l’impact sur ceux qui ont sévi au Bataclan et sur les terrasses. Pourtant que vaut un procès qui ne peut pas s’assigner des ambitions réparatrices ?

Je songe aux parties civiles, à ces familles qui ont perdu des êtres chers. Si on me démontre que même au regard de ces considérations, elles continuent d’aspirer à un tel procès, si long, si infiniment complexe, je m’interrogerai. Le cœur de ce débat est de qualifier exactement ou non la criminalité terroriste, l’islamisme meurtrier. Pour moi, ils représentent une troisième catégorie entre la criminalité et la délinquance ordinaires. Totalement et sombrement originale. Il est absurde de continuer à appliquer à ces malfaisances absolument singulières – aucune contrition affichée sinon tactique et la volonté forcenée de tuer – une grille classique. D’apposer sur une réalité qui nous échappe et nous nargue à la fois la sophistication d’un État de droit surgi dans un pays saturé de démocratie.

Alors que la moindre des choses est de rendre la justice plus simple, plus rapide, moins naïve, moins masochiste, pour appréhender des crimes d’un type nouveau. Rien ne serait pire, pour se donner bonne conscience, que de les banaliser dans un fourre-tout pénal.

Bolsonaro, l’oligarchie et le peuple

2
7 septembre 2021 © Alberto Sibaja/Pacific Press/Shu/SIPA Numéro de reportage : Shutterstock40884520_000008

Notre contributeur Driss Ghali était présent à la grande manifestation pro-Bolsonaro du 7 septembre à São Paolo. De larges pans du peuple brésilien soutiennent le président populiste, dont la réélection demeure incertaine tant un bloc oligarchique puissant veut sa perte.


Bolsonaro rend service à tous les peuples d’Occident, et notamment au peuple français, en démontrant qu’il est possible de briser la fatalité ! 

Il est détesté par les ramasse-miettes qui peuplent certains plateaux télévision parce qu’il a inventé et mis en œuvre une formule qui permet de fédérer les classes populaires aux franges raisonnables des classes moyennes et aux segments patriotes des élites économiques. Ce bloc est invincible dans une guerre politique menée à la régulière, c’est-à-dire dans le respect du suffrage universel et de la liberté d’expression. Il oblige l’oligarchie à révéler son vrai visage et à se débarrasser de son vernis démocratique pour sauver sa peau. Désespérée devant la puissance nouvelle redonnée au peuple, elle liquide totalement l’État de droit et ordonne aux juges de persécuter, sans aucune pudeur, tous ceux qui osent rêver d’une alternative à la disparition pure et simple du peuple dans une sorte de magma fluide où surnagent des minorités visibles et bruyantes.

Telle est la leçon brésilienne qui est bien évidemment une leçon occidentale, le Brésil étant une allégorie de l’Occident, l’Islam en moins. Ce pays mène une bataille titanesque entre le Bien et le Mal à l’intérieur de sa propre civilisation, ce qui est « relativement » facile. En revanche, la France et tant de pays ayant commis l’erreur d’accueillir une forte immigration musulmane vont devoir, s’ils veulent survivre, mener simultanément deux batailles extrêmement incertaines : l’une contre la caste qui veut les asservir et les diluer, l’autre contre une civilisation étrangère qui ne sait rien faire d’autre que les détester et vouloir les subjuguer. 

La crise d’hystérie du “bloc oligarchique”

Partout en Occident, un bloc oligarchique opprime le peuple et organise son impuissance. Partout en Occident, ce bloc oligarchique « fait une crise d’hystérie » à chaque fois que le peuple ose revenir dans l’histoire et récupérer sa souveraineté, c’est-à-dire son droit d’avoir le dernier mot sur les sujets importants.

A lire aussi, du même auteur: L’immense quiproquo entre la France et ses diasporas africaine et maghrébine

Au cœur du bloc oligarchique, se trouve la caste qui tire les ficelles (ou une partie des ficelles) de l’économie. Ultra-minoritaire sur le plan des effectifs, elle a l’intelligence suprême de se travestir derrière des minorités abruties par le manque de culture générale et narcissiques au point de se perdre dans la contemplation de leur propre nombril. Elles sont les mêmes au Brésil comme ailleurs : féministes, antiracistes, lobbies LGBT, écolos-talibans etc. Chair à canon électoral et bouclier humain au sein duquel se niche les intérêts de la caste.

En face, il y a le peuple, l’éternel cocu de l’histoire universelle. Un corps démembré qui ne retrouve sa capacité d’agir et de peser sur les événements que par éclipses, de temps en temps, entre deux grands printemps des peuples. Dans le cas français, ces « accidents » correspondent à quelques dates célèbres comme 1789, 1830, 1848, 1871 (la Commune), etc. Autrement et en temps normal, le peuple est le grand absent de la lutte politique, il lui préfère le foot et la télé-réalité.

