Dans Arrêt sur images, Daniel Schneidermann a accueilli Arnaud Gauthier-Fawas, un individu qui n’est pas ce que vous croyez qu’il est.


Les élucubrations d’un gauchisme culturel moribond en pleine phase de décomposition et de décompensation extatique n’en finissent plus de nous aider à traverser l’époque dans la joie et la bonne humeur.

Le plateau de l’émission Arrêt sur Images du pourtant très ouvert Daniel Schneidermann s’est ainsi transformé en une surprenante cage aux phobes qui a promptement fait le tour de réseaux sociaux hilares, ce dont la rédaction s’est ensuite indignée en invoquant la désormais fameuse « fachosphère » toujours aussi maléfique et omniprésente.

« Je ne sais pas ce qui vous fait dire ça »

Il s’agissait en l’occurrence de réunir sur le plateau certains représentants du milieu militant gay et lesbien – LGBT et plus si affinités -, à l’occasion de la tenue à Paris de la traditionnelle « marche des fiertés ». Daniel Schneidermann salue ses invités, puis se tourne dans un bel élan de paritarisme féministe vers sa collaboratrice afin de lui demander comment il se fait qu’il n’y ait que des hommes présents sur ce plateau. La jeune femme répond qu’effectivement dans ce milieu, comme partout, existent des éléments de sexisme et que, par ailleurs, les femmes sollicitées n’étaient pas forcément disponibles. Jusque-là, on a l’impression de regarder une émission comme on en a vu d’autres. On a toutefois senti l’un des invités s’agiter, en la personne d’Arnaud Gauthier-Fawas (administrateur de l’Inter-LGBT), lequel – on l’imagine hors-cadre – a commencé à se tortiller sur sa chaise d’un air indigné à l’évocation de ces hommes dont serait exclusivement composé le plateau. Il aurait pu, lui aussi, s’offusquer de l’absence de femmes. Mais c’était là raisonner en mode bien trop archaïque. L’individu, manifestement excédé de devoir supporter plus longtemps pareil affront, explose soudain en dodelinant du chef de-ci de-là sous le poids de l’outrage, afin de rectifier le tir et de recadrer un Daniel Schneidermann dépassé dans son propre gauchisme : « Je ne suis pas un homme, Monsieur ».

Surprise décontenancée du journaliste, qui accuse discrètement le coup et qui va jusqu’à s’excuser pour son abominable bévue. S’ensuivent quelques saillies agacées de l’individu frétillant pour expliquer aux Béotiens que « l’identité de genre » n’est pas « l’expression de genre » (entendez par là l’aspect d’un individu tel que la société l’interprète communément) et tout un salmigondis issu tout à la fois des drolatiques gender studies dans leurs errements outrés et de quelques cerveaux originaux. La créature de couleur apparemment blanche embraie ensuite sur sa non-blanchitude, expliquant qu’il/elle est en partie Libanais ; les deux n’étaient jusque-là pas incompatibles mais passons.

Les mauvais combats du militantisme LGBT

Voici donc un homme blanc expliquant le plus sérieusement du monde qu’il n’est pas un homme blanc. On hésite entre rire et pleurer et l’on finit par pleurer de rire. Cet état d’esprit confus et véhément est pourtant préjudiciable par bien des aspects à la cause qu’il croit défendre, tout comme l’ont été certaines des revendications de cette gay pride. En ridiculisant, par leur outrance hystérique la cause homosexuelle, ces individus manifestement tourmentés et heureusement marginaux renvoient une image très dommageable d’un monde homosexuel composé très majoritairement de gens qui souhaitent juste pouvoir vivre leur vie tranquillement sans être ramenés, précisément, à ces cas caricaturaux et pathétiques.

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Le militantisme LGBTI+++ est secoué depuis quelques temps par des mouvements encombrants qui lui font soutenir les pires causes. Car le vrai scandale de cette session 2018 de la « marche des fiertés », c’est ce collectif qui a revendiqué d’être placé en tête de cortège et a demandé aux « non-racisés » – entendez par là aux blancs – de ne pas se mélanger à eux. Bel exemple d’une cause anti-discrimination qui finit par promouvoir la pire des discriminations, fondée sur un hypothétique concept de race, et donc à promouvoir le racisme.

Signalons également qu’une bonne dose d’antisémitisme, déguisé comme d’habitude en anti-sionisme, s’y mêle bien volontiers. Le logiciel victimaire de la cause palestinienne n’est jamais en reste de recyclage dans toutes les causes de combats post-modernes de l’univers. Cette fois-ci, la dénonciation du « pinkwashing » était à l’honneur, cette nouvelle coqueluche du gauchiste complotiste qui accuse Israël, et plus globalement l’Occident, de vanter son modèle de société gay-friendly afin de mieux dissimuler ses abominables forfaits racistes et islamophobes. Il est vrai que la situation concrète des homosexuels dans de nombreux pays islamiques est particulièrement enviable et que l’on a vraiment très envie de s’y faire tuer, fouetter, torturer, jeter du haut des immeubles ou simplement tabasser comme dans certains territoires pas si lointains… On comprend donc en effet qu’il faille à toute force critiquer l’Occident sur ce point.

Faut-il en rire ?

Bref, on le voit, le grand n’importe quoi s’est saisi d’une partie de cet univers militant au détriment de certaines associations de terrain qui font un travail remarquable. On ne peut que recommander aux esprits sains et individus de toutes sortes – hommes, femmes et autres – de se carapater au plus vite.

Par chance, le rire est le propre de l’  « homme », mais ce Monsieur Rabelais devait être bien borné pour proférer pareils propos normatifs. C’est évidemment celui de « l’individu non-binaire », encore que, de toute évidence, ce dernier n’aime pas du tout rire. Il est à parier que c’est également discriminant.

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