L’islamisation de la Seine-Saint-Denis vous sautait aux yeux ? Le Monde vient de la découvrir ! De l’Italie de Salvini à Grigny en passant par la France de Robespierre, voyagez dans le temps et l’espace grâce à Causeur


Il était temps. Depuis que les deux reporters du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont coordonné une longue enquête sur l’islamisation de la Seine-Saint-Denis (Inch’allah, 2018) aux côtés de cinq étudiants en journalisme, les langues se délient. Les médias grand public découvrent la réalité, Causeur en fait tout un numéro ! Comme le résume Elisabeth Lévy, « voilà deux journalistes (et leurs cinq apprentis) qui disent ce que beaucoup d’entre nous disent depuis longtemps et, non seulement ils sont reçus avec les honneurs, mais il est bien possible qu’ils réussissent là où nous avons échoué – à ébranler les certitudes d’une certaine gauche ».

>>> Lire le magazine <<<

Gentiment bousculés par notre entretien au long cours, les deux compères reconnaissent que le chantage au racisme et à l’islamophobie a (trop) longtemps paralysé les médias de gauche pour enquêter sur cet islam séparatiste et conquérant qu’ils ne savaient voir… Certes, Davet et Lhomme relativisent encore les liens étroits qu’entretiennent islamisme et djihadisme. Certains leur reprochent de dire des banalités, mais quand on travaille au quartier général de la bienpensance médiatique, il faut du courage pour dire ces banalités-là.

Finkielkraut, le retour

La parole se libérerait-elle ? Depuis la diffusion de la vidéo du braquage d’une enseignante par un de ses élèves équipé d’un faux pistolet, le hashtag #pasdevague a déferlé sur Twitter. Des profs brisent l’omerta pour raconter leur quotidien dans les territoires perdus. Là encore, quinze ans après que Georges Bensoussan a sonné le tocsin dans l’indifférence générale. Pour Alain Finkielkraut, qu’Elisabeth Lévy interroge dans nos colonnes, il est encore trop tôt pour crier victoire bien que le mur du déni soit sérieusement ébranlé. Pour notre spécialiste de l’école Anne-Sophie Nogaret, s’ils veulent changer la donne, les professeurs devront parler au grand jour au lieu de se répandre anonymement sur la Toile. Cet ensauvagement rappelle le film de notre ami chroniqueur Jean-Paul Lilienfeld, La journée de la jupe. Presque dix ans après sa sortie, ce brûlot cinématographique avec Isabelle Adjani campant une prof en pleine crise de nerfs reste plus que jamais d’actualité. Rien n’a changé, sinon en pire, d’après les témoignages qu’a recueillis Lilienfeld.

Voyage au pays de Salvini

Section actualités, notre reporter Erwan Seznec a visité une banlieue pas rose et particulièrement morose : Grigny. Au cœur de l’Essonne, cette ville minée par la pauvreté, l’insécurité, le trafic de drogue et le communautarisme, la ville de Grigny a été placée sous tutelle pour surendettement depuis de nombreuses années. L’Etat y déverse des milliards en pure perte… Autre reportage, votre serviteur s’est rendu au centre de l’Italie, dans la cité meurtrie de L’Aquila, victime d’un séisme dévastateur en 2009. Quelques mois après la formation du gouvernement de coalition Lega-Mouvement 5 étoiles, les Italiens sont profondément divisés. Élites technocratiques et classes moyennes déclassées rivalisent dans la défiance réciproque. Un éclairage complémentaire de l’analyse macro-économique de Jean-Luc Gréau qui arbitre le conflit budgétaire entre Rome et Bruxelles.

De retour dans l’hexagone, les joies de l’écriture inclusive vous attendent dans un nombre croissant d’universités fâchées avec la grammaire et la variété des sexes, nous apprend Sami Biasoni. Quant à Normale Sup, ce symbole de l’élitisme républicain à la papa n’en a sans doute plus pour très longtemps si l’on en croit Anthime Rigoulay, jeune normalien dénonçant le bradage de sa grande école.

Du Caravage au Beaujolais

Guidés par Paulina Dalmayer, déambulez dans l’exposition Caravage du Musée Jacquemart-André. Bagarreur, coléreux et brutal, ce génie du clair-obscur a eu une vie aussi tumultueuse que ses héros mythologiques.

Chapitre histoire, pour saluer la parution de Robespierre, l’homme qui nous divise le plus, le nouvel essai de Marcel Gauchet, nous avons voulu le confronter à un spécialiste de la Terreur, disciple de Furet, l’historien Patrice Gueniffey. Concentré de la mémoire révolutionnaire, Robespierre incarne à la fois les grands principes démocratiques et la Terreur.  Pourquoi habite-t-il toujours le subconscient français ? Quelle est sa postérité ? Un débat toujours ouvert.

Enfin, Emmanuel Tresmontant sépare le bon grain de l’ivraie en distinguant les grands crus du Beaujolais, que la piquette rituelle de novembre aux arômes de banane ou de framboise occulte injustement. Un dernier Causeur pour la route !

Lire la suite