Le crime de Bolsonaro, son véritable péché, est d’avoir « connecté » le peuple à une volonté collective suffisamment forte et durable pour contrarier le bloc oligarchique. Il s’y est pris en fédérant plusieurs « réveils » : le réveil de la classe moyenne, menacée de paupérisation, et qui ne supporte plus de voir ses enfants revenir le soir de l’école primaire, illettrés et convaincus qu’un homme peut tomber enceinte ; le réveil des élites économiques réellement compétitives et qui n’ont pas peur d’aller à l’assaut des marchés internationaux (au premier rang : l’agriculture d’exportation) ; le réveil des classes populaires bien entendu qui voient qu’elles sont doublement humiliées : par la mafia qui a pris le contrôle de leurs lieux de vie et par les oligopoles bancaires et commerciaux qui font du Brésil un des pays les plus chers au monde. Ainsi, les banques de détail au Brésil, organisées en oligopoles, pratiquent des taux d’intérêts dignes de l’usure : plus de 300%/an pour les facilités de caisse.

Le pouvoir des juges

Au Brésil, le bloc oligarchique a, pour la première fois, un ennemi capable de le battre : le bloc de la liberté. C’est comme cela qu’il convient de nommer cette force plurielle qui dit « non » à l’autoritarisme des juges et au mépris des médias stipendiés. Le bloc réuni par Bolsonaro ne veut pas d’un coup d’État ! Le coup d’État a déjà eu lieu : il a été commis par l’oligarchie qui censure les réseaux sociaux et envoie en prison les journalistes libres. Le bloc de Bolsonaro demande le retour de la démocratie pour qu’il ait une chance de l’emporter : d’où la revendication du « vote auditable » afin de garantir l’intégrité du scrutin de l’an prochain et d’éviter les irrégularités scandaleuses constatées aux États-Unis en 2020.

A lire aussi, Gerald Olivier: Election de Biden: c’est casher mais ça pue!

Contrairement aux balivernes colportées par la presse française, Bolsonaro fédère et rassemble. Tel est son péché capital. S’il était un populiste comme les autres (comme un Lula par exemple), il ne serait pas autant combattu. On l’aurait même laissé arriver au pouvoir pour le coopter ensuite en lui proposant de trahir le peuple contre le droit de gouverner le Brésil à l’aise. En effet, le peuple est souvent trahi quand il est la seule base d’appui du parti ou de la faction au pouvoir. Il a moins de chances d’être trahi quand sa cause est aussi celle des classes moyennes raisonnables et des bonnes élites.

D’ailleurs, si Bolsonaro tient encore, c’est que les élites du secteur de l’agro-business, une poule aux œufs d’or sous ces latitudes, le soutiennent encore. Effacez de votre esprit les clichés du cowboy ou du latifundiaire propriétaire d’esclaves. Pensez plutôt à une légion d’ingénieurs aux manettes de drones ultra-modernes, capables de prévoir les précipitations parcelle par parcelle 48h à l’avance grâce à l’intelligence artificielle. Ce sont des concurrents redoutables pour l’agriculture française. Ils ne sont pas les criminels environnementaux que la presse aime décrire. Ils exploitent moins de 10% de la superficie du Brésil et nourrissent plus d’un milliard d’êtres humains dont des centaines de millions de Chinois, d’Arabes et d’Africains.

Il n’est pas certain que Lula soit le meilleur candidat face à Bolsonaro

L’agro-business soutient Bolsonaro, car il a besoin d’un président qui ne soit pas corrompu pour construire les chemins de fer qui manquent cruellement pour amener le soja récolté au cœur du Brésil vers les ports de l’Atlantique. C’est une question d’intérêts bien compris.

En face, d’autres intérêts bien compris jurent la perte de Bolsonaro. Vous vous en doutez : tout ce que le pays compte de politiciens véreux, les lobbys de la grande distribution et des banques, la télévision Globo qui accumule un arriéré d’impôts gigantesque depuis des années et que Bolsonaro veut faire passer à la caisse, sans oublier le crime organisé bien entendu. Ce dernier est le vrai coupable de la déforestation amazonienne, car les parcelles gagnées sur la forêt accueillent le bétail acheté par la mafia pour blanchir l’argent de la drogue. 

D’où la fragilité du bloc des libertés. Il « suffit » d’éliminer Bolsonaro pour que le lien entre les classes moyennes raisonnables, les bonnes élites et le peuple se rompe. « Ils » ont déjà essayé de tuer Bolsonaro en 2018… Désormais, ils veulent s’y prendre par la voie légale, c’est-à-dire en manipulant l’État de droit pour expulser Bolsonaro de la scène politique. Ce plan n’a aucune chance de fonctionner, car le président est très populaire.  Le 7 septembre, les sympathisants du président ont rempli les rues de Brasilia et de São Paulo (dont votre serviteur). À moins de liquider physiquement Bolsonaro, la caste n’a d’autre choix que de préparer les élections de l’an prochain.

Qui sera son candidat ? Lula ? Pas forcément, car ce dernier ne parvient pas à faire dix pas dans la rue sans être hué. Le bloc oligarchique devra se trouver un candidat qui ne provoque pas de crise d’urticaire chez les Brésiliens, la presse aux ordres et la censure digitale feront le reste afin de l’amener au second tour face à Bolsonaro. 

