En 1856, la rumeur circula un temps à Paris que le fils de l’impératrice Eugénie n’était pas issu du lit conjugal. Certaines gazettes prêtaient au duc de Morny la paternité de Louis Napoléon Eugène tandis que d’autres pariaient leur honneur et leur fortune sur Victor de Persigny ou Eugène Rouher. Tous nièrent en bloc. Les regards et les doutes se portèrent alors sur Casimir Routchy, premier camériste de l’Empereur. Dans un premier temps, Casimir Routchy ne prêta pas le flanc aux rumeurs, confiant même à Victor Duruy, ministre de l’Instruction publique : « Je ne suis pas le père de l’enfant. Et tu as vu sa gueule, à la Montijo ? Je tiens à mon standing[1. C’est la première occurence de l’emploi du terme standing en langue française. Jean Dutourd.], moi. » Puis, la rumeur augmentant et risquant le licenciement, il accorda une interview au Moniteur dans laquelle il avouait à la face du monde son petit défaut[2. On disait comme ça à l’époque quand on en avait un gros.]. Apprenant cela, Napoléon III exila son chambrier à Londres : ce fut le premier outing de l’histoire.

John Bentley, Portrait de Casimir Routchy, jeune homme. Huile sur toile, 1858, conservée dans le bureau du président de la Région Ile-de-France, mais sortie depuis peu.

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Raúl Cazals
Raúl Cazals est un critique d'art d'origine cubaine. Très critique avec l'art en général, il prépare une "Historia del Arte en diez lecciones". Il vit en exil à Madrid depuis 1979, où il supporte tant qu'il peut les surfaces.
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