Si la réalité dépasse parfois la fiction, c’est que la fiction précède parfois la réalité. La littérature prévoit l’avenir. Cette chronique le prouve.


Dire que le dernier film de Lars von Trier, The House that Jack Built, l’histoire d’un serial killer artiste, a provoqué des réactions outrées au dernier Festival de Cannes est un euphémisme. Au hasard, celle de Ramin Setoodeh, le critique de Variety, qui a tweeté : « Jamais vu une chose pareille à un festival. Plus de 100 personnes sont sorties de la projection, écœurées de voir des mutilations sur des femmes et des enfants. »

Dans la foulée, le cinéaste est accusé d’avoir fait des déclarations ambiguës sur Hitler, harcelé Björk lors du tournage de Dancer in the Dark et dit dans une conférence de presse qu’il aurait pu être serial killer, mais qu’il savait se contrôler et que s’il devait tuer quelqu’un, ce serait un journaliste. Bref, le parfait salaud, le suspect idéal. Provocation ? Évidemment.

De Sade à Pasolini en passant par Baudelaire

Nous assistons là à une très vieille histoire qui va de Sade à Pasolini en passant par Flaubert ou Baudelaire. Il y a toujours eu face aux œuvres d’art qui explorent les limites de ce qui peut être dit ou pensé dans une époque donnée une réaction de refus, de déni, parfois violente, qui va de l’envie de pénal à la médicalisation

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Juin 2018 - #58

Article extrait du Magazine Causeur

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