En attendant que les oligarques adoubent un candidat capable de vaincre Bolsonaro, ils devraient continuer à souffler sur les braises et à pousser la Cour Suprême à mener la vie dure au président à défaut de le destituer.

Un voile, deux mesures

0
La journaliste Elisabeth Lévy © Pierre Olivier

L’éditorial de septembre d’Elisabeth Lévy


On croyait les néo-féministes (également dits intersectionnels) perdus pour la cause de la liberté, tout affairés qu’ils sont à défendre le burkini, voire la burqa, et le respect-de-toutes-les-cultures, quand ils ne se soucient pas exclusivement de dénoncer l’ordre hétéro-patriarcal et islamophobe qui sévit dans nos contrées.

On se rappelle l’ode de Virginie Despentes aux frères Kouachi, les assassins de Charlie Hebdo. On connaît la propension de nombre de militantes à fustiger, non pas les islamistes, mais ceux qui les combattent. N’oublions pas l’inénarrable Caroline De Haas qui, il est vrai, a disparu de la circulation médiatique (après des révélations sur sa tendance à faire du féminisme une juteuse affaire), ce dont on ne se plaindra pas. En janvier 2016, après les centaines d’agressions sexuelles commises à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre, elle invitait crânement tous ceux qui notaient que les agresseurs étaient des migrants (ce qui était parfaitement avéré) à aller déverser leur « merde raciste ailleurs ». On pense aussi à un court-métrage commis il y a quelques années par Julie Gayet : pour dénoncer les mariages forcés, elle mettait en scène un couple de bourgeois qui « donnait » sa fille à un vieux barbon tout droit sorti d’une pièce de Molière (on ne parle pas assez du problème des mariages forcés dans le 16e arrondissement de Paris). Une mention spéciale, enfin, à Laura Slimani, ex-patronne des Jeunes socialistes, pour avoir déclaré, en pleine polémique sur le burkini : « Ce n’est pas aux hommes blancs de libérer les femmes musulmanes, n’en déplaise aux néocolonialistes qui aiment les humilier. » [1] Un propos qui prend tout son sel à la lumière des événements récents.

J’ignore ce que pense aujourd’hui Laura Slimani, mais pas mal de ces islamo-féministes semblent avoir été touchés par la grâce ou plutôt par la disgrâce des Afghanes. Quand ils n’appellent pas de leurs vœux une nouvelle intervention militaire – qui serait pour le coup suspecte de « néocolonialisme » –, ils réclament par voie de pétition, l’accueil inconditionnel de toutes les femmes afghanes. On aimerait comprendre : pourquoi tant de haine pour les islamistes là-bas et tant d’indulgence pour ceux d’ici – même si, je vous l’accorde, ce ne sont pas tout à fait les mêmes ?

Soyons honnêtes : il y a parmi les pétitionnaires d’authentiques féministes capables de dénoncer l’emprise islamiste même quand c’est dans nos quartiers qu’elle sévit. N’empêche. N’était le caractère tragique de ce qui se joue là-bas, on rigolerait de l’effroi soudain de toutes celles (et ceux) qui se battent ici pour le droit de se voiler jusqu’à la piscine. « Nous affirmons que face au danger absolu du viol, de la soumission et de la mort, il n’y a pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions », peut-on lire dans une tribune parue dans Le Parisien et signée par le gotha du féminisme mondain. N’est-il pas curieux de prétendre aider ces malheureuses en les faisant venir dans un pays aussi raciste, misogyne et hétéro-normé que le nôtre ?

Qu’on ne se méprenne pas. Il y a effectivement en Afghanistan des femmes (et des hommes) en danger de mort. Et, n’en déplaise à mon cher Éric Zemmour, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas les accueillir tous qu’il ne faut en accueillir aucun. Que le droit d’asile ait été dévoyé pour devenir une filière légale d’immigration illégale ne justifie pas qu’on le renie quand il retrouve tout son sens. Cela suppose d’opérer des choix douloureux. On doit privilégier ceux qui sont directement menacés de mort pour cause d’activisme politique et, parmi ceux-là, ceux qui, par leur formation, leur mode de vie et leurs aspirations, ont des chances de devenir des Français comme vous-et-moi. Il est non seulement inutile, mais dangereux, pour eux comme pour nous, de faire venir des gens qui, par leur culture, nous sont profondément étrangers et le resteront.

De surcroît, la chute de Kaboul devrait mettre un coup d’arrêt à l’hubris occidental. Cessons de croire que nous pouvons sauver tous les pays en proie à une guerre civile ou à un régime totalitaire en transvasant leurs populations dans les démocraties libérales. Comme aurait pu le dire Michel Rocard, la France ne peut pas accueillir tous les opprimés du monde, même si elle doit en prendre sa part. Et comme le dit Jean-Luc Mélenchon, l’Afghanistan appartient aux Afghans. Aidons-les autant que nous le pouvons à conquérir la liberté chez eux.

En attendant, on peut vaguement espérer que la tragédie afghane remettra un peu de plomb dans les esprits wokisés qui dénoncent là-bas ce qu’ils approuvent ici. Si tant d’Afghans épris de liberté rêvent de France, c’est sans doute qu’elle n’est pas cette terre d’oppression dont nous parlent ces marchands de sornettes. Un peu de pudeur ne nuit pas : qu’ils arrêtent de nous rebattre les oreilles avec leur patriarcat imaginaire, ce fantasme d’extrême gauche.


