Révélations du Point : au tribunal, un co-accusé de Ladj Ly disait avoir été « emporté par le poids des traditions africaines, avoir voulu faire justice lui-même… » Comme l’affirmait Causeur, il y avait donc bel et bien un soubassement culturel à cette virée punitive.


 

Chaque jour, depuis les révélations de Causeur, de nouveaux éléments apparaissent sur la condamnation de Ladj Ly pour complicité d’enlèvement et de séquestration. Bien que le réalisateur des Misérables reconnaisse son passé judiciaire, il clame toujours son innocence. Or, Le Point apporte de nouvelles informations des plus instructives sur le déroulé des faits.

Un « médiateur » complice

Contrairement à ce qu’annonce le titre de l’article, le plus important n’est pas tant le témoignage de moralité du grand cinéaste Costa-Gavras (dont le fils Romain, également réalisateur, participe au colLectif Kourtrajmé au côté de Ladj Ly) le 29 novembre 2011. Mais plutôt les dépositions des co-accusés à la barre. Dès 2009, « le jeune homme est mis en examen, aux côtés de deux de ses amis, les frères Ly (aucun lien de parenté avec le réalisateur), pour avoir participé à la séquestration d’un quatrième homme, Sidy. Ce dernier est accusé par la petite bande d’avoir fait des avances à la sœur des deux frères, âgée de 19 ans. Sidy sera enlevé de son domicile, mis dans une voiture et roué de coups au visage à proximité d’une forêt, menacé d’être « brûlé avec un bidon d’essence ». La scène dure quelques minutes mais elle est extrêmement violente. »

Quoiqu’il ait prétendu avoir voulu jouer un rôle de médiateur, Ladj Ly a été reconnu complice à deux reprises par la justice. Il « ne participe pas au tabassage mais laissera faire. Un silence coupable que résumera à l’époque le parquet : « Ladi Ly apparaît plus en retrait que les deux autres mis en examen, notamment s’agissant des violences. Mais sa présence, l’utilisation de son véhicule [pour lequel il n’avait pas de permis, NDLR] et son comportement envers la victime démontrent qu’il était totalement associé au projet des frères Ly. », assure Le Point.

« Le poids des traditions africaines »

Déjà confirmés par les fact-checkers de Libération, selon lesquels on peut enlever et séquestrer quelqu’un sans violence, cette virée punitive aurait bel et bien un soubassement culturel. Au tribunal, les amis et co-accusés aux côtés de Ladj Ly n’en disconvenaient pas. Ainsi, « entendus à plusieurs reprises par la justice et les enquêteurs, les frères Ly peineront à se justifier. L’un d’entre eux déclarant, devant la cour d’appel, avoir été « emporté par le poids des traditions africaines, avoir voulu faire justice lui-même et s’être montré, à la suite d’une simple rumeur, stupide et violent ». Des traditions patriarcales d’un autre âge qui surinvestiraient l’honneur des jeunes filles et légitimeraient la vendetta contre l’amant (voire le simple prétendant…) d’une soeur. C’est ce que suggèrent ces aveux.

Qu’avait dit Costa-Gavras de leur complice ? Ah oui, « Ladj Ly est un homme d’une grande gentillesse, d’une grande simplicité, passionné par son métier ». Et serviable.

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