Quinze ans après son rapport alarmant sur les atteintes à la laïcité en milieu scolaire, Jean-Pierre Obin publie Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école. La « surenchère éducative » qu’il préconise comme remède ne semble toutefois pas suffisante aux yeux de Françoise Bonardel.


Il est rare qu’une enquête aussi documentée et argumentée constitue aussi un témoignage personnel direct et engagé : celui d’un ancien Inspecteur général de l’Éducation nationale confronté depuis une trentaine d’années à l’islamisation progressive de l’école publique française, et qui alerta en vain son ministère de tutelle dans un rapport(1) qu’on s’empressa d’enterrer jusqu’à ce que les attentats de 2015 lui redonnent toute son actualité. Son témoignage est d’autant plus précieux qu’il est celui d’un homme de gauche qui analyse sans parti pris les faiblesses et démissions de sa propre famille politique face à ce phénomène inédit, et n’accable pas par principe ses adversaires de droite qui, s’ils n’ont pas fait mieux, n’ont pas forcément fait pire. Voilà donc un livre d’une rare équité que devraient lire tous les professeurs des écoles et enseignants du secondaire, et qui a le mérite d’attirer l’attention sur la partie immergée de l’iceberg et pas seulement sur le terrorisme qui en est la forme visible la plus exacerbée.

Analyse minutieuse

Évoquant à plusieurs reprises l’histoire de sa famille qui lui a transmis le respect des « valeurs républicaines » et du « principe de laïcité », Jean-Pierre Obin invite les responsables politiques, les enseignants et acteurs sociaux à davantage de lucidité et de courage face à la tragédie qui est en train de se jouer sous leurs yeux, puisque c’est la cohésion sociale et l’unité nationale qui sont aujourd’hui menacées par l’islamisme radical. C’est donc là un message fort, étayé par une analyse minutieuse et circonstanciée des principales situations de crise devenues fréquentes au sein de l’école publique, et auxquelles les responsables administratifs et les enseignants ne savent quelle réponse adéquate apporter : repli identitaire, rejet de la modernité et contestation des contenus scolaires, fanatisme religieux, fascination pour la violence et haine de la France ; tout cela entraînant des revendications permanentes quant à l’aménagement d’un régime scolaire spécial pour ceux des musulmans qui se démarquent ainsi clairement des « Français » qui ne sont pour eux que des mécréants.

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L’enquête devient d’autant plus accablante qu’elle est irréprochable, et met au jour l’incompétence, l’inorganisation et l’improvisation caractérisant les mesures jusqu’alors prises en France pour protéger l’école de l’infiltration islamiste. La question que se pose à ce sujet l’auteur est aussi simple

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