[1] Exemple pêché dans un excellent article de ma chère Eugénie Bastié : « Les féministes françaises divisées sur la question du burkini », Le Figaro, 25 août 2016.

«Grand remplacement»: l’angle mort de Darmanin

0
Gérald Darmanin ce matin, sur France inter. Image: capture d'écran YouTube

Invité sur France inter mardi, le ministre de l’Intérieur a refusé de donner son avis sur la théorie contestée du « Grand remplacement » avancée par Eric Zemmour. Plutôt que de se prononcer sur le fond du phénomène, il a dénoncé une « comptabilité macabre » et défendu sa loi contre le séparatisme.


À trois reprises, Gérald Darmanin aura été relancé. Sans succès.

Les journalistes de France inter recevaient ce matin le ministre de l’Intérieur. Et par l’intermédiaire de Léa Salamé, qui avait opportunément sélectionné l’email d’un auditeur, la radio publique l’a questionné sur le basculement démographique en cours, que Causeur met en couverture de son magazine ce mois-ci.

Alors qu’il venait parler du procès de neuf mois qui s’ouvre autour des attentats de novembre 2015, et que pas moins de 1000 policiers ont été déployés par ses soins devant le Palais de Justice sur l’Ile de la Cité à Paris, le ministre n’avait visiblement pas envisagé que la radio de gauche lui poserait pareille question. Il a semblé gêné.

Je ne fais pas de débat avec Eric Zemmour

« Eric Zemmour pense qu’en 2050 la France sera à moitié islamique, et qu’en 2100 on sera une République islamique. Vous répondez quoi à ça ? » a donc benoîtement questionné Léa Salamé.

« Moi je ne fais pas de débat avec Eric Zemmour, un homme que je respecte comme tous les hommes et les femmes de France… » a d’abord avancé le ministre, faisant un pas de côté.

« Et sur ce qu’il dit sur le fond ? » a ensuite insisté Salamé.

Ce à quoi le ministre a préféré répondre en faisant de la petite politique. Il a affirmé être « désespéré d’entendre certains anciens compagnons qui se disent gaullistes dire qu’ils pourraient voter pour Zemmour contre M. Macron. » Prends-ça, Eric Ciotti ! Gerald Daramin a fustigé cette nouvelle « radicalité chez les LR », alors que selon lui une grande majorité de cette famille politique resterait dans « l’arc républicain » comme Damien Haddad ou Eric Woerth et voterait Macron en 2022, comme il se doit ! Les autres, ceux qui sont « partis de l’autre côté », le ministre les considère apparemment comme des pestiférés et préfère les oublier. Mais Léa Salamé ne se contente pas de cette esquive : « Et sur ce qui agite Eric Zemmour, sur cette théorie du « Grand remplacement », vous lui répondez quoi, sur le fond ? Si vous l’aviez en face de vous ? Répondez svp ! » s’est-elle obstiné.

Dans cent ans, on sera tous morts

« Dans 100 ans, si on y va par-là, on sera tous morts ! » a alors ironisé le ministre.

Puis, ce qui est tout à son honneur, mais se révèle malheureusement grandement insuffisant, Gérald Darmanin a rappelé nos grands principes français. Selon lui, « nous sommes d’abord une république laïque » et nous devrions nous refuser à comptabiliser les gens par rapport à leur religion ou leur race.

« Je ne suis pas dans une comptabilité macabre. Je suis un enfant d’un grand-père musulman, de deux grand-mères catholiques et d’une grand-père juif. J’espère qu’on ne me compte pas comme un ¼ musulman, 2/4 catholique et ¼ juif. Je refuse ce comptage singesque, c’est abaisser la France au niveau de tout ce qu’elle n’est pas ! » a-t-il argumenté.

Il est tout à fait opportun de rappeler tout cela, mais cela n’apporte malheureusement aucune esquisse de solution à notre problème. Les zemmouriens craignent qu’un volume d’immigration non assimilée trop important rende caducs ces beaux principes.

Menace islamiste rouge

Toujours sur l’antenne de nos confrères de France inter, en réponse à une autre question, Darmanin a enfin révélé que la France avait dû faire face à 50 attentats depuis l’élection du président Macron, dont 36 ont heureusement été déjoués (dont cinq depuis le début de 2021). Il a enfin affirmé que la menace terroriste était particulièrement élevée, parlant des islamistes mais aussi de l’ultra droite, et précisé que le président Macron et son gouvernement étaient actuellement très inquiets. La victoire des talibans en Afghanistan pourrait galvaniser les islamistes, tout comme l’attention médiatique actuellement focalisée sur l’islamisme radical par le procès du Bataclan…

Il n’en demeure pas moins que quand il nous dit qu’on devrait relativiser nos inquiétudes quant à la démographie, Gérald Darmanin se refuse à ancrer son action gouvernementale dans un quelconque souci de notre continuité historique. Et que quand il passe si aisément des menaces terroristes actuelles à la théorie du « grand remplacement » sans faire le moindre lien, il ne fait que souligner cet angle mort du fameux « arc républicain », du centre macroniste et de ce gouvernement dans lequel il sert.

