Si la réalité dépasse parfois la fiction, c’est que la fiction précède souvent la réalité. La littérature prévoit l’avenir. Cette chronique le prouve.


« Autrefois, quand la Terre était solide, je dansais, j’avais confiance. À présent comment serait-ce possible ? On détache un grain de sable et toute la plage s’effondre, tu sais bien », se désolait Henri Michaux dans Lointain intérieur en 1948, texte dans lequel il pousse le plus loin son angoisse devant une vie quotidienne devenue illisible. Cette impression d’un réel fuyant, ce sentiment d’évoluer dans une réalité parallèle rend assez exactement l’état d’esprit des Français confrontés à un monde remodelé par une pandémie qui fête son premier anniversaire et efface tous nos repères. Au point qu’on commence à s’inquiéter de l’état psychique de la population ballottée de confinements en déconfinements, de conférences de presse en couvre-feux. Ce constat était ainsi résumé, à la fin du mois de décembre dernier par Les Échos : « La crise sanitaire et le confinement au niveau mondial ont très fortement accentué les risques dépressifs. En France, la souffrance psychologique atteint des sommets parmi les populations les plus exposées. Un Français sur cinq a sérieusement envisagé de se suicider. »

En matière d’impossibilité à se projeter dans l’avenir, par exemple, on trouve des accents prophétiques dans l’œuvre de Kafka où nombre des per

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Février 2021 – Causeur #87

Article extrait du Magazine Causeur

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