Gérard Croce, l’une des « gueules » du cinéma français, s’est malheureusement éteint ce 31 octobre 2026. Il avait 80 ans. Retour sur certaines des facettes de sa vie que d’aucuns ont parfois tendance à oublier.
On ne connaissait pas forcément son patronyme par cœur, mais son visage, sa voix et sa silhouette trapue étaient de ceux qui font le sel de tout un pan du cinéma français. Gérard Croce est mort le 31 octobre à l’âge de 80 ans dans l’Orne, ainsi que l’a confirmé sa famille à l’AFP. Derrière ce décès discret se cache pourtant l’itinéraire hors norme d’un artisan indispensable des plateaux, capable de traverser les époques, les registres et les genres sans jamais écraser les premiers rôles, mais en laissant une trace indélébile.
Puisque les têtes d’affiche monopolisent souvent la lumière, retour sur quatre facettes méconnues ou cultes de cet acteur populaire par excellence.
Mort de Gérard Croce : de la comédie potache au drame naturaliste
L’une des grandes forces de Gérard Croce résidait dans sa plasticité artistique. On l’oublie trop vite, mais avant d’incarner les figures sombres et poignantes du drame historique, il a fait rire la France entière dans les années 1970 aux côtés de la bande à Charlot. On le croise ainsi en soldat dans Les Bidasses en folie (1971), mais aussi dans Les Charlots font l’Espagne (1972) ou dans Les Fous du stade. Vingt ans plus tard, c’est le grand écart salutaire : Claude Berri le choisit pour camper Maigrat, l’épicier sordide, cupide et violent de Germinal (1993). Face à la misère ouvrière et aux grands mouvements sociaux du roman de Zola, Croce y composait une crapule plus vraie que nature, prouvant qu’un acteur venu de la farce pouvait exceller dans la noirceur la plus crue.
Le champion de la voix et du contre-champ
Gérard Croce appartenait à cette école rare des comédiens de complément qui savaient habler l’espace sonore d’un film. Sa voix rocailleuse, immédiatement reconnaissable, l’avait naturellement conduit à prêter ses cordes vocales à des projets originaux — il fut notamment la voix du poissonnier Ordralfabétix dans le film d’animation Astérix et le Coup du menhir en 1989. Sur un plateau, il avait ce don précieux : donner corps et épaisseur à un personnage en à peine trois répliques, transformant un rôle de composition en morceau d’anthologie.
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De l’autre côté de la caméra : la casquette de producteur
L’homme ne se contentait pas d’occuper le premier plan ou les marges de l’écran. Loin des projecteurs, Gérard Croce avait également embrassé le métier de producteur et de directeur de production. C’est notamment sous son impulsion que fut menée à bien la série télévisée d’action Léa Parker au milieu des années 2000. Une manière pour lui de prolonger son amour de l’artisanat audiovisuel en prenant part à la machinerie des tournages de l’intérieur, loin des paillettes médiatiques.
Décès de Gérard Croce : la fin d’une certaine idée de la troupe
Sa disparition, saluée par plusieurs figures de la profession comme l’actrice Sonia Rolland avec qui il avait collaboré, résonne aujourd’hui comme un rappel. Dans un cinéma contemporain parfois soupçonné de lisser ses castings et de formater ses visages, le parcours de Gérard Croce rappelle l’âge d’or d’une époque où le paysage audiovisuel français faisait la part belle aux « gueules », aux trognes, aux seconds couteaux du théâtre de boulevard ou des tournages de province. Avec lui, c’est tout un pan de la comédie populaire française qui tire sa révérence, laissant derrière lui des rôles qu’on ne se lasse pas de revoir.
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