Vaccination obligatoire: Trudeau durcit le ton

0
Ottawa, 15 août 2021 © Sean Kilpatrick/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22596250_000008

Le Premier ministre canadien veut faire de son pays un grand safe space où retirer des « privilèges » aux non-vaccinés est la seule discrimination autorisée…


Il y a dans l’aversion pour les non-vaccinés et peut-être bientôt des moins de trois doses les restes d’une société frustrée par son idéal d’inclusion sans limites. 

Ces vingt dernières années, nos sociétés se sont évertuées à se montrer ouvertes envers tous les groupes imaginables – jusqu’aux talibans récemment –, pour en venir à encourager une violence symbolique exercée contre son voisin. Comme si pour compenser ce trop-plein d’ouverture, nos sociétés avaient dû s’inventer une cible idéale, sans couleur ni religion ni sexe, pour enfin déverser sur elle ce qu’elle n’a pu déverser sur les autres. Une cible politiquement correcte qui collerait bien à l’air du temps aseptisant. Après le refoulement, le défoulement.

La fausse tolérance du Canada 

Au Canada, eldorado du vivre-ensemble, il est extraordinairement paradoxal de voir les chantres de la tolérance se retourner sans même s’en apercevoir contre les grands principes qu’ils disaient défendre avec acharnement. Alors que le droit au travail est remis en question, que le Québec et l’Ontario adoptent le passeport vaccinal et qu’Ottawa songe à la vaccination obligatoire de diverses catégories de gens, c’est silence zéro du côté des apôtres de l’inclusion. Les Chartes de droits et libertés qu’on pensait inviolables sont lâchement abandonnées par la communauté juridique, réduites à un strict instrument de défense de la sainte diversité. Les droits fondamentaux sont garantis quand il s’agit de faire le procès de l’homme blanc et de défendre toutes sortes d’extravagances religieuses et identitaires, mais caducs quand il s’agit de s’opposer à ce nouveau régime de séparation.

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

Nul ne représente mieux ce courant que le premier ministre sortant, Justin Trudeau, lui aussi reconnu pour son ouverture légendaire. Le 16 août, le petit prince boréal a déclenché une élection fédérale pour des raisons jugées obscures, mais sa stratégie est maintenant claire : vendre un grand safe space aux Canadiens. Un safe space économique, écologique et psychologique, mais surtout sanitaire. La chanson était connue depuis des mois : les critiques des mesures abusives, du vaccin pour tous et de la troisième dose sont un danger qu’il faut écraser. Il faut assurer notre sécurité, peu importe les coûts démocratiques. « Les anti-vaccins menacent leurs propres enfants et les nôtres », a déclaré Justin Trudeau dans un registre particulièrement démagogique. Pour remporter l’élection, il faut polariser, quitte à dégrader encore plus le climat social. 

Les libéraux illibéraux contre la menace invisible 

Pourchassé sur le terrain par des militants opposés à la vaccination obligatoire qu’il promet de mettre en œuvre, Trudeau a décidé de faire de la protection face au virus le cœur de sa campagne. Trudeau reprend la stratégie fondée sur la peur qu’il a toujours prêtée aux nationalistes québécois opposés à l’immigration massive, remplaçant les immigrés par les anti-vaccins en tant que menace ultime. Jusqu’à présent, les bons scores des conservateurs indiquent toutefois une certaine résistance de l’électorat : les tories refuseraient au pouvoir d’utiliser la coercition.

A lire aussi: Colonel Doumbouya: from Conakry with love?

Mais le pari de Trudeau n’est pas bête, car depuis le début de la crise, les Canadiens sont quasi unanimes : il faut en faire plus, toujours plus pour les protéger, dans une orgie de peur et d’hystérie qui n’est pas terminée. Mais au lieu de se réjouir de ce consensus et des taux record de vaccination, les leaders du sanitarisme veulent atteindre 100% de conformité idéologique, alors qu’elle, l’efficacité des vaccins est loin d’être absolue. Ce réflexe rompt avec la tradition de pluralisme censée caractériser ce flegmatique Canada aux institutions britanniques. 

Les droits fondamentaux remplacés par des « privilèges »

Il faut certes encourager la vaccination sur une base volontaire, mais il est troublant d’assister à l’érosion de la démocratie libérale et de son État de droit. Nos grands principes ne semblent plus valoir grand-chose à la vue d’un virus apparemment plus effrayant que tous les attentats islamistes. De même, il faut voir Justin Trudeau et le premier ministre du Québec, François Legault, commencer à utiliser le mot privilège à la place de celui de droit. Quand ils déclarent devoir retirer des « privilèges » aux non-vaccinés, il faut entendre des droits, un glissement sémantique qui en dit long sur la mutation des mentalités. Il ne s’agit pas de dire que les libertés sont toujours absolues, mais de réaliser que nous assistons à la naissance d’un nouvel ordre politique et social.

Colonel Doumbouya: from Conakry with love?

