Grande victoire politique du progressisme ! Depuis le 2 juillet, la fessée est interdite en France. Selon Elisabeth Lévy, de nos jours, le législateur et le code civil ne se contentent plus des interdictions. Ils prétendent rééduquer… Sommés d’être bienveillants, les géniteurs se font en outre pourrir la vie par des mioches – à l’image de Greta Thunberg – encouragés à leur rappeler leurs devoirs « écologiques »! 


L’une des marques du progressisme d’État en vogue de par chez nous, c’est qu’il est pris, à intervalles réguliers, d’une pulsion de rééducation qui le pousse à se mêler de tout, y compris de nos fesses. Ainsi, après la «  révolution #metoo  », nombre d’institutions publiques et privées ont édicté des règlements, et même organisé des stages pour expliquer aux hommes comment ils devaient parler aux dames.

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Il est une cause encore plus sacrée, si c’est possible, que celle des femmes, c’est celle des enfants. Quelques élus de tous bords (sauf du RN précisent les intéressés avec satisfaction) se sont avisés que l’éducation était une affaire trop sérieuse pour être confiée, serait ce partiellement, à des parents dépourvus de toute qualification pour remplir cette mission. Ils ont donc fait adopter par le Parlement une modification du Code civil qui ne se contente pas de proscrire la fessée, mais affirme : « L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. » Selon les initiateurs de ce texte qui, au grand regret du Défenseur des droits, l’inénarrable Jacques Toubon, ne prévoit aucune sanction pénale, les enfants ont droit « à une éducation sans violence physique, punitions corporelles ou châtiments corporels, souffrances morales ou toute autre forme d’humiliation ».  On aimerait savoir comment la société réparera le tort causé à ceux qui sont mal tombés à la loterie des parents. Cette croyance dans le fait qu’on peut changer la vie, voire éliminer le mal par décret est à la fois outrecuidante et naïve. Pense-t-on vraiment sauver les enfants maltraités avec ces fadaises ? Il serait peut-être plus judicieux – mais tellement moins médiatique – d’améliorer le fonctionnement de l’aide sociale à l’enfance.

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Cependant, le législateur ne se contente pas d’interdire, il prétend éduquer… les parents. L’article 2 de la loi prévoit la rédaction d’un rapport sur les « dispositifs de soutien à la parentalité » et l’inscription du message de prohibition en première page du carnet de santé des enfants.

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