Le Salon du dessin consacre une exposition au peintre paysagiste Jean-Baptiste Sécheret. La terre, le ciel, les mortels et les dieux s’unissent dans ses oeuvres qui témoignent du temps où l’industrie et la nature coexistaient en paix. 


C’est un nom que vous n’avez jamais entendu, et qu’un petit groupe de connaisseurs et d’amateurs se repasse clandestinement, sous le manteau. Celui d’un peintre d’une cinquantaine d’années, vivant à Paris, qui est déjà étudié et imité par de nombreux disciples dans les écoles des beaux-arts ; que Marc Fumaroli et Jean Clair se désolèrent de n’avoir pu embarquer dans leur exposition sur la peinture française de 2017 ; et que moi-même, après ces grandes autorités, je tiens pour le plus grand peintre de sa génération.

Il s’appelle Sécheret, Jean-Baptiste. Ancien élève des Beaux-Arts, ayant longuement étudié Velázquez et Goya à Madrid, il fut aimé de James Lord, le biographe et le modèle de Giacometti ; et de Raymond Mason, le grand sculpteur sur lequel Bonnefoy a écrit. Ainsi s’inscrit-il dans l’histoire véritable, qui reste encore à écrire, de l’art en France depuis les années 1960, un art qui a pris le maquis, et dont un Sam Szafran est, sachez-le, le bien involontaire général clandestin.

À vous qui ne connaissez pas Sécheret, l’occasion est donnée de vous rattraper à la fin du mois de mars, au Salon du dessin, palais Brongniart, où son galeriste Jacques Elbaz organise une exposition à lui seul consacrée.

Qu’y verra-t-on, à cette exposition one-man-show ?

Sécheret est principalement peintre de paysages. La plage de Trouville, les campagnes du Loir-et-Cher ou de Normandie, les villes et les montagnes italiennes, mais aussi la ligne des toits de New York, lui inspirent désormais la plupart de ses motifs. Il n’y a pas de mise en scène, pas d’histoire, pas de narration.

Sécheret appartient à une école, très française, et dont le point culminant fut sans doute Cézanne, pour qui l’étude du motif, du rapport qu’entretiennent entre elles les formes géométriques des bâtiments et des arbres, ou les couleurs du ciel et de la terre, ou l’étude des innombrables variations de la lumière selon l’heure et les saisons, constitue à soi seul l’objet du travail du peintre. Le peintre est à l’école du motif, c’est ce dernier qui donne sa dignité au tableau, il n’a pas besoin de mettre en scène un « sujet », car l’observation de la simple réalité peut être le travail d’une vie.

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Mars 2019 - Causeur #66

Article extrait du Magazine Causeur

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