0
Capture d'écran France 24 / YouTube

Portrait du nouvel homme fort de notre ancienne colonie d’Afrique de l’Ouest, qui a réalisé un putsch dimanche, et affirme ne pas vouloir « lancer de chasse aux sorcières »…


Le parcours du président guinéen Alpha Condé (président depuis décembre 2010) ne fut pas une promenade de santé. Mais c’est souvent le cas en Afrique de l’Ouest! Fondateur du Rassemblement du Peuple de Guinée, ce docteur d’État en droit public de l’université Paris-I a mis près de 20 ans avant de parvenir à tenir les rênes de son pays. Il a ensuite exercé une présidence contrastée et fortement contestée qui s’est achevée par un coup d’État rondement mené par le charismatique Colonel Doumbouya (notre photo). Qui est ce nouvel homme fort de l’Afrique francophone, dont les forces spéciales ont pris d’assaut le palais présidentiel Sékhoutoureya dimanche 5 septembre ?

Carte de la Guinée / Wikimedia Commons

Grand, taillé dans la roche comme le poids-lourd de l’UFC Francis N’Gannou, habillé d’une tenue de commando, le béret rouge vissé sur la tête et chaussé de lunettes de soleil par tous les temps. Ainsi est Mamady Doumbouya, avec de faux-airs de grand méchant d’une énième itération des Expendables, ou, c’est selon les sensibilités, de héros à la mode Wesley Snipes.

Quel est le parcours du chef du Groupement des forces spéciales, nom de l’unité d’élite anti-terroriste qu’il a créée dans sa Guinée natale, et qui a finalement mis aux arrêts Alpha Condé ? Mamady Doumbouya présente un curriculum vitae qui le montre profondément lié à la France et son armée.

Passé par la Légion

Ancien légionnaire, et dit-on sous-officier instructeur des commandos de l’antique Légion, le colosse mandingue est aussi l’époux d’une femme française commandant d’une brigade de gendarmerie. Ses attaches françaises sont donc non seulement universitaires, mais aussi familiales et plus généralement affectives. Par ailleurs, ses origines mandingues ne peuvent que le pousser à s’intéresser plus avant aux troubles provoqués par les djihadistes au Mali, ces derniers ayant fondé deux royaumes comprenant des territoires de l’actuelle Guinée, le Bambouk et le royaume du Wassoulou.

Bien évidemment, comme on pouvait s’y attendre dans cette région du monde, sa « communication » n’est pas encore à la pointe, rappelant plus la rhétorique d’un Bob Denard que celle d’un Joe Biden éveillé. « La Guinée est magnifique. Nous ne devons plus la violer, nous devons lui faire l’amour », a-t-il ainsi déclaré. Il y a fort à parier que l’homme n’est pas du genre homme-soja. On l’imagine d’ailleurs mal sympathisant d’Europe Écologie Les Verts, ou encore remplacer la statue de Napoléon Bonaparte par une statue de Gisèle Halimi comme le fera prochainement le maire socialiste de Rouen, auquel on ferait trop d’honneur en citant le nom.

Pourtant, cette apparence martiale et cette prestance acquise dans les rangs de l’armée française – notamment à l’école de Guerre, de laquelle il est sorti titulaire d’un brevet d’études supérieures militaires et d’un master de défense de l’université Panthéon-Assas – ne doivent pas laisser penser que l’homme s’apprête à bâtir un régime totalitaire sur les cendres d’un régime corrompu. Une fausse « page officielle » consacrée au militaire faisait apparaître Alpha Condé retenu par des gardes, avec un sous-texte tourné « à l’africaine » : « Le pays est libre ! Il est toujours en vie, enfin pour l’instant. »

On peut espérer que le nouvel homme fort se montre raisonnable

De fait, Monsieur Doumbouya a libéré des prisonniers politiques depuis longtemps retenus dans les geôles présidentielles et a indiqué de pas vouloir « lancer de chasse aux sorcières ». Son parcours et sa formation, de même que son mariage, peuvent laisser espérer qu’il se montrera raisonnable. Il est aussi notable que la France a peut-être regagné un allié, n’en déplaise à certains panafricanistes qui voient en lui une réincarnation de Thomas Sankara, qui n’était d’ailleurs pas du tout un mauvais homme. Alpha Condé tournait ses regards vers la généreuse Chine, délaissant progressivement la France.

Des évènements positifs pourraient donc naître de ce coup d’État. Et qui sait, un jour peut-être Emmanuel Macron appellera-t-il officiellement la Guinée à l’aide pour faire régner l’ordre dans les quartiers africains… de métropole ! Mamady Doumbouya semble d’un genre… efficace.

Procès «historique»? L’histoire décidera!

0
Le 13 novembre 2015, trois commandos islamistes font 130 morts et de très nombreux blessés à Saint-Denis, au Bataclan et devant des terrasses de café du centre de Paris. L'État d'urgence est déclaré. © GEAI LAURENCE/SIPA Numéro de reportage : 00730561_000033

Alors que s’ouvre la plus grande audience criminelle jamais tenue en France, entendant juger 20 accusés retrouvés de l’attentat du Bataclan, du Stade de France et des terrasses, il y a un risque sérieux que la compassion médiatique ne l’emporte sur notre nécessaire lucidité.


