Il y a quelques jours, Brigitte Bardot, écœurée qu’il n’y ait aucun moratoire sur la chasse, particulièrement dans les régions incendiées, traitait dans Var-Matin Nicolas Hulot de « vendu » et de « lâche ». Sans doute le nouveau ministre de l’Ecologie s’est-il posé le problème en termes néo-staliniens : « Bardot, combien de divisions ? Le lobby des chasseurs, par contre… »

Brigitte Bardot: « Je n’ai plus aucune confiance en lui »

Samedi dernier, elle a récidivé dans les colonnes de La Provence. Interviewée par Franz-Olivier Giesbert après la décision de Nicolas Hulot de faire abattre quarante loups pour plaire cette fois au lobby des éleveurs, elle a lâché : « J’avais de bonnes relations avec Hulot : dans le passé, ma Fondation a travaillé avec lui. Mais je ne l’aurais jamais cru capable de ça. Quel cynisme ! Il a suffi qu’il soit nommé ministre pour qu’il change, c’est le cas de le dire, son fusil d’épaule. Je n’ai plus aucune confiance en lui alors qu’il m’inspirait une confiance quand il est entré au gouvernement. Il m’a tué quelque part… » Et d’ajouter, in fine : « Quand ce connard (je rétablis le mot dont La Provence n’a conservé que l’initiale) de Hulot a décidé de tuer les quarante loups, j’ai pleuré pendant une nuit entière. »

Evitons de faire pleurer les vieilles dames – c’est bien assez de faire pleurer les jeunes. Et raisonnons un peu.

Quarante loups, c’est près de 15% des loups français, selon les dernières estimations. Il y a aujourd’hui un peu moins de 350 loups pour 550 000 km2. Un risque inacceptable, selon le ministre.

La montagne oui, mais sans danger s’il-vous-plaît!

Le plus drôle, c’est que ni les Italiens ni les Espagnols, qui nous ont galamment prêté quelques-uns de leurs canis lupus lupus, n’ont de problèmes avec les soi-disant attaques de loups (qui ne sont la plupart du temps, dès qu’il s’agit de massacres d’envergure, que des attaques de chiens errants : le loup est un prédateur intelligent qui se saisit d’une bête qui traîne et sait s’en contenter, timide et discret comme il est). Peut-être parce que leurs bergers gardent leurs bêtes, au lieu de les envoyer errer dans la montagne – ce qui est, en France, le fait de gros éleveurs propriétaires de très gros troupeaux. Et qu’ils sont secondés par des patous – indifféremment des Bergers des Pyrénées ou des Bergers de Maremme des Abruzzes – qui sont des chiens particulièrement dissuasifs, et dont il faut absolument se tenir à distance : ce sont de fausses peluches et de vrais carnassiers.

Ah oui, mais en France le lobby des randonneurs s’était fendu, il y a deux ans, d’une pétition adressée à Ségolène Royal demandant à ce que les patous soient «sociabilisés». Et d’autres veulent que l’on abandonne la montagne aux randonneurs, et que l’on supprime également bergers, troupeaux et chiens. Heureusement que de vrais spécialistes de la randonnée donnent, pendant ce temps, des conseils intelligents. Nous voulons bien la montagne, pourvu qu’elle ressemble au boulevard Saint-Germain.

Le loup a été éradiqué au XIXème siècle pour des raisons superstitieuses – on leur mettait sur le dos toutes les…

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