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La météo selon Mélenchon

Quand Mélenchon s’improvise climatologue, tous les citoyens rigolent


La météo selon Mélenchon
D.R.

Grâce au climat, Jean-Luc Mélenchon a réponse à tout. La fonte des glaciers et El Niño viennent opportunément justifier le blocage des prix et des loyers. Pourquoi se contenter de confisquer les biens quand on peut aussi s’approprier l’autorité scientifique?


« Je ne suis ni un savant ni un prophète », a prévenu Jean-Luc Mélenchon, samedi 5 septembre, à la braderie de Lille. La lucidité aurait pu l’inciter à la prudence. Quelques minutes plus tard, il expliquait pourtant que « l’Europe se réchauffe plus vite que le reste de la planète, puisque c’est là que les glaciers vont le plus diminuant », avant d’assurer : « Nous sommes certains que les perturbations d’El Niño arriveront jusqu’à nous. » Puis, en quelques phrases, les soubresauts du Pacifique débouchaient sur l’« état d’urgence sociale » et le blocage des prix, des marges et des loyers. Or la climatologie se prête mal aux « puisque » et aux certitudes de meeting. Oui, l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Mais pour l’expliquer, Copernicus, le programme européen d’observation de la Terre, invoque la circulation atmosphérique, la baisse des aérosols, le recul de la couverture neigeuse et la proximité de l’Arctique. L’Europe ne se réchauffe pas parce que ses glaciers fondent ; c’est parce qu’elle se réchauffe que ses glaciers fondent.

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Quant à El Niño, l’épisode en cours s’annonce puissant, mais ses effets en Europe sont bien plus incertains que sous les tropiques. « Certains » est donc un mot pour le moins audacieux. Ces erreurs ne disqualifient bien sûr pas les politiques que défend Mélenchon. Mais le procédé mérite d’être nommé. Partir d’un phénomène réel, lui attribuer une cause simplifiée, transformer une probabilité en certitude, puis présenter comme sa conséquence logique la politique que l’on préconisait déjà : c’est moins une démonstration qu’une instrumentalisation. On emprunte à la climatologie son autorité pour faire passer un choix politique pour une conclusion scientifique. Le blocage des loyers ne se déduit pas de l’Arctique. Abuser ainsi de l’autorité de la science, ce n’est pas lui rendre service. Parlant du pouvoir d’achat qui baisse, Mélenchon disait : « un rapt, un hold-up, une confiscation, choisissez le mot que vous voulez ». Pour l’usage qu’il fait ici de la science, ils conviendraient tous.

Octobre 2026 - #149

Article extrait du Magazine Causeur




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Essayiste et philosophe des sciences

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