« Historique » : c’est ainsi que la plupart des médias qualifient le procès des attentats du 13 novembre. À vrai dire, quel que soit le sujet, l’inflation de ce terme est passablement ridicule. Tous les quatre matins, on nous annonce un événement historique, comme si toute nouveauté était historique. De sorte qu’on nous expliquera bientôt que le dernier I-Phone avec ses fonctionnalités inconnues jusque-là est lui aussi historique ! On peut dire d’un événement qu’il est historique quand il change la face du monde, que celui-ci n’est plus tout à fait comme avant. Dans cette perspective, on peut dire que les attentats de 2015 étaient historiques, car le monde d’après est effectivement différent. Le 7 janvier et le 13 novembre 2015 ont effectivement introduit une rupture dans la conscience humaine, européenne ou française pour paraphraser le titre du célèbre essai de Paul Hazard sur la fin du XVIe siècle.

Certes, il serait abusif d’affirmer que rien n’est plus comme avant, mais il est probable que quelque chose de profond a changé dans la société française et dans la perception qu’elle a d’elle-même. Les procès peuvent certes être intéressants, mais il n’est pas sûr qu’ils nous apprennent beaucoup de choses que nous ne sachions déjà. 

Gigantisme et crainte d’un nouvel attentat

Ce qui rend le procès du 13 novembre, exceptionnel, peut-être jusqu’à l’absurde, c’est le gigantisme : 1800 parties civiles, 300 avocats, un million de pages. Reste à savoir quelle vérité nouvelle émergera de ces neuf mois d’audience (en supposant que ce délai ne soit pas allongé, comme pour le procès Charlie, parce que l’un des accusés est positif au Covid). Il est vrai que, parmi les 14 accusés, se trouve Salah Abdeslam qui n’est pas, loin s’en faut, un second couteau. Le problème est que, s’il persiste dans son mutisme, on n’apprendra rien de lui. 

A lire aussi, du même auteur: Un voile, deux mesures

On nous dit que, l’important, c’est d’entendre la parole des victimes. Le procès servirait d’abord à « réparer » ceux qui ont survécu et tous ceux qui ont perdu un être cher. D’abord, il n’est pas sûr que ça les répare. Ensuite, est-ce le rôle de la Justice ? Certes, les récits des survivants sont poignants. Mais d’abord, on les a déjà largement entendus – dans les jours qui ont suivi les attentats, pour les anniversaires, et depuis une semaine en prévision du procès. Ensuite, la parole des victimes ne rend pas l’événement intelligible. Leur souffrance nous touche, nous revivons en même temps qu’elles cette nuit terrible, mais elle ne nous informe ni sur les causes de l’événement, ni sur les moyens d’éviter sa répétition. 

Reparlons plutôt “séparatisme”

L’effet de sidération créé par cette souffrance inouïe (et probablement irréparable) peut même être un alibi pour ne pas comprendre. 

Au-delà de la sanction des coupables, nous devons comprendre l’idéologie qui les a inspirés et le terreau où se déploie cette idéologie. Or, dans notre obsession de ne pas stigmatiser, nous nous racontons qu’il y a une frontière nette entre islam et islamisme. Et nous refusons de voir l’imprégnation d’une partie de l’islam (30%, selon la plupart des études) par ce que Macron a appelé le séparatisme, lequel divise le monde entre croyants et infidèles, halal et haram. 

A lire aussi: Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

Ce séparatisme peut être parfaitement pacifique, condamner les assassins : il n’en est pas moins un facteur d’archipellisation, voire de libanisation de nos sociétés ouvertes. La compassion, l’empathie pour les victimes sont légitimes. Que la collectivité leur apporte reconnaissance et soutien, c’est très bien. 

Mais notre premier devoir envers elles, et envers nous, c’est la lucidité.

La crise de la conscience européenne, 1680-1715

Price: ---

0 used & new available from

Causeur: Souriez, vous êtes grand-remplacés!

11
© Causeur

Découvrez le sommaire de notre numéro de septembre


Appelez ça comme vous voulez… Si l’expression « Grand Remplacement » vous incommode, parlez de Grand Basculement. Au-delà des mots, les travaux de France Stratégie prouvent qu’une révolution démographique est en cours dans les grandes et moyennes villes de France. Présentant notre dossier, Élisabeth Lévy explique qu’une section du monde politique et médiatique cherche à nous cacher cette vérité pour qu’aucun débat public ne puisse se tenir sur les questions de l’immigration et de l’assimilation des populations qui en sont issues. Au rythme actuel du bouleversement démographique, dit-elle, « la France de demain ressemblera à un vaste hall d’aéroport. Le duty free en moins, la violence en plus. »

Les chercheurs de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie nous racontent ce changement historique à travers les cartes de villes et d’agglomérations – que ce soit la Seine-Saint-Denis, Paris intra-muros, Rennes, Limoges ou Poitiers… – rendues publiques par France Stratégie, organisme d’État. Ces cartes démontrent que la proportion des 0-18 ans nés de parents extra-européens explose à travers tout le pays. « L’addition est simple. Immigration non maîtrisée + surnatalité des femmes étrangères = de moins en moins d’autochtones. »

>>> Lire votre magazine <<<

Pour Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, des pans entiers du territoire sont livrés à des populations immigrées qui n’ont que faire de la République et de ses lois et qui, au jeu de la natalité, sont plus fortes que les populations « de souche ». Le haut fonctionnaire Michel Auboin met à nu un véritable système de vases communicants par lequel la France exporte à l’étranger des jeunes diplômés aux idées libérales et importe des familles sous-qualifiées aux mœurs rétrogrades. Le résultat ne peut être qu’un appauvrissement économique du pays. Est-il possible de sauver notre système de retraite par le recours à l’immigration, comme certains le prétendent ? Non, répond sans ambages Erwan Seznec, car les immigrés d’aujourd’hui seront les retraités de demain. Évoquant l’expérience britannique, David Goodhart affirme qu’une majorité de citoyens peut ressentir une anxiété légitime qui n’a rien à voir avec la xénophobie, mais tout à voir avec l’extrême rapidité des changements démographique et culturel. Finalement, Mathieu Bock-Côté explique que la nationalité française est désormais réduite à un simple « droit » sans aucun rapport avec une quelconque identité historique, tandis que les territoires perdus de la République se sont mués en enclaves étrangères. 

Côté actu, Élisabeth Lévy prend à partie les « auteur.e.s » d’un appel récent en faveur de l’« accueil inconditionnel des femmes afghanes en France. »  Il y a une contradiction chez la plupart de ces néo-féministes qui poussent les hauts cris devant le machisme islamiste des Talibans, mais font preuve d’indulgence quand le machisme islamiste se manifeste dans cette France qu’elles accusent d’être la terre patriarcale et raciste par excellence. Si le panache d’une candidature Zemmour aux présidentielles a de quoi séduire, Philippe Bilger se demande si les qualités intellectuelles de ce fin connaisseur de l’histoire et homme de conviction suffiront à le qualifier pour le second tour. Pourquoi les Occidentaux ont-ils échoué en Afghanistan ? Pour Harold Hyman, c’est parce qu’une génération d’Afghans libéraux, qui a vécu sous la protection occidentale, n’a opposé aucune résistance aux Talibans. Plutôt que de défendre la liberté chez eux, ils voudraient venir chez nous. Gil Mihaely ajoute que les Occidentaux n’ont jamais réussi à obtenir la pleine coopération du Pakistan qui ne partage pas les mêmes intérêts que nous dans la région. Côté pandémie, nous ne sommes pas encore sortis du bois. Pour l’historien Pierre Vermeren, la crise a permis à la médecine de triompher du politique et de défendre jusqu’à l’absurde la sécurité sanitaire, tandis que beaucoup de nos concitoyens se sont découverts une passion pour l’interdit et la contrainte. Selon le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, se confiant à Élisabeth Lévy, le mouvement des antivax et anti-passe révèle l’égoïsme qui gangrène notre société et témoigne d’un inquiétant recul du bon sens. En revanche, Florian Philippot, le président des Patriotes, interviewé par Gil Mihaely et Martin Pimentel, considère que le passe sanitaire est inefficace contre le Covid tandis que la vaccination doit exclusivement relever du choix des individus. Tout se passe différemment outre-Pyrénées. Là, comme nous l’explique Nicolas Klein, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel « l’état d’alerte » sanitaire, une décision diamétralement opposée à celle prise par notre Conseil constitutionnel. 

Pour ouvrir le bal côté culture, Franck Ferrand a lu Capitale de Jonathan Siksou. Cet ouvrage propose une pérégrination parisienne où la rêverie et l’humour le disputent à l’érudition. Le livre a déjà reçu le prix Transfuge du meilleur essai et c’est tout à fait mérité. Et on ne dit pas ça parce que son auteur écrit aussi dans ce journal ! C’est un tableau plus sombre de la capitale française que brosse Pierre Lamalattie : l’une des plus grandioses perspectives de Paris, laissée à l’abandon depuis des années, devrait bientôt être défigurée. Les réaménagements voulus par Anne Hidalgo tels que la « végétalisation en conteneurs » ne satisfont personne. Mais ce qu’Anne veut… Bien plus sombre encore est la catastrophe racontée dans 11 Septembre, une histoire orale, de Garrett M. Graff, qui retrace, à travers plus de 500 témoignages, la journée d’horreur qui nous a fait basculer dans le XXIe siècle. Pour Jérôme Leroy, qui l’a lu, c’est une somme. Et un grand livre. Par des temps aussi désespérés, on ne sait pas à quel saint se vouer. Sauf que Causeur a la réponse : la Mère Brazier qui est devenue la divinité protectrice de la cuisine lyonnaise – et française. Gautier Battistella nous raconte celle qui fut la première femme à décrocher deux fois trois étoiles au Guide Michelin et dont on célèbre cette année le centenaire du restaurant, La Mère Brazier. 

>>> Lire votre magazine <<<

Capitale

Price: ---

0 used & new available from

11 septembre - Une histoire orale

Price: ---

0 used & new available from